‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 95 sur 343 · Qu'est-ce que l’orgueil · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que l’orgueil

—L'orgueil est une estime déréglée de soi-même qui fait qu'on se préfère aux autres et qu'on veut s'élever au-dessus d'eux.

L’orgueil est une violation du premier commandement, parce qu’en nous estimant plus qu’il n’est juste, nous injurions Dieu en nous accordant des honneurs qui ne sont dus qu’à lui.

Qu'est-ce qui peut done tant nous enorgueillir ? Notre extérieur? Eh bien! une seule nuit de maladie peut nous enlever toute trace de beauté. Notre vêtement ? il n’est pas nôtre et nous ne Pavons pas produit; il nous vient en grande partie d'animaux inférieurs, —la laine nous est for-nie par les moutons; le cuir, par le bœuf; IG mes, par les oiseaux, etc. Sommes-nous

de nos richesses mobilières ou immobi-

res ? Elles peuvent nous être enlevées ou être détruites par le feu. Le savant peut devenir fou, et rous n’avons réellement rien qui puisse nous donner de l’orgueil, si ce n’est nos bonnes œuvres. Tout ce que nous avons nous vient de Dieu, et nous ne pouvons le posséder que pendant le temps voulu par lui. Nous n'avions rien en venant au monde; nous quittons le monde avec

rien autre chose que le linceul dans lequel nous sommes ensevelis, et encore ce linceul ne va pas. avec l’âme, mais demeure avec le corps et pour: rit avec lui dans la terre. Aussitôt après notio mort, nos corps deviennent si repoussants que nos meilleurs amis se hâtent de les enfouir en terre, où ils deviennent la proie des vers, une masse de putréfaction que la vue et l’odorat no peuvent supporter. Pourquoi donc être si fiers de ce corps, commettre pour lui tant de péchés et le nourrir si délicatement, puisqu'il est destiné à devenir un jour la nourriture des vers. Il ne s'ensuit pas, cependant, que nous ne devons pas tenir notre corps en état de propreté et n'en avoir aucun soin; au contraire, nous somines obligés de le tenir convenablement, et notre négligence à cet égard serait un péché. La seule chose à éviter est d’en prendre trop de soins, et de négliger pour lui Dieu et notre âme. Les acolytes de l’orgueil, sont : la suffisance, l’hypocrisie, une ostentation insensée dans le vêtement ou la conduite, la rudesse envers les autres, une perte de temps causée par le soin exagéré que l’on prend de soi.

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