Qu'’est-ce qu'une indulgence partielle
— Une indulgence partielle est la rémission d’une partie de la peine temporelle due au péché.
L’indulgence partielle peut être de quarante jours, de cent jours, de sept ans, etc., de plus ou de moins, selon que l'Eglise le détermine par la concession de chaque indulgence. Cela veut dire que celui qui gagne de telles indulgences obtient une rémission de la peine temporelle, écale à
celle qu’il aurait reçue de Dieu, s’il avait accompliles œuvres de l’ancienne pénitence canonique, proportionnée dans sa durée et sa rigueur, à la grièveté des péchés dont on avait à faire pénitence. Ainsi, une indulgence de quarante jours, de cent jours, ou de sept ans, etc., c’est la remise de la pénitence que l’on aurait dû faire pendant quarante jours, ou cent jours, ou sept ans, si l’on avait été jugé d’après la teneur des anciens canons de l'Eglise. Une indulgence de quarante jours, de cent jours, d’un an, etc., ne signifie donc pas que celui qui la gagne sortira du purgatoire quarante jours, cent jours, ou un an plus tôt. Les papes ajoutent souvent au nombre d'années d’induigence, un pareil nombre de quarantaines. Ils disent, par exemple: indulgence de sept ans et de sept quarantaines, pour indiquer qu’à la rémission de la peine temporelle correspondant à la peine canonique ordinaire, ils ajoutent la rémission de Ja peine correspondant à la pénitence spéciale du carême, laquelle est plus rigoureuse, et, par conséquent, plus satisfactoire.
Nous ignorons dans quelle mesure la peine temporelle due au péché est remise par une indu'gence partielle. Tout ce que nous savons, c’est qu'une indulgence de quarante, cent jours, etc., est la remise de la pénitence canonique que l’on aurait dû faire pendant le même laps de temps. Mais pourquoi, demandera-t-on, A premiers Chrétiens se soumettaient-ils à des pénitences aussi rigoureuses ? Parce que la foi était à cette époque plus vive que de nos jours, et qu’ils comprenaient mieux que nous la malice du péché et Ja punition qu’il mérite. Peu à peu la ferveur des Chrétiens s’est relâchée, et l'Eglise, s’accommo-
dant à la faiblesse de ses enfants, a jugé bon d’adoucir la rigueur des pénitences en usage dans les premiers temps. & elle eût maintenu plus longtemps les anciennes pénitences publiques, beaucoup auraient refusé de s’y soumettre, et auraient ainsi perdu leur âme.
251.—Comment l'Eglise, au moyen des indulgences, remet-elle la peine temporelle due au péché ?
—L'Eglise, au moyen des indulgences, remet la peine temporelle due au péché, en nous appliquant les mérites de Jésus- Christ, et les satisfactions surabondantes de la sainte Vierge et des saints. Ces satisfactions surabondantes forment le trésor spirituel de l'Eglise.
Le trésor spirituel de l’Eglise se compose donc des mérites surabondants, c'est-à-dire plus que nécessaires, de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des saints. Il est évident que l’Eglise a le pouvoir d’accorder des indulgences, car un pouvoir plus étendu suppose toujours un pouvoir moindre relativement à une même chose, à moins que celui qui l’a accordé n'ait formellement déclaré le contraire. Or, nous ne voyons pas que Jésus- Christ, qui a accordé à son Eglise le pouvoir de remettre la peine éternelle, ait mis une restriction par rapport à la rémission de la peine temporelle. Tout ce que vous délierez sur la terre, a-t-il dit, sera délié dans le ciel. (1) Rien dans ces paroles n’in-
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(1) 8. Math. XVIII, 18,
saire
dique un pouvoir restreint et limité; mais on y voit évidemment que Jésus-Christ communique 8 à son Eglise, par rapport à la rémission des pé-
nu chés, un pouvoir sans limites, qui comprend, par bli- conséquent, la rémission soit de la peine éternelle, ÂTe, soit de la peine temporelle. C’est d'ailleurs dans
ce sens que les Pères et les Docteurs de l'Eglise
ont toujours entendu ces paroles. De plus, l'Eglise des a toujours exercé ce pouvoir d’accorder des in- [pO- dulgences. Ainsi, nous voyons dans les épîtres
de saint Paul, que cet apôtre usa d’indulgence ces envers un grand pécheur de Corinthe, en lui ché, remettant la peine temporelle qui lui avait été sus - imposée pour ses crimes. Nous voyons aussi dans ntes l'histoire de l’Église, que les évêques, à la prière SA- 1 des martyrs, accordaient aux pécheurs pénitents : le la rémission d’une partie de la peine temporelle
qui leur avait été imposée.
+ 252.— Que faut-il faire pour gagner une indulgence ?
ge et —Pour gagner une indulgence, il faut
pou- être en état de grâce, et accomplir fidèle-
\voiL. ment les œuvres prescrites par celui qui l'accorde.
Trois conditions sont indispensablement nécessaires pour gagner quelque indulgence que ce soit : 1° l’état de grâce ; 2° l'intention ; 3° l’accomplissement exact des œuvres prescrites.
1° L'état de grâce, ou l'exemption de tout péché mortel est absolument nécessaire pour gagner une indulgence ; car l’indulgence étant la rémission de la peine temporelle, elle suppose nécessairement la rémission antérieure de l'offense et
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de la peine éternelle. T1 est rigoureusement suffisant d’être en état de grâce au moment où l’on termine ‘a dernière action prescrite pour gagner l'indulgence. Il faut remarquer ici que, pour gagner les indulgences partielles, la confession
sacramentelle n’est ordinairement pas prescrite, :
qu’elle est remplacée par cette clause: avec un cœur contrit. Cela veut dire que celui qui se trouverait en état de péché mortel et voudrait cependant gagner ces indulgences partielles, devrait, au moins faire un acte de contrition parfaite joint au terme propos de se confesser.
2° Pour gagner quelque indulgence, il est nécessaire aussi d’en avoir l'intention. Ainsi, celui qui fait une œuvre à laquelle une indulgence est attachée, mais qui n’a aucune intention de la gagner, ne la gagne pas. Cette intention doit exister au moment où on fait l’action à laquelle est attachée l’indulgence, ou persévérer virturliement, par suite d’une intention qui a été actuelle peu auparavant. Par exemple, une personne qui, le matin, aurait l'intention actuelle de gagne: l’indulgence attachée à l’Angelus qu’elle dira vers midi ou le soir, gagnerait cette indulgence lors même qu’elle n'aurait pas l’intention de la gagner au moment où e’:e le dit, parce qu’elle aurait une intention virtuelle qui serait la continuation de celle du matin. C’est donc une excellente pratique de renouveler tous les matins l'intention de gagner les indulgences attachées aux prières et aux bonnes œuvres que l’on fera pendant la journée, quoiqu'il soit mieux d’avoir-l’intention aciuelle au moment où l’on fait la prière ou l’œuvre. Il n’est pas même récessaire de connaîtra quelle est l’indulgence accordée pour telle par
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tique, ni même de savoir s’il y en a une; il suffit d'avoir l’intention de gagner cette indulgence si elle est accordée, et telle qu’elle est accordée.
83° Accomplissement des œuvres prescrites. Pour gagner l’indulgence attachée à telle œuvre, il faut qu’elle soit faite dans le lieu, dans le temps et de la manière prescrite par celui qui accorde lindulgence. Si l’on omet une seule condition tant soit peu importante, fût-ce même par oubli ou par ignorance, cela suffit pour que l’indulgence ne soit pas gagnée.
Pour gagner une indulgence plénière, il faut de plus: 1° être exempt de toute affection au péché véniel ; 2° se confesser,; 3° communier ; 4° prier à l’intention du Souverain Pontife; 5° visiter une église ou un oratoire public.
La première de ces conditions est d’une rigueur essentielle pour que l’indulgence soit plénière. Car il est évident que si l’on conserve de l’affection à un seul péché véniel, ce péché n’est pas remis quant à l’offense, et à plus forte raison, non plus quant à la peine temporelle. Par conséquent, l’indulgence n’est pas plénière, dès que la rémission n’est pas entière.
Les quatre dernières conditions ne sont que d’une rigueur conditionnelle, c’est-à-dire quand elles sont prescrites comme condition nécessaire ; et elles le sont presque toujours, surtout la seconde et la troisième.
Aucune prière particulière n’est prescrite pour remplir la condition de prier selon l'intention du
Souverain Pontife, et on n’est pas même tenu de
prier à genoux, à moins que cela ne soit formellement exprimé dans les termes de la concession. On peut dire cinq Pater et cinq Ave, ou toute autre
prière vocale, à l'intention du Souverain Pontife. Ceci ne veut pas dire que l’on doit prier pour le Pape lui-même, mais qu'il faut avoir les mêmes intentions que lui en priant. Ces intentions sont ordinairement au nombre de quatre principales: 1° l’exaltation et la prospérité de l’Eglise; 2° la propagation de la foi; 8° l’extirpation des schismes et des hérésies ; 4° la paix et la concorde euire les princes chrétiens. Il est bien clair cependant, qu’outre ces intentions, le Souverain Pontife peut en avoir une foule d’autres. De plus, il n’est pas requis d’avoir chaque fois l'intention explicite de prier pour ces diver+es fins.
Ajoutons enfin, que les indulgences, tant plénières que partielles, peuvent être appliquées aux défunts, seulement lorsque cela est formellement exprimé dans l’acte de concession, et qu’une in- 4 dulgence plénière pour produire son effet comme El telle, ne doit être appliquée qu’à un seul défunt n bien déterminé.