‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 303 sur 343 · DESIRE · texte numérisé non relu

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tunées que toutes les autres souffrances. En effet, comme nous sommes créés pour Dieu seul, la perte de celui qui est notre fin dernière, est le plus grand malheur qui puisse nous arriver. Les damnés le comprennent parfaitement, réalisent l'horreur de leur position, et savent que leurs âmes seront éternellement tourmentées par le regret d’avoir perdu le plus grand des biens. Ce tourment sera encore aggravé par la pensée qu'ils auraient pu facilement se sauver, s'ils l’eussent voulu,et qu’ils ont commis la folie de sacrifier une éternité de bonheur pour de misérables plaisirs et des satisfactions qui n’ont duré qu'un instant.

Outre ce remords qui les ronge sans ces:e, ils souffrent les plus affreux tourments dans tous leurs sens. On ne peut rien imaginer qui égale les souffrances réelles des damnés; car l’enfer est l’opposé du ciel, et puisque nous ne pouvons. dit saint Paul, comprendre le bonheur du ciel, nous ne pouvons pas plus nous faire une idée exacte des peines de l’enfer. Les descriptions que nous font de l’enfer certains livres de piété, quelque terribles qu’elles puissent être, sont infiniment au-dessous de la réalité. Ces descriptions ont pour but de nous faire penser aux tourments de l’enfer et de nous les faire craindre, plutôt que de nous en faire le tableau fidèle. Ainsi, nous savons que les damnés sont continuellement tourmentés dans tous leurs sens, mais nous ignorons la mesure et l'intensité de ces tourments.

Nous savons qu’il y a du feu dans l'enfer, mais ce feu est entièrement différent de celui que Dieu a mis à notre usage ; il ne donne pas de lumière, il brûle sans rien consumer, et il cause une dou

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DU JUGEMENT DERNIER. 651 leur beaucoup plus intense que le feu dela terre, car il affecte le corps et l’âme en même temps. Nous savons que les damnés ne verront jamais Dieu, et que leurs tourments n'auront jamais de fin. On peut tout résumer ce que nous venons de dire sur l’enfer, de la manière suivante : L’enfer est l’absence de tout ce qui est un bien, la présence de tout ce qui est un mal, et n’aura jamais de fin. Les descriptions détaillées des tourments de l’enfer, soit dans la prédication, soit dans les livres, sont utiles et même nécessaires au grand nombre de ceux qui sont incapables de penser par eux-mêmes, de méditer sur ces effrayantes vérités, et de 8e faire une idée du malheur auquel ils s’exposent en péchant.

Cependant, à la rigueur, il suffit de se rappeler qu'il n’y a rien de bon dans l’enfer, et qu’il durera toujours. Ainsi, la lumière est une excellente chose. Eh bien ! il n’y en pas dans l’enfer. L’espérance est un grand bien, sans doute. Dans l'enfer il n’y a pas d'espérance. La véritable amitié est un des biens les plus précieux. Eh bien! il n’y a pas d'amitié dans l'enfer. Tous les damnés se détestent les uns les autres, et ne cessent de maudire ceux qui ont été la cause de leur perdition. Par conséquent, tous ceux qui ont eu le malheur de scandaliser ou de faire tomber quelqu'un dans le péché, devraient travailler à réparer le mal qu’ils ont causé par leurs mauvais exemples ouleurs mauvais conseils.

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