SCÈNE PREMIÈRE
FRIQUETTE, puis BESUCHON.
FRIQUF.TTE, seule, époussetant, puis regardant le portrait.
C’était tout de même un bel homme que le premier mari de Madame!.. C’est égal, je ne peux pas le regarder sans rire!. .Ce bon M. Montgicoiirt !.. Quand je pense que dans ce moment sa femme est à la mairie, en train de se remarier avec M. Picquefeu !.. (Parlant au portrait.) Pauvre bonhomme, va!., jouis de ton re«te .Mu ne flâneras pas longtemps là!., on va te décrocher pour raccrocher l’autre... le nouveau !.. mais celui-ci n’a qu’à bien se tenir.
Air ; Ils m’ont fait, hier, à l’office...
Car le second aura beau faire.
Toujours sa femme lui dira
Que son premier savait mieux plaire !
A tout propos il reviendra :
Le premier sera toujours là !
De fait! cùt-il ruiné sa femme !
L’etU-il trompée ! eût-il fait plus!
(Geste.)
Un mari n'a qu’à rendre l’âme Pour avoir toutes les vertus! (bis.)
Eh bii n I je n’aurais jamais cru que Madame se remarierait... si tôt !.. L’a-t-elle pleuré son premier ! ses yeux avaient Pair de deux ruisseaux! Après ça, plus les ruisseaux coulent vite... plus ils sèchent vile !
BESUCHON, entrant par te fond *.
M. Picquefeu, s’il vous plaît? je suis très-pressé.
Il est sorti.
FHJQÜETTE.
UESUCHON.
Allons ! c’est fait pour moi I Pourquoi est-il sorti? un avoué ne doit pas sortir !
Il se marie !
FBIQL'ETTE.
BESUCHON.
Ah !.. l’imbécile !
Hein?
BESUCHON.
A quelle heure se marie A midi.
-t-il ?
FRIQUETTE.
BESUCHON.
Très-bien !.. je serai ici à midi un quart... (sortant.) Bonsoir !
FRIQUETTE.
Bonjour! En voilà un original !