‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 69 sur 343 · EE · texte numérisé non relu

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monnaie de dix centins, n’hésiterait pas à les jeter dans la rue, dans la crainte de détériorer son porte-monnaie. Cependant, celui qui sacrifie son âme en ne voulant rien refuser à son corps est infiniment plus insensé. En effet, le corps et l'âme, séparés momentanément par la mort, seront réunis un jour; par conséquent, nous devrions essayer d'oublier un peu le corps, et travailler davantage à lui assurer sa place dans le ciel avec l’âme.

On n'aurait pas une haute idée de l’intelligence d’un enfant qui, ne s’occupant que de la queue de son cerf-volant, laisserait ce dernier se mettre en pièces. S'il eût pris soin de tenir le cerf-volant à une hauteur suffisante et hors de tout danger, la queue, solidement attachée, l’aurait certainement suivi; et même dans le cas où elle se fut entortillée, elle courait une grande chance de se dérouler pendant que le cerf-volant s'élevait dans les airs. Une fois le cerf-volant en pièces—la seule chose qui eût quelque valeur:— que servira à cet enfant d’avoir préservé de tout accident le chiffon qui en faisait la queue? De même, à quoi nous servira notre corps si nous perdons notre âme? Si nous avions deux âmes, nous pourrions en risquer une; mais nous n’en avons qu’une seule. Par conséquent, sauvons-la, — et le corps sera également sauvé—c'est-à-dire [homme tout entier sera sauvé, car nous ne pouvons sauver l’âme et perdre le corps. Tous deux seront sauvés ou tous deux seront perdus.

f 6—Que devons-nous faire pour nous sauver ?

—Pour nous sauver, nous devons adorer

Dieu par la foi, l'espérance et la charité, c'est-à-dire, nous devons croire en lui, espérer en lui et l’aimer de tout notre cœur.

Nous devons adorer Dieu; c’est-à-dire le reconnaître pour le Créateur et le souverain Maître de toutes choses, et lui rendre le culte suprême qui n’est dû qu’à lui seul. Comme nous honorons les personnes à raison de leur dignité et de leur excellence, Dieu étant l’Etre le plus excellent, il est évilent que nous lui devons un culte qui n'appartient qu’à lui seul ; et il est juste qu’il en soit ainsi, car l'animal le plus vil est mille fois plus notre égal que l’ange ou l’homme ie plus parfait n’est l’égal de Dieu.

On distingue généralement trois espèces de culte : le culte de latrie, ce culte suprême dû à Dieu seul, et qu’on ne pourrait rendre à une chose créée sans tomber dans l’idolâtrie ; le culte de dulie, que nous rendons aux Anges et aux Saints, qui sont les amis particuliers de Dieu ; le culte d'hyperdulie, supérieur au culte de dulie, mais infiniment inférieur au culte de latrie, et que nous rendons à la sainte Vierge, que Dieu a élevée au-dessus de toutes les autres créatures.

Nous adsrons Dieu par la foi, en croyant fermement tout ce qu’il lui a plu de nous révéler ; par l’espérance, en attendant avec certitude l’accomplissement des promesses qu’il nous a faites ; et enfin par la charité, en l’aimant plus que tout ce qui existe dans le monde.

Mais on dira peut-être: je pense aimer mes parents plus que Dieu. Pour voir ce qui en est, gupposons que no3 parents nous commandent de çcominettre un piché et nou3 placent dans l'alter:

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native de leur déplaire ou d’offenser Dieu. Bien que nous les aimions beaucoup, si, en pareil cas,

nous préférons leur déplaire plutôt que d’offen-: ser Dieu, nous prouvons à l’évidence :que nous ‘umons Dieu plus que nos parents De même..

ceux qui quittent des parents bien-aimés pour 8e consacrer spécialement au service de Dieu, prouvent également -qu'ils ont plus d'amour pour Dieu que pour leurs parents.

Notre amour pour Dieu doit être plutôt antellcetuel que sentimental ; et nous savons que nous l'aimons par dessus toutes choses, lorsque nous sommes bien déterminés à ne jamais l’offenser, et disposés à lui obéir et à le servir avant tout.

t 7.—Comment connaîtrons-nous les

choses que nous devons croire et prati-

quer ?

—Nous connaîtrons les choses qüue nous

devons croire et pratiquer en recevant les enseignements de l'Eglise catholique par laquelle Dieu nous parle.

L'Eglise catholique, dans la réponse que nous venons de donner, comprend le Pape, les concilex, les évêques et les prêtres qui enseignent dans l'Eglise.

f 8.—Où trouverons-nous les principales vérités que l'Eglise nous enseigne?

—C'est dans le Symbole des Apôtres que nous trouverons les principales vérités que l'Eglise nous enseigne.

Nous disons les principales vérités, parce que le Symbole des Apôtres ne comprend pas d’une manière explicite toutes les vérités que nous devons croire. Ainsi, il ne parle pas de la Sainte- Eucharistie, de l’Immaculée Conception de la sainte Vierge, de l’infuillibilité du Pape, et ccpendant nous devons croire ces vérités de foi, ainsi que plusieurs autres dont le Symbole des Apôtres ne dit pas un mot.

Le Symbole des Ajôtres est le sommaire ou l’abrégé des principales vérités que l'Eglise nous enseigne, et que nous devons connaître et croire.

Il est l’œuvre des Apôtres ; c’est pourquoi il porte leur nom.

Ils le composèrent par l'inspiration du Saint- Esprit, au moment de se séparer pour aller précher l'Evangile dans les diverses parties du monde, selon l’ordre qu’ils en avaient reçu de Jé-us-Christ.

Leur but, en le composant, fut d’assurer l’unité de sentiments et de langage entre tous les fidèles, et de prévenir les schismes et les divisions.

Le mot Symbole a deux significations : il signifie collection, réunion ; et en même tenips, signe ou marque. Les apôtres ont donc choisi le nom de Symbole, donné à la foi chrétienne, parcequ’il est la collection ou réunion des principaux articles de foi, et un signe à l’aide duquel les vrais fidèles se reconnaissent et se distinguent de: faux frères et des déserteurs de la foi.

Le livre qui contient, par demandes et par réponses, l’abrégé des vérités que nous devons croire et Jratiquer, s'appelle le Catéchisme.

Un catéchisme est tout livre rédigé par questions et par réponses, quelque soit la matière

dont il traite. Il y a des catéchismées agricoles, des catéchismes d'histoire, de géographie, etc. Le cat(chisme dent il est question ici, et que les enfants sont tenus d'apprendre avant d’être admis à la première communion, est un véritable petit traité de théologie. Maïs comme il ne fait qu'effleurer des sujets sur lesquels on pourrait ccrire des volumes, on conçoit facilement qu’une foule de questions ne peuvent être bien comprices sans explications, et qu’il ne suffit pas d’en savoir la lettre. Cette double connaissance du catéchisme, une fois acquise, rend tous les jours des services inappréciables à celui qui la possède.

t 9.—Récitez le Symbole des Apôtres ?

—Je crois en Dieu....(1)

Le symbole se compose de trois parties:

La première regarde la personne du Père et l’œuvre de la création, qui lui est spécialement attribuée. parce qu’il est la première personne de la Sainte Trinité et le principe des deux autres.

La seconde concerne la personne du Fils et le mystère de la Rédemption Elle commence à l'Incarnation du Verbe et se termine à son Ascension.

Læ troisième sé rapporte à la personne du Saint-Esprit et à la sanctification des hommes, qu'il opère par le ministère de l'Eglise. La vie de l'Eglise y est tracée en quelques mots. Elle ce termine par le dogme de la Résurrection de la chair et par la vie éternelle, qui est la fin pour laquelle nous avons été créés.

(1) Voir page 8.

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… Tel est le.Symbole.. Quel magnifique faisceau de vérités! Se peut-il un tableau à la fois plus grandiose et plus resserré !

Outre cette grande division en trois parties, le Symbole est, partagé en douze points particuliers, nommés articles.

Dans le çorps de l’homme et des animaux, les

membres sont séparés et unis en même temps -par des jointures qu’on appelle articulations. C’est ainsi que par analogie, on appelle articles les différentes vérités du Symbole, qu’il faut croire sé arément et distinctement.

.… Nous n’aurions qu’une faible idée des grandes choses qu jl renferme, si nous nous en tenions à cette vue superficielle. Chacune des paroles, pour ainsi dire, est pleine de mystères. C'est pourquoi nous allons les peser uñé à une. ‘

Je crois. ‘Ce mot ne signifie pas: je pense, je suis d’avis, je suppose ; mais, Je tiens pour certain et indubitable, sans la moindre crainte de me

tromper.

En Dieu. Cette expression n’affirme pas seulement l'existence, mais encore, l’unité de Dieu. Le Symbole condâmne. ainsi d’un seul mot l’athéisme, qui nie l’existence de Dieu, et le paganisme, qui adrhet la pluralité des dieux.

Le Père. Dieu est ainsi appelé parce qu'il est le Créateur et le Modérateur de toutes choses ; . parcequ'il nous a adoptés pour ses enfants au saint b\ptême, et surtout, parcequ il est la première des trois personnes qu 1l ya en Dieu et de ne font cependant qu’un seul et même jeu.

Tout-Puissant. Dieu est tout-puissant, c’està-dire qu'il n’y a rien et qu’on ne peut rien imaginer qui lui soit impossible. Il pourrait ercer, s'il le voulait, une infinité de mondes plue vastes et plus beaux que celui qui existe, et faire rentrer dansle néant tout ce qu’il a créé. Qui dit tout puissant, dit en même temps, celui qui sait tout, à qui tout est soumis, qui possède tout bien et par conséquent, qui est infiniment parfait.

La toute-puissance de Dieu est l'explication de tous les mystères, et rend facile l’acquiescement aux vérités, même les plus incompréhensibles qu’il lui a plu de nous révéler.

Créateur. Créer, signifie faire quelque chose de rien. Voilà pourquoi Dieu est appelé créateur.

Du Ciel et de la Terre. On désigne par là non seulement la sphère immense du Ciel, qui vous environne comme d’une voûte, et le globe que nous habitons, mais encore tout ce qu'ils renferment de créatures visibles et invisibles.

Et en Jésus-Christ. Ces paroles signifient en général, qu’outre la personne du Père, nous reconnaissons en Dieu une deuxième personne qui ést le Fils unique de Dieu le Père, et qu'on appelle Jésus-Christ, depuis qu’elle s’est incarnée. Jésus-Christ ou le Fils de Dieu, c’est donc la même personne, après comme avant l'Incarnation. Jésus signifie Sauveur, et Christ signifie oint ou sacré.

Son Fils unique. Ces paroles nous révèlent deux mystères: le premier, c’est que Jésus-Christ est Fils de Dieu par nature ; c’est-à-dire, que de

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