‹ Le cocher de Napoléon; vaudeville anecdote en un acteChapitre 2 sur 16 · I.ES MÊMES , LANDAU · texte numérisé non relu

I.ES MÊMES , LANDAU

LANDAU , entrant en chantant.

AIR : 7e vins jadis au monde,

M'entend-ou jamais dire

Cruel destin !

Ah ! quel chagrin !

Ma foi , j'aime mieux rire , C'est bien plus amusant , „ Cv ".

Vraiment, C'est bien plus amusant.

Pourquoi toujours médire

De sou voisin ,

De son prochain?

Ma loi j'aime mieux rire , C'est bien plus amusant ,

Vraiment , C'est bien plus amusant.

Q'uu amoureux soupire Près d'un tendron ,

Bien frais , bien rond ; A table il vaut mieux rire.

C'est bien plus amusant,

Vraiment, C'est bien plus amusan>t.

Allons , allons , chorus , vous autres ! Bonjoar, Waldman.

WALDMAN.

Bonjour!

lANDAU.

Bonjour, ma petite Krettle! Comme te voilà fraîche et gentille ce matin !

KRETTLE.

Ah ! ça vous plaît à dire , monsieur Landau.

IiANDAU.

Mieux que ça, ça me plaît à voir... Eh bien! qu'est-ce? vous ne

; que ça, ça me plaît à voir... Eh bien! qu'est-ce? dites rien. . . Tu as l'air bien noir aujourd'hui.

"WALDMAN.

LANDAU

WALDMAN.

LANDAU

WALDMAN.

Non , des idées . . .

Voyons . • .

Ça se passera.

Voyons toujours.

Bah! pourquoi?

LANDAU- Gomment, pourquoi?. . . Voilà une drôle de question ! pourquoi? parce que je suis ton vieil ami.

AiB : Pour le trouver^ je cours en Allemagne. (Yelva. )

J'en suis certain , il n'aurait pas de charmes

L' bonheur dont tu jouirais sans moi ;

Si quelqu'chagrin te fait verser des larmes , Je prétends pleurer avec toi. (bis.)

Le bien , le mal ont besoin de partage , On veut ses amis pour témoins :

L'heureux pour l'être davantage , Le malheureux pour l'être moins.

WALDMAN.

Mais tu ne peux rien . . .

LANDAU

N'importe ! on mot d'amitié soulage toujours. . . Tiens , frère, autrefois je n'aimais qoe mon empereur , mes che- ▼anx et toi, . . Maintenant , Ini. . . loi , il n'est plus de ce monde, les chevaux sont partis. ,. je n'ai donc plus rien à aimer qoe toi et tout ce qui t'appartient. . . ainsi, parle.

WALDMAl?,

Ma pauvre femme est malade. . .

LANDAU

Elle va mieux; le médecin ne vient plus.

KRETTLE , à part.

Parce qu'il n'est pas payé.

"WALDMAN.

L'état de menuisier ne va plus comme lorsque j'étais jeune et fort.

Oh! <Ai ! maître Waldman a pourvu à cela. . . il a plus de raison que le vieux fou de Landau ; il a de l'ordre , de 1 économie. . . . Ah ! si j'avais pu faire la connaissance de ces belles vertus , je serais riche , j'aurais du foin dans me» bottes . . . Mais à la cour ! et quelle cour ! premier cocher de Napoléon!... j'avais sous les yeux des exemples de luxe , de grandeur. . .

AIR : Sans murmurer. (Michel et Christine. )

Qu'il était grand

Le héros intrépide, Qui mesura de son pas triomphant, Et ie <Jésert où dortJa pyramide , Et du Kremlin le rempart menaçant , \

Qjà'il était grand !

Qu'il était grand ,

Alors qu'à la victoire, Associant les beaux arts, ie talent , Il inscrivait chaqu' page d'notre histo Sur quelqu'utile et noble monument,

Sur quelqu utile et noble Qu'il était grand 1

stoire .

Ah ! qu'est-ce qui aurait cru que ça finirait comme ça?. . . qu'après quinze ans de service je me trouverais sans ressources. . . Qu'est-ce que je dis donc, sans ressources?. . . J'avais nn ami , un véritable auii , c'est tout ce qu'il faut! Allons, allons, Waldman, fais comme moi, mon

garçon, pas d'ambition , pas de soucis, toujours content de ce qu'on a; avec ce système on n'engendre pas de mélancolie.

WALDMAN.

Oui , oui . . • ta as raison . . .

LANDAU

Je vais lire les journaux , savoir des nouvelles de France , de mon pays j ensuite faire ma petite promenade du matin, pour gagner de l'appétit. Krettle , apprête-nous quelque chose de bon pour déjeûner... Je me sens déjà en disposition. . . j'ai bien dormi « j'ai fait les plus jolis rêves!

KRETTLE.

Air du Verre.

Ce n'est qu'un rêve qu' souvent Da pauvre fournit la cuisine ; Le bien , dit-on vient eu dormant , On dit même encor qui dort dîne.

WALDMA.N.

Ces mots parfois sont comolans.

LANDAU

Ce dicton , sans doute , est superbe; Mais mon estomac , je le sens , jN'est pas de l'avis du proverbe.

( Tlfait quelques pas , et relaient. ) Ah! Waldman, j'ai découvert un dépôt de tabac de contrebande délicieux. . . Il faut renouveler notre provision. . . Donne-moi de l'argent, mon caissier.. . eh! eh!

WALDMAN.

VoloBtiers...

LANDAT7.

Oh! oh I tu es en fonds ce matin. . . Ah ! bien , je prends un ducat. . . je veux te faire une surprise . . . Ah ! ah !.. . Krettle, dépêche-toi, mon enfant. . , Je ne serai pas longtemps. , . je ferai ma promenade au pas de solliciteur. . . Place! place ! c'est le mot à la mode aujourd'hui.

Air Vaudeville du Juif,

Place ! place !

11 faut que je passe;

Sans courir , Qui peut réussir ?

Voyez la civilisation ,

Fille de la rt^volution , Pour retremper la race humaine Crier de la Seine, Jusqu'au Borysthène, Des bords africains Aux champs américains :

Place ! place!

Il faut que j e passe j

Le torrent - \

Féconde en roulant.

Voyez ce singe de Moreau , Ce déserteur de Waterloo , Fuir au bruit de l'artillerie ,

Lorsque la patrie ,

En mourant lui crie :

Reviens à ma voix. . .

Répondre : une autre fois . , , -

Place ! place !

Il faut que je passe ; Le succès

Est dans les jarrets.

Depuis la chute des barbons , Les Gérontes ne sont plus bons.

Une ardente et vive jeunesse

Les pousse , les presse ,

Et leur dit sans cesse :

Qui veut résister,

Va se faire emporter.

Place ! place !

Il faut que je passe ; Au repos ,

 nous ces travaux !

( Il son. )

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