CHAPITRE VINGTIÈME
De la manière de faire une bonne confession.
t 239.— Que devons-nous faire en entrant au confessionnal ?
—En entrant au confessionnal nous devons nous mettre à genoux, faire le signe de la croix et réciter le Oonfiteor (Je confesse à Dieu ) en entier, ou bien seulement : " Je me confesse à Dieu toutpuissant, et à vous, mon père."
t 240.— Après le Confiteor que faut-il faire ?
—Après le Conâteor, 1° on doit dire combien il y a de temps qu'on a été à confesse, si l'on a reçu l'absolution la dernière fois et si l'on a accompli la pénitence imposée ; 2° On accuse ensuite tous les péchés mortels commis depuis la dernière absolution, et les péchés véniels qu'on veut mentionner, en disant à chaque péché : Mon père, je m'accuse de
t 241.— Quand on a fini d'accuser ses péchés que faut-il dire ?
—Quand on a fini d'accuser ses péchés, on dit : " Mon père, je m'accuse, de plus, " de bien d'autres péchés que je ne " connais pas et de ceux de toute ma vie ; M j'en demande pardon à Dieu, et à vous, " mon père, la pénitence et l'absolution." Puis on écoute avec attention les avis que le confesseur juge à propos de donner.
Ou peut résumer comme suit,tout~ce que nous venons de dire sur :-e cérémonial que doit suivre le pénitent. Il se met à genoux en entrant au confessionnal, et du moment que le confesseur est prêt à l'entendre, il dit: au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il. Je me confesse à Dieu tout- puissant, et à vous mon père. Il y a cinq ou dix semaines que j'ai été à confesse; j'ai reçu, ou je n'ai pas reçu l'absolution la dernière fois ; j'ai accompli ou je n'ai pas
accompli la pénitence imposée. Mon père, je m'accuse d'avoir négligé, deux, quatre ou six fois, d'assister les dimanches et fêtes d'obligation, à la sainte messe. Mon père, je m'accuse d'avoir dérobé une, deux ou trois piastres. Mon père, je m'accuse d'avoir blasphémé, douze ou quinze fois environ. Mon père, je m'accuse d'avoir tenu des conversations criminelles, cinq ou six fois. Le dernier péché une fois accusé, il ajoute : Mon père, je m'accuse, de plus, de bien d'autres péché que je ne connais pas, et de ceux de toute ma vie ; j'en demande pardon à Dieu, et à vous, mon père, la pénitence et l'absolution.
Cela fait, il ne reste plus qu'à écouter des avis que le confesseur juge à propos de donner.
Le prêtre au saint tribunal de la pénitence, est à la fois père, juge, docteur et médecin. Comme père, il doit aimer indistinctement toutes les âmes qui se présentent à lui ; et s'il les aime, il sera pour elles, bon, doux, miséricordieux et patient. Comme juge, il doit examiner si Jésus- Christ, dont il tient la place au confessionnal, veut une sentence favorable ou un refus de pardon. Autrement, le ministère de la confession serait tout simplement une espèce de métier, puisque tout consisterait à faire un signe avec la main droite, et à prononcer une formule d'absolution. Comme docteur, il doit connaître la loi de Dieu pour en faire une juste application, pour l'interpréter judicieusement et discerner ce qui est grave de ce qui ne l'est pas. Comme médecin, il doit guérir toutes les maladies de l'âme, bien plus nombreuses que les infirmités corporelles. Il lui faut rendre l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, faire marcher les boiteux et rendre le
mouvement aux paralytiques. Pour cela, il doit connaître la cause et l'ancienneté de ces maladies, le tempérament moral des infirmes et des blessés, et prescrire les remèdes de nature à rendre à l'âme la santé spirituelle. A la moindre indisposition ou au plus léger malaise que nous éprouvons, nous avons immédiatement recours au médecin; nous écoutons attentivement ses recommandations, et nous suivons scrupuleusement le traitement qu'il juge bon de prescrire. A plus lorte raison, le pénitent doit écouter religieusement les avis de son confesseur, et les suivre à la lettre s'il désire sincèrement la guérison des maladies de son âme. Il ne doit pas, comme ces malades qui changent de médecin à tout instant, quitter son confesseur ordinaire pour en prendre un autre, sans une raison grave. S'il vit dans un milieu qui lui permet le choix entre plusieurs, il prie Dieu de l'éclairer ; et une fois son choix arrêté, il ne doit s'en écarter que pour d'excellentes raisons. De cette façon, le confesseur débrouillera en peu de temps la conscience de son pénitent, connaîtra ses tentation-, sa passion dominante et les difficultés avec lesquelles il est aux prises. Il pourra constater s'il avance ou s'il recule ; s'il prend de l'empire sur ses mauvaises habitudes ou s'il en devient de plus en plus l'esclave; si les remèdes donnés conviennent au tempérament du pénitent, et s'il met en pratique les avis et les conseils qui lui sont donnés. Du moment que le confesseur est au fait de tous ces détails, il n'a plus à les demander, et le pénitent; de son côté, n'a plus à les rééditer de nouveau. Plus le confesseur connaît la vie intime de son pénitent, plus il est en état de luiren-
dre service ; car, outre le pardon de nos péchés, une foule d'autre? avantages découlent de la réception du sacrement de Pénitence.
Mais s'il y a danger, pour n'importe quelle raison, de faire une mauvaise confession à son confesseur ordinaire, on doit alors aller en trouver un autre auquel on ne craindra pas de toul confier. En effet, il vaut mille fois mieux changer de confesseur que de courir le risque de faire une confession sacrilège.
Il ne faut pas non plus tenir à son confesseur ordinaire au point de ne pas vouloir se présenter à un autre, lorsqu'il est absent. Il faut, autant que possible, oublier l'homme pour ne voir au confessionnal que le représentant de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Le seul fait qui importe est celui-ci : Celui qui se tient îà, quel qu'il soit, est un prêtre qui représente Dieu, et qui a reçu le pouvoir de pardonner ou de retenir les péchés.
t 242.— Quand le confesseur nous interroge, comment devons-nous répondre?
—Quand le confesseur nous interroge, nous devons répondre sincèrement et distinctement.
t 243.— Est-il permis d'accuser de nouveau un ou plusieurs péchés qu'on a déjà accusés dans les confessions précédentes ?
—Oui, il est permis et il est même quelque fois utile de renouveler l'accusation de certaines fautes, afin de s'exciter da-