‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 234 sur 343 · SET · texte numérisé non relu

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chrétiens se plaisaient à honorer aïinsi la sainte Vierge et les saints. Saint Grégoire de Nazianze fut inspiré de substituer à la couronne de roses une couronne spirituelle de prières. Il composa à cet effet une couronne de prières tissue des plus belles louanges, des plus glorieux titres et des plus belles prérogatives de Marie. Mais cette invention heureuse avait besoin, pour être à la portée de tous, d’être composée des prières les

lus ordinaires de l'Eglise, qui sont l’Oraison Dominicale, la Salutation Angélique et le Symbole des Apôtres. C’est l’idée que réalisa dans le cinquième siècle, sainte Brigitte, patronne de l'Irlande. Puis, pour faciliter cette dévotion nouvelle, elle adopta l’usage des anachorètes de l'Orient, qui se servaient de petits globules de pierre ou de boïs, pour mieux compter leurs prières ; elle pensa qu’il fallait enfiler ces grains en forme de couronne et en avoir de différentes grosseurs pour distinguer chaque prière diférente.

Le Chapelet, considéré dans le sens matériel, est donc une couronne, parce qu’il en a la forme, et que les grains dont il se compose sont enfilés les uns aux autres comme des fleurs disposées en forme de couronne ; et considéré dans le sens spirituel, c’est aussi une couronne, parce qu’il se compose des plus excellentes prières de l’Eglise.

Le Chapelet se divise en cinq dizaines, formées chacune, d’un Pater, de dix Ave Maria et d’un Gloria Patri. On le commence par le Credo, pour s'exciter à prier avec une foi vive, par trois Ave Maria, pour honorer les rapports de la sainte- Vierge avec les trois personnes de la Sainte Trinité; par un Gloria Patri, pour rapporter à Dieu

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toutes les gloires des grandeurs de Marie et des honneurs que nous lui rendons ; et on le termine généralement par le Sub tuum.

On distingue surtout trois sortes de Chapelets de la sainte Vierge: le Chapelet apostolique, je Chapelet brigittain et le Chapelet de saint Dominique, appelé communément le Rosaire.

Le Rosaire est une prière à la sainte Vierge, composée de quinze dizaines d’Ave Maria, précédées chacune d’un Pater, et accompagnées chacune aussi de la méditation de l’un des principaux mystères de la vie de Jésus-Christ et de sa sainte Mère.

Le Rosaire est appelé Chapelet de saint Dominique, parce que c’est lui qui, le premier, a enseigné et propagé cette forme de prière, qu’il avait apprise lui-même de la sainte Vierge par une révélation, vers le commencement du XIII siècle. Ces mystères ou évènements de la vie de Jésus-Christ et de sa sainte Mère, sont pris dans l’ordre dans lequel ils ont eu lieu, et se divisent en trois classes : les mystères Joyeux, les mystères Douloureux, et les mystères Glorieux.

Les cinq mystères Joyeux sont :

1° L’Annonciation, c’est-à dire le message de l'ange Gabriel annonçant à la sainte Vierge qu'elle serait la Mère de Dieu.

2° La Visitation, c’est à-dire la visite de la sainte Vierge à sa cousine sainte Elizabeth, mère de saint Jean-Baptiste, plus âgé que Notre Seigneur de six mois. Elizabeth lui dit en cette circonstance : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni; et la sainte Vierge lui répondit par les magnifiques

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pi du Magnificat que nous chantons à ‘êpres pendant que le prêtre encense l’aute!.

3° La Nativité ou la naissance de Notre- Seigneur, qui nous rappelle comment il est né dans une étable, dans la pauvreté et l'humilité.

49 La Présentation au Temple. D’après la loi de Moïse, les Juifs étaient tenus d'apporter le pre-

-mier né de chaque famille au temple de Jérusa-

lem et de l’offrir à Dieu, En même temps, ils faisaient une offrande comme pour le racheter de Dieu. La sainte Vierge et saint Joseph qui observaient scrupuleusement toutes les lois, conduisirent Notre-Seigneur au temple et l’of-

-frirent à Dieu quoiqu'il fût lui-même le Seigneur

du temple. Comme tout le monde ignorait ce fait, la sainte Vierge et saint Joseph se conformèrent aux lois sans y être obligés, afin que

leurs voisins ne fussent pas scandalisés en leur

voyant négliger ce devoir. Ils ne savaient pas comme la sainte Vierge que ce petit entant était

‘le Fils de Dieu, et qu'il n’était pas tenu d’obéir

aux lois de Moïse ni à aucune autre loi, puis-

-qu’il était l’auteur de toutes les lois. Ceci devrait

nous engager à ne jamais causer de scandale à eersonne, à toujours observer les lois, même

-Jorsque nous avons de bonnes raisons pour ne

pas le faire, afin de donner le bon exemple ; ou au moins, lorsque nous le pouvons, à faire connaître. les raisons qui nous ont empêché de les

‘ observer.

5° Son recouvrement dans le Temple. Tous les

‘hommes et les enfants, de douze ans et plus, - étaient obligés, suivant l’Ancienne Loi, d'aller à

Jérusalem pour y offrir un sacrifice le jour de certaines grandes fêtes. La sainte Vierge, saint

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“Joseph ei Notre-Seigneur se rendirent donc à ‘Jérusalem à l'occasion de l'une de ces fêtes.

‘Comme ses parents et leurs amis étaient en

“route pour revenir, ils’ s'aperçurent que Notre- “Seigneur n’était pas avec eux et qu’il n'avait pas “quitté la ville. Ils retournèrent donc: désolés à

Jérusalem, où ils le cherchèrent pendant trois

jours. Ils le trouvèrent enfin dans le Temple,

assis au milieu des docteurs de la loi et leur

“faisant des questions. Notre-Seigneur, très

soumis, s’en retourna avec ses parents à Nazareth: A l’âge de trente ans il fut baptisé par Jean-Baptiste dans le Jouidain. Le baptême de Jean n’était pas un sacrement, et ne donnait pas: la grâce par lui-même; mais comme les sacramentaux, il disposait ce ux qui le recevaient, à avoir la contrition de leurs péchés et à recevoir

Je don de la fai et le baptême du Christ. Les dix-huit années qui s’écoulèrent depuis le jour -où, Nôtre-Seigneur fut :retrouvé dans le Temple

jusqu'à son-baptême, sont appelées sa vie cachée, et celies qui suivirent son baptême, sont àppelées,sa vie publique. Il paraît-étrange au pre-

‘mier abord, que la sainte Ecriture ne dise pas “uni:mot de la jeunesse de Notre-Seigneur, - époque de la vie où les jeunes gens aiment. tant À se:montrer en spectacle: Mais Notre Seigneur

qui savait tout et qui pouvait tout faire lorsqu'il était jeune homme, est demeuré silencieux, par amour du:bon exemple, vivant tranquillement

-avec ses parents et remplissant ses devoirs jour- -naliers. Comme ‘dit la Sainte Ecriture 4 leur “était: soumis : et. obéissant, et croissait en âge et en ‘sagesse. : : : | |

Les mystères Douloureux sont:

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496 LE CODE CATHOTIQUE.

1° L’'Agonie de Jesus-Christ au Jardin des Oliviers, Où il se rendit pour prier dans la nuit du Jeudi-Saint, avant d’être arrêté. Le sang suinta à travers son corps comme la sueur à travers les nôtres et il fut en proie à d’indicibles angoisses, dont les causes ont été expliquées dans le chapitre de la Passion.

2° La Flagellation. Que le monde était cruel avant le Christianisme | De nos jours les animaux sont mieux protégés contre les mauvais traitements que ne l’étaient les esclaves au temps du Jaganisme. L'Eglise plaida leur cause ; elle enseigna que tous les hommes sont les enfants de Dieu, que les esclaves aussi bien que les maftres ont été rachetés par Jésus-Christ et que les maîtres doivent être bienveiïllants et justes envers leurs esclaves. Beaucoup de païens convertis accordèrent la liberté à leurs esclaves, paramour pour Notre-Seigneur, pour se soumettre aux enseignements de l'Eglise ; et l'abolition de l’esclavage a marché de pair avec les progrès du Christianisme.

Il n'était pas au pouvoir de l'Eglise d'abolir partout l'esclavage, maïs elle l’a fait aussitôt qu’elle l’a pu. A l’heure actuelle, elle multiplie ses efforts pour faire cesser la traite des malheureux nègres d'Afrique, ou du moins l’enrayer dars la mesure du possible.

8° Le couronnement tr

40 Je portement de la Croix. C'était la coutume, dans certains cas AA les prisonniers à porter leurs croix jusqu’au lieu du supplice, et d’inscrire sur cette croix le crime pour lequel ils étaient condamnés à mort. Ce fut pour cette raison que l’on plaça sur la croix de Notre Seigneur

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les lettres I. N. R. I., qui sont les premières lettres de quatre mots latins signifiant Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Ils prétendaient par ce signe, que Notre-Seigneur était mis à mort pour s'être appelé lui-même roi des Juifs, et avoir été par là un perturbateur de la paix publique et un ennemi de l’empereur romain auquel ils étaient soumis. Notre-Seigneur avait dit qu’il était le roi des Juifs, mais il avait ajouté qu’il était leur roi céleste et non leur roi temporel. La vraie cause de sa mort fut la jalousie des prêtres Juifs et des Pharisiens, ie traita plusieurs fois de sépulcres blanchis.

5° Le Crucificm nt. Notre sainte Mère se tenait au pied de la Croix pendant le crucifiement, et la vue de sa Mère doit avoir été un spectacle bien douloureux pour Notre-Seigneur. Elle n'avait ous personne pour avoir soin d'elle, car saint

oseph était mort, et son Fils allait bientôt mourir. Notre-Seigueur demanda à saint Jean, l’un de ses apôtres, d’en prendre soin. Saint Jean était cher à Notre-Seigneur et pour cette raison il fut appelé le disciple bien-aimé. Il nous est connu sous le nom de saint Jean l’Evangéliste, et il mourut le dernier des apôtres. Il fut jeté un jour dans une chaudière d’huile bouillante, mais il fut miraculeusement sauvé par Dieu. Il vécut au-delà de cent ans, et pendant son séjour dans l’île de Patmos il écrivit l’Apocalypse—le dernier livre du Nouveau Testament— contenant des prophéties sur ce qui arrivera à la fin du monde. La sainte Virrge vécut environ onze ans après l'Ascension de Notre-Seigneur. Son corps fut déposé dans un tombeau, et la tradition nous rapporte que les anges le transportèrent au ciel,

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