SCÈNE IX
L'OFFICIER, puis KRETTLE.
Bon vieillard! j'ai ramené la joie dans son âme. . . laissons à son émotion le temps de se calmer. Pourquoi ne peut- on pas connaître tous les infortunés 5 il y a tant de bonheur à les soulager !
KRETTLE , Sortant de la maison en pleurant. Non, je ne peux pas voir ça. . . les passans en diront ce
qu'ils voudront , mais je ne peux pas m'empêcber de pleurer.
l'officier.
Une jeune fille!
KRETTLE.
Ce pauvre garçon ! comme il tremblait en fesant son paquet.
t'OFFICIBR.
Elle pleure! toute cette maison est donc dans l'aflBliction?
KRETTLE.
Il e'tait si troublé, qu'il oubliait tantôt une chose, tantôt une autre, et quand il en vint à ce mouchoir de soie que je lai ai donné à Noël dernier, on voyait de grosses larmes qui lui roulaient dans les yeux.
l'officier =
Inclination contrariée , ceci est moms sérieux. ( // s"" approche d*elle.) Qu'avez-vous donc, cion enfant?
KRETTLE.
Moi ? rien. . . Monsieur.
Les jeunes filles ne disent jamais ce qui fait couler leurs larmes.
KRETTLE.
Je ne pleure plus.
l'officier.
Peut-être pourrais-je vous consoler?
KRETTLE.
Oh! non.
l'officier.
Vous ne voalez pas parler ? Eh bien ! je devinerai ce que vous voulez me cacher-
KRETTLE.
Vous , Monsieur ?
l'officier.
Je suis un peu soFcier-
KRETTLE.
Vous m'effrayez,
l'officier.
De la confiance, je ne prédis que du bonheur. .. Votre main.
Air noupeau de M. Voidel.
Ecoute-moi , tu peux m'en croire , Dans ta main je vais lire à l'instant. De tes chagrins toute l'histoire , I<e passé, l'avenir, le présent...
Mais pourquoi faire ici le savant? De larmes la paupière brille.
Tu rougis et palis tour à tour , Ton cœur bat... Ah ! pauvre jeune fille 1 Tu dis ton secret, c'est l'amour!
Oui , ton seul secret, c'est l'amour !
KRETTLE.
Hélas ! si ce n*ëtait qa' ça. . . mais il est panvre , lui,
l'officier.
Et vons ?
KRETTLE.
Moi je n'ai rien , et il va nous quitter.
l'officier.
Il n'ira pas loin.
KRETTLE.
Comment, est-ce qu'il loi arrivera quelque malheur?
l'officier.
Non , mais il reviendra.
KRETTLE.
Est-ce qu'il a oublié quelque chose?
l'officier.
Il a oublié d'emmener sa femme.
KRETTLE.
Sa femme !
l'officier.
Oui , mon enfant , vous serez unie à votre amonrenx.
KRETTLE , sautant de joie.
Vrai I
L'union de ces deux lignes me l'indique , et cela dans peu de temps, 'car dans votre petite main elles sont très -rapprochées . . . Adieu.
j^ir de Picaros.
Ma chère enfant , croyez à ma parole , Je vous prédis un plus heureux destin ; Qu^un doux espoir en ce jour VQUS coûsole ,
De vos tourmens , oui , le terme est prochain ! ( A part, ) Mais, au château je dois me rendre,
Du vieux cocher appaisons la douleur...
Je vais lui porter le bonheur , 11 ne faut pas me faire attendre.
ENSEMBLE
i.'opriciER, àKrettle.
Ma chère enfant , croyez à ma parole , Je vous prédis un plus heureux destin ; Qu'un doux espoir , en ce jour vous console De vos tourmens , oui , le terme est prochain.
KBETTLE.
Je voudrais bien croire à votre parole ,
El voir enfin un plus heureux destin ;
Un doux espoir en ce jour rtle console
De mes tourmens ; oui , le terme est prochain.
( L'officier sort, )