‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 93 sur 343 · Qu'est-ce que le péché Actuel · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que le péché Actuel

—Le péché Actuel est celui que l’on commet soi-même, de sa propre volonté,

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+ 50.—En combien de manières commet on un péché actuel ?

— On commet le péché actuel par pen:

sées, par paroles, par actions, par omissions volontaires et opposées à la loi de Dieu.

Nous pouvons donc pécher de quatre manières : 1° par pensées, en permettant à notre esprit de s'arrêter à des choses coupables ; 2° par paroles, en blasphémant, faisant des mensonges, etc. ; 8° par actions, en faisant toute espèce d'actions mauvaises ; 4° par omissions, en négligeant de faire une chose commandée par Dieu ou par l'Eglise. Maïs pour qu’il y ait péché, il faut que les pensées, les paroles, les actions et les omissions soient volontaires ; c’est-à-dire savoir parfaitement ce que nous faisons, et être libres de le faire ou de ne pas le faire. Il faut de plus qu’elles soïent contraires à la loi de Dieu ; c’està-dire, une violation de quelqu’une des lois auxquelles il nous commande d’obéir, soit qu’il les ait promulguées lui-même ou qu’elles l’aient (té par son Eglise.

Si nous doutons qu’une chose soit permise, nous devons nous demander: est-ce défendu par Dieu ou son Eglise ? Et si nous ne connaissons pas de loi qui la défende, elle ne peut être un péché, du moins pour nous.

Supposons, par exemple, qu’un enfant doute s’il y a péché ou non à lancer un cerf-volant. Il doit se demander s’il y a une loi de Dieu ou de l'Eglise qui déclare que c’est un acte coupable. Sil n’y en 2 pas, il n’y a pas de péché. Mais il pourrait y avoir NES pour une autre raison;

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par exemple, si ses parents ou ses supérieurs le lui avaient défendu ; car il y a une loi de Dieu qui nous ordonne d’obéir à nos parents et à nos supérieurs. Ainsi un acte qui n’est pas coupabie en soi, c’est-à-dire qui n’est défendu directement ni par Dieu ni par son Eglise, peut devenir coupable pour une raison de circonstance.

Nous ne devons cependant jas douter de la légitimité de chacun de nos actes ; ces doutes déraisonnables finiraient par nous faire tomber dans le scrupule.

Si nous doutons, nous devons avoir queïque bonne raison de douter, c'est-à-dire de croire que l’acte que nous allons faire est défendu ou ne l’est pas. Par conséquent, lorsque nous avons un doute raisonnable, nous devons nous renseigner auprès de ceux qui peuvent nous éclairer, afin d’agir sans s’exposer au danger de pécher. C’est l’intention qui rend un acte bon ou mauvais. Ainsi, supposons qu'une personne prenne un vendredi pour un jeudi et mange de la viande ce jour-là, cette personne n’a pas commis un péché réel, parce qu’il n’y a pas de péché à manger de la viande un jeudi ordinaire. Elle a seulement commis ce que nous appelons un péché matériel: c'est-à-dire que son action aurait été un péché formel, si elle avait réellement su ce qu'elle faisait. D'un autre côté, :i cette personne, pensant que c'était un vendredi lorsque c'était réellement un jeudi, a mangé de la viande, sachant que c'était défendu, cette personne a commis un péché mortel, parceque c'était son intention d'agir ainsi. Par conséquent, si nous ignorons qu’une chose est un péché au moment où nous la faisons, eile n’est

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pas uu péché pour nous. Maïs ce serait un péché de faire la même chose, après avoir connu ou apprie qu’elle était mauvaise. De même, toute chose que nous faisons dans la croyance qu’elle est mauvaise ou coupable, l’est réellement pour nous, quoiqu’elle ne le soit pas pour ceux qui connaissent mieux. De plus, c’est un péché, dans bien des cas de juger que d’autres font mal, parce qu’ils peuvent ignorer que ce qu’ils font est criminel. Il vaudrait mieux, en pañeil cas, les instruire que les blâmer. Ce que nous avons donc de mieux à faire, c’est de bien connaître toutes les lois de Dieu et de son Eglise, telles qu’elles nous sont enseignées dans le catéchisme, de manière à pouvoir connaître si nous les violons.

f 51.-Combien y a-t-il de sortes de pé.

chés actuels ?

—11 y a deux sortes de péchés actuels :

le péché mortel et le péché véniel.

Le péché mortel, comme le mot l'indique, est celui qui tue l’âme. Quand un homme reçoit une blessure grave on dit qu’il est mortellement blessé, c’est-à-dire qu'il mourra de cette blessure.

De même que la respiration est le signe de la vie au corps, de même la grâce est le signe de lu vie &e l’âme. Quand la respiration d’un malade a cessé, on dit que cet hcmme est mort. Il ne peut plus rien faire, ni pour lui ni pour les autres. Ainsi, lorsque l’âme ne possède plus la grâce, on dit qu’elle est morte, parce qu'elle est réduite à la condition d’un cadavre. Elle ue

peut faire aucun des actes méritoires qu’une âme doit faire, c’est-à-dire, elle ne peut faire aucun acte que Dieu soit tenu de récompenser — elle est morte.—On pourra objecter que l’âme ne meurt jamais ; c’est vrai, en ce sens qu’elle ne cessera jamais d’exister parce qu’elle est immortelle ; maïs il n’en est pas moins vrai de dire qu’elle est morte, parce qu’elle a perdu tout pouvoir d'opérer aucune œuvre surnaturelle,

Le péché véniel ne fait pas perdre la grâce sanctifiante comme le péché mortel, mais il l’affaiblit, comme les blessures légères affaiblissent le corps.

+ 52.--Qu'’est ce que le péché mortel ?

—Le péché mortel est celui qui donne la mort à l’âme en lui ôtant la grâce sanctifiante, en attirant la colère divine sur elle, eten la rendant digne des peines de l’en er.

Le péché mortel souille l’âme, lui fait perdre l’amitié de Dieu, la dépouille des biens spirituels acquis, lui enlève ia part qui lui revenait des suffrages de l'Eglise, la met dans l’impossibilité de rien faire de méritoire pour le ciel, lui fait perdre la paix et le repos, la rend esclave du démon, la tue, comme nous l’avons expliqué, et la dévoue à la damnation éternelle. Une fois précipitée dans l'enfer, l’âme est morte pour toujours, parce qu’elle ne pourra plus jamais faire aucun acte méritoire.

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