SCÈNE PREMIÈRE
WALDMAN, RRETTLE.
WALDMAN , sortant de chez lui.
Sortons , Krettle, sortons, ma fille... je ne veux pas parler de cela dans la maison. Le père Landau dort encore. . . Voyons , combien Porfèvre a-t-il donné de ce que tu lui as porté? *
KRETTLE.
Des couverts et de la timballe , le même prix que des derniers ; et des boucles de souliers , six florins.
"WALDMAN.
La somme n'est pas forte , et c'est tout ce qui nous reste !
KRETTLE.
Ah ! nous avons encore la timballe et le couvert dont se sert le père Landau.
■WALMAN.
Silence , Krettle! J'aimerais mieux mendier que de lui enlever ces objets. . . il faudrait lui dire pourquoi , l'affliger sans nécessité , puisqu'il ne peut rien pour nous... Voyons cet argent. . . Dix , vingt , trente , quarante , cin-
qaante-quatre florins. . . Qu'est-ce que c*est que ça? Je ne trouve pas mon compte. . .
KRETTLE.
Comment, mon père,. vous ne trouvez pas?... C'est pourtant l'orfèvre le plus honnête de la ville de Lintz , et peut-être de toute l'Autriche.
WALDMAN.
Tu dis: trente florins pour les couverts, la timballehuit, et les boucles six; tout cela fait quarante-quatre, et je trouve cinquante-quatre florins.
KRETTLE , tremblante.
Eh bien ! puisqu'il y a ça , c'est que ça doit faire ça.
WALDMAN, la regardant.
Ah ! je vois ce que c'est à présent. . . Rrettle , tu es une bonne fille; mais tu pouvais encore garder ta croix d'or. . .
KRETTLE.
Quand vous vous privez de tout pour donner à ma mère , malade ce qui lui est ne'cessaire?. . . Oh! non. « .