SCÈNE V
PICQUEFEC, AMÉDÉE*.
(Auédée entre en brossant une tunique de garde national.)
PICQUEFEU, l'apercarant.
Ah! ah! c’est ce jocrisse d’Amédée... (a Amédée.) Eh bien ! qu’est-ce que tu fais là ? je ne suis pas de garde, imbécile !
AMÉDÉE
Je ne sais pas si vous êtes de garde... je brosse la tuniqoe de M. Montgicourt. .
PICQUEFEU.
Gomment, la tunique ! puisqu’il est rayé des cadres.
Ah ! pas pour nous ! jamais pour nous !
PICQUEFEU.
C’est possible ! mais pour la garde nationale ?..
AMÉDÉE
La garde nationale ne me regarde pas!.. Madame m’a dit:
« Vous continuerez à le servir. »
PICQUEFEU, à part.
Qu’est-ce qu’il chante ?
AMÉDÉE
Aussi, tous les matins je brosse ses habits, je cire ses souliers, je lui monte de l’eau chaude pour sa barbe... absolument comme s’il existait, il n’y a rien de changé !
PICQUEFEU, à part.
Il n'y a qu’un avoué de moins.
AMÉDÉE
Je lui prépare son verre d’eau sucrée le soir... je le bois le matin...
PICQUEFEU.
Ah!..
AMÉDÉE, avec conviction.
Ün si bon maili’e ! je ne suis pas dégoûté de lui!
PICQUEFEU.
Parbleu ! et pourquoi ce verre d’eau posthume?
C’est pour son ombre... nous avons la religion du souvenir, nous!.. Il m’a augmenté. Monsieur; son dernier soupir a été pour m’augmenter !
SCÈNK \I.
PICQUCFEU , à part.
Ah! mais il m’ennuie. (Haut.) Veux-tu me faire un plaisir?
AMÉDÉE
Lequel?
PICQUEFEU.
C’est de le mettre délicatement sur ton dos, et d’aller le pleurer au grenier.
AMÉDÉE
Monsieur Montgicourt au grenier! jamais!
PICQUEFEÜ.
Ah ! mais... quand Je te commande...
Je vais allumer son feu t (il va à la porte de gauche et frappe.) Monsieur?... Peut-on entrer?
PICQÜEFEU.
Puisqu’il n’y est pas!..
AMÉDÉE
J’avais l’habitude de frapper... et je frappe! il n’y a rien de changé!., (il entre à droite, emportant la tunique.)