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n’abrège ses jours, montre qu’il manque de foi et de confiance dans la grâce de Dieu. Ceux qui ne désirent pas recevoir la sainte communion ou le viatique dans leurs maisons, ne tiennent pas à ce que Notre-Seigneur les visite. Quelle n’est donc pas leur ingratitude ! Lorsque Notre- Seigneur était sur la terre et parcourait les bourgades de la Judée et de la Galilée, le peuple transportait les malades dans les rues où il passait, afin qu’il pût les voir, les toucher et les guérir. Aujourd’hui, il n’exige plus qu’on fasse la même chose, maisil vient lui-même visiter les malades, et on redoute sa visite que l’on devrait tant désirer. Que nous sommes donc ingrats ! Et comme il aurait bien raison de nous faire le même reproche qu’à se: Apôtres: Hommes de peu de foi, pourquor craîignez-vous ?
Lorsque le malade a vécu dans lindifférence religieuse et dans l’éloignement des sacrements, il ne faut pas attendre qu’il demande lui-même le prêtre ou qu’il consente à ce qu’on l'appelle. D'abord, ces malades, comme tous les autres, se font généralement illusion sur la gravité de leur état, et se croient rarement aussi en danger de mort qu'ils le sont réellement ; de plus, le souvenir du passé les effraie, ils éprouvent une répugnance extrême à descendre dans les replis d'une conscience chargée, et alors ils n’aiment pas envoyer chercher le prêtre, ou du moins, ils remettent la chose de jour en jour, jusqu'à ce qu’il soit trop tara. Le démon, de son côté, les pousse à retarder la réception des derniers sacrements, dans l'espérance qu’ils mourront sans les avoir reçus et qu’ils deviendront 84 proie. Lorsque l’on est en présence d’un cas sem-
DE L'EXTRÊME-ONCTION ET DE L'ORDRE. 447 blable, il faut agir avec prudence, douceur et cnarité. On peut demander au malade s’il n’aimcrait pas à voir le prêtre pour lui demander ,e secours de ses prières, sans lui parler des derniers sacrements si on craint un refus. Alors, on fait simplement venir le prêtre, qui saura bien faire le reste. Sile malade refuse et appartient À la religion catholique, on doit tout de même appeler le prêtre et le mettre en même temps au sait des dispositions de ce pauvre malheureux. Ce serait encourir une grande responsabilité que de laisser mourir un tel malade dans l’impénitence, sans avoir fait tout ce qui est humainement possible pour empêcher un pareil malheur. Le plus souvent, ces personnes qui ne veulent pas voir le prêtre, deviennent tout autres après avoir conversé avec lui et constaté l’intérêt qu’il leur porte. Non seulement elles consentent à le recevoir de nouveau, mais aucune visite ne leur est plus agréable.
Les maladies changent de nom quand on les considère à leur véritable point de vue, et sont plutôt une grâce qu’un malheur. Dieu se sert quelquefois de ce moyen pour ramener à lui des pécheurs endurcis, et qui vivent dans l’oubli de leurs devoirs religieux. Quelle est généralement la conduite d’un bon père à l’égard d’un enfant indiscipliné ? Il commence par lui faire remarquer ses manquements, et il le reprend avec douceur. S'il constate, au bout d’un certain temps, que ses conseils et ses avertissements n’ont aucun effet, il lui inflige une punition corporelle, non pour le plaisir de le voir souffrir, mais pour le bien de son enfant, et dans l’espérance de corriger ses mauvais penchants et d’en faire un bon