‹ Le club des Jacobins de Toul, 1793-1795Chapitre 11 sur 22 · CLUB DIC8 JACOBINS · texte numérisé non relu

CLUB DIC8 JACOBINS

La République perdant ces défenseurs et l'ennemi s' avançant sur Wissembourg, il fallait lui opposer de nombreux soldats. Les représentants du peuple en mission aux armées y pourvurent au moyen de la réquisition. Lacoste, qui avait été envoyé à l'armée du Rhin (25 juillet), ordonna aussitôt l'enrôlement de nouveaux défenseurs de la Patrie dans tous les départements de la frontière. Sous son impulsion, cette opération s'exécuta rapidement et, le 13 août, Lacoste pouvait écrire à la Convention l :

Le danger imminent qai nous pressait nous a forcé à devancer le décret de la Convention pour la levée du peuple. Le tocsin s'est déjà fait entendre dans les huit départements qui forment les divisions du Rhin et de la Moselle. On ne peut se faire une idée de l'effet qu'il a produit : plus de 140,000 citoyens armés, disposés en bataillons, formant plusieurs compagnies de cavalerie, de grenadiers et de chasseurs, de canonnière avec des canons, des munitions et des vivres pour quinze jours, sont en marche, ainsi que plusieurs administrateurs, magistrats du peuple et autres fonctionnaires publics, pour se rendre à Wissembourg, lieu de réunion de toutes les forces Une partie des garnisons des villes de seconde ligne et nombre de

dépôts qui végétaient dans l'intérieur, tandis que ces bras peuvent être employés si utilement sur les frontières, et qui formeront un rempart de 10,000 à 12,000 bons guerriers, volent aussi à Wissembourg d'après nos réquisitions À l'instant je viens de passer on revue un bataillon patriotique de la ville de Toul, armé et équipé, qui vole à Wissembourg avec 200,000 cartouches

\ Ce bataillon de Toul n'était autre que la garde nationale !àl elle-même, qui avait décidé de courir tout entière à l'ennemi, sous le commandement de Garez, son lieutenant-colonel 1 .

Celui-ci se présenta à la séance du 1 er septembre de la Société populaire. Il annonça qu'il était sur son départ et « qu'il saisirait avec empressement toutes les occasions pour faire parvenir au Club, par voie sûre, tout ce qui se passerait à l'armée ».

1. Le Moniteur (n° S49, dn 6 septembre); bulletin de la séance du 4.

s. Notre illustre compatriote* Gouviou Saint-Cyr, s'exprime en ces termes sur la

La Société décida que mention honorable de cette déclaration serait faite au procès- verbal de la séance 1 .

Lecture ayant été donnée ensuite d'une lettre de Jacob, dans laquelle ce député témoignait le désir d'entretenir une correspondance fréquente avec le Club, le Comité de correspondance de la Société fut chargé d'y répondre dans le plus bref délai c en lui témoignant la gratitude de la Société et en lui faisant connaître tout ce qui s'est passé dans la commune de Toul, notamment la conduite énergique de la garde nationale au sujet du recrutement ».

Le certificat de civisme avait été délivré jusqu'à ce j< les conseils généraux des communes. On appelait aii attestation, affirmant que celui auquel elle était accorde rempli tous les devoirs et satisfait à toutes les obligatio posées aux citoyens. Les fonctionnaires publics et les p nés de la Nation étaient seuls tenus de s'en munir, n'empêcha pas, à l'époque de la Terreur, un grand non personnes d'en faire la demande pour ne pas rester exp toutes les mesures de suspicion.

Le directoire de la Meurthe annula, par un arrêté, t certificats de civisme antérieurs au 1 er septembre et déci ceux qui seraient délivrés à l'avenir ne seraient valab s'ils avaient obtenu les approbations successives de la

evée en masse de 1793 et sur le bataillon des Toulois {Mémoire» $ur les c de la Révolution, t. 1 er , p. 79 et 80):

■ Les hommes qui rejoignirent l'armée étaient mécontents et en si mai qu'il parut impossible d'en tirer le moindre parti; de sorte que, quand les gnés arrivèrent, ils avaient déjà croisé en route les premiers qui avaient voyés : on ne conserva que les deux bataillons de Neufchàteau et de Mire département des Vosges, qui étalent les mieux disposés et formés en partie gens non mariés, et le bataillon de Toul, composé presque en totalité d'anc taire s. Ce bataillon, commandé par le citoyen Carez, était armé de fusil; môme des canons; il était accompagné de deux officiers municipaux et n perdu en route le tiers de son effectif. »

l. Carbe (Joseph), né à Toul le 16 mars 1759; célèbre imprimeur qui i procédé de clichage appelé ëtéréotypie. Officier municipal de Toul en I7î de la Meurthe à l'Assemblée législative en 1791, commandant du bataillon de la ville de Toul à l'armée du Hhin en 1798, administrateur municipal i 1798, chef du bureau de l'instruction au Ministère de l'intérieur en 1799, s de Toul en 1800 ; mort à Toul le 17 messidor an IX (6 juillet 1801).

populaire, du Comité de surveillance, du conseil général de la commune et des directoires du district et du département.

Le Club décida le 12 septembre que, pour l'exécution de cet arrêté, la délivrance des certificats de civisme serait soumise aux règles suivantes :

I. — Il sera fait une distinction entre les certificats à accorder aux fonctionnaires publics et ceux à accorder aux simples pensionnaires.

II. — La Société n'accordera de certificats aux pensionnaires que sur des actes et preuves non équivoques de civisme.

£LI. — Il sera fait en outre une distinction, dans les certificats à accorder, entre les pensionnaires ex-religieuses et tous les autres pensionnaires.

IV. — Les pensionnaires ex-religieuses obtiendront le certificat ou attache de la Société, dès qu'il n'y aura sur le compte d'icelles ni actes, ni propos, ni menées inciviques.

V. — Les pensionnaires sexagénaires ou blessés, ou notoirement infirmes, obtiendront l'attache ou certificat, dès qu'il n'y aura sur le compte d'iceux ni actes, ni propos, ni menées inciviques.

VI. — Il ne sera accordé d'attaches ou certificats aux pensionnaires audessous de 60 anB ou non blessés, ou non infirmes, que sur l'attestation de six citoyens, connus et distingués par leur patriotisme.

La fin de la séance du 12 fut consacrée à la lecture des pétitions pour l'obtention des certificats, sur lesquelles l'assemblée, après discussion, se prononça conformément aux règles précédentes.

. Le 13, le citoyen Carrouge, officier retraité, fut admis comme membre, à l'unanimité, « en considération du don patriotique de quatre mille livres qu'il a fait à la Nation pour subvenir aux frais de la guerre ».

"""" Une députation, s' étant présentée au nom de la Société populaire de Gondrevilie, demanda l'affiliation de cette Société au Club de Toul ; elle fut accordée. Henriot, président de la réunion, donna le baiser fraternel à l'orateur de la députation, qui fut admis, ainsi que ses collègues, aux honneurs de la séance. Celle-ci se termina par l'examen des pétitions en certificats de civisme.

Joseph CAREZ (1752-1801)

D'après un portrait dessiné au pastel par Paradis et appartenant à la ville de Toul. (Musée municipal.)

Les esprits étaient partagés, dans le pays comme dans la Convention elle-même, en raison de la situation critique générale, sur l'importante question de la durée des pouvoirs de cette Assemblée La Société touloise crut devoir émettre son opinion à cet égard : le 19, elle chargea son comité d* " Ar ' ,ûfl pondance de la rédaction et de l'envoi d'une adresse l vention « pour l'engager à rester à son poste jusqu'à 1

Le 22, le trésorier, Véchoux, soumit ses comptes à h qui les approuva et lui donna comme successeur Ge l'aîné.

La séance du 26 fut assez remplie. Jacquet y parla disculper d'avoir pris un repas avec les détenus, air l'en avait accusé; à la suite d'une vive discussion, rc sant l'accusation fausse et calomnieuse, la Société passa du jour. Il fut ensuite procédé à l'examen des pétitior tificats de civisme. Toutes celles présentées par les c sœurs de la charité de Saint-Àmand furent repouss celle de la citoyenne Marie Vallatte. Enfin, la Société son président d'écrire au ministre de la guerre pour le donner un emploi au citoyen Martin, ci-devant a général d'armée.

Une adresse à la Convention « sur les subsistances nécessité d'arracher les vignes basses » fut votée le rédaction confiée à Martin, Prugneaux, Poincloux, Maillot et Petitjean.

De même, à la séance du 3 octobre, la Société décid d'adresses, l'une aux citoyens des campagnes « pour le à fournir de la charpie destinée aux blessés de Fa Nord », et l'autre au ministre de la guerre « pour lui der d'empêcher l'envoi à Verdun de quatre pièces d'i de Toul et d'augmenter, au contraire, l'artilleri place ».

La fin de la réunion fut, comme à l'ordinaire, em l'examen des demandes de certificats de civisme; au cet examen, le club, à l'unanimité, décida qu'on dér

au directoire du département « l'incapacité et l'intempérance » de Moriot, commissaire au recensement des grains du district.

La séance du 6 octobre offrit, parla nature des sujets traités, un intérêt particulier.

Jacob ayant réclamé le tableau des membres de la Société, il fut décidé qu'on le lui enverrait immédiatement.

Sur la question de l'armement, Levicomte, Eauffmann et Martin furent désignés à l'effet « d'aider les administrateurs dans la rentrée des fusils, réquisitionnés par le directoire du département, pour armer les citoyens prêts à partir à la frontière ».

A l'unanimité des membres et des tribunes, l'envoi des trois adresses suivantes fut voté :

La première, à la Société de Nancy « pour l'inviter à convoquer dans cette ville des députations de toutes les Sociétés du département au moment de l'arrivée des commissaires de la Convention, pour prendre conjointement avec eux les mesures révolutionnaires les plus convenables ».

La deuxième, aux autorités constituées <r pour les inviter à mettre à exécution la loi sur le maximum des objets de première nécessité 1 ».

La troisième, à la Convention « pour la prier de mettre fin à l'accaparement des biens nationaux en décrétant une loi qui fasse regorger (sic) les accapareurs ».

A la réunion du 10, le Club décida tout d'abord qu'il aurait dorénavant deux sceaux, un grand pour les secrétaires et un petit, qui serait confié au président du comité de correspondance; puis, poursuivant l'idée qui, quelques jours auparavant, lui avait dicté son adresse à la Convention, il ordonna d'en porter une analogue aux membres du directoire du dépar-

i. La dépréciation des assignats et leur cours forcé avaient fait porter les objets de consommation à des prix exorbitants. Afin de remédier à cette situation, la Convention avait, le 89 septembre, décrété un prix maximum pour toutes les marchandises de première nécessité, les journées de travail et la main-d'œuvre. De fortes amendes étaient édictées contre ceux qui vendraient ou achèteraient au delà du prix fixé et la peine de mort devait être prononcée contre les accapareurs.

tement, h l'effet de démontrer à ces administrateurs <r que la cause principale de la pénurie des grains était la quantité prodigieuse de terrains nouvellement plantés en vignes et bien plus propres au labourage ». Prugneaux et Barotte furent chargés en conséquence de se rendre à Nancy avec la double mission : 1° d'inviter le directoire à prendre un arrêté « destiné à empêcher la plantation de nouvelles vignes dans toutes les communes où les terrains sont propres au labourage » et, 2° « d'engager le conseil général du département à solliciter de la Convention une loi qui limiterait, dans tout le territoire de la République, les saisons de terres arables, prés et chenevières, et ordonnerait d'arracher les vignes plantées dans les terrains propres à recevoir la charrue ».

La Société populaire avait reçu copie d'une adresse de celle de Nancy à la Convention, dans laquelle « l'exportation des Juifs était indiquée comme un moyen d'extirper l'agiotage ». D'accord avec les tribunes, le Club toulois décida, le 13 octobre, qu'une semblable adresse serait envoyée, en son nom, à la Convention et que le comité de surveillance serait invité « à agir sévèrement contre les Juifs suspects ».

La séance se termina par un vote, qui devait avoir les plus graves conséquences pour les administrateurs qu'il visait : le Club, en effet, décida l'envoi à la Convention d'une adresse portant dénonciation contre les membres du directoire de la Meurthe et les représentants du peuple près les armées du Rhin et de la Moselle c comme ayant entravé son décret sur le maximum du blé, en faisant acheter et payer celui-ci 21 et 25 livres le quintal ».

Les membres de la Société reçurent communication, à la séance du 17, de deux lettres de Paris :

La première était de Jacob, annonçant qu'il avait remis à la Convention l'adresse du Club engageant les législateurs à rester à leur poste.

La seconde émanait du ministre de la guerre, qui recommandait à la Société de «c surveiller plus que jamais les admi-

à l'intention du îvaux furent dén rendre compte is en outre « pour ée et le choix des t 1 ».

i ses Comités de ît la loi des sussentants en misbtre à Faure, dès mcy un tribunal

•égner en maîtres urs menées à Toul t>ins.

as le département t la mémoire est \e personnage au uer au Club des

;er était âgé d'enerre- Auguste Leution, il y avait ait été' envoyé à u Conseil exécutif nique parce qu'il

re de chevaux pour le s 8*11, eu même temps Le représentant Faure nbler les chevaux de la \i que la quantité d'a-

i Thiéry, qui avait été érieur. Après quelques l août, (Archivée natio-

rappelait un titre nobiliaire aboli 1 il avait pris, peu de temps après, le prénom de Marat, en l'honneur de Y Ami du Peuple, que le poignard de Charlotte Corday avait créé martyr aux yeux des Jacobins.

La première visite de Mauger avait été pour la Société populaire nancéienne, où il avait exposé les doctrines de la Montagne. Entouré d'abord de quelques rares partisans, il y avait peu à peu conquis un réel ascendant et avait fini par inquiéter *-~y\ — les autorités locales, hostiles au parti jacobin. Aussi dans la j nuit du 16 au 17 août, la municipalité de Nancy avait-elle ' ' dissous le Club et fait arrêter Mauger.

Avertie, la Convention avait rendu le 24 août, sur le rapport du Comité de sûreté générale, un décret qui prononçait la destitution de la municipalité de Nancy et ordonnait la mise en liberté immédiate du commissaire du Conseil exécutif; celui-ci était allé aussitôt à Paris pour y expliquer sa conduite.

Revenu en septembre, muni d'une nouvelle commission du Pouvoir exécutiflui permettant d'exercer impunément sa dictature, Mauger avait créé, en le composant de ses partisans, un comité de surveillance dont le principal but était l'exécution de la loi des suspects. Sur Tordre de ce comité, qu'il appelait son conseil, les arrestations s'étaient multipliées à Nancy, où les prisons se remplissaient de fonctionnaires publics destitués, de parents d'émigrés, de prêtres et de nobles.

Mauger voulut étendre ce système de terreur à tout le département. Après s'être d'abord rendu à Dieuze, il vint à Toul le 2 brumaire an II (23 octobre 1793), descendit à l'hôtellerie du Lion d'or 2 et convoqua la Société populaire en assemblée extraordinaire. Il se présenta à la réunion, accompagné de Febvé, de Nicolas et de plusieurs autres membres de son conseil, et il y prononça un discours violent.

1. Voir aux archives municipales de Nancy l'arrêté du 18 brumaire an II (S novembre 1798), par lequel la municipalité de cette ville autorisait le citoyen Leduc à substituer à son nom celui de Mauger.

s. Cette hôtellerie occupait, en face du pont des Corde li ers, l'angle de la rue Qui-qu*en-Grogne actuelle,

Faisant connaître aux Toulois que leur Club lui avait été dénoncé comme un foyer contre-révolutionnaire, il déclara qu'il venait pour en opérer la régénération, en le purgeant des faux patriotes et des fédéralistes. Puis, au milieu du tumulte \/ et malgré l'opposition d'une partie de l'assemblée, il ordonna l'arrestation de Bicquilley, de Petitjean, de Léviston, de Del, etc., et prescrivit le transférement immédiat à Nancy de tous les citoyens détenus à la maison d'arrêt.

L'ancien maire Bicquilley* s'était, comme vice- président du directoire de la Meurthe, prononcé en faveur des Girondins et il avait, pour ce fait, été destitué; mais son principal crime, aux yeux de Mauger, était d'être l'ami du député mis hors la loi, J.-B. Salle; celui-ci avait adressé en mars 1793 à Bicquilley, qui en avait donné lecture au Club de Nancy, diverses lettres dans lesquelles Salle engageait les administrateurs du département à combattre la politique de la Montagne.

Bicquilley, très estimé à Toul, était très populaire au Club, où chacun savait qu'il s'était, dès la première heure, montré enthousiaste de la Révolution et en avait avec ardeur propagé les idées, prodiguant sa parole et ses écrits pour la cause du peuple : l'assemblée protesta contre la mesure ordonnée, mais cédant à la force armée qui accompagnait Mauger, elle laissa néanmoins arrêter Bicquilley et ses collègues.

Cette séance du 2 brumaire fut si mouvementée qu'il n'en put être dressé procès- verbal. La page, restée blanche, du registre de la Société populaire, ne porte que cette mention, de la main de Lapoule, l'un des secrétaires en exercice :

Lacune occasionnée par l'arrivée de Mauger, qui a fait faire une convo-

1. Bicquillbt (Charles-François), mathématicien et poète satirique, né à Toul le SO août 1738, était avant la Révolution garde-du-corps du roi Louis XVI. Élu maire de Toul, en 1790, puis administrateur du directoire de la Meurthe à la Un de 1791, il en devint vice-président en 1798. Destitué et emprisonné en 1798, il recouvra sa liberté en 1794. Élu administrateur municipal à Toul en 1795 et président de l'administration municipale en 1796 et 1797, il devint sous le Consulat administrateur des hospices et fut conseiller municipal de 1800 à 1804. A l'avènement de l'Empire il se retira de la vie politique et mourut à Toul le si décembre 1814. Un de ses fils, Pierre-Marie, devint général de brigade et baron de l'Empire.

Charles-François BICQUILLEY (1738-1814)

D'après un portrait appartenant à la ville de Tou). Cabinet du Maire.)

cation extraordinaire, les secrétaires n'ayant point tenu de notes à cause —4 — du grand trouble que Mauger et ses adhérents avaient excité dans l'assem- '

blée.

À la réunion du lendemain 3 brumaire (24 oc*- 1 " membres du Club, affranchis de la contrainte exe commissaire du Pouvoir exécutif, reparti pour Nanc; à l'unanimité des suffrages et aux applaudisseme bunes, l'envoi d'une adresse à la Convention ns faveur de Bicquilley; elle fut transmise au député « prière de l'appuyer près de ses collègues/.

La Société, jugeant son local « insuffisant pour grand nombre des citoyens qui assistent aux séanc le même jour qu'elle transporterait son siège c dai salle du ci-devant séminaire », où s'était installée débuts la Société des Amis de la Constitution; 1< nécessitées par ce changement devaient être acquit les mémoires à fournir par Charpy et Vuillaume, architectes et membres du Club.

La séance suivante (7 bruinaire-28 octobre) fut n

1. Le conseil général de la commune, voulant empêcher le Iransfei à la prison de Nancy, prit de son côté, le 5 brumaire (S6 octobre), suivante, qui fût adressée à Mauger :

• Le conseil a été témoin du patriotisme, des travaux et du dévou< Bicquilley s'est constamment livré pour les progrés de la Révolution, du régne de la liberté et de l'égalité ; de la manifestation de ses pr son exercice de la place de maire, i laquelle il a été nommé dés les prc de l'organisation des municipalilés et qu'il a gérée pendant deux an fait un strict devoir de lui rendre un témoignage public des vertus i civiques que ce citoyen a pratiquées au milieu de ses compatriotes.

« Un des premiers, il a concouru à former une société populaire pc idées de la liberté et les moyens de la Révolution; il en a été le pre dents. Antérieurement à la Révolution, dans sa conversation et ses c déjà les principes de l'égalité.

a Le conseil respecte le décret qui a frappé cet ex-admlnistrateui vrelé, le soutien qu'il doit & deux enfants qui combattent pour la pat qui lui sont nécessaires dans 3a famille pour la maladie dont il est al trop à la rigueur de sa situation et de sa translation.

■ Le conseil général de la commune de Toul invite en conséquen commissaires du Pouvoir exécutif et membres du comité de surveillât adjoints de renvoyer Bicquilley dans son domicile, pour y être en é sous la surveillance de la municipalité, jusqu'à ce que la Conventio prononcé à son égard. » (Archive* municipales.)

la présence du citoyen Morel, « commissaire dans le département de la Meurthe à l'effet d'employer les mesures révolutionnaires pour l'approvisionnement et la fourniture urgente de grains et foins aux armées de la Moselle et du Rhin ». Cette fonction lui avait été dévolue par le directoire de la Meurthe réglant, le 26 octobre, « la levée et la répartition du contingent demandé au département », en exécution d'un arrêté pris le 15 octobre par les représentants du peuple pour assurer le recrutement et la subsistance de ces armées. Morel, dont la délégation comprenait le district de Toul, avait tenu à se mettre en contact avec la Société populaire et il l'invita « à lui désigner dix-huit de ses membres pour lui servir d'adjoints et accélérer l'exécution de sa mission ». Le Club s'empressa de faire droit à sa demande.

Jacob ayant écrit à la Société « pour lui témoigner ses inquiétudes sur le prétendu certificat de civisme qu'elle a accordé à Bicquilley, ex-adminis$rateur du département de la Meurthe, et sur le parti qu'elle a pris de présenter une adresse en sa faveur », lecture fut donnée de sa lettre à la séance du 9 brumaire (30 octobre). Ce député faisait connaître en terminant « qu'il gémissait bien sincèrement de la prétendue désunion qui était prête à éclore dans la Société et résultait d'un partage d'opinion ».

Après une mûre discussion et à l'unanimité, l'assemblée arrêta qu'on répondrait à Jacob a pour le désabuser et le prémunir contre les auteurs des faussetés et calomnies qui ont donné lieu aux inquiétudes et observations contenues dans sa lettre »; que de plus, on lui enverrait un nouvel exemplaire de l'adresse en faveur de Bicquilley en le priant « de la remettre et de l'appuyer de tout son pouvoir au Comité de sûreté générale ».

Enfin, Jacquet et Barotte furent chargés de se rendre à Nancy, pour remettre à Mauger, au nom de la Société, un mémoire relatant succinctement « ce qui s'était passé dans son sein à propos de Bicquilley » et lui démontrer que la dénon-

dation par lui reçue contre plusieurs de ses membres était « l'œuvre de trois ou quatre méchants et calomniateurs qui voulaient dominer à tout prix ».

L'un de ces trois ou quatre dénonciateurs était Martin, ancien adjudant -général à l'armée du Nord, aide de camp de Custines, qui avait été destitué après la condamnation à mort de ce général comme traître à la patrie : aussi tenait-il plus qu'un autre à se montrer à Mauger sous l'aspect d'un vrai sans-culolte. La Société populaire avait, on se le rappelle, sollicité du ministre de la guerre le 26 septembre sa réintégration dans l'armée et, singulière manière de prouver sa gratitude, Martin portait contre ses membres une dénonciation calomnieuse; mais le 9 brumaire, le comité de surveillance de Toul fit arrêter l'ancien adjudant-général 1 .

La Société républicaine de Domgermain ayant sollicité son affiliation à celle de Toul, sa demande fut accueillie à la séance du 10 brumaire (31 octobre).

Le même jour, le Club désigna Pierson et Saulnier « pour être adjoints aux officiers municipaux dans la répartition des secours à distribuer aux pères, mères et épouses des défenseurs de la patrie, qui sont dans le besoin ». Sur l'invitation du citoyen Morel, « commissaire du département pour les subsistances ), la Société décida à l'unanimité qu'une souscription serait ouverte pour augmenter ces secours. Quatre membres furent aussitôt chargés de faire une collecte dans l'assemblée et dans les tribunes.

1. A cette occasion, Bouard, maire de Toul, écrivait à Jacob, le 10 brumaire, la lettre suivante :

a Cher concitoyen représentant,

c Un des premiers agitateurs, Martin, ex- adjudant de Custines, qui avait cherché à avilir, à désorganiser les administrations par des mémoires calomnieux, par des provocations de mandat d'arrêt, vient de subir la peine qu'une grave suspicion atlachail à son état de destitution et de surveillance. Sur la dénonciation faite par le commandant de la place (le citoyen Kauffmann), qu'il en compromettait la sûreté et la tranquillité, il a été mis hier en arrestation : le comité doit vous adresser par le premier courrier l'expédition de sa délibération motivée, eic. »

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