‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 111 sur 343 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

De la Passion, de la Mort, de la R:surrection et de l’ Ascension de Notre-Seigneur,

La passion, c’est-à-dire les souffrances terribles de Notre-Seigneur, commença après la Cène et ne finit qu’à sa mort. Le jeudi soir, Notre-Seigneur se mit à table, pour la dernière fois, avec ses apôtres. [l avait conversé, mangé et vécu avec eux pendant plus de trois ans, et il allait maintenant prendre avec eux son dernier repas avant de mourir. Il leur révéla la grandeur des souffrances qu'il allait endurer, et leur annonça qu'un d'entre eux le trahirait. Ce discours les jeta dans un grand trouble, car Judas seul connaissait ce qu'il avait projeté de faire.

f 89.—Qu'est-ce que Jésus-Christ a souffert pour nous ?

-— Après son agonie au Jardin de Olives, Jésus-Christ fut trahi par Judas, abandonné par ses apôtres, chargé d’opprobres, flagellé, couronné d’épines, et cloué à la croix sur laquelle il est mort.

Après ia Cène, Notre-Seigneur s’en alla avec ses apôtres dans un endroit situé en dehors de Jérusalem, et qui n'en était séparé que par un

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petit ruisseau. Il dit aux trois apôtres Pierre, Paul et Jean, de demeurer à l’entrée, et de veiller et prier, pendant que lui-même pénétrait dans le Jardin des Olives ou de Gethsémani, comme ce lieu est encore appelé. Là, il se prosterna la face contre terre, pria longtemps et avec ferveur, et trouva les anôtres endormis lorsqu'il revint.

Nous voyons quelquefois des personnes couvertes d’une sueur froide à !a suite d’une cruelle angoisse ou d’une grande frayeur. L’agonie de Notre-Seigneur, dans le jardin des Olives, fut telle, que de grosses gouttes de sang coulaient de chacun de ses pores et inondaïent le sol.

Trois raisons expliquent cette cruelle agonie:

1° La connaïssance claire et certaine des souffrances qu’il allait endurer bientôt Quelle ne serait pas notre frayeur si, sachant que nous allons être mis à mort demain, nous connaissions ex2.ctement notre genre de mort et les souffrances qu'il nous faudra endurer ! Notre-Seigneur connaissait tout, savait parfaitement ce qu’il devait souffrir Bien plus, ses souffrances furent plus grandes que ne seraient les nôtres, même si nous subissions le même genre de mort, parceque son corps était parfait, et par conséquent, plus que les nôtres, susceptible de souffrances. Une blessure à l’œil, qui est la partie la plus sensible et la plus délicate de notre corps, cause plus de mal qu'une blessure au pied ou à la main. Ainsi, toutes les parties du corps de Notre-Seigneur (taient tellement parfaites et sensibles, que nous pouvons à peine nous faire une idée de l'horreur des tourments dont la seule pensée lui causa une telle agonie.

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2 La vue des péchés passés, présents et futurs de tous les hommes. Il connaissait tout, comme nous l’avons dit, et jetant un regard en arrière. il vit tous les péchés qui avaient été commis par pensées, par paroies et par actions, depuis Adam jusqu’à lui; et considérant toutes ces offenses contre son Père, il tomba dans une profonde tristesse.

3° Plongeant son regard dans l’avenir, il vit le petit nombre d'hommes qui profiteraient des souffrances qu’il allait endurer Il vit tous les péchés qui se commettraient depuis sa mort jusqu’à la fin du morde. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait tant souffert dans le Jardin. La souffrance qu’il endura cette nuit est appelée Agonie de Noire-Seigneur dans le Jardin. Cette nuit-là, Judas qui l’avait trahi, vint avec une troupe de soldats et de gens du peuple, armés d’épées et de bâtons, pour arrêter Jésus et le faire prisonnier. Notre-Seigneur n’essaya pas de se sauver, mais il se tint debout pour les attendre, quoique tous ses apôtres, qui avaient promis de demeurer avec lui, se fussent enfuis. Les soldats le conduisirent alors à la maison du Grand Prêtre. Les autres prêtres s’y rendirent, lui firent un simulacre de procès et le condamnèrent à mort. Comine les Juifs, à cette époque, ne pouvaient, d’après leurs lois, mettre personne à mort, ils renvoyèrent Notre-Seigneur à Ponce-Pilate, gouverneur romain, pour que celui-ci le condamnât, parce qu'ils étaient soumis à la domination des Romains. Les Juifs avaient donc procédé contre leurs propres lois dans le procès de Notre-Seigneur.

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