Qu'est-ce que le baptême de sang
—Le baptême de sang est le martyre enduré pour la foi de Jésus-Christ, ou pour quelque vertu chrétienne, avec un sincère regret de ses péchés.
Le baptême de sang, appelé le martyre, est reçu par ceux qui sont mis à mort pour la foi de
Jésus -Christ ou pour quelque vertu chrétienne, avant d'avoir pu recevoir le baptême d'eau. Il a lieu, même de nos jours, dans les pays infidèle-* où les missionnaires travaillent à la conversion des idolâtres. Ces païens doivent être instruits des vérités de la religion avant d'être baptisés, faire ce que l'on exige d'eux et attendre pour recevoir le baptême qu'on les juge suffisamment préparés. Ceux que l'on prépare ainsi au baptême sont appelés Catéchumènes. A un moment donné, pendant qu'ils assistent aux instructions du missionnaire, les ennemis du nom chrétien se précipitent sur eux et leur donnent la mort qu'ils acceptent, sans même opposer de résistance, pour l'amour de la vraie religion. Ils «ont alors de véritables martyrs et sont baptisés dans leur propre sang. Ceci ne veut pas dire que le sang, à défaut d'eau, peut servir pour un baptême ordinaire. Comme nous l'avons dit, aucun autre liquide que l'eau ne peut être employé dans l'administration du baptême ; et le baptême ne serait pas valide si quelqu'un se faisait baptiser avec du sang tiré de ses veines. Il ne suffit pas non plus pour être regardé comme martyr, d'être mis à mort pour une raison quelconque, pour une raison politique par exemple ; mais il faut que ce «oit en haine de la religion ou pour quelque vertu chrétienne.
174.— Les baptêmes de désir et de sang produisent-ils les mêmes effets que le baptême d'eau ?
—Les baptêmes de désir et de sang rendent capable d'entrer dans le ciel, mais ils n'impriment pas de caractère.
175. — A quoi avons-nous renoncé avant de recevoir le baptême ?
—Avant d'être baptisés, nous avons renoncé au démon, à ses œuvres et à ses pompes, c'est-à-dire à toutes sortes de péchés et de fausses maximes.
176.— Pourquoi donne-t-on le nom d'un saint à celui qui reçoit le baptême ?
—Dans le baptême on donne le nom d'un Saint, afin que celui qui est baptisé puisse imiter ses vertus et l'avoir pour protecteur.
Le Saint dont nous portons le nom est appelé notre saint patron. Ce Saint a pour nous un amour spécial et prend de nous un soin tout particulier. Comme ceux qui aiment à honorer le nom des grands hommes parce qu'ils admirent leurs bonnes qualités ou leurs grandes actions, ainsi nous prenons les noms des saints parce que nous admirons leurs vertus chrétiennes et leur vie héroïque. Tons les chrétiens devraient par conséquent connaître la vie de leur saint patron, travailler à imiter ses vertus, et le jour que l'Eglise célèbre la fête de leur saint Patron devrait aussi être un jour de fête pour eux. Malheureusement, les chrétiens de nos jours font trop souvent tout le contraire. On les voit donner à leurs enfants des noms païens, ridicules, fantaisistes, tirés des romans et quelque fois même le nom d'un ennemi de l'Eglise et d'un incrédule. On devrait au moins, si on choisit un nom qui ne soit pas celui d'un saint,
292 JJE CODE CATHOLIQUE.
lui accoler un autre nom de saint, et si on a omis de le faire, lors du baptême, on devrait y pourvoir lorsque l'enfant est confirmé. Il faut éviter également de mutiler ou de changer les noms donnés au baptême, de façon à ce qu'ils ne veulent plus rien dire, parce que si notre nom est prononcé correctement, notre saint patron est honoré, et nous pouvons dire invoqué, puisque cela a pour effet de nous le rappeler. De plus, presque personne ne connaît bien la vie du saint qui lui a été donné pour patron et ne s'occupe de l'imiter, et presque tous laissent passer sa fête comme un jour ordinaire. L'Eglise célèbre généralement la fête d'un saint le jour qu'il est mort, c'est-à-dire comme nous avons raison de le croire, le jour qu'il est entré au ciel.
177.— Pourquoi donne-t-on un parrain et une marraine à celui que Ion baptise ?
—On donne un parrain et une marraine à celui que l'on baptise, afin qu'ils promettent en son nom ce qu'il promettrait lui-même s'il avait l'usage de raison.
Il n'est point nécessaire de donner un parrain et une marraine dans le baptême privé, mais seulement dans le baptême solennel. On peut être le parrain ou la marraine d'un enfant sans être présent au baptême, pourvu qu'une autre personne tienne l'enfant sur les fonts baptismaux et réponde en notre nom aux questions auxquelles le parrain et la marraine sont tenus de répondre. C'est ce qu'on appelle être parrain ou marraine par procuration ou par un représentant ; et, dans ce cas, le véritable parrain
n'est pas celui qui tient l'enfant sur les fonts baptismaux, mais celui qui, à la demande des parents, a consenti à être le parrain.
Le parrain et la marraine, de même que ceux qui administrent le baptême dans le cas de nécessité, contractent, non pas entre-eux, mais avec l'enfant et ses père et mère, une parenté spirituelle qui est un empêchement dirimant de mariage. Ainsi, le parrain ou la marraine ne peuvent contracter mariage avec l'enfant ou avec son père et sa mère, sans avoir auparavant obtenu une dispense, c'est-à-dire la permission de l'Eglise accordée par le Pape ou par l'Evêque.
Ne peuvent être parrain ou marraine : 1° Ceux qui ne sont pas catholiques, parce qu'ils sont incapables d'enseigner à l'enfant les vérités de la religion catholique s'ils les ignorent euxmêmes ; 2° Ceux qui mènent publiquement une vie scandaleuse ; car ils ne peuvent donner le bon exemple à leur filleul ni lui enseigner à être bon chrétien, s'ils sont eux-mêmes des pécheurs publics ; 3° Ceux qui sont dans l'ignorance de leur religion et incapables, par conséquent, de remplir les obligations qu'ils contractent en servant de parrain ou de marraine. Les parents ne devraient donc jamais choisir pour parrains de leurs enfants que de bons chrétiens, des catholiques pratiquants, qui vivent de la vie de la foi, qui seront un exemple pour leurs filleuls, et qui ne sont pas seulement des catholiques de nom.
178.— Quelles sont les obligations du parrain et de la marraine ? 19
— Les obligations du parrain et de la marraine sont : 1° d'instruire Tenfant de ses devoirs religieux, si les parents le négligent ou viennent à mourir ; 2° de veiller, s'il est nécessaire^ ce qu'il accomplisse les promesses de son baptême.
Cette obligation est très importante, et tous ceux qui la contractent devraient être fidèles à la remplir consciencieusement.