CLUB DB8 JACOBINS
Cette opération ayant été effectuée, le maire de Toul, Gennevaux, proposa au Club, à la séance du 27 messidor (15 juillet), de se servir des marbres <t provenant de la démolition des autels des ci-devant églises » pour la construction d'un autel de la Patrie. Mais l'assemblée n'adopta pas cette motion et décida que les marbres seraient mis sous séquestre, en attendant les ordres du Comité de Salut public relativement à leur emploi.
À la même séance, le censeur se plaignit que quelques
femmes fussent venues dans les tribunes « sans être décorées
/) / / de l ft cocarde tricolore » . Le puritanisme des sans-culottes leur
I ^^<^^i^ faisait oublier la galanterie française : le président témoigna
A ArJ ' aussitôt « la plus vive indignation » et la Société arrêta « que
/i^/i k commandant de la place serait invité à donner la consigne
V / de mettre eu état d'arrestation, en conformité de la loi f , tout
IM^ citoyen ou citoyenne qui, par oubli ou par mépris, ne porterait
pas ce signe glorieux du patriotisme ».
Le Club attendait impatiemment le rapport des trois commissaires qu'il avait chargés de dresser la liste de ceux de ses . . membres reconnus accapareurs ou agioteurs de biens natio-
I A v . I naux. Le rapport de la commission fut déposé à la réunion du 30 messidor (18 juillet); il ne livrait à la vindicte populaire que les noms de six membres : Génot fils, Lacapelle (Alexis), / ,, I Pérot (François), Richardin (Nicolas), Thomas (J.-B.) et Vi-
1 goureux (Etienne). Aussitôt l'assemblée arrêta que chacun de
y) .r r> ces noms serait <r soumis au scrutin épuratoire ».
Vigoureux, seul présent, chercha à se disculper des faits qui lui étaient reprochés. Son expulsion fut, malgré sa défense,
Un décret, rendu par la Convention le ai septembre 1793, avait rendu obliga- 1 tde la cocarde tricolore : « Les citoyennes, femmes et filles, — disait ce teront tenues de porter la cocarde nationale tricolore ; cotte cocarde ne qu'en fil ou laine, conforme à celle de tous les autres citoyens. Toute [ui sera surprise sans avoir de cocarde sera punio, peur la première fois, rs de détention ; la seconde fois, elle sera détenue comme suspecte jusc. »
ipalité avait môme réglementé, le 86 septembre suivant, le prix de vente pes et filé à 6 sols le prix des petites cocardes et à 8 sols celui des
votée à l'unanimité. Le nom de Stainville, huissier, qui avait été « violemment inculpé, au cours de la discussion, d'avoir employé des manœuvres pour se faire adjuger une maison », fut ajouté d'office par l'assemblée sur la liste dressée par la commission.
Lacapelle et Génot vinrent présenter leur défense à la ses suivante (4 thermidor-22 juillet). Ce dernier discuta lonj ment tous les griefs à lui imputés et, deux membres de la c mission ayant dit <c qu'ils ne l'avaient porté sur leur liste sur la dénonciation de quelques particuliers », la Société clara que Génot « n'avait pas démérité de ses concitoyen était déchargé des inculpations portées contre lui ». Il en de même pour Lacapelle, qui s'était contenté, pour se dis per, de « mettre au défi qui que ce fût de lui reprocher gain, illicite ou frauduleux, dans les biens nationaux c avait acquis ou rétrocédés ».
Les bras manquaient pour les récoltes, puisque les hom valides étaient presque tous aux armées ; la question des v et moyens pour y parer fut discutée par la Société à la séc du 10 thermidor (28 juillet) : elle résolut d'inviter une encore la municipalité de Toul « à faire exécuter les réqi tions qu'elle avait données pour assurer des bras aux cuit teurs pour rentrer leurs moissons et à recommander aux c mis8aires délégués aux subsistances de refuser des bons pain à ceux qui, jugés en état de travailler, ne se rendra pas dans les communes qui leur avaient été désignées, j aider à rentrer les récoltes ».
Un membre proposa l'exclusion de Lapoule, qui, ayant frein t la loi du maximum en vendant du vin au détail i prix supérieur à celui de la taxe, avait « encouru une senti de police municipale ».
Lapoule présenta sa défense en « protestant de la puret son intention ». S'il avait agi ainsi, dit-il, c'est que « le faut de petite monnaie pour rendre à son acheteur lui a seul fait préférer un compte rond à des fractions; il eût mi
valu, à la vérité, s'en tenir à la loi, mais il pense qu'en tout cas sa faute est excusable » .
L'assemblée ne se laissa pas convaincre et, déjà frappé le 25 brumaire (15 novembre) d'une suspension de huit jours pour son intempérance de langage, Lapoule, cette fois, fut frappé d'exclusion pour trente jours par la décision suivante :
La Société,
Estimant que si la loi du maximum doit être exécutée pleinement, c'est aux sociétaires à donner les premiers l'exemple d'une stricte soumission aux lois ;
Qu'un puissant moyen de la faire respecter, c'est pour eux le devoir non seulement de la prêcher, mais de l'exécuter ;
Que, sous quelque point de vue qu'on puisse envisager cette infraction de la part d'un membre, elle ne peut, sans compromettre ses principes, rester indifférente à un fait qui a provoqué un jugement de police ;
Que cette tache rejaillirait sur la Société entière, si elle n'excluait de son sein celui qui, pour un modique intérêt, a terni la pureté des principes que tout sociétaire doit suivre,
Arrête :
Après discussion, que le citoyen Lapoule sera privé pendant trois décades du droit de siéger et de voter parmi les sociétaires.
À l'heure même où, après cette décision, le Club levait sa séance, vingt et une têtes tombaient à Paris sur la place de la Révolution. C'étaient celles de Robespierre et des principaux personnages de son parti, guillotinés le 10 thermidor à six heures du soir. Lassée enfin de la dictature de Robespierre et du régime de sang qui en était la conséquence, la Convention avait la veille envoyé le dictateur à Téchafaud, où luimême avait fait traîner tant de victimes.
Mais la chute du gouvernement de la Terreur ne fut connue au Club de Toul que le 13 thermidor (31 juillet). Cette nouvelle était annoncée par une lettre de Jacob « qui contenait le détail de l'horrible conspiration tramée par Robespierre,
Couthon, Saint-Just, Lebas et autres contre la Liberté française et l'unité et l'indivisibilité de la République, et relatait la punition de ces traîtres, que Ton avait considérés comme i '^£( ' les principales colonnes du gouvernement révolutionnaire ». ^ f ,
Après la lecture de cette lettre, — dit le procès- verbal de 1 13, — lecture qui est entendue avec un silence qui peignait lei dont Tâme de chaque auditeur était pénétrée, il se produit beaux mouvements qu'il est plus facile de sentir que d'*xpr l'assemblée se lève spontanément en criant : Vive la Réjmbli{ sent les traîtres ! et tous jurent de nouveau d'être fidèles à l'uni divisibilité de la République et de mourir plutôt que de retom joug du despotisme.
Le président donna connaissance à l'assemblée c clamation adressée par la Convention à tous les Franc les engager à se tenir unis et à se resserrer de plu pour extirper tous les complots liberticides ». Cette < cation fut « couverte par les plus vifs applaudisseme
La séance se termina par le vote d'une adresse 1 vention ce pour lui exprimer les sentiments de la ! généralement de tous les citoyens de Toul en appren* couverte d'un si horrible complot contre la souver peuple, et lui annoncer qu'ils avaient fait le sermei tacher invariablement à cette assemblée ».
La Société populaire reçut, le 15 thermidor (2 a< nouvelle lettre de Jacob, contenant « le récit détailla nements survenus à la Convention le 9 thermidor : puté y avait joint un numéro de la Correspondance pc Paris et des département*, journal qui donnait aussi breux détails sur la chute de Robespierre et de ses o
Dans ces circonstances, la Société était fort per| l'attitude qu'elle devait prendre vis-à-vis du Club < bins de Paris, auquel, comme on le sait, elle était al ce Club avait soutenu Robespierre jusqu'au bout : se
1. Elle fui rédigée par Carez et envoyée h Paris le 15 thermidor.
à la municipalité parisienne, il s'était déclaré en permanence pour résister par la force au décret de la Convention, qui ordonnait l'arrestation des terroristes. Aussi, dans la réunion tenue le 16 thermidor (3 août), Carez exprima-t-il l'avis que, « dans les circonstances où se trouvait la Sociélé-mère, il ne convenait pas de trop s'avancer, sans s'être assuré de la part qu'elle avait prise dans les derniers événements ». Estimant j 4/ J que cette Société procéderait sans doute à une nouvelle épu-
/ ration de ses membres, il proposa c d'attendre quelques jours
avant de lui témoigner la profonde indignation dont le Cluh avait été pénétré en apprenant l'horrible trahison du 9 thermidor j>.
Cet avis fut partagé par l'assistance, qui ajourna l'envoi d'une adresse aux Jacobins de Paris « jusqu'après leur épuration a.
Le Club résolut le même jour d'élever la voix en faveur d'un Toulois, Richardin, arrêté et emprisonné à Strasbourg : il écrivit donc au représentant Hentz, pour lui témoigner l'intérêt que prenait la Société à la détention de Richardin et l'inviter « à faire accélérer la décision à prendre au sujet de ce citoyen, sur le compte duquel il ne lui était rien parvenu qui puisse lui faire suspecter son patriotisme ».
Nicolas Pillement, ex-juge au tribunal du district de Toul, ayant prié la Société de lui délivrer un certificat de civisme, l'assemblée repoussa cette demande le 20 thermidor (7 août), en inscrivant à son procès-verbal les motifs qui rendaient Pillement indigne de l'obtenir 1 .
Avant de clore la séance, la Société décida l'ouverture immé-
1. Voici l'analyse de ces motifs : Pillement avait fait partie du jury d'accusation dans l'affaire du notaire Conrard et de l'ex-cootrôleur Ulriot, qui furent acquittes, « quoique les (ails allégués et prouvés contre eux fussent de nature à les faire trouver coupables ». Il nvaii pris part, au commencement de la Hévolution, à un jugement rendu par le tribunal contre des individus qui avaient crié dans les rues de Toul : Vive l'arUtocrcUie I Condamnés a huit jours do prison par une sentence de police municipale, les inculpés portèrent appel devant le tribunal, qui ne les condamna qu'a trois livres d'amende. Enfin, Pillement avait encore siégé dans un procès intervenu entre Del et Cares, « pour Injure calomnieuse dans une séance du comité municipal ».
diate d'une souscription « dans le but de contribuer à la construction, l'armement et l'équipement d'un vaisseau ». Une somme de 329 livres fut aussitôt recueillie parmi l'assistance. a^ Henriot, Valentin, Girardeau et Petitjean furent en outre chargés de se transporter au domicile des autres citoyens « pour les engager à souscrire selon leurs facultés ».
Il semble qu'après la chute du régime terroriste, la modération aurait dû ressaisir tous les esprits. A Toul, 1* nr^ftfiflp, populaire n'en fournit pas la preuve i
Des prisonniers, venant de Strasbourg, traversèrent la ville le 20 thermidor (7 août), conduits à Paris devant le trib"" ûl révolutionnaire. Leur convoi fut l'objet d'un accueil aust humain que celui fait le 11 germinal (1 er avril) aux pi réfractaires emmenés en déportation.
Le citoyen Cochois 1 , commandant du détachement qui e tait le convoi, vint aussitôt au Club et témoigna à ses i bres c la profonde douleur que lui avait causée la conduit citoyens de Toul, vis-à-vis de ces prisonniers, seulement venus et non condamnés, contre lesquels on avait publi ment crié : A la guillotine/ » Il raconta les mauvais tr ments que ces malheureux avaient eu à subir sur leur ch depuis leur départ de Strasbourg et fit même connaître l'un d'eux, dans son désespoir, s'était donné la mort.
Le président (Gennevaux) exprima au commandant Co< « les sentiments d'indignation dont était pénétrée la Soc elle ne partage point, — dit-il, — les sentiments de ces r vais citoyens qui avaient osé insulter à des malheureux pouvaient être reconnus innocents, mais qu'une mesur< sûreté générale empêchait de se présenter libres à la barr tribunal ». Il termina en donnant l'assurance au chef du c
i. Cocuom (Antoine-Christophe), né à Kreuzwald (Moselle) en 1756. Il entre les carabiniers en 1774, y fut reçu officier en 1777 et fit successivement les pagnes de 1792, 1793 et 1795. Chef de brigade on l'an VIII et général de briga Tan XIII, Napoléon le nomma baron de l'Empire et officier de la Légion d'hor Gouverneur de Lyon en 1806, il fut chargé de la défense de celte place en 18 s'en acquitta brillamment. Retraité en 1815, le baron Cochois se retira à Nancy, mourut vers isso.
cheraent que la municipalité, informée de ce qui s'était passé, avait pris des mesures pour empêcher le renouvellement déplorable de pareilles manifestations.
Une des personnalités les plus marquantes du Club des Amis de la Liberté et de l'Égalité était Carez, dont nous avons déjà tant de fois prononcé le nom. Ayant un des premiers embrassé la cause de la Révolution, il avait bravé pour la servir toutes les difficultés, tous les dangers et les préjudices.
Imprimeur de l'évêché et des maisons religieuses, il avait vu sa clientèle s'amoindrir; plus tard, il avait délaissé ses ateliers pour siéger à Paris à la Législative, en 1791 et 1792 ; nous l'avons vu partir en 1793, pour l'armée du Rhin, à la tête du bataillon de TouL
Revenu dans ses foyers, il avait repris sa profession avec courage. « Me voilà de législateur redevenu compositeur, — écrivait-il à un de ses amis, — et quoique j'aie les doigts engourdis, j'espère remplir ma nouvelle tâche avec succès. * Il devint alors l'imprimeur des diverses administrations touloises : directoire, municipalité, tribunal, Société populaire, etc., et fit paraître, à la fois comme auteur et comme éditeur, plusieurs publications patriotiques. L'une d'elles notamment, intitulée l'Ami des Jeunes républicains, reçut, dans la séance du 26 thermidor (l l août), l'approbation du Club, qui, « estimant que cet ouvrage ne pouvait qu'être très profitable à la jeunesse et utile au progrès de la Raison et de la Vertu, recommanda aux instituteurs et institutrices de le mettre entre les mains de leurs élèves, pour les instruire dans les vrais principes du républicanisme » .
Le 26 thermidor (13 août), la Société accueillit par des <* applaudissements universels et les cris de : Vive la République! » la lecture d'une lettre de Jacob, annonçant la prise de Fontarabie (31 juillet) et de Saint-Sébastien (4 août), <n places espagnoles ouvrant aux armées républicaines l'entrée de laCorogne ».
Sous l'impression de cette nouvelle heureuse, elle décida que
les membres e dont la fortune ne répondait pas au patriotisme et que leur peu de facultés mettait hors d état de fournir à la caisse », entreraient provisoirement dans la salle des séances sans être munis d'une « carte constatant le paiement de leurs cotisations ». Carez et Donzé-Bastien furent chargés « de prendre des renseignements » sur cette catégorie de sociétaires et d'en rendre compte à rassemblée.
A la même séance, la Société invita le général Mouzin à donner de nouveaux ordres « pour empêcher les militaires de la garnison d'exercer des voies de fait sur les habitants des communes voisines, en exigeant du pain et en se répandant dans les vignes et les jardins, et pour faire arrêter aux portes de la place tout militaire chargé de légumes, jusqu'à ce qu'il ait déclaré où il les avait achetés » .
Le général rendit compte des mesures qu'il avait déjà prises à ce sujet, exposa qu'il avait « fait lire à l'ordre le Code pénal militaire pendant trois décades » et promit d'édicter pour la garnison de nouvelles défenses.
» Deux mesures intéressant l'armée furent prises dans la réunion du 6 fructidor (23 août) :
Carez et Balland furent chargés de se rendre près du représentant du peuple et de lui demander oc qu'une partie de la récolte des vignes des émigrés de Toul fût mise à la disposition des commandants de dépôts, pour être sagement distribuée aux braves frères d'armes convalescents ».
Papin, Mouzin et Quirin Petit reçurent mission d'inviter les citoyens « à donner chacun un chauffoir de cendres pour les ateliers de fabrication du salpêtre et de se présenter dans les maisons, suivis de citoyens porteurs de tendelins, pour recueillir ces cendres » .
Le 16 fructidor (2 septembre), un abonnement fut souscrit au journal le Moniteur, par la Société populaire, « désireuse ^ / fi */' d'être instruite promptement et régulièrement des grands évé- ~"^ ^ [h* nements dont la République est le théâtre durant le cours de nJvfyU* A < notre glorieuse Révolution » .
r Le président fut chargé par l'assemblée de oe jour d'avertir
s* I I *-A * e C0D8e ^ général de la commune que plusieurs citoyens c re- $ fusaient d'envoyer leurs enfants aux écoles primaires et de
j l'inviter à y pourvoir *. -—-~~~ \
A la même date, la Qi« »»« de ^^nfaimn^ reçut un certain
nombre de dons, entre autres celui fait par les jeunes gens du
collège ; le principal de cet établissement, Michelet, déposa
I sur le bureau une somme de 35 livres, « fruit des économies
\ de ses élèves 1 ».
Il y avait 4 répartir une somme « de plus de 1,900 .livres, accordée à titre de secours à la commune de Toul en vertu d'un décret. » Le Club procéda le 20 fructidor (6 septembre) à cette opération, qui fut suivie d'un concert, offert par c les citoyens musiciens de la commune, ayant demande à clore la séance par des airs patriotiques ».
Le lendemain, Michelet ayant proposé, « pour donner plus de pompe et d'éclat à la distribution des prix des élèves du collège », de célébrer cette cérémonie « en présence du peuple et dans le sein de la Société », celle-ci consentit à mettre à la disposition du principal la salle de ses séances, où le public * pourrait se rassembler plus commodément que partout ailleurs».
A la réunion de la troisième sans-culottide de l'an II (19 septembre 1794) 2 , une collecte fut faite en faveur de la veuve du citoyen Lagrange, c tué en défendant la République » : elle produisit 35 livres 12 sols. Après quoi, les membres de la Société populaire reçurent la visite d'un de leurs jeunes et distingués compatriotes, de passage à Toul, Jean-Fran-
i. A celte occasion, le maire de Toul écrivait à Jacob, le to nivôse an III : ■ Lee enfants du collège de notre commune ont été émus des cria des malheureux qui manquent de pain; ils ont affecté aux pauvres leur goûter de tous les jours; voyez, mon cher, comme l'éducation nationale a fait des progrès sur de jeunes âmes, qui savent déjà fairo des sacrifices ! » Jacob donna, le 24, lecture de cette lettre à la tribune de la Convention, qui en ordonna l'insertion au bulletin de sa séance. (Moniteur du t$ nivôse- 15 janvier 1795.)
s. On sait que les sans-culotttiUs étaient les cinq joun eomplitmentaireê de Tannée républicaine.
çois André, membre du Club de Strasbourg et maire de cette ville 1 .
Nous sommes arrivés aux premiers jours de Tan III.
La séance du Club, tenue le 3 vendémiaire (24 septembre), fut consacrée au compte rendu de la mission de Germain fils et Buisson, qui avaient été en voyés par la municipalité à Nancy « pour trouver le représentant du peuple Michaud*, relativement aux subsistances ». Michaud, après le 9 thermidor, avai t été délégué pa MaJ>nvention pftu* pamplacfiC fi ftr dans la Meurthe. Les deux commissaires, après l'exposé de leur entrevue, annoncèrent à la Société que le représentant c devait se transporter incessamment à Toul et qu'il comptait y prendre, de concert avec les autorités constituées, toutes les mesures nécessaires à assurer la subsistance du peuple 3 >.
Michaud, en effet, arriva le surlendemain (5 vendémiaire- 26 septembre). Aussitôt prévenu, le Club envoya à sa rencontre une délégation composée de Georges, Giron, Froissard et Laurent, « pour lui indiquer le local de ses séances ». L'assemblée entonqa V hymne patriotique à rentrée du député et le président (Balland fils) lui ayant donné Y accolade fraternelle, offrit son fauteuil à Michaud, « qui l'occupa à l'instant ».
1, A*dr* n'avait alors que 27, ans. M à Tout le 4 avril ;7«7,, il était en 1799 avocat au tribunal du district de Strasbourg; nommé procureur général syndic du Bas- Rhin le si janvier 1793, il fut arrêté avec Schneider, accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg, et incarcéré à Dijon. Rendue la liberté en avril 1794, il fut peu après nommé maire de Strasbourg, par arrêté du représentant Foussedoiro. André conserva ces fonctions jusqu'au 28 nivôse an m (17 janvier 1795).
Le 24 germinal an VI, il fut élu député du Bas-Rhin au Conseil des Cinq-Cents. A la dissolution de cette assemblée, André se relira au village de Go adre ville, près Toul, où 11 perdit sa femme, Marie-Antoinette de Nevenstein, décédée à l'âge de 86 ans, le il août 1811. Nommé la môme année premier conseiller à la cour impériale de Colmar, il fut élu en 1827 député du Haut-Rhin.
2. Michaud (Jean-Baptiste), né en 1760 à Fontarlier (Jura), était avant la Révolution avocat au Parlement de Besancon. Élu successivement membre du directoire dn département du Doube en 1790, député à la Législative en 1781 et A la Convention on 1792, il vola la mort de Louis XVI. A la dissolution de la Convention, il passa au Conseil des Cinq-Cents, puis à celui des Anciens. Devenu ensuite président du tribunal criminel de Besançon, il rentra dans la vie privée à l'avènement de l'Empire. Michaud fut compris dans la loi d'exil qui, en 1816, frappa les régicides et se réfugia à Lausanne, où il mourut en 18 19.
8. Le chiffre des entrées et sorties dans les greniers d'abondance de la commune était, au 17 septembre, de 1,289 qulnlaux de blé et 182 d'orge pour les entrées et de 518 quintaux de blé et 64 d'orge pour les sorties (communication faite à la séance dttdit jour).
Le procès-verbal de la séance du 5 vendémiaire nous semble assez intéressant pour être transcrit en son entier :
Le représentant du peuple, après avoir remercié la Société dé l'accueil fraternel qu'elle venait de lui faire, l'informa de l'objet de sa mission dans le département de la Meurthe, où il était envoyé, dit-il, pour y rétablir la paix et la tranquillité. Il annonça ensuite qu'il était spécialement chargé do la réorganisation des comités de surveillance révolutionnaires, en exécution de la loi du 7 fructidor deroier et qu'il était porteur de listes de candidats, La liste pour le canton de Toul comprenait, dit-il, quatre membres présentés par le conseil général du district et celui de la commune réunis ' ; celle pour les huit autres cantons comprenait huit membres, présentés par le conseil général du district*.
Il donna lecture de ces listes à la Société et mit aux voix successivement les noms des individus qui y étaient portés, afin que si le peuple avait quelque chose à leur reprocher, il pût prendre une détermination convenable.
Ces citoyens ayant été acceptés tant par la Société que par les tribunes, le représentant du peuple les proclama en conséquence membres du nouveau comité.
Le représentant du peuple présenta ensuite une liste de candidats, formée par le conseil général de la commune et celui du district réunis, pour remplir les places vacantes au conseil général de la commune de Toul, candidats qui furent successivement proclamés et acceptés 8 .
L'appel nominal de tous les autres membres fut ensuite fait, et personne n'ayant réclamé, le représentant du peuple les maintint tous dans leur place.
Le représentant termina en déclarant à l'assemblée que, d'après les renseignement» qu'il avait pris, il était assuré que l'esprit public était bon dans le district et notamment dans la commune de Toul ; qu'il aurait désiré pouvoir y rester plus longtemps pour y fraterniser, mais que, des affaires pressantes relatives à sa mission l'appelant à Nancy, il était obligé de s'y rendre.
1. Froissard; Rolin, serrurier; Juste Arnould et Christophe Vincent.
2. Renaud Pelitbieu, d'Uruffe (canton d'ÀlIamps); Jean-Claude Thouvenin, d'Ochey (canton de Bicqueley); Sébastien Mouilleron, de Bléuod (canton de Blénod); Ifonchablon, de Fontenoy (canton de Fontenoy); Louis- Etienne Naudin, de Foug (canton de Foug); Jean-François Gérardin pore, de Jaillon (canton de Jaillon); Louis Julliat, de Lucey (canton de Lucey), et J.-B. Périn, de Grosrouvres (canton de Libremeix;.
3. Goflra, perruquier; Le Bègue, apothicaire; Lacroix père; Augustin Bouchon; Leclôre, chamoiseur; Périn, huissier, et Alexis Colson.
Jacob avait écrit à Gennevaux, maire de Toul, une lettre dans laquelle il se plaignait de ce qu'on eût fait courir le bruit qu'il avait été mis en état d'arrestation, ainsi que Colombel, ' /
député de la Meurthe. /. , ( /, ;%' ' ' '•
Gennevaux fit part de cette lettre à la Société populaire le ' / ,^
son côté, décida « qu'on écrirait à Jacob pour lui témoigne
20 vendémiaire (11 octobre), annonçant l'intention de re- [At^Vf / chercher « la source de cette malveillance ». L'assemblée, de / u * * Â
la sensibilité du Club à l'égard de cette calomnie et lui assu- & rer que ce bruit n'avait fait aucune sensation sur le peuple, dont il conservait toute l'estime et la confiance * .
À la séance du même jour, la Société reçut communication d'une dépêche de Michaud, représentant du peuple en mission dans le département, qui lui ordonnait de procéder à la nomination « d'une commission de douze patriotes, chargée d'examiner, de concert avec l'administration du district et le comité de surveillance, tous les motifs de détention des personnes suspectes, qui avaient été arrêtées dans l'étendue du ressort *.
Ces douze citoyens 1 furent élus à la réunion du 21 vendémiaire (12 octobre), et immédiatement la commission fonctionna conformément aux ordres donnés : le résultat fut favorable aux détenus 1 .
Le malheureux Lapoule voulut prendre la parole, mais « l'état d'ivresse dans lequel il se trouvait s'étant fait aussitôt apercevoir », l'assemblée l'exclut de sou sein pour une décade; il fut expulsé « à la grande satisfaction des tribunes » .
Une adresse au représentant Michaud fut votée en faveur
1. Voici leurs noms : Maillot, agent national; Gennevaux, maire; Papin; Thiéry dit La Moustache; Ceresolle; Borde, adjudant de la garde nationale; Harancourt; le général Goflard: Grégeois, officier municipal; Laurent, idem; Goffin, notablo, et Gérard (de Nancy). — Leclôre, chamoiseur; Guillaume l'aîné, vannier; Richardin, tanneur, et Giron, peintre, furent désignés pour suppléer, en cas d'empêchement, les membres de la commission.
2. Les iutpecU dont les noms suivent furent rendus à la Liberté : BicquiUey (C.-P.) ; Ho ui lion (D.-A.); Guernler (Th.) ; Hardouineau; Cordier (V.); Poirot père, ainsi que les citoyennes Chevin, Cornillot, Béro ville, Louis et Tardif.
des gendarmes de la brigade de Toul, « bons patriotes, susceptibles d'avancement aux grades supérieurs ».
La séance se termina par une collecte qui produisit &5 livres / « en faveur de Bernard, cordonnier, malade et dans le besoin depuis longtemps ».
Bicquilley vint le 30 vendémiaire (21 octobre) remercier les membres du Club « de l'intérêt qu'ils avaient pris à ses malheurs durant son arrestation ». 11 leur témoigna « sa vive reconnaissance pour les démarches qu'ils avaient faites pour le tirer de cet état » et demanda à être c réintégré dans la Société », ce qui lui fut accordé à l'unanimité.
10 brumaire (31 octobre) : Le président ayant consulté la Société et les citoyens des tribunes sur l'affectation à donner à une somme de 600 livres provenant de dons volontaires «destinés aux parents des défenseurs de la patrie, qui s'étaient portés aux lignes de Wissembourg, et était restée sans emploi après le retour de ces défenseurs », l'assemblée décida que ces fonds seraient versés à sa caisse de bienfaisance. Cette décision souleva les protestations des citoyens « ayant fait partie du bataillon qui s'était porté à la défense des lignes de Wissembourg en septembre 1793 ». Plusieurs d'entre eux se présentèrent à la séance suivante (13 brumaire-3 novembre) pour « réclamer contre la destination des fonds qui restaient en caisse et avaient été donnés à leur profit » ; ils demandèrent que la délibération du 1 brumaire fût rapportée, ce qui parut équitable; mais le comité de bienfaisance avait déjà disposé d'une partie des 600 livres et le Club arrêta « que le reliquat de cette somme serait distribué aux moins fortunés des volontaires du bataillon, par les soins des capitaines et fourriers de chacune des neuf compagnies dont il se composait ». ,
La réunion du 16 brumaire (6 novembre) fut consacrée à la discussion du cas de Donzé-Bastien, que la Société « avait mandé par-devant elle à l'effet de répondre aux différentes inculpations portées contre lui ». Ce citoyen, qui avait été
— Ut —
élu plusieurs fois secrétaire et membre des divers comités, était accusé d'avoir apposé un faux endossement sur un billet discrédité, qu'il donnait en paiement d'un chapeau; de s'être approprié, alors qu'il était en état de faillite ouverte, une caisse de marchandises, qu'il avait vendues au mépris des étiquettes indiquant les adresses et les noms de leurs propriétaires; enfin d'avoir dénoncé à la Société les administrateurs du district pour l'avoir à tort traduit au Comité de Salut public comme banqueroutier.
Le président ayant donné la parole à Donzé-Bastien pour présenter sa défense, celui-ci € [tenta en vain de se justifier »; . il déclara « qu'il n'était pas en état de lutter contre \lepotde fer et que, laissant le champ libre au vainqueur, il donnait sa démission de sociétaire et de commandant de la garde nationale de Toul ».
L'assemblée arrêta que Donzé-Bastien, avouant lui-même son état de faillite, serait rayé à l'instant du tableau des membres du Club : elle déclara, en ce qui concernait les faits dénoncés contre lui, qu'elle ne pouvait s'en rendre dénonciatrice ni demander le renvoi de l'inculpé devant les tribunaux et passa à l'ordre du jour.
Le membre exclu avait fait des assimilations entre la situation financière du maire de Toul et la sienne. Gennevaux se présenta le lendemain à la Société « pour repousser l'accusation portée contre lui par Donzé-Bastien, qui lui avait lancé le trait calomnieux et méchant de banqueroutier, pour le marquer de la même note que lui». L'assemblée, satisfaite des explications de Gennevaux, déclara que « l'inculpation vague, faite contre ce fonctionnaire public, était fausse et calomnieuse, et qu'il n'avait jamais cessé de mériter l'estime et la confiance de ses concitoyens » .
Estimant que « la lecture des nouvelles était négligée depuis quelque temps », le Club décida le 20 brumaire (10 no qu'un de ses membres « se rendrait tous les jours, à cin précises, dans le lieu des séances pour faire la lectur
piers publics aux citoyens assemblés et que la cloche serait désormais sonnée à quatre heures trois quarts ». Ce lecteur devait être remplacé tous les dix jours; à cet effet, Balland fils fut désigné pour la première décade.
La Société procéda le 26 brumaire (16 novembre) à l'apurement de la gestion de Dolot, trésorier sortant. Du compte rendu financier présenté par ce dernier, il ressortait que, du 11 germinal an II au 1 er vendémiaire an III (du 31 mars au 22 septembre 1794), ses recettes s'étaient élevées à 660 livres 8 sols 6 deniers et ses dépenses à 728 livrée 3 sols 3 deniers. • En ce qui concernait le budget de la caisse de bienfaisance, les recettes avaient été, du 23 floréal an II (12 mai) au 1 er vendémiaire an III, de 1,051 livres 14 sols 6 deniers et les dépenses de 1,115 livres. Les comptes reconnus justes et Dolot restant donc créancier de 131 livres 3 deniers, la Société autorisa son successeur (Aubry, receveur des droits d'enregistrement) à lui rembourser cette somme sur ses premières recettes.
te adresse n'avait été envoyée aux Jacobins de Paris, sment à ce qui semblait avoir été résolu, sur la propot Carez, à la séance du 16 thermidor (3 août). C'est vénements avaient maintenu laperplexité dans l'esprit ibres du Club toulois : ceux-ci, en principe, étaient let accord avec la Convention, tandis que la sociétéiit continué sa lutte contre cette assemblée, malgré la Robespier re.
le Club de la rue Saint-Honoré avait fait parvenir à is Sociétés populaires de France un manifeste les incombattre la réaction thermidorienne; la Convention répondu le 18 vendémiaire (9 octobre) par une pron aux Français et, le 25 du môme mois (16 octobre), it rendu un décret qui défendait « toutes affiliations, ons, fédérations, ainsi que toute correspondance en ectif entre sociétés et toutes pétitions collectives ». acobins ayant accueilli ce décret par les plus énerrotestations et hautement exprimé l'intention de rai-
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lier les forces de leur parti pour résister à la Convention, le (yj^'l^^A Comité de sûreté générale, dans la nuit du 22 brumaire ( 12 no- /• JaaAA, vembre), fit apposer les scellés sur les registres et papiers des /v** y g Jacobins, ferma leur Club et en apporta les clefs à la Con- /£ vention.
Il est visible que les sociétaires toulois éprouvèrent un véritable soulagement à la nouvelle de ce vigoureux acte des représentants du peuple; ils comprenaient que toute liberté d'agir leur était rendue et leurs hésitations disparurent; le 26 brumaire (16 novembre), ils votèrent l'envoi d'une adresse à la Convention nationale pour « la féliciter de sa proclamation au peuple français, qui contenait les principes de tous les vrais républicains et l'inviter à continuer à tenir d'une main ferme les rênes du gouvernement et à ne pas souffrir qu'une autorité rivale s'élevât à côté de la représentation nationale, en qui la Société mettait toute sa confiance ».
Voici la teneur de cette adresse, envoyée le même jour; on ne saurait trouver une manifestation plus expressive et plus nette:
Les citoyens compoêant la Société populaire de Tout, département de la Meurthe, à la Convention nationale.
Citoyens représentants !
Loin de nous le système des continuateurs du tyran que tous ayez détruit, qui osent dire que le gouvernement révolutionnaire ne peut se concilier avec la justice ! La conduite ferme et sage que vous avez tenue depuis les mémorables journées des 9 et 10 thermidor prouve à la France et à l'Europe étonnée que vous savez tout à la foie vaincre, gouverner et faire le bonheur du peuple.
Nous vous invitons à rester à votre poste et à vous maintenir dans cette attitude imposante qui doit consolider la gloire de la République.
Pour nous, nous jurons de mourir s'il le faut pour votre défense, qui est celle de la liberté et de l'égalité, sans lesquelles il ne peut exister de bonheur sur la terre.
Vive la Convention nationale ! Vive la République !
CLUB DX8 JAOOBIKI. 8
Mais, si le Club des Jacobins de Paris était supprimé, les sociétés populaires de proviuce ne pouvaient plus avoir qu'une apparence de vie politique dans l'état d'isolement où venait de les placer le décret du 25 vendémiaire en brisant leurs affiliations. La modification du Club toulois en fut la conséquence naturelle : il résolut aussitôt de prendre une nouvelle orientation , de se rapprocher des autorités constituées et de se transformer en société d'enseignement populaire. En conséquence, en même temps qu'il envoyait l'adresse à la Convention, le Club prit la délibération suivante :
Considérant que les sociétés populaires doivent, dans chaque lieu, assister de tous leurs pouvoirs les autorités constituées dans les soins relatifs à l'instruction et à la morale publiques, la Société arrête : j I. Il sera formé dans son sein u n comité d'instruction publique, composé de six membres choisis à la majorité absolue des suffrages ; i II. Ce comité sera chargé de faire, dans le plus bref délai, un rapport sur l'état actuel de renseignement local dans les écoles de l'un et l'autre ue sur les besoins et les moyens d'amélioration de ces établis-
aême comité présentera aussi un rapport sur les moyens de assemblées décadaires l'intérêt, la pompe et tous les avantages ateur a dû se promettre de l'institution de ces assemblées ; hne comité présentera, lorsqu'il y aura lien, des projets pour îent des fêtes républicaines, qui seront ordonnées par la loi ou istitués ;
délibéré par la Société sur les projets qui lui seront présentés ité d'instruction publique, pour les approuver et les commu- ? a lieu, aux autorités qui peuvent en ordonner l'exécution.
tugmenter l'intérêt des séances >, le Club ayant résolu des concerts dans son local, la Société de musique le 30 brumaire (20 novembre) et joua des airs pa- Le président invita les musiciens, qu'il remercia, à >utes les séances décadaires. « Les citoyens artistes it au vœu de la Société par de nouvelles preuves et hommage de leurs talents. * Une collecte, faite
dans rassemblée, produisit une somme de 60 livres, destinée « à acheter des instruments pour compléter la musique ».
Ces auditions musicales furent sans attraction sur les membres du Club; six jours après (6 frimaire-26 novembre), le censeur « s'étant plaint du peu de zèle que mettait un grand nombre de sociétaires à se rendre aux séances», le président fit procéder à un appel nominal et note fut prise des absents c pour permettre au censeur de leur appliquer les articles du règlement relatif aux absences réitérées et sans cause légitime».
Une lettre de Jacob fut communiquée à la réunion du 13 frimaire (3 décembre) ; ce député annonçait qu'il avait lu le 10 à la tribune l'adresse envoyée par la Société à la Convention et que cette assemblée en avait ordonné « l'insertion au Bulletin avec mention honorable 1 ». Cette nouvelle était confirmée par une autre lettre émanant du Comité des pétitions, correspondances et dépêches de la Convention.
Le Club ayant reçu de Jacob, trois jours après, « des discours pour les fêtes décadaires », arrêta après avoir entendu la lecture du premier de ces discours, intitulé A l'Être suprême et à la Nature, qu'ils seraient transmis à la municipalité avec invitation à les faire lire au Temple de VÊternel, lors des assemblées décadaires.
Le trésorier fit connaître le 23 frimaire (13 décembre) que les fonds de la caisse de bienfaisance se réduisaient à 22 livres; l'assemblée décida qu'une collecte serait faite le premier décadi de chaque mois pour alimenter cette caisse et qu'il serait sursis à l'examen des demandes de secours jusqu'à la rentrée de nouveaux fonds.
La Société vota à la même date la distribution aux sociétaires de cartes destinées à remplacer celles qui portaient les yfJtMJ~ emblèmes de la Montagne. Ces cartes de membres devaient . f t
« avoir la forme d'un médaillon et porter la figure de la Li- ¥^^-
1. Voir au Moniteur du 12 frimaire le bulletin de la séance de la Convention du 10, même mois.
berté, armée d'une pique surmontée d'un bonnet, avec cette légende supérieure : Carte d entrée, et cette légende inférieure : Société populaire de Toul». Le général Goffard 1 ayant offert de se charger de la fabrication de ces cartes et d'en prendre la dépense à sa charge, l'assemblée « accepta cette offre avec reconnaissance d.
t Vingt sociétaires seulement assistaient à la séance du 26 fri-
j4^*Jlr£^ maire (16 décembre). Après l'appel nominal fait parle censeur, ' dcA. îl f ut décidé que le président enverrait à tous le» absents € un billet de convocation pour la séance du 30 ».
Claude Gérard, arrivé de Nancy, demanda la parole pour instruire l'assemblée des opérations du représentant du peuple Genevois *, envoyé en mission dans le département, le 27 brumaire (17 novembre), par la Convention nationale :
Ce représentant, — dit Gérard, — a procédé à réparation des. corps constitués ; il en a éliminé les sectateurs de l'infâme Manger, les terroristes et les faux patriotes qui avaient surpris la confiance des représentants qui ont précédé Genevois dans le département. Aussi les citoyens sont-ils dans
j. GoprxRD (Jean-Claude), né à Toul le te février 1744, estait le fils d'un cabaretier. Après avoir fait ses études au séminaire de Toul, d'il Bataille dans sa Notice hi$torique sur la pille de Toul (p. 106), il s'était engagé le 1 er mai 1764 dans un régiment d'artillerie. Sous-offlcier en 1771 et lieutenant en 1778, il avait pris part à la guerre de l'Indépendance en Amérique. Devenu capitaine en 1792, il avait accompli, pendant les guerres de la Révolution, diverses actions d'éclat qui lui valurent, en 1798, le grade de chef de bataillon et de colonel six mois plus tard. Blessé, près de Lille, par une balle qui lui fracassa les os du pied gauche, il avait été nommé, le 19 germinal an II (8 avril 1794), général de brigade et inspecteur de l'artillerie. Il n'était pas guéri de sa blessure et, comme elle l'avait rendu boiteux, il avait été renvoyé dans ses foyers quelques jours après avec une modique pension. C'est alors qu'il avait été admis, ;le so floréal an II (9 mai 1794), comme membre du Club de Toul. Le général Goffard mourut en cette ville le 14 mai 1806.
t. Uéskvoib (Louis-Benoit), né à la Mure en 1751, était avocat avant le Révolution. Élu, en 1791, président du tribunal criminel de l'Isère, £uis, en 1792* député de cedépartement à la Convention, il vota la mort de Louis XVI. Envoyé en mission, le 27 brumaire an III (17 novembre 1794), dans le département de la Moselle et de la Meurthe, il y poursuivit les terroristes et prit, le 14 frimaire (4 décembre), un arrêté ordonnant l'arrestation < de tout individu qui, dans les sociétés populaires, provoquerait des mouvements ou des discussions dont l'effet serait d'entraver les mesures prises parles autorités constituées». Genevois devint ensuite membre du Comité de sûreté générale et passa au Conseil des Cinq-Cents, d'où il sortit en 1798. Nommé, en avril 1800, membre du Tribunal de cassation, il occupa pendant tout l'Empire les fonctions de conseiller à la Cour de cassation. Destitué par les Bourbons en 1S15 et exilé en îais comme régicide, Genevois se réfugia en Suisse, où il mourut en 18*4.
une satisfaction universelle de se voir affranchis d'une domination odieuse, qui ne s'est signalée que par des turpitudes, des faveurs, des violations et des maux de toute espèce. En terminant, l'orateur témoigna à ses concitoyens le regret qu'il aurait de s'éloigner à nouveau de Toul, dans le cas où il serait obligé d'aller reprendre près le tribunal criminel du département les fonctions dont il avait été dépossédé par suite des persécutions et des intrigues de ses ennemis.
D'unanimes applaudissements accueillirent le discours de Gérard 1 .
Grâce aux convocations qui avaient été envoyées individuellement aux sociétaires, la réunion du 30 frimaire (20 décembre) fut assez nombreuse. Un membre, dont le nom n'est pas mentionné, prononça un discours dont voici l'analyse :
L'orateur déclara que l'abandon des séances par un grand nombre de sociétaires n'avait pour cause, à ses yeux, que le défaut de discussions, intéressantes et utiles, sur les objets qui doivent occuper les sociétés populaires. On a cherché également à répandre cette opinion que ces assemblées étaient sans objet depuis la loi qui leur ôte l'influence, que l'intrigue y avait usurpée, sur l'action du gouvernement ; on a dit que les écarts, justement reprochés à quelques-unes de ces sociétés, avaient attiré sur toutes ranimadversion publique et que la chute des Jacobins de Paris ne manquerait pas d'entraîner la dissolution de toutes les autres sociétés.
L'orateur s'éleva contre ces théories : il dit que l'institution des sociétés populaires tenait au régime républicain, qu'il en existait dans tous les Etats libres et dans ceux même qui ne jouissaient plus que d'une ombre de liberté.
Selon lui, la liberté ne pouvait se conserver que par la vigilance active et continue du peuple sur tout ce qui peut y porter atteinte ; l'isolement des citoyens et leur apathie sur tout ce qui intéresse la chose publique ont toujours été les signes et les avant-coureurs de la servitude.
L'orateur dit ensuite que rien n'était plus éloigné de l'esprit du peuple français et de ses représentants que la dissolution de ces sociétés, conser* vatrices d'un bien inappréciable et acquis par tant de sang et de sacrifices. Leur existence était formellement garantie par la Constitution, et il serait certainement contre le vœu de tous les citoyens composant la Société popu-
l. Gérard fut nommé, quelques mois après, greffier du tribunal du district de Toul. 11 devint, en 1804, greffier de la cour d'appel de Nancy et, en 1811, juge à la cour prévôlale. A la Restauration, il rentra dans la vie privée et se retira au village d'Écrouves, près Toul, où il mourut le 13 novembre 1827.
~| laire de Toul de donner l'exemple d'une telle dissolution. L'orateur demanda en conséquence que tous les membres fussent invités par le président à ( ' proposer les moyens qui leur paraîtraient les plus propres à donner de l'intérêt et de l'utilité aux assemblées de la Société.
Le Club, après discussion, arrêta « qu'un comité de trois
1 — ^ p r i g jans son se j n ^ ser ait charge de lui proposer les
qu'il croirait les plus propres à donner de l'intérêt et lité aux séances, et qu'il serait chargé de l'exécution ures qui seraient adoptées». Henriot, Guinet et Bicpère furent choisis pour composer ce comité, sous le comité d'utilité publique.
sue de la réunion, Saunier prit la parole « pour détrom- 3uple au sujet de fausses nouvelles qui paraissent avoir ndues par la malveillance, comme la suppression du yen et la reprise de celui de monsieur et autres anajoit dans les lettres, soit dans les conversations ». ; informa la Société, à la séance du 3 nivôse (23 décemte son fils Pierre, « dragon au 1 er régiment, actuellerès de Coblentz et qui avait été monté et équipé aux la Société et envoyé par elle à la défense de la patrie, t écrit pour lui dire qu'on voulait lui faire échanger le qu'il avait reçu de la Société et qu'il ne pouvait que lient consentir à cet échange, parce que son cheval m et lui avait déjà sauvé la vie. Il invitait donc la à employer ses bons offices pour qu'il en obtînt la con- ►n. » L'assemblée, trouvant la requête fondée, chargea aident d'aller avec Tun des secrétaires à la maison comd viter le conseil général à écrire à qui de droit pour r la demande de Dabit.
rmité d'utilité publique ayant, le 10 nivôse (30 décem- >mmuniqué son rapport sur oc les moyens les plus propres er de l'intérêt et de l'utilité aux séances *, la Société a et vota le règlement suivant :
épendamment de la lecture des papiers-nouvelles, qui continuera
d'avoir lieu immédiatement avant l'ouverture de chaque séance, il sera donné lecture dans le cours de la séance des lois d'un intérêt général ou local, ainsi que des rapports intéressants, faits à la Convention au nom de ses comités.
II. Toutes ces lectures seront faites par un sociétaire, désig président à chaque séance de décadi et sous la direction du burei
III. Les sociétaires et autres citoyens, munis de nouvelles pa ou autres pièces intéressantes qui ne seraient point sur le bui invités à les y déposer pour en être, s'il y a lieu, donné lecture i blée.
IV. Dans le cours de chaque séance, on pourra donner tous d ments et explications sur les lois dont la lecture aura été faite toutes discussions dont elles paraîtront susceptibles pour l'instri citoyens.
V. À la séance de chaque décadi, il sera prononcé un disco sujet moral, rapporté à ce jour dans le décret sur les fêtes déca< tout autre point de morale républicaine, au choix de l'orateur qi chargé.
VI. Le troisième jour de chaque trimestre, le comité d'utilité proposera à la Société neuf orateurs, qui seront chargés des disco daires pendant les trois mois de son exercice.
VII. Les orateurs, nommés par la Société sur la proposition d se rassembleront avec lui le lendemain de leur nomination, pou certer entre eux sur la distribution des jours et des sujets à traite
VIII. La Société charge les trois membres du comité de proi discours aux trois séances décadaires prochaines, se réservant d ultérieurement les orateurs qui en seront chargés pour le reste du actuel.
Malgré ce règlement et les louables efforts du comi lité publique pour rendre à la Société populaire son s vitalité, la séance, suivante fixée au 13 nivôse (2janvie ne put avoir lieu, faute d'un nombre suffisant de soc Treize citoyens seulement étaient présents, alors que ] ment exigeait un minimum de vingt membres pour qi délibérer.
A la réunion du 16 nivôse (5 janvier), le président l'assemblée que les officiers, sous-officiers et soldats c du 11 e régiment de dragons, en garnison à Toul, avaie
au corps municipal d'abandonner en faveur des indigents le quart de leur ration journalière de pain. La Société et les tribunes accueillirent cette communication par d'unanimes applaudissements et arrêtèrent qu'une adresse serait envoyée à la Convention par les soins du comité de correspondance « pour lui faire connaître cet acte de générosité et de patriotisme du 11 e régiment 1 ».
La séance du 20 nivôse (9 janvier) fut consacrée à l'audition du discours décadaire, prononcé par Henriot sur la nécessité de la Vertu, base essentielle du républicanisme. Celles des 23 et 26 nivôse (12 et 15 janvier) n'ayant réuni que douze sociétaires, aucune délibération ne put y être prise.
Les sociétaires, dès lors, ne se présentèrent plus que tous les décadis: l'accalmie était complète* et les réunions ne servaient qu'à des conférences faites à ces dates par les plus diserts orateurs du Club.
C'est ainsi que parlèrent successivement : Bicquilley, le 30 nivôse (19 janvier) sur la grandeur et la dignité de l'homme; Guinet, le 10 pluviôse (29 janvier) sur un sujet qui n'est pas
i. La veille, ces militaires avaient écrit en ces termes aux officiers municipaux : « Citoyens,
« Le manque d'approvisionnement en grains dans lequel se trouve votre commune dans la saison actuelle nous étant connu, nous nous empressons de vous prier d'offrir à nos concitoyens le quart de noire subsistance pour le temps que vous jugerez nécessaire. Nous trouverons dans l'acceptation de celte offre la véritable jouissance du républicain, celle d'être utile à la patrie. »
Cette lettre fut transmise par les officiers municipaux à Jacob et lue parce député, le 14 nivôse, à la tribune de la Convention, qui on ordonna l'insertion au bulletin de la séance. (Moniteur du 26.)
1. Les jeunes gens, au contraire, montraient alors le plus grand zèle. Le registre du conseil d'adminlstratiou du collège national de Toul fait connaître que, le 86 brumaire an III (16 novembre 1794), les élèves présentèrent à ce conseil une pétition demandant qu'il leur fût permis de se réunir en société populaire dans l'intérieur de rétablissement. Applaudissant à cette intention, le conseil d'administration accorda l'autorisation aux jeunes sans-culottes. Cette société juvénile fut de courte durée. Ses membres étaient épris d'indépendance ; ils payèrent quelquefois leur amour du mouvement et de la liberté : ainsi, l'un d'entre eux garda les arrêts pendant un jour pour avoir troublé l'ordre le il frimaire (i« décembre), et des mesures sévères durent être prises le 1 er ventôse (19 février 1796) pour rétablir l'ordre dans la société. (Voir Les Écoles dans la Meurthe avant et aprèe 1789, par M. Maggiolo. Mémoires de V Acadé m tede Stanislas, année 1889, p. 101.)
indiqué; Mongin 1 , le 20 pluviôse (8 février) sur la h tyrans et les avantages des républiques; Jacquet, le 10 (28 février) sur la justice; Balland fils, le 13 ventôse ( sur les qualités du bon citoyen et les vertus du vrai répi et Carez le 30 ventôse (20 mars). Ce dernier « traça ur bien énergique de ce qu'il restait à faire pour cons faire fructifier le trésor précieux de la liberté, dont sacré, qui avait été conquis par tant de travaux et fices, devait passer intact à la postérité ».
Fendant les trois mois qui suivirent, plusieurs durent être ajournées par suite de l'insuffisance des so présents et deux discours seulement furent prononcés mier, par Poincloux, le 20 floréal (9 mai), et le sec Mongin, sur l'amour des lois, le 10 prairial (29 mai)
Qu'était donc devenue Tardeur qui, pendant si lou avait enflammé la Société populaire? Le souffle d n'animait plus le Club, il était expirant, atteint n ment par le choc en retour du coup de foudre qui a celui des Jacobins de Paris.
Excitée par les députés de la Montagne et souffra famine, la populace parisienne avait, le 1 er prairial ( < envahi la Convention en demandant du pain et la Con de Î19SÏ Le représentant Féraud avait été tué en d< l'accès de la salle des séances, et sa tête présentée au bo pique au président de l'assemblée. La force armée, néa avait réprimé l'émeute, dont les principaux instigateurs été arrêtés.
La Société touloise se réunit à cette occasion le 21 (9 juin). Elle discuta ces événements et leurs consé( puis vota l'envoi d'une adresse à la Convention au suj
1. L'abbé Mo*ox* (François-Bernard), ex-pré Ire constitutionnel, était nt 9 mars 1757. Il devint, sous le Directoire, professeur de grammaire généra centrale de la Meurlhe et prononça, en cette qualité, à la distribution cJ Tan VI un discours qui fut très applaudi. A la Restauration, il devint pn philosophie et de rhétorique au collège royal de Metz. Il publia à Nancy, e Traité de philosophie élémentaire (s vol. in-8°). Mongin mourut à Met; vier 1887.
dangers que cette assemblée avait courus dans les premiers jours du mois et auxquels la Société avait pris la plus grande part ». L'adresse fut signée par tous les membres présents et portée sur-le-champ par le secrétaire à la maison commune.
Mais les succès des armées françaises avaient été grandissant pendant ces derniers mois. La République batave avait été, en Hollande, substituée au gouvernement du stathouder; la Prusfce, menacée sur toute sa frontière, avait demandé la paix, qui avait été signée le 5 avril 1795 (traité de Bâle).
Aussi, après avoir voté l'adresse h la Convention, les membres du Club, dans leur satisfaction patriotique, crurent-ils en outre devoir inviter la municipalité a: à engager, au son de caisse, tous les citoyens à se réunir pour se réjouir des événements heureux qui, depuis sept ans, avaient signalé la Révolution, malgré les trames toujours renaissantes et toujours plus atroces de ses ennemis x>.
Cette séance du 21 prairial fut la dernière et la léthargie commença pour la Société.
Trois mois plus tard, celle-ci n'existait plus, la Convention ayant, par son décret du 6 fructidor (23 août 1795), prononcé la dissolution de toutes les sociétés populaires de France r .
Remise fut faite à la municipalité le 16 fructidor (2 septembre) des archives de la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, ainsi que le constatent les lignes suivantes, qui terminent le registre des délibérations :
Clos et arrêté, sur la présentation et remise du citoyen Poiucloux, dernier président.
Toul, le 16 fructidor an III.
Signé :
P. H. Lacroix, Maillot,
Maire. Procureur de la commune*.
1 L'article unique de ce décret était ainsi conçu :
«t Toute assemblée, connno sous le nom de club ou do société popdhire, est dissoute; en conséquence, les salles où lesdites assemblées tiennent leurs séances seront fermées sur-le-champ et les clefs seront déposées, ainsi que les registres et papiers, dans le secrétariat des maisons communes. »
s. Depuis sa transformation en Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, la Société populaire touloise avait tenu 246 séances, dont m ordinaires et i* sur convocations extraordinaires.
Tant que la République avait eu à lutter contre les factions au dedans et presque toute l'Europe au dehors, les clubs avaient présenté une utilité incontestable; ils a aux divers éléments de la Nation de s'unir et d' cacement pour la défense de la Souveraineté du l'intégrité du territoire; par leurs affiliations et 1 leurs principes, ils avaient été le plus puissant m exaltation patriotique qui enfanta de si grandes
Dans ce concert des forces populaires de la j la capitale, le Club des Jacobins de ïoul joua un ne saurait, sans injustice, méconnaître l'importa
S'il a émis quelquefois des motions violentes obligée de la surexcitation générale des esprits n'a laissé aucune trace sanglante et, 1 autant qu il a contribué avec un véritable dévouement ci vie de difficultés sans nombre, au triomphe de la Dér raise.
Aussi, avons-nous cru qu'il méritait à tous le tiré de l'oubli. Les membres du Club toulois ne S' signalés par leur sens pratique, leur énergie et jours, par leur sagesse et leur modération? N'c animés, — le lecteur a pu s'en convaincre, — patriotisme, d'un ferme esprit républicain et d les plus généreux?