‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 90 sur 343 · TE DE PRO EE PTE · texte numérisé non relu

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à Adam pas eux-mêmes et qu’ils ne pourront jamais se procurer.

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teté, furent chassés du paradis terrestre et condamnés à souffrir et à mourir.

Adam et Eve étaient innocents et saints, parce qu'ils étaient les amis de Dieu et dans l’état de grâce, mais leur péché leur fit perdre la grâce et l'amitié de Dieu. La première conséquence de la désobéissance de nos premiers parents fut donc de leur faire perdre l'innocence et de rendre le corps rebelle à l’âme, à laquelle il avait été jusque là parfaitement soumis.

La seconde fut leur bannissement du paradis terrestre. La troisième fut de les assujettir à la soif, au chaud, au froid, aux maladies, aux souffrances de toute sorte et à la mort. S'ils n’eussent pas péché ils devaient, ainsi que leurs descendants, après un certain temps d’épreuve, passer du paradis terrestre au ciel, en corps et en âme, sans mourir. Maiïsla pire des conséquences, fut de leur fermer la porte du ciel et de les rendre dignes de l’enfer, eux et leur postérité. Dorénavant, malheureux en cette vie, ils devaient l'être encore éternellement dans l’autre.

+ 45.- Quelle a été pour nous la conséquence du péché de nos premiers parents ?

—La conséquence du péché de nos premiers parents a été de nous rendre participants de leur péché et de leur punition.

Cette conséquence n'est-elle pas étrange, puisque nous ne sommes pour rien dans le péché de nos premiers parents ? Non, il n’y a rien d’étrange en cela. Il arrive tous les jours que des enfants tombent dans une condition misérable par la

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faute de leurs parents, comme nous allons le voir, et cependant nous ne nous en étonnons pas.

Supposons le cas d’un riche marchand qui, en mourant, lègue à son fils, père d’une nombreuse famille, une fortune considérable : des maisons, des terres et de l’argent. Non seulement cet héritage met ia famille à l’abri de la misère, mais il assure son avenir et le bonheur auquel il est permis de prétendre sur la terre. Les enfants sont placés dans les meilleures maisons d'éducation, ils ont tout ce qu’ils peuvent désirer, et ils entrevoient de longues années de bonheur et de prospérité. Mais un bon jour, la situation change, et il faut renoncer à tou ces rêves d'avenir. Le père se met à boire et à jouer, et aussitôt la fortune commence à fondre. Les maisons, les terres sont vendues les unes après les autres, l’argent en dépôt est dépensé jusqu’au dernier sou, et les enfants qui avaient jusque là nagé dans l’abondance, tombent dans la misère et la pauvreté. Est-ce qu’ils ne souffrent pas par la faute de leur père, bien qu’ils ne soient nullement responsables de sa mauvaise conduite et qu’ils n'y soient absolument pour rien ? Ce cas supposé n'est-il pas l'histoire journalière d’un grand nombre de familles qui souffrent ainsi par la faute des autres, et très souvent par la faute de quelques uns de leurs membres ? Peut-on blâmer le grand-père d'avoir laissé un bel héritage à son fils ? Certainement non; car s’il a agi ainsi, c’est par pure bonté et par amour pour celui qu’il a institué son héritier.

Faisons maintenant l’application de l’exemple que nous venons de donner. Nous devions hériter de tout ce que Dieu avait donné à Adam, s’il

n’eût pas perdu les biens dont il avait été mis en possession, Il les a perdus, parce qu’il était doué d’une volonté libre que Dieu ne pouvait lui enlever sans changer sa nature ; car c’est notre volonté libre et notre intelligence qui font de nous des hommes, et qui nous placent au premier rang de tous les autres animaux, Ce: derniers peuvent bien vivre, grandir, sentir, voir etentendre comme nous ; mais ils n’en restent pas moins de simples br utes, parce qu’ils sont dépourvus d’intelligencs et de volonté libre. Par conséquent, si Dieu eût enlevé à Adam l'intelligence et la volonté libre, il en aurait fait un pur animal.

Faisons une autre supposition : nous promettons à un ami, adonné à l’ivrognerie, de lui faire cadeau d’une maison qui vaut ure couple de milliers de piastres, s'il veut renoncer à cette détes-

table habitude pendant un an. La condition une fois remplie, la maison sera sa propriété pour toujours, et à sa mort il pourra la léguer à ses enfants. Nous ne lui devons rien, et l'amitié seule est le mobile de la proposition que nous lui faisons. Cet ami accepte ; maïs le lendemain, il manque volontairement à sa promesse. Naturellement il perd tout droit au cadeau promis, parcequ'il n’a pas été fidèle au contrat. Peut-on, dans ce cas, nous taxer d’injustice ou d’'inhumanité à son égard ou à l'égard de ses enfants ? Certainement non.

Eh bien ! Dieu a agi de la même manière avec Adam. Il lui a promis le ciel, demeure infiniment plus belle que n’importe quel palais de la terre— que Notre Feigneur appelle la maison de son Père et dans laquelle, dit-il, il y a plusieurs maisons.

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(1) Dieu a fait cette promesse à Adam à la condition qu’il observeraiïit le commandement qu’il Jui donnait. Adam n'avait aucun droit au ciel, mais il devait le posséder par un pur effet dela bonté de Dieu. Par conséquent, la promesse du ciel était conditionnelle, et Dieu n’y était pas tenu du moment qu’Adam ne tenait pas compte de la condition posée.

La compzæraison que nous venons de faire n’est cependant pas tout-à-fait exacte; il y a une différence entre Adam et l’ami que nous venons de mettre en cause. Cet ami, sans doute, a fait une perte en manquant l’occasion d’acquérir un magnifique immeuble sans bourse délier ; néanmoins, il peut encore rester notre ami comme auparavant, puisque nous ne l'avons pas menacé de rompre toutes relations avec lui. II n’en est pas de même pour Adam ; en perdant le ciel ii a perdu la grâce et l'amitié de Dieu, et la perte de la grâce de Dieu est d’être en état de péché, Aïinsi donc, en violant le premier commandement, Adam est tombé dans l’état du péché ; et comme ses enfants ne peuvent hériter de ce qu’il a lerdu, ils se trouvent forcément réduits à la condition de leur père, et il s’ensuit qu’ils sont tous en état de péché jusqu’à ce qu’ils aient reçu le baptême.

46.—Le péché de nos premiers parents a-t-il obscurci notre intelligence et affaibli notre volonté ?

—Oui, le péché de nos premiers parents

(1) Saint Jean, XIV. 2.

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a obscurci notre intelligence et affaibli notre volonté, en nous donnant une inclination au mal.

Adam, sans avoir étudié, possédait une somme de connaissances bien supérieure à celle que le: hommes lex plus intelligents peuvent maintenant acquérir après de longues années de travail et d'application. Avant sa chute, il voyait les choses clairement et les comprenait parfaitement; mais après son péché, l'étude lui devint nécessaire pour apprendre quelque chose, comme elle l’est pour nous.

Avant sa chute, Adam pouvait aussi résister facilement aux tentations, car sa volonté était forta. Nous péchons, comme on le sait, par la volonté ; et à moins de vouloir faire le mal nous ne commettons aucun péché. Ainsi, par exemple, si nous sommes absolument forcés par d’autres de faire quelque chose de mal, si nous sommes violentés d’une manière irrésistible, nous sommes exempts de toute faute aussi longtemps que notre volonté proteste contre cette action.

Si on force quelqu’un de manger de la viande un jour d’abstinence, il n'a rien à se reprocher, parce qu’il n’a pas donné de consentement. Par conséquent, chaque fois que nous péchons, c'est parce que la volonté a consenti à la tentation. Apres le péché d’Adam sa volonté est devenue plus faible et moins capable de résister à la tentation ; et comme nous sommes participants de son malheur, nous éprouvons de grandes difficultés à surmonter les inclinations au mal. Cependant, quelque violente ou jrolongée que puisse être la tentation, nous pouvons toujours lui résis-

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ter victorieusement ; car Dieu nous donne la grâce suffisante pour la repousser. Si quelqu'un prétendait s’excuser, lorsqu'il pèche, en disant qu il lui a été impossible de résister, il mentirail

à la vérité.

Puisque le péché d'Adam a eu pour effet de nous donner une forte inclination au mal, nous devons être constamment en garde contre cette inclination. Notre-Seigneur a prévenu ses Apôtres qu’ils devaient veiller et prier afin de ne pas succomber à la tentation ; nous avertissant par là, nous aussi, que, outre la prière contre nos ennemis spirituels, nous devons avoir l’œil ouvert sur leurs ruses et nous tenir toujours prêts à repousser leurs attaques.

t 47.—Comment appelle-t-on le péché dont les hommes naissent coupables ?

—On l'appelle le péché originel, parce que nous naissons tous avec cette tache sur notre âme.

Ce péché, à la commission duquel nous n’avons participé en rien, consiste pour nous dans la privation de la justice et de la grâce que nos premiers parents ont perdues par leur propre faute; et on l' appelle originel, parce qu’il est transmis avec la vie à tous leurs descendants.

La sainte Vierge seule, par les mérites de son divin Fils, a été préservée de la tache originelle, et ce privilège est appelé sa Conception Immaculée. La sainte Vierge devant être la Mère du Fils de Dieu, il ne convenait pas qu'elle fût, même un seul instant, sous la puissance du démon. Or, si la sainte Vierge était née avec la (anche origi-

nelle, elle aurait été pendant ce temps l’esclave du démon. Tout ce qui est une disgrâce pour la mère est aussi une disgrâce pour le fils; c'est pourquoi Notre-Seigneur à voulu que sa Mère fût exempte de la tache originelle. Elle est la seule créature humaine qui jouisse du grand privilège d’avoir été conçue et mise au monde, sans la moindre tache sur son âme, et par conséquent, sans le péché originel.

Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu sur la terre pour mettre fin au pouvoir que le démon exerçait sur les hommes depuis la chute d'Adam. Il a accompli l’œuvre de la Rédemption du genre humain, en lui méritant la grâce et en lui donnant les secours spirituels nécessaires pour terrasser le démon. Comme sa sainte Mère n’a ja. mais été sous la puissance du démon, elle est, après Dieu, son plus redoutable adversaire, et elle aide à résister à ses attaques quand nous lui demandons son secours. Ne manquons donc jamais, quand survient la tentation, d’invoquer notre sainte Mère ; elle nous entendra, nous aidera et priera Dieu pour nous.

48.—Les conséquences du péché originel sur notre intelligence et notre volonté restent-elles en nous, après que le péché originel à été effacé par le baptême.

—Oui, l’obscurcissement de notre intelligence et l’affaiblissement de notre volonté restent, même après que le péché originel à été effacé par le baptême.

Ceci est un fait que chacun peut constater luimême, et qui n’a pas besoin de démonstration.

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