‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 227 sur 343 · DE D Æ · texte numérisé non relu

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8° La grâce du sacrement met les époux en état d'élever leurs enfants dans la crainte et l’amour de Dieu, et malheur à eux ! s8’ils abusent de cette giâce, nécessaire pour bien remplir le plus important de leurs devoirs. Les enfants doivent se rappeler que leurs parents ont reçu les grâces d'état pour les conilier les diriger et les reprendre ; et s’ils refusent de leur ohéir et d'accepter leur direction, ils méprisent la grâce de Dieu. La meilleure école est celle de l’expérience; et en supposant même que les parents n'auraient reçu aucune grâce spéciale, ils ont du moins l'expérience. Ils ont passé eux-aussi par l’enfance et la jeunesse; ils ont reçu des avis de leurs parents et de leurs maîtres comme leurs enfants en reçoivent à leur tour. Si les parents sont vicieux, c’est parce qu'ils n'ont pas suivi les conseils qui leur ont été donnés. S'ils sont bons chrétiens, c'est parce qu’ils en ont profité. Par conséquent, les enfants doivent les écouter; ne pas oublier que le temps de la jeunesse passe vite, et qu’ils seront bientôt jetés eux-mêmes dans la fourmilière humaine, peutêtre au milieu d’étrangers, et sans qui que ce soit pour les conseiller. Si, pendant qu’ils en ont l’occasion, ils négligent de s’instruire, ils s’en repentiront tout le reste de leur vie. S'ils perdent leur temps à l’école, ils en sortiront sans pres que rien savoir; et de nos jours surtout, celui qui n'a pas une certaine instruction ne peut jamais obtenir une bonne position, devient rarement indépendant et passe presque toujours sa vie au service des autres. C’est un fait que l’on constate tous les jours. Nous devons faire le meilleur usage possible des talents et des res-

sources que Dieu nous a donnés, et dont nous devrons Jui rendre compte un jour. Le temps perdu, dont Dieu nous demandera compte également, ne se reprend jamais, quoique l’on fasse. En outre, il faut bien employer les premières années de la vie, parce que l’on apprend beaucoup plus facilement à cet âge.

Mais que die des enfants qui négligent de sinstruiie de leur sainte religion ! S'ils perdent leur temps à l’école, ils ne réussiront jamais dans le monde, quelle que soit la carrière qu'ils embrassent ; mais s’i!s négligent d'acquérir les connaissances religieuses nécessaires, ils s’exposent à être misérables. non seulement dans ce monde, mais aussi dans l’autre, et cela pendant toute l'éternité. De même, il leur arrivera d’avoir honte de se dire catholiques, s'ils sont incapables de répondre, en matière de religion, aux questions ou aux objections de ceux qui appartiennent à une autre croyance. Leur ignorance les empêchera, dans une foule de circonstances, de réfuter les calomnies lancées contre l'Eglise, et les conduira quelquefois à l’apostasie. Si les premières années de la vie sont le temps propice pour apprendre la lecture, la calligraphie, le calcul et les autres connaissances profanes, elles sont également le temps favorab'e pour s’instruire de 8a religion. À mesure qu'on avance en âge, la chose devient de plus en plus difficile. Les instructions du dimanche, si toutefois on les suit régulièrement, suffisent à peine pour empêcher d'oublier ce que l’on sait; et, d’ailleurs, ceux qui ne possèdent pas parfaitement leur catéchisme, ne sont guère en état d’en profiter. Par conséquent, instruisons-nous pen-

dant que nous sommes jeunes, pendant quenons avons à notre disposition le temps et les maîtres

capables de nous gr tout ce que nous .

ne comprenons pas. Rendons la tâche facile à nos maîtres, qui sacrifient leur temps et leurs plaisirs pour nous, et ne soyors pas ingrats au point de payer leur dévouement par le mépris et l’insubordination. En passant le temps à ne rien faire, à causer des ennuis au professeur et à distraire ceux qui veulent apprendre quelque chose, on montre qu’on apprécie bien mal les avantages dont Dieu nous favorise, eton procure un immense plaisir au démon. Puisque Dieu nous demandera compte de tous ses bienfaits, il est évident que nous rendrons un compte encore plus rigoureux de l’avantage qui nous a été donné d’apprendre notre religion.

305.—Que faut-il pour recevoir äignement le sacrement de Mariage ?

— Pour recevoir dignement le sacrement de Mariage, il faut être en état de grâce et se conformer aux lois de l'Eglise.

Le Mariage étant un sacrement des vivants, il faut avoir, pour le recevoir, la conscience pure de tout péché mortel, sans quoi on le profane, et on ne reçoit, par conséquent, aucune des grâces qui y sont attachées. Il faut, de plus, se conformer aux lois de l'Eglise ; c’est-à-dire, aux empêchements de mariage établis par l’Eglise, dont nous avons déjà parlé, et qui rendent le mariage nul ou illicite, s’il est contracté sans en avoir obtenu dispense,

306.—Qui a le droit de faire des lois concernant le sacrement de Mariage ?

— L'Eglise seule & le droit de faire des lois concernant le sacrement de Mariage ; cependant l'Etat peut aussi faire des lois concernant les effets civils du Mariage.

Les lois concernant les 2ffets civils du mariage ont des lois qui regardent les biens de ceux qui se marient, l'héritage des enfants, les dettes du mari et de la femme, etc., Ainsi, on peut se marier en communauté ou en séparation de biens ; le mari peut doter sa femme ou ne pas la doter, etc. L'Etat a le droit de légiférer en pareille matière, mais il n’a pas celui de faire des lois concernant le sacrement de Mariage.

307. - Pourquoi l'Eglise défend-elle les mariages des catholiques avec des personnes d'une autre religion ou qui n’en ont pas du tout ?

—L'Eglise défend les mariages des catholiques avec des personnes qui professent une autre religion ou qui n’en ont

as du tout, parce que ces mariages con- Auisent généralement à l'indifférence reli-

gieuse, à la perte de ia foi, et à la néglihou de l'éducation chrétienne des entants.

Lorsque des catholiques se marient avec des personnes d’une autre religion ou qui n’en ont pas du tout, ils sont continuellement en rapport avec quelqu'un qui, la plupart du temps, n'a

pas la moindre connaissance de la vraie religion, et parle avec légèreté de ses dévotions et de ses | pratiques. Sans doute, la partie catholique peut { résister pendant un certain temps à cette in- A fl :ence pernicieuse, maïs si sa foi n’est pas fortc- | ment ancrée, elle finira par faire des concessions ; puis, fatiguéede lutter pourladéfensede ses droits À religieux, elle deviendra de plus en plus indifférente, abandonnera peu à peu la pratique de ses il devoirs de religion, et aboutira trop souvent à la perte complète de la foi et à l’apostasie. Nous | savons que les enfants de Seth restèrent bons jusqu’à ce qu'ils contractèrent des mariages avec es enfants de Caïn, qui les rendirent vicieux comme eux ; Car, n'oublions pas ce que l’expé- | rience de tous les jours vient confirmer: les — méchants pervertissent plus souvent les bons, | ue les bons ne convertissent les méchants.

utre les querelles et les discussions entre le mari et la femme, produites par la différence de

religion, leurs familles et leurs parents ne pro- re à fessant pas la même religion, vivront rarement | re en paix et en bons termes les uns avec les autres. d

De plus, dans de pareilles conditions, il est bien difficile d'élever les enfants dans la vraie foi et

de leur donner une éducation chrétienne. Le père q!

peut vouloir les amencr à l’église qu’il fréquente ; je

| la mère, de son côté, prétendra qu’ils doiventl’ac- le compagner à une autre église, et alors, pour mettre le

fin au désaccord, ils finiront par n’en fréquenter m

aucune. Si, par surcroît, ils ont sous les yeux le Æ de

|| mauvais exemple de leur père ou de leur mère, tr |! arlant sans respect de la vraie religion, ridicu- Æ m

a || fisant peut-être toutes les religions, il est évident 80

{| qu’ils ne sauraient professer beaucoup d'estime in

Ps LE 2 ES

SI

et de vénération pour les choses saintes. Ily a encore une autre raison qui devrait rendre les mariages mixtes odieux aux catholiques. Si la partie non catholique néglige ses devoirs et ses obligaticns, se laisse entraîner au vice et mène une vie scandaleuse, la partie catholique n’a aucun moyen de couper le mal dans sa racine, ne peut compter su l'influence du prêtre ou des gacrements pour opérer un changement.

Pour toutes ces raisons et une foule d’autres, l'Eglise est opposée aux mariages mixtes ; c’està-dire aux mariages entre les catholiques et ceux qui ne le sont pas. Quant à ceux qui se convertissent simplement pour se marier avec une personne catholique, leur conversion est quelquefuis sincère, mais souvent elle ne l’est pas.

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