X. — Une motion faite pourra toujours être retirée
XI. — Un amendement fait à une motion que Ton dis< droit la priorité de discussion, s'il est appuyé.
XII. — Il en sera de même de la question préalable motion, de la demande de fermer la discussion, lorsqu'e loin, ou de son ajournement.
XIII. — Si deux motions sont contradictoires, l'assem quelle des deux doit être accordée la priorité de discussio
XIV. — Après la discussion fermée par le président, deux membres au moins, la preuve se fera par assis et le ne laisser aucun doute.
XV. — Aucuns de ceux qui auront la parole ne s'écar jet ; ils ne se laisseront point aller à des digressions étran ceront toujours en termes honnêtes et respectueux; ils blesser personne par des équivoques, des allusions malige ou des ridicules personnels. Toute plaisanterie, faite avec tion, humilie l'amour-propre, aigrit les esprits, fait naître l'esprit de fraternité qui doit régner dans nos assemblées.
XVI. — Un membre qui s'oublierait sur ce point, c rappelé à l'ordre par le président ou par l'assemblée, si 1< geait de l'y rappeler.
XVII. — La véhémence, les tons contentieux et violents, loin de donner ?J i .. __. , * ,. j. a j . *__ A m leuf ôter de lear prix et de
;st modérée ; et si elle a besoin
i déclamation, on doit le faire
respect qui est dû aux opi-
slles ne sont alors que des er-
i s'y rendrait pas, pourra être Srer pour un temps, et même [>ciété.
ait le règlement, il serait rap-
é qu'il n'en soit fait mention ts de discussions, les députalections et réceptions, les dis- •âges de l'assemblée, les peines seront consignés sur le registre
par le président et les secréent, sera aussi fermée par lui
i Société ne peut imposer à ses Dite seulement à se prémunir gue, contre certaine officiosité \ la Société une véritable tra-
e réviser son règlement, toutes btien, secrétaire.
at l'expression des senti-
ments les plus louables et les plus patriotiques. La passion politique devait, malheureusement, transformer bientôt ces règles tutélaires du nouvel ordre social en une arme terrible contre la liberté individuelle.
Nous assisterons pendant toute l'existence du Club à des dénonciations journalières contre les fonctionnaires ou les citoyens dont les opinions ne paraissaient pas assez tranchées. Nous verrons même des vengeances particulières s'exercer sous le couvert du Salut public.
Sous la Terreur, toutefois, la Société put, par ses efforts pour résister aux agents du pouvoir central, protéger la vie de quelques-uns de ses fondateurs, emprisonnés ou traduits devant le Tribunal révolutionnaire.
Nous allons suivre, pas à pas, dans sa marche, la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité; le lecteur verra, par l'exposé de ses actes, quelle répercussion eurent, dans notre ville, les événements de la capitale et des frontières et quelle fut alors la conduite de ceux de ses membres qui, dans ces temps troublés, furent le plus activement mêlés au mouvement révolutionnaire.
Le 10 mars 1793, Garez proposa et fit adopter par l'assemblée que tout citoyen de la garde nationale, qui n'aurait pas mottté sa garde en personne, ne pourrait faire partie de la Société, puisque cet acte était le premier devoir d'un bon citoyen. Ensuite, sur l'initiative de Raymond, une souscription fut ouverte entre les membres présents en faveur d'un canonnier, nommé Petit, qui avait été victime d'un accident. Une somme de 65 livres 12 sols fut ainsi recueillie.
Le 19, Thivoyon et Raymond ayant proposé, pour faire partie de la Société, le lieutenant de gendarmerie Thouvenin, l'assemblée ne voulut pas l'admettre. On lui reprochait des propos inciviques et des opinions royalistes. Rendu suspect par ce refus, le malheureux officier devait être, un an plus tard, incarcéré, traduit devant le tribunal révolutionnaire de la Meurthe, condamné à mort et décapité à Nancy.
CLUB DBS JACOBINS. 2
Le 21, invitation fut faite aux membres présents d'apporter chacun 15 sols à la prochaine réunion, pour leur souscription annuelle à la Société mère de Paris, séant aux Jacobins de la rue Saint-Honoré. Le fameux Club parisien tirait ainsi des subsides de toutes les Sociétés de province qui lui étaient affiliées.
Une adresse de félicitations fut ensuite votée à la commune de Chaudeney pour son généreux dévouement. Il est bon d'expliquer en quoi consistait ce dévouement et de rappeler ici le beau trait de patriotisme qu'il nous fournit : le 24 février, la «Convention avait décrété que tous les Français, de 18 ans jusqu'à 40 ans, seraient en état de réquisition permanente et avait ordonné une levée de 300,000 hommes. La ville de Toul et les communes du district répondirent avec empressement à Tappel fait à leur patriotisme et fournirent le contingent qui leur était demandé; mais ce fut Chaudeney qui donna le plus bel exemple de dévouement à la Patrie : tous les jeunes gens de cette commune, au nombre do 18, demandèrent à partir pour Tannée. La scène qui se passa, le 18 mars 1793, au domicile de J.-F. Thouvenin, maire de Chaudeney, mérite d'être connue. En voici le récit, d'après le procès- verbal officiel :
Cejourd'hui 18 mars, l'an II de la République, la municipalité de Chaudeney, en exécution du décret du 24 février dernier, s'est assemblée au domicile du maire, après avoir convoqué tous les garçons ayant l'âge et les qualités voulues. La séance a commencé par la lecture du décret. Le maire a dit ensuite aux garçons : « Est-ce par la voie du sort ou celle du scrutin que nous déterminerons parmi vous les hommes qu'on nous demande ? — Ce n'est ni par Tune ni par l'autre, ont-ils crié tous d'une voix unanime ; par le sort, nous devrions au hasard la gloire de combattre l'ennemi ; par le scrutin, ceux qui auraient le malheur de n'être pas élus seraient déshonorés : nous partons tous ! » Et à l'instant ils se sont fait inscrire. C'est de quoi nous avons dressé procès- verbal et avons inscrit les noms des garçons prêts à marcher, ainsi qu'il suit :
Alexis Martin; Nicolas Martin; Gabriel Lecas; François Bosman; Mansui Lemaire; Nicolas Henriet; Nicolas Potier; Barthélémy Faisant; Gabriel Didelot; Sébastien Simonin; Nicolas Ségault; Biaise Vogtnot; Joseph Le-
lièvre; Louis Joachim; Nicolas Joctchim; François Simc et Barthélémy Liébaut, marié avec enfants et com nationale de Chaudeney.
Tous ont signé à la minute et nous avons arrêté la le présent procès- verbal, à Chaudeney, les jour et an
Signé : J. F. Thou venin, maire; Jean Mabi officiers municipaux ; Nicolas Ségàult, mune, et Etienne Médard, secrétaire-gri
La fin de la séance des Amis de l'Égalité dresse de félicitations aux jeunes patriotes <3 malheureusement marquée par des dénonci un ci-devant chanoine de Verdun, nommé ^ Toul, de s'être soustrait à la loi sur le recrut trôleur des charrois de Tannée, du nom de tenu des propos incendiaires.
Des dénonciations de cette nature étaient 1 la liberté et même la vie de tous ceux qui Aussi r ex-chanoine Verdy s'empressa-t-il d devant le Club, à la séance du 24. Il « s'exci put », et, comme il avait apporté 20 livre!
menter la masse délivrée aux enrôlés, l'as explications. Délandes ne s'étant pas présen rapporta, ce mot pour mot », les propos inci présence par le contrôleur des charrois de 1 tance « confiante dans la sincérité du citoy< que la dénonciation serait transmise au dire
Bicquilley prit ensuite la parole pour pn corps administratifs de Toul et des campagi adresse pour les engager à observer la plus gi tant sur les passeports que sur le recensemei leur résidence, et à chercher à connaître les ] et mal intentionnées. Cette proposition fut ac
1. Peu après, Délandes fut arrêté et conduit à la prison d une longue détention.
?oul ne prévoyait pas alors qu'il serait e en suspect et, comme tel, jeté en
:é arrêta que tous les récipiendaires luire les quittances des différentes imvrement à l'époque de leur réception, les représentants Anthoine et Levasn, par son décret du 9 mars, avait tires dans les départements de la Morivaient à Nancy avec pleins pouvoirs nécessaires au salut public, d'établir dans chaque ville du dépareillance. L'arrêté rendu à ce sujet par Le indiquait que deux membres de ce \ parmi ceux de la Société populaire; avril, désigna Carez et Henriot, et, le ce dernier 1 .
à Toul la défection du commandant îmouriez, qui s'était rendu dans le ; leur avait livré le ministre de la s de la Convention nationale (5 avril), l'autant plus douloureusement affecté is, que leurs compatriotes, les frères aide de camp de Dumouriez, l'autre, r, étaient passés avec lui à l'ennemi, t leur gloire militaire de Valmy et de
îndu un décret déclarant Dumouriez
nt à prix sa tête, et portant que «t les
t enfants des officiers qui l'accompa-
vue comme otages par la municipa-
e Toul fut composé de ces deux citoyens et des istrateur du district; Prugneaux, procureur-syndic la commune, et Petitjean, officier municipal. Lo t élu par la Société en remplacement de Carez,
lité des lieux où ils résidaient jusqu'à ce que les commissaires de la Convention et le ministre de la guerre auraient été remis en liberté ». En conséquence, sur Tordre du corps municipal, des factionnaires avaient été placés immédiatement dans les maisons occupées par les père et mère des frères Thouvenot et par la femme de l'aîné.
Dans cet état d'indignation des esprits, la Société populaire se réunit le 14 avril à quatre heures du soir et vota l'envoi à la Convention d'une adresse relative à cet acte de trahison. Ce document fut rédigé par Jacob et transmis au représentant Mallarmé. Les Amis de l'Égalité tenaient d'autant plus à affirmer leurs sentiments de dévouement à la République que le .
matin même, à dix heures, les troupes de la garnison et toutes les autorités s'étaient assemblées dans la plaine de Dommartin pour y prêter un nouveau serment de fidélité jusqu'à la mort à la République et à la Convention nationale.
A la fin de cette séance, il avait été décidé par le Club que la municipalité serait invitée à surveiller le sieur Voignier, lunettier, et ceux qui fréquentaient sa maison. A l'ouverture de celle du 20, Carez, qui présidait, exposa «r le danger que courait la République, en raison de l'entente des ennemis de l'extérieur avec ceux de l'intérieur », et il engagea les sociétaires à dénoncer au Comité de surveillance tous les citoyens dangereux et suspects.
Un citoyen de Ménil-la-Tour, nommé Salzard, dénonça aussitôt l'ex-comte de Migot, ci-devant seigneur dudit lieu, colonel d'un régiment de dragons, et produisit contre lui un procèsverbal dressé par la municipalité de la commune, constatant , que l'ex-comte avait tenu plusieurs propos inciviques. La Société y transmit immédiatement ce procès-verbal au Comité de surveillance. L'arrestation de Migot suivit de près; il ne devait plus recouvrer sa liberté. En le signalant à ce Comité, la Société populaire, inconsciemment peut-être, l'avait voué à la mort 1 .
l. Db Migot (Laurent», Dé en 1729 à Luné ville, d'une famille honorable, avait om-
L'ère des dénonciations était ouverte, et nous allons voir la Société populaire se faire désormais, pour ainsi dire, la pourvoyeuse du Comité de surveillance : dès le lendemain 21, elle lui dénonça Marguerite Chrétien, Y ancien ne sœur d'école de Trondes, accusée de tenir des réunions suspectes dans la maison d'un sieur Bénel, où elle était logée, ainsi qu'une nommée Henry, débitante, chez laquelle aurait été lu publiquement un pamphlet contre-révolutionnaire, intitulé : la Révolution de 179S.
Le Club décida, le 28 j iyril^qu'il serait ajouté à l'adresse,
votée le 24 mars et alors à l'impression, un post-scriptum des-
i tiné à engager les municipalités des campagnes à dénoncer
I au Comité de surveillance de Toul « toutes les personnes dan-
\ gereuses et suspectes > .
Le même jour, plusieurs sociétaires firent connaître que les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur entretenaient entre eux une correspondance par le moyen des piétons et commissionnaires, apportant et remportant des paquets de lettres, notamment celui de Vaucouleurs. Après discussion, la Société arrêta
brassé de bonne heure la carrière des armes et avait fait toutes les campagnes de la guerre de la Succession d'Autriche et de la guerre de Sept ans. Barthélémy donne sur sa vie, dans son ouvrage sur les Guerres de la Révolution, d'intéressants détails. De Migot s'était distingué à Prague, à Fontenoy, à Raucoux et à Lawfeld ; capitaine en 1761, il avait acquis dans l'année une réputation légendaire, en franchissant le Weser à la nage à la tête d'un peloton de 40 dragons et on faisant à cheval l'assaut de la redoute do Beverhugen, défendue par 80 fantassins : ceux-ci, terrifiés, s'étaient enfuis sans tenter môme de se défendre. Parvenu par son mérite et son courage au grade de colonel du 4* dragons* (ci-devant régiment de Conli), il avait été anobli par Lettres de la Chambre des comptes de Bar.
Laurent de Migot s'était, le is août 179J, particulièrement distingué au combat de Fontoy, près Longwy.
A la proclamation de la République, il quitta l'armée et se retira, à Ménil-la-Tour dans ses propriétés. Emprisonné à Toul ainsi que son épouse, à la suite de la dénonciation de Salzard, U fut plus tard conduit à Nancy, et de là à Paris sous le régime de la Terreur. Écroué à la Conciergerie le J7 frimaire an II (17 décembre 1793) et \/ traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort le 6 pluviôse (34 janvier 1794), convaincu, dit l'arrêt, t de manœuvres et intelligences avec les ennemis de la France, tendant à faciliter leur entrée sur le territoire français et à ébranler la fidélité des citoyens envers la Nation ».
D'après la Biographie moderne (Paris, 1816), Salzard avait été son garde-chasse. De Migot, en le renvoyant de son service, avait encouru la haine de cet homme, qui le poursuivit avec acharnement, se rendit à Paris pour déposer contre lui et ne quitta sa victime qu'après avoir vu tomber sa tête.
que Jacquet, Jacob et Poincloux feraient une démarche auprès A^±k c r V
du conseil général de la commune pour l'inviter à placer à / /
chacune des portes de la ville des concierges zélés ei patriotes, ■ * t>
chargés de visiter scrupuleusement tous les paquets des com- , ^ <■ c ,
missionnaires et piétons, tant à leur entrée en ville qu'à leur /
sortie. Enfin, on décida d'inviter également le conseil général
à empêcher les citoyens détenus provisoirement par le Comité
de surveillance de communiquer avec qui que ce soit, -* J - - f —
a: à faire solder la garde montée auprès d'eux par cei
eux qui, après jugement, seraient maintenus en éta
tation ».
A la séance du 9 mai, lecture fut donnée d'une Charles Brillon 1 , curé de Foug, adressée à la Société « contenant les expressions du plus pur et du plus a triotisme ». Cette lettre d'un prêtre constitutions opposition, penser aux réfractaires, et l'assemblée a la municipalité serait invitée « à agir contre le mauv Thouvenot dès que la loi sur la déportation lui sera lement parvenue ». Cet abbé Jean Thouvenot, ex de Saint-Gengoult, vieillard de 81 ans, ne pouvait êl reux ; mais c'était l'oncle des aides de camp de Dum conduit à Nancy, il fut incarcéré avec les autres prêt taires du département. Son grand âge, toutefois, < éviter la déportation.
Déjà un certain nombre de personnes, soupçonné visme ou accusées d'avoir tenu des propos contre-re n aires, avaient été écrouées dans la partie du mon Saint-Sacrement, voisine du local où siégeait le Clu cobins et où se tenait aussi le poste des gardes natioi posés à la surveillance des détenus. Le Club décida jour, 9 mai, qu'on prierait le directoire du district d
1. Charles Brillon, après la Terreur, se retira à Lunéville et s'y maria fin assez triste ; par une froide matinée d'hiver, on le trouva mourant d la neige près du chemin d'Binville. Transporté chez lui, l'ancien curé tarda pas à succomber.
du monastère la ci-devant tourière, ainsi que la fille Nacquard, que la Société regardait comme suspectes par rapport aux détenus, et d'assigner pour le corps de garde un local autre que celui de la Société.
Dans la nuit du 17 au 18 mai, un incendie ayant consumé la maison de Clément, boulanger à Toul, et toutes les provisions qu'elle contenait, ce citoyen fut Uobjet de la générosité la plus louable. Le 19, une souscription fut ouverte au Club à son profit. Les officiers et soldats du bataillon de Reims, de passage à Toul, se cotisèrent et versèrent 860 livres. Les dépôts des 3 e et 96 e régiments de ligne firent de même et donnèrent, le premier 40 et le second 25 livres. Ensuite, une quête eut lieu dans tous les quartiers de la ville, par les soins de la municipalité, de telle sorte que la forte somme de 2,341 livres 16 sols 6 deniers, remise à Clément, lui permit de reprendre son utile profession. Cet acte de bienfaisance et de solidarité sociale, exclusif de toute passion politique, console un peu des suspicions et dénonciations quotidiennes, dont cette époque nous présente le douloureux spectacle.
Le 26 mai, après qu'une somme de 60 livres eut été souscrite par le Club en faveur de la Société mère de Paris, Génot, un des sociétaires, prit la parole pour se disculper d'une accusation qui pesait sur lui. On lui reprochait d'avoir délivré, comme officier municipal, à deux prêtres déportés, des passeports « avec des qualifications qui déguisaient les motifs de leur départ de cette ville ». Le directoire du département étant saisi de cette affaire, la Société ajourna sa décision jusqu'à ce que celui-ci eût statué.
L'assemblée passa ensuite à l'ordre du jour sur une pétition présentée par un nommé Granier, rais en état de surveillance, qui demandait l'intervention du Club, près des autorités, pour faire cesser cette surveillance.
Après quoi, Alexis Mansuy déclara que s'il avait, ainsi que d'autres personnes, attesté par écrit le civisme du notaire Bouchon, c'est que ce dernier avait su, lui-même, l'induire en
erreur. Plusieurs membres, Antoine Drouard, Jean-Claud< Simon et François Dabit, vinrent faire une semblable déclara tion à la séance du 30 mai.
La défection de Du mouriez avait rendu plus vive que jamai la lutte qui était engagée au sein de la Convention nationale entre les Girondins et les Montagnards. Ces derniers repro chaient à leurs adversaires d'être fédéralistes, c'est-à-dire & vouloir diviser la France en 83 petites républiques; les Giron dins accusaient Robespierre, Danton et Marat d'aspirer à 1; dictature et ils repoussaient toutes lés mesures révolution naires proposées par la Montagne au nom du Salut public. Le représentants, tout à leurs querelles de partis, semblaient ou blier que la Patrie, exposée de toutes parts aux attaques de ennemis, courait le plus grand danger.
Le Club toulois, dans ces circonstances, crut devoir fair entendre à Paris des conseils de concorde et d'union ; ignoran encore les événements qui s'y accomplissaient, il arrêta, 1 3 juin, qu'on enverrait en son nom, à la Convention, un adresse « ayant pour but de l'inviter à oublier toutes les déno minations et qualifications qui annoncent une division, don les effets ne peuvent être que très préjudiciables à la Repu blique, pour ne s'occuper que de doter le pays d'une Consti tution qui, en lui procurant la paix intérieure, fasse mettr bas les armes aux ennemis extérieurs et soit le point de rallie ment des vrais amis de l'Egalité et de la Liberté » .
L'adresse arriva trop tard : les 31 mai et 2 juin, le peupl de Paris s'était soulevé et la Convention, sous la pression de sections en armes, avait supprimé son Comité des Douze e décrété d'arrestation les membres de ce Comité ainsi que 22 dé pûtes girondins 1 .
i. Au nombre de ces députés se trouvaient deux représentants de la Meurthe J.-B. Salle et Mollevault, président de la Commission des Doute. La députation d notre département était en effet divisée d'opinions comme la Convention elle-mein et comptait en marne temps que les girondins Salle, Mollevault, Michel, Zangiacon et l'évéque Lalande, les montagnards Mallarmé, Levasseur et Bonneval, qui avaiec voté la mort du roi. (Voir la Notice historique et biographique sur J.-B. Salle, publié par J.-B.-V. Salle, son petit-neveu. Nancy, 1898.)
Dans cette même séance du 3 juin, la Société populaire, jugeant que la garde des personnes détenues devenait très onéreuse, chargea Jacob, Gâteau et Martin d'aller trouver le directoire du district pour le prier « de faire fermer les portes faisant communiquer la maison de détention avec la rue, ce qui supprimerait un poste de la garde citoyenne ».
Le 13, elle vota l'envoi d'une adresse à l'armée de la Moselle, commandée par le général Delaage, pour la féliciter de son courage et de sa bravoure à l'attaque de la ville d'Arlon, le 9 juin. Il fut décidé qu'un exemplaire de cette adresse serait transmis aux 4 e et 7 e bataillons de volontaires du département de la Meurthe <c comme une marque de la satisfaction qu'ont '~T éprouvée leurs concitoyens en apprenant qu'ils ont concouru au succès de cette journée mémorable 1 ».
Le Club assista, en outre, le 16, à trois heures de l'aprèsmidi, au Te Deum qui fut chanté, en présence des autorités, à l'église Saint-Étienne, par le clergé assermenté, pour célébrer ce succès de nos armes.
Le 23, la Société décida qu'un tableau à trois colonnes serait placé dans le lieu le plus apparent de la salle des séances, pour recevoir les noms des citoyens du district, morts ou blessés en combattant glorieusement pour la défense de la République, ainsi que les noms de ceux qui auraient fait quelque action héroïque.
Sur la demande de plusieurs membres, l'assemblée vota l'impression de diplômes pour les sociétaires, mais en faisant cette réserve que ces diplômes ne seraient délivrés à chacun d'eux oc qu'après une discussion individuelle et préalable ».
La séance fut terminée par une dénonciation : un individu rapporta que les personnes mises en état d'arrestation dans le
l. C'est dans le 4» bataillon de la Meurthe qu'avaient été versés tous les volontaires formant le contingent du district de Toul, lorsquo l'Assemblée nationale, le 22 juillet 1791, avait appelé à l'activité 97,000 gardes nationaux.
Ce bataillon n'en était pas, du reste, à son premier fait d'armes : le 12 décembro 1792, à l'attaque do Pellingen, il avait arrêté la marche do 1,600 Autrichiens et donné ainsi au général Pully le temps d'arriver avec du renfort. Le 4« bataillon de la Meurthe fut versé à In 185 e demi-brigado le 28 janvier 1794.
local voisin du lieu des séances avaient entendu Bicquilley déclarer « qu'un moyen bien simple de se défaire des détenus était d'empoisonner leur nourriture ». Les membres du Club ne virent là qu'une odieuse diffamation; néanmoins, supposant qu'une autre personne avait pu tenir ce p guèrent Stainville, Lismond et Dabit, à Teffi dans la chambre des détenus et d'y informer s dénonciation était absolument fausse.
Raymond, Laurent et Barotte sollicitèrent la séance du 27 juin. L'assemblée en accorda à mais avec des attestations différentes : elle déci Laurent serait conçu en des termes à faire son è de Raymond contiendrait seulement qu'il est nu ciétê, et que celui de Barotte indiquerait qu fonctions de président et de secrétaire avec zèle e blicain.
La Société populaire touloise, comme on le ^ accaparé une grande part des pouvoirs publics; osé usurper sur eux, plus elle avait gagné ri fois, par un phénomène naturel du reste, en in pinion et en puissance effective 1 .
L'heure choisie pour l'exercice par les comi garde nationale (quatre heures) ayant empêcl sociétaires d'assister à la réunion du 30, le Clu séance du dimanche aurait lieu dorénavant à serait levée au moment où les citoyens seraie évolutions militaires.
Après avoir décrété d'arrestation les dép (2 juin), la Convention avait, le 24, voté la Coi blicaine, qui établissait le suffrage universel e liberté de la presse, de pétition et d'associati
i. Le décret, rondo le 29 septembre 1791 par l'Assemblée na aux sociétés populaires de s'immiscer dans les choses politiqu par la Convention, qui tint à laisser prendre aux clubs un rôl< les affaires du pays.
l Constitution ne devait être exécutée qu'à la paix. Jusqu'à, ce I moment, le gouvernement restait révolutionnaire.
A Nancy, la Société populaire et le directoire du département s'étaient déclarés favorables aux Girondins : la Convention avait riposté, le 27 juin, par un décret suspendant de leurs fonctions les membres de ce corps administratif.
A Toul, au contraire, la Société populaire, où les idées de la Montagne prévalaient chaque jour davantage, adhéra, sans réserves, ainsi que les autorités, aux actes de la Convention. Voici le texte de l'adresse à cette assemblée, votée par le Club, le 7 juillet:
Citoyens Représentants !
La Société populaire de cette ville a vu, avec la satisfaction qu'inspire l'intérêt qu'elle a toujours donné à la chose publique, l'achèvement de la Constitution qu'un cri universel demandait en vain depuis dix mois.
Les bons citoyens attendent avec la plus grande impatience la convocation des assemblées primaires, pour lui donner l'approbation qu'elle mérite. Le temps seul de son envoi peut la différer.
Recevez, Législateurs, notre adhésion aux journées des 31 mai et 2 juin dernier et les sentiments de notre juste reconnaissance pour un bienfait que des fédéralistes et des malveillants de toute espèce veulent en vain détruire. Leurs efforts ne prévaudront pas, et la République, une et indivisible, marchera d'un pas ferme au degré de consistance et de gloire que lui assureront la valeur de ses armées et l'exécution de ses lois.
A Toul, le 6 juiUet 1793, l'an II de la République française. Signé : J. Cabez, 'président, et Gâteau, secrétaire.
Les représentants du peuple tenaient d'autant plus à recevoir de telles adresses que plusieurs départements s'étaient déclarés pour les Girondins et que des partis hostiles de gardes nationaux s'organisaient contre la Convention.
Bordeaux ayant vu proscrire les députés de son département, la Société des Amis de l'Égalité et de la Liberté de cette ville écrivit à celle de Toul pour l'engager à protester avec elle contre l'arrestation des Girondins, les 31 mai et 2 juin; le Club toulois arrêta, dans sa séance du 22 juillet, <r qu'il serait répondu aux Bordelais de manière à leur démontrer le piège
dans lequel les partisans du fédéralisme avaient voulu entraîner une partie des départements, et à les inviter à revenir promptement au giron de la République ».
C'est dans ces circonstances que Jacob^un des membres les plus actifs et les plus influents de la Société, partit pour Paris siéger à la Convention, dont il avait été élu député suppléant
on septembre 1792 j ; il allait y remplacer Mollevault v rancien ,r } ^^i^^ù^ f
président de la Commission des Douze 1 , en même temps que J^.- , A (, / ^ Colombel, de Pont-à-Mousson, également député suppléant de la Meurthe, allait y occuper le siège de Salle, déclaré traître à la Patrie.
. Dès son arrivée dans la capitale, le premier soin de Jacob / fut d'écrire au Club toulois pour lui témoigner les regrets I qu'il ressentait d'être séparé de ses membres, protestant « de / ~ son attachement inviolable à l'unité et à l'indivisibilité de la I République et de son affection particulière pour ses concitoyens, j membres de la Société populaire ». - — J
À la séance du 28 juillet, ceux-ci donnèrent mission à Jacquet, leur président, d'écrire à Jacob « pour le remercier et lui annoncer qu'il jouissait, avec justice, de la confiance du peuple deToul ». Jacquet fut chargé, en même temps, d'inviter le corps municipal, au nom de la Société, à employer les moyens de rigueur dont il disposait, à l'effet de faire cesser l'accaparement du sel « dont souffre surtout la classe peu aisée, qui n'a pas les moyens d'en faire une provision suffisante pour se mettre à l'abri de l'avarice des monopoleurs ».
Dans cette même séance, le Club désigna Lismond et Berthemot pour le représenter à la fête du 10 aofft et y figurer dans le groupe que devaient former dans le cortège les députés
1. Jacob (Dominique), né à Nancy en 1735, avocat au bailliage et siège présidial de Toui jusqu'en 1789, officier municipal en 1790, maire de Toul le 13 novembre 1791, président du tribunal du district le 6 décembre 1799, député à la Convention nationale du 92 juillet 1798 à novembre 1795, juge au tribunal de cassation en 1796, receveur des domaines à Toulon 1799. Jacob mourut à Toul le 99 mars 1809.
9. Cette commission avait été élue le Si mai 1798 dans la Convention pour s'opposer aux provocations el aux menaces de la Commune conduite par Hébert. Composée de 19 membres appartenant au parti girondin, elle avait fait arrêter Hébert le 94 mai, mais avait été supprimée le 31 mai, lors de la cbute de la Gironde.
des diverses Sociétés populaires. La Convention nationale avait décrété qu'en ce jour, anniversaire de la chute de la royauté, une nouvelle Fédération des Français serait célébrée à Paris en l'honneur de la promulgation de la Constitution républicaine. La Société décida, en conséquence, qu'il serait remis à ces deux citoyens un diplôme en forme de commission, leur donnant pouvoir « d'exprimer son vœu sur l'acceptation de l'Acte constitutionnel et de jurer en son nom l'unité et l'indivisibilité de la République française ».
Les autorités de Toul ayant fait mettre en liberté provisoire l'ex-receveur des droits d'enregistrement Ulriot, écroué pour cause d'incivisme sur l'ordre du Comité de surveillance, la Société chargea, le 4 août, Carez, Donzé, Levicomte, Gennevaux et Dabit d'aller trouver le Président des autorités constituées; ils avaient mission de s'informer des motifs de Y élargissèment prolongé d'Ulriot et de lui demander s'il avait envoyé au Comité de salut public de la Convention, le procès-verbal relatif à l'arrestation de l'officier de gendarmerieThouvenin « et notamment les pièces à conviction qui sont de nature à déterminer le Comité à prononcer la destitution de ce mauvais citoyen».
Rien n'échappait alors à la sollicitude inquiète de la Société populaire. Si ses préoccupations se portaient le plus souvent sur les questions de politique intérieure, son patriotisme l'empêchait d'oublier les grands intérêts de la défense nationale.
C'est ainsi que, le 6, elle arrêta que Jacquet, sou président, écrirait à Jacob pour le prier de dénoncer au ministre de la guerre la non-exécution de ses ordres relatifs à la mise en état de défense de la place de Toul.
Il y avait urgence et, dès qu'il eut reçu l'utile requête du Club, le représentant du peuple s'empressa d'agir. Le 1 1 août, il monta à la tribune pour dénoncer cet état de choses à la Convention et s'exprima en ces termes l :
La ville de Tool a sur ses remparts, construits par le maréchal Vanban,
1. Le Moniteur (o° 825, du 13 août); bulletin de la séance du ti.
Dominique JACOB (1735-1809)
D'après un portrait appartenant à la ville do Tout. (Cabinet du Maire.)
22 pièces de canon sans affûts. U n'est sorte d'instances ni de mouvements que cette ville n'ait faits depuis la Révolution pour se procurer les affûts nécessaires et pour creuser et niveler les fossés et les mettre à même d'y recevoir les eaux de la Moselle, qui les avoisine.
C'est d'après de nouvelles demandes, graduées s trie, que le conseil général de la commune s'est ad de la guerre, qui a envoyé, il y a sept semaines, u voir cette place et la mettre en état de défense et ( main. Depuis le départ de cet officier, on n'a plus et cette ville, intéressante par sa situation, la sec marche des ennemis qui pénétreraient par Sarre dans l'état de dénuement le plus affreux.
Émue de ces révélations, la Conventi ministre de la guerre serait tenu de don ordres les plus prompts pour donner les faire creuser et niveler les fossés » .
Le pays courait alors les plus grands d garnison de Mayence, assiégée depuis qua siens, s'était rendue le 23 juillet, après c moyens de défense. Elle était sortie de la bagages et, l'ennemi ne lui ayant impo que de ne pas prendre part à la guerre pei vention avait décrété qu'elle se rendrai combattre le soulèvement royaliste. L'uni versa Toul les 6 août et jours suivants : c vaient, le 8, les officiers municipaux à Ja< plus grand mouvement par les séjour et pi de Mayence ; il faut beaucoup d'énergie ei soutenir des soldats épuisés dans une rou le terme sera d'aller au combat. Nous n 1 cela fût possible, en les voyant exténué* étaient; mais deux jours de repos leur on vigueur et, à l'aide des chariots qui les tireront d'affaire. »