CHAPITRE DIX-NEUVIEME
De la confession et de la satisfaction.
t 223.— Qu'est ce que la confession ?
— La confession est l'aveu que Ton fait de ses péchés à un prêtre dûment approuvé, afin d'en obtenir le pardon.
1° La confession est un aveu, c'est-à-dire une accusation, et non un simple récit de ses fautes, par manière de conversation ou d'amusement, ou bien encore par ostentation.
2° Faite à un prêtre dûment approuvé. En effet, il ne suffit pas d'être prêtre pour remettre les péchés ; il faut de plus, pourque l'absolution soit valide, avoir reçu l'approbation de l'évêque du diocèse dans lequel on exerce ce ministère spirituel. Un prêtre sans juridiction est comme un juge auquel le gouvernement n'a pas encore assigné le lieu où il doit exercer ses fonctions.
3° Afin d'en obtenir le pardon. Tel est le but qu'on se propose en se confessant. On ne va pas au tribunal de la Pénitence, pour raconter ses peines et chercher des consolations purement humaines, mais pour obtenir une sentence de miséricorde, le pardon de ses péchés.
Si quelqu'un a perdu ou n'a jamais eu l'usage de la parole, il peut faire sa confession en écrivant ses péchés sur une feuille de papier qu'il donne au prêtre auquel il s'adresse, et qu'il doit avoir soin de déchirer ou de brûler après sa confession. De même, si on a une mémoire difficile, on peut écrire ses péchés et les lire dans le confessionnal ; mais comme dans le premier cas, il faut avoir soin de détruire le morceau de papier sur lequel ils sont écrits, dès que la confession est finie Si une personne dont le prêtre ne comprend pas la langue, est mourante ou se présente pour faire sa confession annuelle, elle doit se confesser par signes, dans la mesure du possible, faire comprendre qu'elle est véritablement repentante de ses péchés, afin de pouvoir recevoir l'absolution En un mot, le prêtre doit suivre avec elle la règle de conduite qu'il suivrait avec quelqu'un qui ne peut ni parler ni écrire.
f 224.— Quels sont les péchés que nous sommes obligés de confesser ?
—Nous sommes obligés de confesser tous nos péchés mortels, mais il est bon de confesser aussi les péchés véniels.
Nous sommes obligés de confesser tous nos péchés mortels, à tel point que notre confession serait mauvaise si nous ne le faisions pas. Mais les péchés véniels n'étant pas incompatibles avec l'état de grâce, on n'est pas strictement obligé de s'en confesser Cependnnt il est bon de le faire, parce que le sacrement de Pénitence a été institué pour remettre tous nos péchés, grands ou petits ; parcequ'on devient ainsi plus vigilant pour les
éviter à l'avenir, et parce qu'il est souvent diffi cile de distinguer si un péché est mortel ou vé niel. Quand on les confesse, il faut avoir soin de les regretter sincèrement et avoir le désir de s'en corriger. Ce serait une véritable dérision de s'en confesser avec la volonté de les commettre toujours. Les péchés véniels n'étant pas matière nécessaire de la confession, il s'ensuit que le fait de les laisser de côté ne rend pas la confession mauvaise, et qu'un péché véniel commis après la confession ne doit pas empêcher d'aller communier. Du moment que le confesseur nous a dit d'aller communier, on ne doit jamais manquer de le faire, à moins d'avoir rompu le jeûne, ou d'avoir certainement commis un péché mortel après la confession. Si le prêtre, après avoir donné l'absolution, ne dit pas d'aller communier, on peut présumer que c'est pur oubli de sa part, et faire sans crainte la sainte communion. S'il a de raisons de ne pas permettre la sainte communion à un pénitent, il oubliera rarement de le prévenir.
225.— Quelles sont les principales qualités d'une bonne confession ?
—Les principales qualités d'une bonne confession sont au nombre de trois : elle doit être humble, sincère et entière.