SCÈNE IV
PIQUEFEU, seul.
Ça y est î me voilà marié ! Mon Dieu , mon Dieu , nue la vie est drôle !.. il y a quinze jours j’étais maître clerc dans l’exétude de feu M. Montgicourt... un avoué... pas drôle... décédé il y a dix mois... Je voulais être seul, je m’étais enfermé dans mon cabinet pour travailler... et je fai.sais des petits bateaux avec des coquilles do noix... comme c’est mon habitude après mon déjeuner. Tout à coup on frappe... Entrez 1 Entre un monsieur... un parent... tres-grèlé... qui, le jour suprême, avait, prononcé cjiielques paroles bétes, mais bien senties! Ce monsieur me déclare, après plusieurs circuits, que j’avais inspiré de l’intérêt à madame Montgicourt la veuve ! Bref! il me propose sa main, et l’étude avec! Je tombai de mon haut... et cependant j’aurais dû m’y attendre... il y a quelque chose en moi qui aimante les veuves... c’est dans l’œil ça... j’aij’œil aux veuves! Je n’ai pas besoin de dire que j’acceptai avec empressement... Je voulais aller me jeter incontinent aux pieds de la patronne, lorsque ce bonhomme m’arrêta ; «Pas de cour! pas de bouquets! c’e.st la volonté de madame Montgicourt, elle vous connaît, vous lui convenez, vous la verrez le jour de la célébration !.. » Ça me parut drôle... mais le moyen de refuser... une femme charmante ! une étude de premier ordre, un appartement délicieux... parfaitement meublé ! (Apercevant te porirnii.) Tiens!., voilà le patron!.. Bonjour, patron !.. voussavez que vous n’allez pas rester là!., c’est ma idace! (a lut-irémc.) Ça me gênerait de l’avoir sur le dos... quand j’embrasstTais sa femme... c’est-à-
g LE CLOU ÂTIX MAUlS.
dire ma femme ; il aurait l'air de me dire : « Je l'ai embrassée avant toi !..)* C’est désagréable! je lai trouverai un petit coin... noir! seulement je garderai son cadre... pour me mettre dedans! (s’adressant au portraU.] Tu UC tiens pas à ton Cadre, n’estce pas?.. Très-bien, il est.brave homme !.. tu es brave homme!