‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 138 sur 343 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

De l'Eglise,

Avant de parler de l'Eglise, nous allons donner un historique de la vraie religion avant la venue de Notre-Seigneur.

Adam fut créé, comme nous le savons, dans un état de sainteté et de bonheur. Dieu communiquait librement avec lui, et il connaissait Dieu bien mieux que nous le connaissons nousmêmes. Mais après leur désobéissance, nos premiers parents perdirent l’amitié de Dieu. Caïn, un des enfants d'Adam, tua son frère Abel, et À cause de ce meurtre, Dieu le maudit ainsi que sa

postérité, et ses descendants devinrent mé-.

chants. (1)

Les autres enfants d'Adam demeurèrent fidèles à Dieu aussi longtemps qu'ils restèrent éloignés des enfants de Caïn ; mais du moment qu'ils eurent des relations et consentirent à contracter des mariages avec eux, ils commencèrent à oublier Dieu, et devinrent bientôt aussi méchants qu'eux. Ceci doit nous apprendre à fuir les mauvaises compagnies, car il y atoujours plus de probabilité que les bons deviendront

(1) Genèse, rv, 11.

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mauvais avec les méchants, que les méchants nc se convertiront au contact des bons. On connaît le vieux dicton: Dis-moi qui tu hantes, ct je te dirai qui tu es.

Après le Déluge Noé etsa famille se fixèrent de nouveau sur la terre, et leurs descendants demeurèrent pendant quelque temps fidèles à Dieu; mais plus tard, ils devinrent méchants eux aussi et entreprirent la construction d'une tour qui, dans leur pensée devait atteindrele ciel. (2) Ils s’imaginaient peut-être, que dans le cas où il y aurait un second déluge, ils pourraient chercher un refuge dans cette tour. Maïs leur orgucilleux dessein déplut à Dieu qui les empêcha de terminer cette tour en confondant leur langage ; de sorte qu’ils ne pouvaient plus se comprendre les uns les autres. Ceux qui parlaient la même langue s'en allèrent vivre ensemble dans une même contrée, et c’est ainsi que la race humaine se dispersa sur toute la terre et que les différentes nations eurent différents langages.

Au bout d’un certain temps, ils perdirent tous la connaissance du vrai Dieu, et commencèrent à adorer les idoles. Dieu qui ne voulait pas que la race humaine vint à l'oublier, choisit Abra:ham pour être le père d’un peuple privilégié qui conserverait toujours son culte. Il le fit sortir de son pays, lui fit de grandes promesses, et lui renouvela celle d’un Rédempteur, qui avait déjà été faite à Adam et Eve. Après la mort d’Abraham, Dieu suscita des prophètes qui faisaient connaître au peuple sa volonté sainte, qui le reprenaient de ses égarements, l’avertissaient du

(2) Genèse, xr

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châtiment qu'il en recevrait, et qui lui rappeiaient les promesses du futur Messie. Les pre: phètes élaient des hommes inspirés de Dier, c prédisaient l'avenir. Ils annonçaient des eos qui ne sont arrivées souvent que des cendres d'années après leur mort. Quelquefois, les hommes d'Etat peuvent prévoir qu’une guerre éclatera dans un pays à un moment donné; ils ne sont pas prophètes pour cela, car ils ne font qu'énoncer des probabilités basées sur certains iaits naturels, et très souvent ce qu’ils 6nt prédit : ‘arrive pas. Le vrai prophète est celui qui pré-

dit des choses qu’il ne peut connaître que par l'ins spiration de Dieu. Les diseurs de bonne aventure ne sont pas non plus des prophètes, mais de vulgaires charlatans qui, pour de l’argent, débitent des mensonges ou font des conjectures sur l'avenir. Nous verrons ailleurs que c'est un grand péché d'aller les interroger, ou d'ajouter foi à ce qu’ils disent.

Au temps promis et annoncé par les prophètes, Dieu envoya son Fils,—Notre-Seigneur,— pour racheter le monde et sauver les hommes. Il vint pour sauver tous les hommes, et cependant il ne demeura sur la terre que trente-trois ans. Il est aisé de comprendre que par sa mort il pouvait sauver tous ceux qui avaient vécu avant lui; mais comment seraient sauvés ceux qui viendraient après lui jusqu’à la fin du monde? Comment sa grâce leur serait-elle donnée ? Comment le connaîtraient-ils ou connaîftraient-ils ses en-

seignements ? Tout cela devait être accompli par son Eglise.

t 129. —Où se trouvent les moyens

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donnés aux hommes pour participer aux fruits de la Rédemption ?

—Les moyens donnés aux hommes pour participer aux fruits de la Rédemption sont l'Eglise et les sacrements.

Notre-Seigneur a institué l'Eglise pour continuer à faire ce qu’il a fait lui-même sur la terre: instruire les ignorants, visiter les malades, secourir les pauvres, pardonner les péchés, ete. Il a commandé à tous les hommes d’écouter les enseignements de l'Eglise comme ils l’écouteraient lui-même.

Supposons maintenant que quelqu'un veuille établir une fausse Eglise, prétendant que c’est la véritable Eglise du Christ, comment ferait-on pour reconnaître la véritable Eglise ?

Lorsqu’un homme invente quelque chose, comment sy prend-il pour que les acheteurs reconnaissent le véritable objet inventé, une plume, par exemple ? Il imiprime sa merque de commerce sur cet objet. La marque de commerce est un signe certain qui indique que l’objet qui en est revêtu n’est point un objet falsifié ; et si d’autres emploient cette marque de commerce pour des articles d'imitation, ils se rendent pas: sibles d’une pénalité infligée par la loi. Eh bien! Notre-Seigneur a fait la même chose. Il a donné à son Eglise quatre marques ou notes caractristiques pour la distinguer de toutes les fausses Eglises. Il a dit: mon Eglise sera Une; elle sera Sainte ; elle sera Catholique ; elle sera Avostolique ; et si une Eglise quelconque n’est pas revêtue de ces quatre marques, vous pouvez être sûrs qu’elle

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n’est pas mon Eglise. Quelques Eglises fausses peuvent sembler posséder une ou deux de ces marques, mais aucune ne les possède toutes ; et lorsque nous constatons qu’une seule de ces marques fait défaut, nous devons en conclure que ce n’est pas la véritable Eglise établie par le Christ. C'est pourquoi toutes les religions qui prétendent être la vraie religion et qui ne possèdent pas ces quatre marques distinctives, ne peuvent être l’Eglise fondée par Jésus-Christ. Si un homme vous dit qu’une chose est blanche, et un autre, qu’elle est noire, ils ne peuvent être tous deux dans le vrai. Un seul dit la vérité, et si nous voulons la connaître nous devons la chercher. De même, lorsqu'une religion nous enscigne qu’une chose est vraie, et qu’une autre religion nous enseigne que cette même chose est fausse, il y en a une des deux qui se trompe, et c’est notre devoir de chercher à connaître celle qui est dans le vrai. Par conséquent, de toutes les religions qui prétendent être la vraie religion de Notre-Seigneur, il n’y en a qu’une seule qui puisse dire la vérité, et celle-la est la religion ou l'Eglise qui peut montrer les quatre marques caractéristiques indiquées plus haut. L'Eglise catholique romaine étant la seule qui puisse montrer ces marques, elle est .donc la seule Eglise véritable, comme nous le verrons un peu plus loin.

Recevoir la grâce méritée par Notre-Seigneur lorsqu'il nous a rachetés par sa mort, c’est ce qu'on appelle : Participer aux fruits de sa Rédemp-

| tion.

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