‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 138 sur 238 · LE COTE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LE COTE CATHOLIQUE

main du prêtre les cendres sur la tête et les ciliées pour s'en couvrir ; puis ils demeuraient prosternés, tandis que le clergé et l'assistance faisaient pour eux des prières à genoux. Le prélat faisait une exhortation pour les avertir qu'il allait les chasser pour un temps de l'église, comme Dieu chassa Adam du paradis pour son péché'; ensuite il les mettait hors de l'église, dont les portes étaient aussitôt fermées derrière eux. Les pénitents demeuraient d'ordinaire enfermés et occupés à divers exercices laborieux. On les faisait jeûner tous les jours et très souvent au pain et à l'eau, ou on leur imposait d'autres mortifications, selon leurs péchés, leurs forces et leur ferveur. On les faisait prier longtemps à genoux ou prosternés, veiller, coucher sur la terre nue, distribuer des aumônes selon leurs ressources. Pendant la durée de leur pénitence, ils s'abstenaient non seulement des divertissements mais encore des conversations ordinaires, des affaires et de tout commerce, même avec les fidèles, à moins d'une grande nécessité. Ils ne sortaient que les jours de fêtes, auxquels ils revenaient se présenter à la porte de l'église. Puis, après un certain temps, on les faisait entrer pour entendre la lecture et les sermons, mais à la condition de sortir avant les prières. Enfin ils étaient admis à prier avec les fidèles, et leur pénitence était terminée.

La pénitence publique était encore plus sévère quand il s'agissait de péchés connus et énormes. Cette pénitence consistait en quatre degrés : ceux des pleurants, des écoutants, des prosternés et des consistants. Les pleurants étaient, aux heures des ofîices, dans un vestibule sans toit placé au-

devant de l'église, où il leur était défendu d'entrer. Ils se tenaient à genoux, gémissant sur leurs péchés, et ils conjuraient les fidèles qui passaient de prier pour eux. Les écoutants étaient appelés ainsi, parce quïls étaient admis aux instructions sans pouvoir assister au saint sacrifiée Les prosternés étaient prosternés contre terre, pendant qu'on faisait sur eux des prières ; ils étaient admis à celles qui précédaient la célébration des divins mystères, mais ils étaient obligés de sortir de Féglise aussitôt après la lecture de l'Evangile. Les consistants pouvaient assister au sacrifice de la messe en entier ; mais il ne leur était pas permis de communier. Les pécheurs scandaleux passaient successivement par ces divers degrés de pénitence, et ils y demeuraient plus ou moins longtemps, selon l'énormité de leurs péchés

Ainsi, celui qui avait commis un meurtre, était quatre ans entre les pleurants, c'est-à-dire qu'il se trouvait à la porte de l'église aux heures de la prière, et demeurait dehors., non pas sous le vestibule, mais sur la place publique, exposé aux injures de l'air II était revêtu d'un cilice, il avait de la cendre sur la tête et se laissait croître la barbe. En cet état, il priait les fidèles qui entraient dans l'église de prier pour lui ; et, en effet, toute l'Eglise priait pour les pénitents, comme elle le fait encore pendant le carême en particulier.. Les cinq années suivantes, il était au rang des auditeurs ; il entrait à l'église pour entendre les instructions ; mais il demeurait sous le vestibule avec les catéchumènes, et il en sortait avant que les prêtres commençassent. De là, il passait au troisième rang, et priait avec

les fidèles, mais au même lieu, près de la porte, prosterné sur le pavé de l'église, et il en sortait avec les catéchumènes. Après avoir été sept ans en cet état, il passait au dernier, où il demeurait quatre ans, assistant aux prières des fidèles, et priant debout comme eux, mais sans qu'il lui fût permis de communier. Enfin, les vingt ans accomplis, il était reçu à la participation aux choses saintes, c'est-à-dire à l'Eucharistie. Les fautes pour lesquelles on imposait ces dernières pénitences étaient généralement publiques, et voilà pourquoi la réparation et l'amendement devaient aussi être publics.

Chaque péché mérite deux peines appelées : l'une, la peine éternelle, et l'autre, la peine tem- -porelle. Un exemple va le faire comprendre. Supposons que devenant un voleur de grand chemin ou une espèce de brigand, j'assomme au coin d'une route un voj-ageur que je laisse à moitié mort après lui avoir enlevé son argent et sa montre. Je lui cause, comme il est facile de le comprendre, un double dommage, et je mérite un double châtiment pour les deux délits dont je me suis rendu coupable, en le frappant inhumainement et en le dépouillant. Il peut bien me pardonner les mauvais traitements dont il a été l'objet de ma part, mais cela ne me dispense pas de l'obligation de lui restituer son argent et sa montre ; car le fait qu'il me pardonne ne me donne pas le droit de garder ce qui est sa propriété légitime. Eh bien I quand nous péchons, c'est à peu près la même chose. Nous injurions Dieu et nous lui dérobons ce qui lui est légitimement dû, savoir : le culte, le respect, l'obéissance et l'amour que nous lui devons comme à

notre Créateur et à notre Rédempteur. Dans le sacrement de pénitence, Dieu pardonne l'injure que nous lui avons faite en péchant, mais il exige la restitution de ce que le péché lui a enlevé.

De même, si un soldat qui a juré de mourir pour son pays, déserte son poste en temps de guerre, il se déshonore et encourt une sévère punition ; mais si, de plus, il passe à l'armée ennemie pour combattre dans ses rangs, il se rend coupable d'un délit beaucoup plus grave que le premier, du crime de trahison, qui entraîne la peine de mort. Nous faisons absolument la même chose lorsque nous péchons après avoir promis en recevant le Baptême et la Confirmation, de servir Dieu et de combattre ses ennemis Nous désertons notre poste de soldat chrétien, nous passons à l'ennemi ; car Notre- Seigneur a dit : Celui qui n'est pas avec moi est contre moi.

Nous pouvons satisfaire à la peine temporelle due à nos péchés, c'est-à-dire restituer, soit en faisant pénitence sur la terre, soit en passant un certain temps dans le purgatoire. Les pénitences faites pendant la vie sont très agréables à Dieu, et notre intérêt bien compris est de faire pénitence autant que possible, afin de séjourner moins longtemps dans le purgatoire. Saint Augustin qui, avant sa conversion, avait été un grand pécheur, priait souvent Dieu de multiplier ses tribulations sur la terre, afin d'avoir à souffrir moins longtemps dans le purgatoire. Par conséquent, après avoir accompli la pénitence que le prêtre donne au confessionnal, il est prudent et sage de s'imposer d'autres pénitences proportionnées à notre âge et à notre con-

dition. Mais il ne faut jamais entreprendre des pénitences extraordinaires, ou faire des vœux et des promesses sans consulter son confesseur. La confession terminée, on doit avoir soin d'accomplir la pénitence imposée par le confesseur, aussitôt que possible, et de la manière prescrite ; car elle a une valeur que les pénitences de notre choix ne peuvent avoir. Si nous prévoyons l'impossibilité de l'accomplir, il faut demander au confesseur de vouloir bien nous en donner une autre. Cette satisfaction est une partie, sinon essentielle, du moins intégrante du sacrement de Pénitence; de telle sorte qu'il faut avoir la volonté de remplir cette condition l'absolument nécessaire, pour obtenir la rémission de nos péchés : et sans cette volonté bien sincère, l'absolution est nulle. Remarquons toutefois que la satisfaction, quoique nécessaire, n'est pas abso lument essentielle à la validité du sacrement. Ainsi par exemple, si un pénitent l'oublie involontairement ou que, se trouvant en danger de mort, il ne puisse l'accomplir, l'absolution n'en est pas moins valide ; il suffit qu'il ait le désir de satisfaire à Dieu, quand il le pourra.

234.— Le sacrement de Pénitence remetil toutes les peines dues au péché ?

— Le sacrement de Pénitence remet toujours la peine éternelle due au péché, mais il ne remet pas toujours la peine temporelle que Dieu exige comme satisfaction pour nos péchés.

Comme nous venons de l'expliquer, le sacrement de Pénitence remet toujours le péché ;

mais il ne remet pas toute la peine temporelle encourue. Il diffère, sous ce rapport, du sacrement de Baptême, qui remet toujours, non seulement la peine éternelle, mais aussi toute la peine temporelle due au péché. Par conséquent, celui qui meurt immédiatement après avoir reçu le Baptême, va directement au ciel, tandis que celui qui meurt immédiatement après avoir reçu le sacrement de pénitence, passe généralement quelque temps dans le purgatoire, pour achever de satisfaire pleinement à la peine temporelle due au péché.

235.— Pourquoi Dieu exige-t-il une peine temporelle comme satisfaction pour le péché ?

- Dieu exige une peine temporelle comme satisfaction pour le péché, afin de nous faire comprendre la grande malice du péché et nous empêcher d'y retomber.

236.— Par quels moyens pouvons-nous satisfaire à Dieu pour la peine temporelle due au péché?

—Nous pouvons satisfaire à Dieu pour la peine temporelle due au péché, principalement par la prière, par le jeûne, par les aumônes, par les œuvres de miséricorde spirituelle et temporelle, par la patience à supporter les maux de la vie, et par la pénitence que le confesseur impose.

Nous pouvons donc satisfaire à Dieu : 1° Par la prière; et, sous ce nom on comprend tous les exercices de piété, l'assistance aux offices de l'Eglise, la méditation des vérités éternelles, les lectures pieuses, la visite au Saint Sacrement, le chemin de la croix, etc.

2° Par le jeûne; et par ce mot, on entend non seulement les jeûnes prescrits par l'Eglise, certains retranchements dans la nourriture, mais toutes les mortifications qu'on peut pratiquer, comme par exemple, la mortification de la langue, des yeux, des oreilles, de l'amour-propre et de la curiosité.

3° Par les aumônes, en argent ou autrement, données aux pauvres et en faveur des œuvres de charité. L 'aumône, a dit V Esprit- Saint, est aussi puissante pour abolir les crimes que l'eau pour éteindre le feu. (1)

4° Par les œuvres de miséricorde spirituelle et temporelle, c'est-à-dire par les œuvres de miséricorde qui se rapportent à l'âme et au corps, et dont nous allons parler dans un instant.

5° Par la patience à supporter les maux de la vie, tels que la maladie, la pauvreté, les accidents, etc.

6° Par la "pénitence que le confesseur nous impose, et dont nous avons déjà parlé au long.

237. — Quelles sont les principales œuvres de miséricorde spirituelle?"

— Les principales œuvres de miséricorde spirituelle sont : exhorter les pécheurs

(1) Eccl. m, 33.

au repentir ; instruire les ignorants ; donner de bons conseils ; consoler les affligés ; supporter patiemment les injures ; pardonner toutes les offenses ; prier pour les vivants et les morts.

1Q Exhorter les pêcheurs au repentir. Nous n'avons pas le droit de nous désintéresser du sort de notre prochain. Nous sommes tenus, dans la mesure du possible, de travailler à son pal ut, en lui faisant remarquer la gravité de certains actes, les funestes conséquences qu'ils peuvent avoir, en le reprenant charitablement, et en glissant à l'occasion une pensée de foi. Nous sommes surtout obligés de le faire, lorsque sa faute est grave, lorsque nous avons autorité ou une certaine influence sur lui, et lorsqu'il y a lieu de croire que nos avertissements produiront sur lui un effet salutaire. Mais si nos conseils ne devaient servir qu'à le rendre pire, il vaut mieux alors garder le silence et éviter tout rapport avec lui.

2° Instruire les ignorants, spécialement des vSntes de la religion.

o° Donner de bons conseils, en dissipant une prévention, en éclairant un doute en matière de religion, en prévenant les folies ou les malheurs du prochain,

4° Consoler les affligés, en leur adressant des paroles d'encouragement, et leur rappelant que rien n'arrive sans la permission de Dieu.

5° Supporter patiemment les injures, en nous montrant charitables et bienveillants pour ceux qui parlent mal de nous, qui nous accusent faussement, etc., mais si ces fausses accusations sont

de nature à scandaliser ou à causer du préjudice, nous devons alors nous défendre et en faire justice. Si, par exemple, certaines accusations sont de nature à faire perdre à un père de famille son autorité sur ses enfants ou à lui enlever la confiance de sa femme, il doit défendre sa réputation et faire la lumière sur les propos injustes tenus sur son compte. Mais lorsque les injures n'ont pas d'autres inconvénients que de nous contrister, et sont seulement connues de Dieu et de nous, il faut les supporter patiemment et le- offrir à Dieu qui ne manquera pas à sa promesse de nous en dédommager un jour. Peu importe ce que l'on pense de nous, si nous sommes agréables à Dieu qui voit le fond des cœurs !

6° Pardonner toutes les offenses, nous rappelant qu'il faut pardonner aux autres si nous voulons que Dieu nous pardonne. C'est dans le pardon des injures que se montre toute la perfection du christianisme.

7Q Prier pour les vivants elles morts, spécialement pour la conversion des pécheurs, pour les malades à l'article de la mort, pour ceux qui souffrent dans le purgatoire et que nous avons peut-être fait tomber dans le péché.

238. — Quelles sont les principales œuvres de miséricorde corporelle ?

—Les principales œuvres de miséricorde corporelle sont au nombre de sept : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; racheter les captifs ; donner l'hospitalité aux étrangers ; visiter les malades ; ensevelir les morts.

1° Donner à manger à ceux qui ont faim. Faites part de votre pai?i ft celui qui en manque, lisons-nous dans la Sainte Ecriture. (1) " Ce pain qui se gâte chez vous, cet argent qui vous est inutile, n'e&t pas à vous, dit saint Basile ; le superflu du riche appartient au pauvre. Si le pauvre périt faute de ce secours, vous êtes coupables de sa mort." Hélas I que de choses se perdent dans les maisons, que de sommes dépensées inutilement et même pour des fins criminelles, qui pourraient nourrir des centaines de pauvres !

2° Donner à boire à ceux qui ont soif. Rafraîchir les entrailles des pauvres, c'est rafraîchir les entrailles de Jésus-Christ, qui a déclaré qu'un verre d'eau froide donné en son nom ne restera pas sans récompense. (2)

3° Vêtir ceux qui sont nus. Revêtez ceux qui sont nus, et ne méprisez pas votre chair, dit le prophète Isaïe. (3) Cependant, on voit souvent des chrétiens parer magnifiquement leurs chevaux, les murailles de leurs maisons, et se montrer durs et impitoyables à l'égard de pauvres couverts de haillons et presque nus.

4° Racheter les captifs, en particulier les missionnaires qui se consacrent à l'évangélisation des nations païennes, et sont quelquefois jetés dans les fers, en haine de la religion qu'ils prêchent. Il n'y a pas de bien plus précieux, après la vie, que la liberté ; on conçoit donc que la rendre à ceux qui en sont privés, est le meilleur acte de charité. Autrefois, à l'époque des

(1) Is., lviii, 7.

2) B. Math., x, 42.

(3) Is., lviii, 7.

croisades et des invasions des Sarrasins, il y avait un grand nombre de malheureux qui gémissaient dans l'esclavage, et il y en a encore beaucoup aujourd'hui, en particulier dans l'Afrique. Toutes les nations civilisées s'occupent, depuis quelques années, de faire sortir de l'esclavage et de l'idôlatrie, des millions de nos semblables qui peuplent le centre de l'Afrique, et dont l'état de barbarie dépasse de beaucoup ce que nous aurions osé imaginer. Les bêtes sauvages sont moins cruelles que bien des peuplades de l'Afrique centrale, qui s'entr'égorgent pour la moindre cause. Les enfants sont massacrés et dévorés ou livrés en pâture aux animaux. Chaque année, quatre cent mille noirs sont capturés, transportés à de grandes distances, et vendus comme des troupeaux au plus haut enchérisseur. Souvent, les parents vendent leurs enfants et les enfants vendent leurs parents. Quelquefois, la famille entière est brûlée ou ensevelie vivante avec le chef défunt. Les roitelets de ces tribus, lorsqu'ils se sentent en 'danger de mourir, font immoler en sacrifice des milliers de personnes de tout âge et de tout sexe, pour obtenir leur guérison. Malheureux pendant la vie, ces peuples le sont encore davantage pendant toute l'éternité, parce qu'ils ont violé toute leur vie les lois les plus simples que l'intelligence et la nature ordonnent de suivre. C'est pourquoi, profondément touché du malheur temporel et éternel de ces millions de nos frères, le Souverain Pontife a ordonné, le 20 novembre 1890, de faire dans les églises du monde entier, une quête pour soutenir les missionnaires envoyés jusque dans le centre de ce continent si digne

de pitié. On peut donc, aujourd'hui comme autrefois, racheter les captifs, doublement esclaves le plus souvent, ou au moins, coopérer à l'œuvre admirable de la Propagation de la foi, afin que la loi évangélique, qui est la véritable loi de liberté, se répande dans tous les coins du monde, et brise partout les fers du pire des esclavages, puisqu'il tient les âmes sous la domination du prince des ténèbres.

5° Donner l'hospitalité aux étrangers. Exercez Vhospitalité, dit la Sainte Ecriture, recevez dans votre maison les indigents, les voyageurs. (1) C'est Dieu même qui vient frapper à votre porte dans Ja personne de ce pauvre abandonné. Dans les premiers siècles de l'Eglise, la maison de chaque fidèle était une hôtellerie, où étaient accueillis comme des frères, les chrétiens qui venaient de tous côtés et passaient d'un lieu à un autre pour leurs affaires.

6° Visiter les malades, surtout les malades pauvres, sans parents ni amis, les infirmes et les pauvres honteux, qui ne peuvent aller mendier de porte en porte, ainsi que les prisonniers.

7° Ensevelir les morts. C'est ce que faisait Tobie, même au péril de sa vie. Faisons-nous un devoir d'assister, autant que nos occupations le permettent, aux funérailles de nos semblables. Le dernier service que nous puissions rendre à nos parents, à nos amis, à notre prochain en général, c'est de les accompagner à leur dernière demeure. Que ce ne soit pas un pur sentiment de civilité qui nous y conduise, mais un véritable

(1) Is., lviii, 7. 2*

esprit de religion. Tout en accompagnant le corps avec un pieux recueillement, prions et songeons en même temps aux besoins de l'âme, qui brûle peut-être dans les flammes du puigatoire.

Tous les chrétiens sont tenus à ces œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, d'une manière ou d'une autre. Il y a presque partout, il est vrai, des communautés religieuses qui les dispensent de faire eux-mêmes le service de l'assistance publique. Les unes recueillent les orphelins, les malades, les pauvres, les vieillards et les enfants abandonnés. Elles les nourrissent, les habillent, les soignent, les instruisent et les moralisent. Les autres se dévouent à l'œuvre de l'éducation dans les collèges, les couvents et les académies. Toutes font cela gratuitement, ou moyennant une rémunération insignifiante.

Mais si ces communautés font les œuvres aux* quelles nous sommes tenus, si elles veulent bien se dépenser pour le bien général de la société, nous devons, au moins, les aider à soutenir et à développer ces maisons d'éducation et de charité. Par conséquent, nous devons patron* ner, dans la mesure de nos forces, non seulement les institutions de charité, mais, en général, toutes celles qui ont pour but de procurer la gloire de Dieu et le bien de la religion.

Ces communautés d'hommes ou de femmes se composent de personnes qui, désirant mener la vie parfaite, mettre en pratique les conseils évangéliques, renoncent au monde pour se consacrer au service de Dieu. Elles vivent ensemble soua une constitution approuvée par l'Eglise, et sous la direction de supérieurs, choisis de temps en

temps, par les membres de la communauté. Leur journée est partagée entre la prière, le travail et les bonnes œuvres. Les maisons dans lesquelles vivent ces religieux et ces religieuses, sont appelées couvents ou monastères, et on désigne sous le nom d'ordres religieux, de communautés ou de congrégations, les sociétés dont ils font naître Dans quelques-unes des communautés d'hommes, tous les membres sont prêtres , dans d'autres, le personnel se compose de prêtres et de frères ; dans d'autres enfin, tous les membies sont des frères Les prêtres appartenant aux ordres religieux forment ce que non s appelons le cleigé régulier, pour les distinguer du clergé sécuhei ou des prêtres qui vivent et exercent le saint ministère dans les paroisses qui leui ont été confiées par leurs évêques respectifs Les Sœurs et les Religieuses signifient presque la même chose ; mais les Religieuses proprement dites sont celles qui vivent sous une règle p^us sévère, et qui ne peuvent jamais sortir de leur couvent ou de leur monastère. De même, les Re.igieux. sous certains rapports, mènent presque le même genre de vie. Mais, les uns, tels que les membres des Ordres contemplatifs, consacrent ia majeure partie du temps à la prière et à la méditation ; les autres, tels que les Frères, donnent presque toute leur journc'e à l'étude et à l'enseignement , un certain nombre s'occupent surtout du soin des malades ; d'autres enfin, tels que les Trappistes et les Chartreux, se livrent particulièrement à la pénitence et à la mortification, et vivent sous une règle très sévère. Il y a aussi les ermites, qui vivent seuls dans quelque désert, ou dans un

lieu solitaire, et passent leur vie dans la prière et la pénitence. Dans les premiers âges du christianisme il y avait un très grand nombre d'ermites et d'anachorètes, mais aujourd'hui les religieux vivent ensemble et sont groupés en communautés.

Les membres des Ordres religieux d'hommes ou de femmes prononcent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. La plupart de ces ordres ont été fondés par des saints, et pour une fin spéciale approuvée par l'Eglise. Ainsi, les Dominicains ont eu saint Dominique pour fondateur, et leur œuvre spéciale est la prédication et la conversion des hérétiques et de ceux qui ont apostasie la vraie foi. L'ordre illustre des Jésuites a été fondé par saint Ignace de Loyola, et leurs œuvres spéciales sont l'enseignement et la prédication. De même, les Rédemptoristes, les Oblats, les Franciscains, les Paulistes. etc., ont pour spécialité de donner des missions En un mot, chaque communauté d'hommes ou de femmes doit remplir le but particulier pour lequel elle a été fondée.

Mais pourquoi, demandera -t-on. y a-t-il différents Ordres religieux ? D'abord, tout le monde n'a pas les mêmes aptitudes ni les mêmes goûts. Quelques-uns excellent dans l'enseignement, dans le soin des malades tandis que d'autres sont tout à- fait inaptes à ces deux fonctions En second lieu, ^orsque Noue-Seigneur était sur la terre, il se faisait tout à tous, il accomplissait toutes les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, et piatiquait chaque vertu d'une manière parfaite. Il jeûnait, priait, secourait les pauvres, consolait les affligés, guérissait les

malades, instruisait les ignorants, défendait les opprimés, reprenait les pécheurs, etc. Il est impossible pour n'importe quelle communauté d'imiter Notre-Seigneur dans tout ce qu'il a fait ; c'est pourquoi chaque communauté a fait un choix parmi ces différentes œuvres, et s'efforce dans sa sphère spéciale d'imiter notre divin Sauveur aussi parfaitement que possible. Les unes se consacrent à la prière ou à l'enseignement, les autres au soin des malades, etc., et le résultat de leurs efforts réunis est une imitation plus parfaite de la vie de Jésus-Christ sur la terre.

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