DE METZ
nous n'avons ni les listes de membres, ni les comptes
du trésorier, ni la correspondance, ni tous ces papiers enfin, dont l'importance était devenue à un moment si considérable, qu'on avait dû créer la fonction d'archiviste non prévue dans les statuts primitifs. Il semblerait en outre qu'on se soit appliqué à faire disparaître des archives départementales de la Moselle et des archives municipales de Metz les pièces émanant directement de la Société car le nombre de celles qui nous ont été conservées est excessivement restreint et hors de proportion avec Timportance des rapports que la Société entretint avec les administrations locales.
Cette destruction heureusement n'a pas été complète, et peut être réparée en partie. C'est qu'en effet la Société populaire de Metz, n'ayant pas borné son action à la ville seulement où elle avait son siège, mais l'ayant étendue dans le district, dans le département et même au-delà, il a été possible de recueillir ces extraits de procès -verbaux, qu'elle faisait imprimer en grand nombre (1) et répandait autour d'elle, lorsqu'une décision importante avait été prise ou qu'un discours remarquable avait été prononcé dans son sein. D'autre part si la correspondance qu'elle recevait a été détruite, on n'a pas pu détruire de la même façon celle qu'elle envoyait à d'autres sociétés, à celle de Paris par exemple qui en fait fré-
(1) Nous lisons dans les extraits de procès-verbaux que rimpression d'un discours a. été votée à raison de iooo exemplaireSi de 1200 même commç ce fut le cas pouF ujj discours prononcé le 30 avril 1793.
quemment mention dans les procès -verbaux qu*elle nous a laissés (1). Les registres de délibération du corps municipal et du conseil général de la com mune de Metz, ceux du district et du département (2) ont gardé la trace des rapports forcés ou voulus que ces assemblées entretinrent avec la Société.
Enfin les procès-verbaux de la Convention (3) et les Actes du comité de salut public (4) nous renseignent avec beaucoup d'exactitude sur les relations qu'eut la Société soit avec l'assemblée elle-même soit avec les représentants en mission dans le département.
Nous avons cru qu'il serait possible, en réunissant ces différentes sources d'information, de jeter un coup d'œil sur cette Société qui eut une existence si courte mais si agitée et si intimement liée auxévéne-» ments politiques les plus importants.
Nous avons naturellement suivi dans cette étude Tordre chronologique qui nous a semblé le seul rationnel. On ne peut dire en effet que la Société se soit groupée autour d'un homme, quelque grande qu'ait été l'influence de certaines personnalités, ni qu'elle se soit attachée spécialement à une idée, encore qu'elle en ait défendu beaucoup avec une extrême vigueur .
(1) Aulard La Société des Jacobins.
(2) Ces registres fort bien tenus et en très bon état sont con^ serves les premiers aux arcliives municipales annexées à la Bibliotlièque de Metz, les derniers aux archives de la présidence dans l'ancienne préfecture.
(3) Prooès-verbal de la Convention imprimé par son ordre. Paris, Imprimerie nationale.
(4) Actes du Comité de salut public, (eu cours de publication).
Elie ne sut même pas conserver un nom définitif. Le nom de « Société des amis de la Constitution » fut celui que ses membres lui donnèrent tant que la diffusion des principes de cette constitution leur parut devoir être le but de leujrs efforts. Elle s'appela « Société des amis de la liberté et de l'égalité » à partir du jour où elle eut choisi un autre idéal- Elle fut toujours désignée sous le nom de « Société populaire » en raison des éléments qu'elle groupait et de l'action qu'elle prétendait exercer et sous celui de « Société républicaine » à partir de la chute du roi.
Quant au nom de Jacobin ce ne fut d'abord à Metz, comme à Paris, qu'un surnom donné par dérision aux éléments les plus avancés, mais les membres s'en parèrent comme d'un titre honorifique à l'époque où la Société atteignit son apogée et se le firent donner dans les procès-verbaux officiels. Ils n'y renoncèrent qu'à partir du moment où cette appellation devint un danger pour l'existence de la Société.