A quoi sert le don de crainte de Dieu
—Le don de crainte de Dieu sert à nous inspirer une grande horreur du péché.
Le don de crainte de Dieu nous inspire une grande horreur du péché, non pas seulement à cause du châtiment qui l'attend, mais à raison surtout de la bonté de Dieu.
Les sept dons du Saint-Esprit ressemblent à d'excellentes semences. Or, comme toute semence produit des fruits, ces dons produisent dans nos âmes des œuvres de vertu.
L'apôtre saint Paul en énumère douze :
La Charité, c'est le fruit le meilleur, celui qui est comme l'origine et la source de tous les autres. Cette charité doit être agissante et produire des œuvres, car il en est d'elle comme de la foi, sans les œuvres elle ne peut être sincère.
La Joie, récompense des consciences pures, rayonnement du cœur des saints sur leur visage, dans leur sourire, dans leurs paroles, dans leur vie tout entière.
La Paix. Elle dure tant que l'Es prit- Saint habite en nous, c'est l'union de l'âme avec Dieu par l'exemption de toute faute grave ; et cette union avec Dieu comporte l'union avec nos frères.
La Patience nous fait supporter l'adversité par amour pour Dieu, elle nous inspire ces paroles du saint homme Job : Le Seigneur m'avait donne les bitn's de la terre, le Seigneur me les a enlevés ; que son saint Nom soit toujours béni !
La Longanimité, c'est la durée de la patience devant l'épreuve qui dure. Quel fruit précieux ! Rien n'est dur, en effet, au cœur humain, comme de souffrir longtemps.
La Bénignité nous rend doux, courtois, affables dans nos paroles et surtout dans nos procédés.
La Bonté. A l'origine, le Seigneur en avait orné le plus intime du cœur humain comme un joyau de grand prix que l'on met à la meilleure place. Le péché le remplaça par l'égoïsme. L Esprit-Saint incline de nouveau notre âme à faire du bien au prochain, à l'assister, à le soulager, à lui faire plaisir.
La Mansuétude, qui n'est pas la mollesse, nous préserve de la colère, de la vengeance; elle nous donne l'égalité d'humeur si utile aux grands qui commandent, si nécessaire aux humbles qui doivent obéir
La Bonne Foi nous rend fidèles à nos promesses, nous préserve de toute fraude et fait de nous des hommes de parole et d'honneur.
La Modestie nous fait composer décemment tout notre extérieur. C'est une règle sage pour nos yeux, notre visage, notre langage, notre sourire, notre démarche, le choix et la disposition de nos vêtements.
La Continence nous inspire la modération dans toutes les jouissances, particulière méat dans la nourriture et la boisson.
La Chasteté, le douzième et dernier fruit du Saint-Esprit, est cette vertu forte et austère qui dompte le corps et le soumet à la volonté, aux ordres, à l'empire de l'âme. Par la chasteté, l'âme est véritablement une reine, elle porte le sceptre et tient les sens toujours soumis à la loi salutaire du respect de soi-même et du respect d'autrui, double garantie de l'honneur et de la paix des familles et des sociétés.
Nous pouvons mentionner encore, comme conséquence de l'effusion du Saint-Esprit dans nos âmes, les huit béatitudes par lesquelles Notre-Seigneur commença son admirable discours sur la montagne, et qui nous montrent en quoi consiste le véritable bonheur.
Jésus voyant un jour une grande multitude rasssemblée autour de lui, monia sur une montagne et dit :
•' Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume du ciel est à eux.
•' Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre.
" Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés.
" Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés.
" Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde.
" Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu.
" Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu.
41 Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux.
Les Béatitudes, comme nous l'avons dit toutà-l'heure, sont une partie du sermon que Notre- Seigneur prêcha un jour sur la montagne où la foule l'avait suivi. Les Juifs ne lui permettaient pas toujours d'entrer dans leurs synagogues, chaque fois qull voulait prêcher ; c'est pour cela qu'il prêchait le plus souvent en plein air. Quelquefois il se tenait dans une barque de pêcheurs, mouillée près du rivage, et quelque ibis sur une petite montagne, pour adresser la parole à la multitude qui le suivait. Avons nous jamais pensé à ce que nous aurions fait si nous eussions vécu à cette époque, et si nous eussions été présents lorsque Notre-Seigneur prêchait ? Comme nous aurions tenu à nous approcher de lui ! Comme nous nous serions faufilés à travers les rangs de la foule pour mieux entendre et ne pas perdre un seul mot I Pourquoi donc prêtons -nous quelquefois si peu d'attention aux instructions qui sont données du haut de la chaire de vérité, quand les paroles de Notre-Seigneur nous sont répétées ?
Dans ce sermon de la montagne, Notre- Seigneur a exposé ce qu'il faut faire pour être les élus de son royaume ; c'est-à-dire il a énuméré les vertus qu'il faut pratiquer pour être les véritables enfants de l'Eglise, et annoncé les récompenses qui seront le partage de ceux qui auront pratiqué ces vertus et mené une sainte vie> savoir: la grâce et les bénédictions de Dieu en ce monde et une gloire éternelle dans le ciel.
1° Bienheureux les pauvres d'esprit. Les pauvres d'esprit sont ceux dont le cœur n'est pas attaché aux richesses et aux biens de la terre, au point d'être disposés à offenser Dieu pour les posséder
ou ne pas s'en désaisir. Ainsi, quelqu'un qui n'a pas le sou, mais qui serait prêt à se procurer de l'argent par n'importe quel moyen, est bien réellement pauvre, mais il n'est pas pauvre d'esprit. Si nous sommes véritablement pauvres, et si nous désirons de plus être pauvres d'esprit, nous devons être contents du lot qui nous est échu, de ce que Dieu nous a donné, et ne jamais nous plaindre de sa Providence. Quelque pauvres et misérables que nous puissions être, notre position pourrait être pire, puisque nous en voyons d'autres encore plus à plaindre. Mais le comble de la misère est d'être en état de péché mortel. Si nous sommes pauvres et en état de péché mortel, notre condition est en effet lamentable, car nous n'avons aucune consolation. Mais si nous sommes pauvres et vertueux en même temps, supportant nos épreuves avec patience et résignation, pour l'amour de Dieu, nous possédons les trésors de sa grâce et toutes les assurances d'un bonheur futur.
D'un autre côté, fussions-nous très riches, si nous donnons volontiers et généreusement aux pauvres et en faveur des œuvres de charité, si nous préférons perdre nos richesses plutôt que d'offenser Dieu, nous sommes également pauvres d'esprit et de ceux que Notre-Seigneur a déclarés bienheureux.
C'est une grande erreur de risquer nos âmes pour des choses que nous devons laisser à d'autres en mourant. Très souvent ceux qui laissent les héritages les plus considérables sont bien vite oubliés et méprisés, parce que leur succession donne lieu presque toujours à des procès, des querelles et des jalousies entre lea
parents, et devient une véritable malédiction pour ces familles dont les membres s'en veulent quelquefois jusqu'à la mort. Il arrive encore que les héritiers dépensent follement les sommes qui leur ont été laissées et passent le temps à s'amuser, pendant que celui qui a sué sang et eau pour amasser un peu d'or, est peut-être dans l'enfer pour s'être enrichi malhonnêtement. Bien plus, combien d'enfants se sont perdus, grâce à la fortune laissée par leurs parents. Au lieu d'en user pour faire le bien, elle n'a été pour eux qu'un moyen de pécher plus facilement, leur a l'ai' perdre la foi et leur âme; et dans leur ingratitude ils n'ont jamais fait une prière, donné une messe ou une aumône pour le repos de l'âme de leurs parents qui avaient oublié les pauvres et les oeuvres de charité dans leur testament, afin de laisser leurs enfants plus riches. Il n'y a donc pas de plus grande folie que de tant s'attacher à ce qui n'a plus aucune valeur pour nous après la mort. Quand une personne meurt, le public demande généralement quelle fortune elle a laissée, mais Dieu et les anges demandent quels mérites la précèdent.
2° Bienheureux ceux qui sont doux parce qu'ils posséderont la terre. Cette terre, promise â ceux qui auront l'esprit de douceur, n'est pas la terre que nous habitons, mais la véritable terre des vivants et des élus, région toute céleste, uù l'on ne meurt plus, où l'on vit même de la vie de Dieu.
3° Bienheureux ceux qui )>lcurent. Nous avons quatre grands sujets de larmes'durant cette vie: nos péchés, les péchés qui ^e commettent tous les jours dans le monde, le triste exil dans lequel
nous vivons ici-bas, et l'incertitude de notre sort pendant l'éternité Nous devons donc pleurer devant le Seigneur, si nous voulons mériter une consolation éternelle au milieu des délices ineffables du ciel. Ce don des larmes nous fait ressembler davantage à Notre Seigneur qui a été appelé Vhomme de douleurs.
4° Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Par ces mots, le Seigneur nous fait entendre le désir ardent que nous devons avoir d'acquérir tous les genres de vertu. Saint Joseph est appelé dans la Sainte Ecriture, un homme Juste, pour montrer qu'il pratiqua toutes les vertus. Nous pouvons faire de même, si nous le voulons réellement.
5° Bienheureux les miséricordieux parce quHls obtiendront miséricorde. Si nous sommes miséricordieux pour les autres, Dieu le sera pour nous au centuple, en pardonnant nos péchés, en exauçant nos prières, en nous jugeant, non selon la rigueur de sa justice, mais selon toute l'étendue de sa bonté.
6° Bienheureux ceux qui ont le cœur pur. La pureté du cœur n'est pas autre chose que la pureté dans les pensées, les paroles, les actions et les regards.
7° Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu. Si ceux qui travaillent à faire régner la paix et cesser les divisions entre les hommes sont appelés les enfai. 1s de Dieu, ceux, au contraire, qui ne sont que des brandons de discorde pourraient être appelés les enfants du démon. Il ne faut donc jamais divulguer le mal que Ton peut entendre dire sur le compte de quelqu'un, ou colporter des racontars scanda-^
leux et préjudiciables à la réputation du prochain. Cette conduite est méprisable et criminelle en même temps. Si on ne peut parler en bien de quelqu'un, il faut alors garder le silence, à moins que le devoir nous force à parler. N6 soyons jamais des enfants du démon, en provoquant des sentiments de haine, de jalousie et de vengeance ; mais, au contraire, soyons en toute circonstance des hommes de paix, afin d'être de véritables enfants de Dieu.
8° Bienheureux ceux qui souffrent persécution ) our la justice. Par conséquent, quand nous sommes ridiculisés ou maltraités dans l'accomplissement de nos devoirs de piété, de religion et d'état, souvenons-nous que nous sommes des martyrs de notre foi, souffrant pour la vertu et la vérité, et que nou3 en serons récompensés un iour.