‹ Le cocher de Napoléon; vaudeville anecdote en un acteChapitre 16 sur 16 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

rES MÊMES, FRANCK, un paquet sur Vcpaule, au bout d'un bâton , un chien en lesse.

KRETTLE.

Franck , Franck !

FRANCK, tristement Tenez -vous bien , mam'selle Krettle.

^ir du Watchmann. ( Newgate. )

J'suis tout prêt à m'inettre en voyage L'horloge a donné le signal ; '

C'est rinstant d'montrer du courage , Car , de ce départ , si fatal , Voici l'qsart d'heure !

Recevez mes adieux , O vous que tant je pleure !

J'quitteces lieux, Adieux ! adieux !

Pour moi plus de momens heureux!

ENSEMBLE

FRANCK

Je pleure {bis.) Eu vous disant adieux.

KRETTLE.

Je pleure Eu r'cevaut ses adieux.

WALDMAN et LANJiAt;,

Il pleure , En nous disant adieux.

FRANCK

Adieu !

KRETTLE.

Oh! pas encore.

TRANCK.

Je m'en vais avec mon paquet , un bâton , de la confiance en Dieu, et mon chien.

KRETTLE.

Mais regarde-moi donc.

FRANCK

Oh! n'ayez pas peur, je n'oublierai jamais votre visage.

LANDAU

Tu vas faire ton tour de compagnon ?

FRANCK

Il faut bien.

T'as là un bien petit paquet.

FRANCK

Oui , mais le cœur bien gros !

LANDAU

Voyons , Krettle,tu lui donneras bien un petit boursicot pour l'aider en voyage.

KRETTLE.

Tiens, Franck, prends ça, je te le donne.

( Elle lui met les billets dans la main , il les regarde d'un air stupéfait, — Il examine tous les visages , on se met à rire. )

FRANCK

Eh ben! eh benl qu'est-ce que tout cela veut dire?

KRETTLE.

Qu'il faut nous aimer toujours , et nous épouser.

FRANCK, indécis, les regarde tous.

Eh quoi ! c'est vrai ?

TOUS

AIR : Ifos amours ont duré.

Oui , c'est vrai , C'est bien vrai , . . Crois noire allégresse ^

Tu vas, sans délai ,

Voir lécompenser ta tendresse. Que lou cœur, Au bonheur > S'ouvre avec ivresse ; Chez nous désormais Vont régner le cahne et la paix.

FRANCK , ému.

Ah! je doute encore...

Celle que j'adore Serait doue à moi !

Je recevrais sa foi !

Ah! je vous en prie , Calmez mon émoi j Est-ce plaisanterie , Ou de bon aloi?...

Ce jeu déloyal Me ferait trop de mal !

TOUS

Oui , c'est vrai , etc.

( Franck veut parler , il rit, mais tout-à-coup les larmes lui coulent des j' eux. — // suffoque, )

LANDAU

Es-tu devenu fou?

( Franck lui prend la main , et veut parler , mais en vain, — Il joint les mains , et les regarde avec tendresse. )

FRANCK

C'est que je pleure parce que je ris, et que je ris parce que

LANDAU

C''est bien, mon garçon 5 va, je te comprends. Ce ne sont pas ceux qui parlent le plus, qui sont les plus reconnaissans.

FRANCK

Oui, oui. ( Il l'embrasse.) Mets-là ta main, Krettle.

■WALDMAN , les unissant.

Au nom du ciel . mes eafans. . .

LANDAU, ôtant son chapeau.

Et de mou empereur! Allons, mon garçon, te voilà sur la route du bonheur. . . Fouette, cocher!

AIR : Clic ^ clic , clac. ( trAdain. ) I-ANDAV.

Clic , clic , clac , et toujours va qui roule ; Il n'est qu'un moyen De faire ici bas son chemin.

Clic, clic, clac; on ne sort de la foule , Que lorsque l'on sait Faire à propos claquer son fouet.

Ecoutez quelle éloquence ,

Chez l'avocat Bavaret !

« Moi seul j'ai sauvé la France ! »

Oui , du fond d'son cabinet...

Clic, clic , clac , etc.

WALDMAN.

Pour guider la France etitière Au timon tous vont s'(ilacer ; L'un pour nous r'melti' dans rornière L'aut' pour mieux nous enfoncer.

Clic , clic , clac , etc.

L'noble élan qui se révèle, Ne peut plus être arrêté; Aujourd'hui chaqu' peuple s'atlèle Au char de la liberté. Clic, clic, clac, etc.

kretTLE , au Public.

L'vieux cocher ce soir espère Qu'il a m'né son char bon train ; Au terme de sa carrière ,

Pour l'pousser n'faiit qu'un coup tVinain. Clic, clic, clac, et toujours va qui roule, Vous savez l'moyen De le remettre en bon chemin.

Clic , clic , clac , que les bravos de la foule , Prouv'nt qu'il n'a pas fait Trop tôt, ce soir, claquer son fouet.

TOUS

Clic, clic , clac, etc.

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