‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 217 sur 343 · A (® HU · texte numérisé non relu

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raison et sont capables de pécher, alors même qu'ils n’ont point encore fait leur première communion. On l’administre aussi à tous les malades qui ont perdu connaissance, et auxquels on croit pouvoir donner l’absolution.

291.—Faut-il attendre qu'on soit à l’extrémité pour recevoir l'Extrême-Onction ?

—Non, il ne faut pas attendre qu'on soit à l'extrémité pou recevoir l’'Extrême- Onction ; mais il faut, autant que possible, y recourir pendant qu’on a encore l'usage de ses sens, afin de ia recevoir avec plus de fruit et de ne pas s’exposer à en être privé.

Il suffit pour recevoir ce sacrement que la maladie soit grave, comme le porte une bulle du pape Benoït XIV. Nous devrions toujours étre heureux de recevoir la grâce de n'importe quel sacrement auquel nous avons droit. Par conséquent, lorsque nous sommes suffisamment malades pour recevoir l’Extrême-Onction, nous devons nous empresser de faire mander le prêtre. Si le malade a encore la moïndre chance de guérison, le sacrement l’aidera et hâtera son retour à la santé. Maïs si l’on attend à la dernière heure, au moment où l’agonie est déjà commencée, où l’on est sans parole, sans connaissance, et souvent même dans ie délire, comment le malade peut-il coopérer à la grâce et recouvrer la santé ? Il faudrait presqu’un miracle, et Dieu ne fait pas de miracles pour des raisons ordinaires.

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Si on doute que le malade le soit suffisamment pour recevoir les derniers sacrements, il faut alors envoyer chercher le prêtre, qui jugera luimême. On dégage ainsi sa responsabilité, et on n'a rien à se reprocher dans le cas où cette personne viendrait à mourir sans avoir reçu l’Extréme-Onction. Le prêtre, comme le médecin, appelé souvent au lit des malades, acquiert assez vite l'expérience suffisante pour lui permettre de juger du danger. Très souvent, des personnes sont aux portes de la mort et cependant, leurs parents ou ceux qui veillent sur elles, ne s’en aperçoivent pas. C’est pourquoi, en général, il est imprudent de s’en rapporter à son jugement, au lieu de consulter le médecin ou le prêtre.

De plus, il ne faut pas s’imaginer follement, comme il arrive quelque fois, que si le prêtre vient donner les derniers sacrements À un malade, il va l’effrayer et accélérer sa mort, en le mettant sous l’impression que sa maladie est désespérée. La visite du prêtre n’a jamais tué personne ni abrégé ses jours. Il se garde bien d’épouvanter ceux qui sont dans cet état douloureux, et sa charité a de saintes industries pour g'insinuer doucement dans les cœurs. Il n’est pas plus dangereux de recevoir les sacrements à domicile que de les recevoir à l’église, et il n’ent pas raisonnable de s’effrayer plus dans un casque dans l’autre. Puisque dans la plupart des maladies un peu graves, la moindre complication, le plus léger refroidissement peut amener la mort, on comprend facilement qu’il est prudent de recevoir l’Extrême-Onction, sans croire encore que la mort est inévitable. Un malade qui craint réellement que ce sacrement ne cause sa mort ou

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