Comment notre âmeressemble-t-ello à Dieu
—Notre âme ressemble à Dieu en ce qu'elle est un esprit qui ne mourra jamais, et qu'elle est douée d’une intelligence et d’une volonté libre.
Notre âme ressemble donc à Dieu de quatre manières :
1° Elle est un esprit, c’est-à-dire un être vivant, qui existe réellement sans que nous puissions le voir avec les yeux du corps ; car un esprit n’a pas
(a) Le signe f indique les questions que l’on pourra se contenter de faire apprendre aux petits enfants et aux personnes qui sont dépourvues de mémoire.
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de corps et est invisible, bien que toute chose invisible ne soit pas un esprit. Ainsi nous ne pouvons pas voir le vent. Nous voyons bien les effets qu’il produit : l’agitation des flots, le balancement des arbres, les tourbillons de poussière qu'il soulève, etc., mais nous ne voyons jamais le vent lui-même. Cependant personne ne nie l'existence du veni sous le prétexte qu’il est invisible. Il ne serait donc pas plus raisonnable de nier l’existence des esprits, de Dieu, des anes et des Âmes, parcequ'on àe les voit pas, puisque nous avons des preuves de leur existence plus fortes que celles qui nous sont fournies par le témoignage des yeux.
29 Elle ne mourra jamais, c'est-à-dire ne cessera jamais d'exister. Elle est immortelle, et durera aussi longtemps que Dieu lui-même.
8° Elle est douée d'intelligence, c’est-à-dire, de raison. La raison est ce qui rend l’homme capable de réfléchir, de prévoir les conséquences de ses actes, et de comprendre pourquoi il doit faire ou ne pas faire certaines choses. C'est le don de raison qui place l’homme au premier rang des êtres créés et fait de lui un animal raisonnable.
Les brutes sont dépourvues de raïson et n’ont que l'instinct pour se guider. Elles obéissent aux impulsions que Dieu leur a imprimées en les créant; car le Créateur a établi, pour chaque espèce d'animaux, des lois qu’ils suivent sans les raisonner. Quand nous les voyons suivre invariablement ces lois, nous disons que c’est leur nature. Bien que les #nimaux agissent parfois comme s'ils comprenaient parfaitement ce qu’ils font, il n’en est rien cependant. C’est nous qui
B raisonnons leurs actions et qui voyons pourquoi
ils les font. Quant à eux, ils ne raisonnent pas, ils suivent seulement leur instinct, comme nous allons le démontrer.
Si les animaux pouvaient raisonner, nous les verrions, à l'exemple de l’homme, améliorer leurs conditions d'existence, inventer une foule de choses et perfectionner de jour en jour ce qu'ils font. Or, nous ne constatons jamais le moindre changement dans leur manière d'agir; ainsi, l’hirondelle de génération en génération, oâtit son nid absolument de la même manière, sans changement et sans améliorations. Le castor construit encore sa chaussée comme il la construisait il y a deux cents ans. C’est un fait d’expérience que la manière de vivre et d'agir de chaque classe d'animaux est restée identiquement la même. L'homme peut dresser un animal, mais ce dernier ne peut enseigner à ses petits ce qu'on lui a appris. Il est donc évident que les animaux ne peuvent raisonner, |
Mais bien que le don de la raison permette à l’homme d'acquérir une foule de connaissances, il ne peut cependant tout apprendre par sa seule raison, et il y a beaucoup de choses que Dieu lui-même doit lui enseigner. Par exemple, comment l’homme, par sa seule raison, aurait-il pu connaître quelque chose touchant la Trinité, puisqu’il ne peut comprendre cette vérité, même depuis que Dieu lui en a révélé l'existence ? On peut faire la même remarque à propos de tous les autres mystères. La manifestation que Dieu nous a faite de certaines vérités s’apelle Révélation.
4° Elle est douée d’une volonté libre. En vertu de ce don, nous pouvons faire ou ne pas faire une chose, suivant notre bon plaisir. Nous pou-
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+ons pécher et user de notre liberté pour notre bien ou notre mal. Ni Dieu—pendant qu’il nous laisse notre libre volonté—ni le démon, ne peuventnous forcerdefaireceque nousne voulons pas.
Si nous n'étions pas libres, nos actions ne m‘riteraient ni récompense ni châtiment ; car personne ne doit être puni pour avoir fait ce qu’il ne peut éviter. Dieu ne pourrait nous punir pour avoir fait le péché, si nous n’étions pas libres de le commettre ou de l’éviter.
Cette liberté tourne à notre profit quand nous faisons ce que Dieu désire; et si nous obéissons simplement parce que telle est la volonté de Dieu, notre récompense n’en sera que plus grande.
Les animaux n’ont pas de volonté libre. Si, par exemple, ils souffrent de la faim, ils mangeront du moment que vous mettrez du fourrage à leur portée. Mais l’homme peut rester à jeûün, si c’est sa volonté, en présence d’une table bien garnie. Pour la même raison, il peut endurer plus de fatigue que tout autre animal de la même force corporelle. Aïnsi, l’animal arrête quand il est épuisé, mais l’homme peut être presque à bout de forces, et cependant continuer de se mouvoir, uniquement par un effort de sa volonté.
Le fait que Daniel est sorti sain et sauf de la fosse aux lions, qui ne lui ont pas touché, malgré la faim qui les dévorait, ne prouve rien contre ce que nous venons de dire. L’intervention de Dieu seule les empêcha de se laisser aller à leurs instincts naturels, et c’est pourquoi la délivrance de Daniel est un miracle. Du moment que cette intervention cessa, les mêmes lions mirent immédiatement en pièces ses accusateurs que l'on avait mis à sa place.
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f 3.—Pourquoi Dieu vous a-t-il créé ?
—Dieu m'a créé pour le connaître, l’aimer et le servir en ce monde, et pour être heureux avec lui dans le ciel pendant l'éternité.
19 Pour le connaître. Nous ne pouvons pas aimer une chose avant de la connaître. Aïnsi, nous ne pouvons aimer un amusement dont on n’a jamais entendu parler, ou un mets auquel on n’a jamais goûté. Nous ne pouvons aimer une personne qu'après avoir fait 8a connaissance. Si elle nous plaît, nous l’aimons ; et si nous l’aimons, nous tâchons de lui ét agréable. Non seulement nous faisons tout ce qu’elle nous demande, mais nous cherchons à prévenir le moindre de ses désirs.
Il en est de même de Dieu. Nous devons d’a.
bord travailler à connaître sa nature, ses attributs et ses divines ordonnances, aussi parfaitement que possible, en apprenant notre catéchisme et en écoutant l’enseignement de ses ministres. Nous ne pouvons l’aimer si nous le connaissons pas ; et le degré d'amour que nous avons pour lui dépend, jusqu’à un certain point, du degré de connaissance que nous avons de ses perfections. Si nous le connaissions parfaitement, nous l’aimerions parfaitement, comme l’aiment les ange: et les saints, qui le connaissent infiniment mieux que nous. Il ne faut donc pas se contenter des connaissances que nous en donne le catéchisme, mais mettre soigneusement à profit toutes les occasions que nous avons de le connaître davantage.
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2° Pour l'aimer. Nous devons aimer Dieu parce qu’il le veut. Vous aimerez, dit-il, le Seigneur votre Dieu. (1). Ce commandement est à la tête de tous les autres ; et pour mieux en assurer l’accomplissement, Dieu lui a donné pour sanction, d’une part, les promesses les plus flatteuses, de l’autre, les menaces les plus terribles.
Nous devons encore aimer Dieu, parceque sa beauté, ses bienfaits, et l'amour qu’il a pour l'homme nous en font une obligation. Pourquoi n’aime-t-on jamais parfaitement certaines personnes qui ne manquent pourtant pas de charmes et de qualités? Parcequ’il y a toujours en elles quelque chose qui laisse à désirer. Mais supposons qu’une seule et même personne réunisse toutes les qualités de ceux qui ont de justes titres à notre admiration et à nos sympathies, et que tout en elle soit agréable et presque parfait, il est certain ue nous aimerions beaucoup cette personne. Supposons, de plus, que nous sachions en être grandement aimés, et qu’elle se plaise à nous combler de ses bienfaits, il ne saurait y avoir de plus grande jouissance que d’être sans cesse en sa compagnie. Eh bien ! tout ce qui peut charmer dans les êtres créés, vient de Dieu ; de plus, leurs perfections, ainsi que celles des Anges, des Saints, et même de la sainte Vierge, réunies dans une seule et même personne, ne sont rien comparées à la beauté, à la bonté et à l’amabilité de Dieu, qui nous aime beaucoup plus que nous ne sommes capables de l’aimer nous-même:. Par conséquent, combien devons-nous l'aimer et craindre de lui déplaire!
(1) Deut, VI, 6.
k. 1 | Di: 84 LE CODE CATHOLIQUE.