CHAPITRE SIXIÈME
Du péché et des differentes espèces de péchés.
Le péché se divise en deux espèces principales : le péché originel, que nous ont transmis nos premiers parents, et le péché actuel, que nous commettons nous-mêmes.
Nous pouvons commettre le péché ACTUEr de.
deux manières : en faisant ce que nous ne devons pas faire, comme voler, par exemple ; ce qui est un péché de commission, c’est-à- dire, la commission d’un acte mauvais; ouen ne faisant pas ce que nous devons faire, comme ne pas.
entendre la messe le dimanche : ce qui est un péché d’omission, c’est-à-dire, un acte bon et obligatoire que l’on omet de faire. Ainsi, il ne suflit point de ne pas faire le mal, il faut encore faire le bien. Le ciel est une récompense, et nous devons faire quelque chose pour le mériter, comme la comparaison suivante le fait bien comprendre. Un professionnel engage un serviteur pour faire le ménage de son bureau ; et à son arrivée le matin, constatant que tout est dans le même état que a veille, il lui demande des explications, et reçoit pour toute réponse : ‘* Monsieur, je v’ai rien arrangé ni dérangé.” Pensezvous qu'un tel serviteur a droit au salaire promis ? Sans doute, il n’a pas fait de mal,
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mais son patron est-il tenu de le payer pour cela ? Certainement non. De même, Dieu ne nous récompensera pas pour n'avoir pas fait de mal ; au contraire, il nous punira si nous en avons fait, et ne nous récompensera pas si nous n'avons pas accompli la tâche qu’il nous avait assignée. Le serviteur ne mérite pas de salaire s’il n’a fait que ce qui lui plaisait, et non ce que son maître lui avait commandé de faire.
De même encore, Dieu rn’agréera d’autre culte ou d’autre religion que celle qu’il a établie luimême. Il nous a fait connaître comment il veut être honoré, et les méthodes de notre invention ne sauraient lui plaire. Ceci fait comprendre la folie de ceux qui disent que toutes les religions sont bonnes, et que nous pouvons être sauvés en pratiquant indifféremment l’une ou l’autre. Il n’y a de salut pour nous que dans la seule religion fondée par Dieu lui-même, et par laquelle il veut être honoré. Un grand nombre croient follement ou prétendent croire que s'ils sont honnêtes, sobres, re faisant tort à personne, ils seront sauvés sans la pratique d’aucun culte religieux. Mais que deviennent alors les lois et les commandements de Dieu ? Peut-on les mépricer, les dédaigner et les négliger sans avoir à craindre d'être puni? Assurément non! Ceux pensent ainsi ne faire aucun mal, négligent
e servir Dieu, ce qui est le plus grand mal qu'ils puissent faire et qui entraîne la perte du ciel.
On enseigne avec raison que Dieu a assigné à chacun, en ce monde, une tâche à remplir dans un état particulier de vie, et cette tâche s’appelle vocation. Ainsi l’un est appelé à la prêtrise ; un autre est appelé à servir Dieu dans le monde;
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celui-ci est appelé à l’état du mariage, celui-là au célibat, etc. Il est donc très important pour nous de connaître notre véritable vocation, car ei nous sommes dans l’état où Dieu nous veut, nous serons heureux ; si, au contraire, nous choisissons nous même notre tâche, notre état de vie, sans le consulter, nous y trouverons rarement le bonheur. Comment connaître notre vocation ?
Surtout en priant Dieu de nous la faire connaître. Alors, s’il nous inspire une inclination forte, presque invariablement la même, pour nn certain état de vie, et s’il nous donne les capacités pour en remplir les devoirs, nous pouvons croire que Dieu nous veut dans cet état.
Après avoir imploré l'assistance de Dieu, nous devons consulter notre confesseur et écouter attentivement ce que l’Esprit-Faint lui inspire de nous dire. Les signes de vocation sont donc: 1° une inclination forte et constante ; 2° les aptitudes requises pour l’état où nous nous croyons appelés.
Ainsi, un jeune homme peut être très pieux, mais incapable de devenir prêtre, s’il ne peut rien apprendre. Un autre peut être très instruit et très pieux, mais il ne peut songer à la prêtrise, s'il n’a pas la santé voulue pour en remplir les devoirs. Un troisième enfin, quoiqu'instruit et plein de santé, ne pourra jamais devenir prêtre, s'il est l’esclave d’habitudes mauvaises. On entend donc, par aptitudes, l’ensemble des qualités de l'esprit, de l’âme et du corps, nécessaires à un état. On applique les mêmes règles aux jeunes filles qui veulent se faire religieuses, de même qu'à la vocation de toute autre personne. Nous ne devons jamais embrasser un état de vie auquel
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