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souvent vu les serviteurs—même les esclaves— convertir par leurs instructions, leurs maîtres etleurs maîtresses, Ils sentaient qu'ils étaient des missionnaires travaillant pour Jésus-Christ, et leurinfluence était plus efficace que celle des prêtres, parce qu’ils vivaient en contact jaurnalier avec des personnes que les prêtres n’avaient jamais occasion de voir. Si tous les catholiques étaient animés du même esprit, quel bien ne feraient-ils pas ! Leurs affaires les mettent journellement en relation avec des personnes qui n'ont pas les mêmes croyances qu'eux, et qui n’ont jamais connu les splendides vérités de notre sainte religion, ou même n’en ont pas entendu parler. Oui, les catholiques pourraient faire beaucoup de bien, s’ils avaient seulement de la bonne volonté ou s’ils connaïssaient bien leur religion. Nous ne voulons pas dire qu'ils devraient toujours être en discussion avec tous ceux qu’ils rencontrent ; maïs ils devraient précher surtout par le bon exemple de leur vie, et si on le leur demande, expliquer huimblement et sincèrement les vérités auxquelles ils croient.
Si on leur demande, par exemple, pourquoi ils font maigre le vendredi, ils devraient tous être capables de répondre : ‘ Parce que nous sommes chrétiens et que nous désirons avoir toujours présent à l’esprit ce que Notre-Seigneur a souffert ce jour-là dans son corps; et tous ceux qui se proclament chrétiens doivent, croyonsnous, être heureux de faire ce qui leur rappelle si régulièrement et si bien la passion de Notre- Seigneur.” Une telle réponse, donnée d’une manière bienveillante et avec douceur, ferait réfléchir l’interrogateur et l'instruirait ; elle finirait
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peut-être par l'amener à la vraie religion. Quelques mots font parfois une grande impression et amènent une conversion. Saint François- Xavier était un jeune homme mondain, instruit et ambitieux, lorsyu’il entendit de la bouche de saint Ignace ces paroles de Notre Seigneur :
‘“ Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? ” Il s’en retourna chez lui et médita ces paroles, qui l’impressionnèrent si fortement qu’il abandonna le monde, se fit prêtre, et par ses travaux et ses prédications dans les Indes, convertit à la vraie religion plusieurs milliers de païens. Dans les vies des saints nous avons de nombreux exemples que certaines paroles, par la grâce de Dieu, en ont fait passer plusieurs d’une vie de débauche à une vie de grande sainteté.
369.—Quels sont ceux qui refusent de croire ce que Dieu enseigne par son Eglise ?
—Ce sont les hérétiques et les infidèles qui refusent de croire ce que Dieu enseigne par son Eglise.
Il y a plusieurs espèces d’incroyants: les athées, les déistes, les infidèles, les hérétiques, les apostats et les schismatiques. L'athée est celui qui nie l'existence de Dieu. Le déiste est celui qui croit à l’existence de Dieu, mais qui refuse de croire qu’il ait jamais révélé aucune religion : on l’appelle aussi libre-penseur. L'infidèle signifie proprement celui qui n’a jamais été baptisé, celui qui ne fait pas partie du nombre des fidèles, c’est-à-dire de ceux qui
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croient au Christ. Les hérétiques sont ceux qui ont été baptisés et qui se proclament chrétiens, mais qui ne croient pas à toutes les vérités que Notre-feigneur a enseignées. Ils acceptent seulement une partie de la doctrine du Christ et rejettent le reste, devenant par là des enfants rebelles à l'Eglise. Par leur baptême ils appartiennent à la véritable Eglise, mais par leur refus de se soumettre à ses enseignements, ce sont des enfants bannis, déshérités, tant qu'ils ne sont pas revenus à la vraie foi. Le schismatique est celui qui croit tout ce que l’Eglise enseigne, mais qui refuse de se soumettre à l’autorité de son chef, le Souverain-Pontife. Ces personnes-li, ne demeurent pas longtemps schismeatiques seulement ; une fois qu’elles sont en révolte contre l’autorité de l'Eglise; elles rejettent bientôt quelques-unes de ses doctrines et deviennent par là même hérétiques; depuis le Concile du Vatican, en effet, tous les schismatiques sont des hérétiques.
370.—Est-ce une faute grave que de ne pas professer ouvertement sa foi à la vraie Eglise, quand on l’a intérieurement.
— Oui, c’est une faute grave que de ne pas professer ouvertement sa foi à la vraie Eglise quand on l’a intérieurement, parce que Notre Seigneur a dit : ‘“ Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père, qui est dans les cieux.”
l’rofesser ouvertement sa foi, c’est manifester au dehors les sentiments de piété qui animent
le cœur et donner des marques extérieures de religion, soit en priant, soit en observant les commandements de Dieu et de l'Eglise en public. lorsque l’occasion s’en présente. ‘ Pour être sauvé, dit saint Paul, il faut croire de cœur et confesser de bouche.” (1) Celui qui n’ose faire profession ouverte de sa foi dans l’occasion, commet donc une lâcheté, se rend coupable de faute grave, et Jésus-Christ le reniera un jour devant son Père, qui est dans les cieux.
f 371.—-Sommes-nous obligés de faire souvent une profession ouverte de notre foi ?
—Oui, nous sommes obligés de faire une profession ouverte de notre foi, aussi souvent que l'exige la gloire de Dieu, notre bien spirituel, ou celui de notre prochain. ‘ Quiconque, dit Jésus-Christ, me confèssera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père, qui est dans les cieux.”
Il n’est pas nécessaire de crier sur les toits que nous sommes catholiques, ni de le déclarer à ceux qui ne nous le demandent que dans le but de nous insulter; mais quand il se présente une occasion où la profession de notre foi s’im pose réellement, nous devons la faire. Si, par exemple, nous sommes dans un hôtel, le seul pensionnaire catholique, et qu’on nous présente de la viande le vendredi, nous devons refuser poliment et de:mander du poisson ou tout autre aliment maigre.
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(1) Ep. aux Rom. x, 10.
res de Cet acte est, sans doute. une profession muette | nt les de notre foi et de nature à faire comprendre que | on nous sommes catholiques ; mais la gloire de h: Pour Dieu et notre bien spirituel exigent que nous LH cœur agissions ainsi, car nous sommes tenus d’obser- HE n'ose ver les lois de Dieu et de l'Eglise, chaque fois 1 as1On, que la chose est possible. Supposons encore :118 ble de que, dans le même hôtel, il y ait descatholiques ‘8
1 jour iudifférents, nos égaux ou nos inférieurs par la position sociale, et qui, par respect humain,
» n'osent pas aller à la messe le dimanche;
faire nous devons alors nous y rendre à leur connaisnotre À sance, si c’est possible, et même rappeler qu’il y | a obligation grave d’entendre la messe les d1eune À manches et fêtes d'obligation. En agissant ainsi, aussi nous portons ces catholiques indifférents, à Dieu, À suivre notre exemple, et en pareil cas, le bien notre spirituel de notre prochain exige que nous rist, faseions cette profession ouverte de notre foi. En | s, 1. un mot, nous devons être fidèles aux pratiques |
de notre religion, même si elles exigent un profession ouverte de notre foi, et nous exposent à certains inconvénients.
Si, au contraire, il s’agit d'actes qui ne sont pas de précepte maïs seulement de conseil, tels 1h que le Benedicile avant les repas, ou quelque Hip autre pratique de piété, nous pouvons, lorsque 4 nous le jugeons à propos, les omettre en public, sans pécher contre l'obligation de confesser His ‘ol, parce que nous ne violons aucune oi.
f372.—Quels sont les péchés qui se commat.ent contre l'espérance ?
—Les péchés qui se commettent contre l'espérance sont la présomption et le désespoir.
* 833.—Qu'es-ce que la présomption ?
—La présomption est un espoir téméraire du salut, qui fait qu’on s’autorise de la miséricorde de Dieu pour commettre le péché et différer sa conversion.
On peut pécher par présomption de plusieurs manières :
1% Quand on croit pouvoir par soi-même et sans le secours de Dieu, faire le bien et arriver au salut. C’est pour avoir compté trop sur luimême que l’apôtre saint Pierre a renié trois fois son divin Maître. Lorsque Notre-Seigneur eût prédit à ses apôtres qu’il leur serait bientôt une occasion de scandale et qu’ils devaient veiller et prier afin de ne point tomber dans la tentation, Pierre lui répondit avec une présomption qui annonçait sa chute prochaine : Quand tous les autres se scandaliseraient à votre sujet, pour moi, je ne me scandaliserai point et je ne vous abandonnerai jamais. Au lieu de demander à Jésus-Christ sa grâce et son assistance et de fuir le danger, il présuma trop de lui-même, et tomba peu après dans une faute qu’il ne cessa de pleurer le reste de sa vie.
2° Quand on offense Dieu dans l'espérance qu'il nous pardonnera. Qu’'importent quelques péchés de plus ou de moins, dit-on quelquefois ? Le nombre des fautes ne rend guère la confession plus pénible d’ailleurs. Dieu est si bon, il nous
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en pardonnera vingt aussi bien que dix; et, làdessus, on ge laisse entraîner par le courant et on accumule fautes sur fautes. En déraisonnant ainsi, nous péchons par présomption, car nous ne savons pas si Dieu nous ménagera de nouveau l’occa“ion de nous confesser; nous oublions aussi que Dieu a déterminé le nombre de péchés qu’il nous laiïsse la liberté de commettre avant de nous punir. Nous ne connaissons pas ce nombre ; le péché dont nous allons nous rendre coupables est peut-être celui qui va compliter le nombre fatal , et précéder de quelques heures ou de quelques jours seulement le moment où Dieu va nous appeler à comparaître devant son tribunal, sans nous donner le temps de nous réconcilier avec lui, ‘ Gardez-vous donc, dit l’Esprit- Saint, d'ajouter péchés sur péchés ; ne dites pas: La miséricorde du Seigneur est grande ; il aura pitié de ia multitude de mes fautes ; car son indignation est prompte aussi bien que sa miséricorde ; il regarde les pécheurs dans 8a colère et il ne les perd pas de vue.”
3° Quand on diffère sa conversion de jour en jour, sous le chimérique raisonnement qu'à la mort,un bon peccavi nous suffira, et que Dieu est trop bon pour ne pas nous attendre et nous laisser le temps de nous repentir sincèrement. Quelle folie de compter sur l’avenir dont nous ne sommes pas les maîtres, sur une grâce qui dépend entièrement de Dieu, et de risquer ainsi son éternité! De plus, quelle vie d'enfer mène celui qui passe les jours, les mois et les années en état de péché mortel, dans l’inimitié de A et perd le mérite de toutes les œuvres qu’il ait
f 374.—Qu'est-ce que le désespoir ?
—Le désespoir est la Fe de l’espérance en la miséricorde de Dieu, quand il “he Li de la conversion et du salut éternel.
On se rend coupable de désespoir, lorsqu'on doute que Dieu est infiniment miséricordieux, et qu’il peut ou veut nous pardonner nos péchés, quel qu'en soit le nombre ou la malice, si nous les regrettons sincèrement. C’est ce manque de confiance en la miséricorde de Dieu, qui a perdu Judas. Après avoir trahi Notre-Seigneur, il alla se pendre, commettant ainsi, outre le crime de trahison, deux autres grands péchés, savoir : la perte de l’espérance en la miséricorde de Dieu et le suicide. C’est son désespoir, encore plus que gon crime, qui a été la cause de sa réprobation. S'il était allé trouver Notre-Seigneur pour confesser son crime et en implorer le pardon, pouvons-nous croire que Judas n'aurait pas été pardonné par celui qui a pardonné à saint Pierre ? à Marie Madeleine, au larron repentant, à ses bourreaux et à une foule d’autres pécheurs ?
Quelles que soïent les iniquités que nous avons commises, il ne faut donc jamais perdre confiance en la miséricorde de Dieu. Regrettons sincèrement nos péchés, prions la sainte Vierge, notre saint patron et notre ange gardien de nous aider à en obtenir le pardon, et le Seigneur nous remettra certainement nos péchés.