‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 144 sur 238 · CHAPITRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIEME

De la Sainte Eucharistie.

La Sainte Eucharistie est la merveille des merveilles, le sacrement des sacrements, celui où notre divin Sauveur a déployé toutes les richesses de son amour. Le Dieu qui met ses délices à

résider parmi les enfants des hommes, avait d'abord caché les rayons de sa gloire sous les voiles de notre faible humanité, en se faisant chair. Mais non content de s'être uni à notre nature en général, il a voulu encore s'unir à chacun de nous en particulier par Y Eucharistie, qui signifie action de grâces. Ce sacrement est donc appelé Y Eucharistie, parce que Notre-Seigneur, avant de l'instituer, c'est-à-dire avant de changer le pain et le vin en son corps et en son sang, rendit grâces à son Père ; et aussi, parce que c'est le meilleur moyen de témoigner à Dieu notre reconnaissance.

t 253.— Qu'est-ce que la Sainte Eucharistie ?

—La Sainte Eucharistie est un sacrement qui contient réellement et en vérité le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous les apparences du pain et du vin.

La Sainte Eucharistie est donc le sacrement du corps et du sang, de l'âme et de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tel qu'il a paru autrefois sur la terre. La seule différence, c'est qu'au lieu de nous apparaître sous une forme sensible, il se montre à nous voilé sous les apparences du pain et du vin. Par conséquent, Notre- Beigneur, dans le tabernacle de l'autel, nous voit et nous entend, comme sur la terre il voyait et entendait ceux qui l'approchaient.

254.- Quand Jésus -Christ a-t-il institué la Sainte Eucharistie ?

— Jésus- Christ a institué la Sainte Eucharistie à la dernière cène, le Jeudi- Saint, veille de sa mort.

La dernière cène signifie le souper que Notre- Seigneur prit avec ses disciples, la veille de sa mort, pour célébrer sa dernière Pâque. La Pâque, chez les Juifs, était une fête solennelle établie en commémoration de leur délivrance de la captivité d'Egypte. On y mangeait un agneau rôti, avec du pain sans levain.

255.— Quelles étaient les personnes présentes lorsque Jésus-Christ institua la Sainte Eucharistie ?

— Les douze apôtres étaient présents lorsque Jésus-Christ institua la Sainte Eucharistie ?

256.— Que fit Notre -Seigneur pour instituer la Sainte Eucharistie ?

— Pour instituer la Sainte Eucharistie, Notre-Seigneur prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses apôtres en disant : Prenez et mangez : Ceci est mon corps. Ensuite il prit la coupe de vin, la bénit, et la leur donna en disant : Buvezen tous. Ceci est mon sang qui sera répandu pour la rémission des péchés :

Faites ceci en mémoire de moi.

257.— -Qu'arriva- t-il quand Notre-Seigneur eut dit : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang ?

—Quand Notre-Seigneur eût dit : Ceci est mon corps, la substance du pain fut changée en la substance de son corps ; et quand il eut dit : Ceci est mon sang, la substance du vin fut changée en la substance de son sang.

Une substance est un être qui existe par luimême, indépendamment des accidents, c'est-àdire des apparences ou des propriétés qui tombent sous nos sens, telles que la couleur, l'odeur, le goût, la forme, etc. On peut voir, toucher, constater, d'une manière quelconque, les accidents ou les apparences d'une substance; mais nous ne voyons jamais la substance elle-même de n'importe quelle chose. Ainsi, par exemple, nous voyons bien la couleur, la grosseur, la forme d'une colonne de marbre, nous pouvons constater sa dureté ; mais nous ne voyons pas la substance elle-même, c'est-à-dire le marbre dont elle est faite. De même, nous pouvons voir et constater la couleur, l'odeur, le goût du pain et du vin ; mais nous ne pouvons pas voir la substance du pain et du vin. Dans toute substance, il faut donc distinguer deux choses : la substance proprement dite et les accidents ou apparences. Lorsque la substance d'une chose est changée, les accidents ou apparences changent en même temps. Mais il n'en est pas de même dans la Sainte Eucharistie ; car, par un miracle de Dieu auquel rien n'est impossible, les apparences du pain et du vin restent toujours les mêmes, malgré le changement de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus- Christ. Comme la substance seule est changée

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dans la Sainte Eucharistie, et que nous ne pouvons pas voir la substance des corps, il est faci e de comprendre que nous ne pouvons pas voir le changement. Cependant, nous sommes absolument certains que le changement a lieu, parce que Notre-Seigneur l'a déclaré; et nous devons le croire, parce qu'il ne peut nous tromper. Il est Dieu, et Dieu ne peut faire un mensonge, parce qu'il est la vérité même. Ce changement est ui grand miracle, et c'est pourquoi nous ne pouvons le comprendre, tout en étant obligés d'y croire. " Trois jours après que Jésus fut parti de la Judée pour la Galilée, lisons-nous dans le Nouveau Testament, il se fît des nuces à Cana, en Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus fut aussi convié aux noces avec ses disciples. Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont point de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre vous et moi ? Cependant, sa mère dit à ceux qui servaient : Faites tout ce qu'il vous dira. Or, il y y avait là six grands vaisseaux de pierre pour servir aux purifications qui étaient en usage chez les Juifs, dont chacun tenait deux ou trois mesures d'environ trente pintes. Jésus leur dit : Emplisez d'eau les vaisseaux. Et ils les remplirent jusqu'au haut. Alors il leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître d'hôtel. Et ils lui en portèrent. Quand donc le maître d'hôtel eut goûté de cette eau qui avait été changée en vin, ne sachant d'où venait ce vin (les serviteurs néanmoins qui avaient puisé l'eau le savaient bien), il appela l'épouse et lui dit : Tout le monde sert d'abord le bon vin ; et après qu'on a beaucoup bu et qu'on n'est plus en

état de bien goûter, on sert alors celui qui n'est pas si bon ; mais pour vous, vous avez réservé le bon vin jusqu'à cette heure. (1) Par ce miracle, Notre-Seigneur changea la substance de l'eau en la substance du vin. Pourquoi donc, ne pourrait-il pas de la même manière et par la même puissance changer la substance du pain et du vin en la substance de son propre corps et de son propre sang ? Quand il changea l'eau en vin aux noces de Cana, il changea non seulement la substance de l'eau, mais sa couleur et son goût ; en sorte que ce liquide n'avait plus les apparences de l'eau, et que chacun pouvait voir que c'était du vin. Mais en changeant le pain et le vin en son corps et en son sang, il change seulement la substance, comme nous l'avons dit, et laisse à son état naturel tout le reste, qui conserve encore l'apparence et le goût du pain et du vin, même après un changement qu'aucun signe extérieur ne permet de constater. Nous savons et nous croyons que ce changement a eu lieu, farce que nous avons pour garant la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Il est certainement plus facile de changer une chose en une autre, que de faire quelque chose de rien. Quiconque peut créer quelque chose de rien, peut, à plus forte raison, changer une chose en une autre. Par conséquent, Notre- Seigneur qui est Dieu, et qui a créé le monde de rien, peut donc aisément changer la substance du pain en la substance de sa chair.

Le corps de Notre Seigneur dans la sainte Eucharistie étant un corps vivant, et tout corps

(1) S. Jean, ii.

vivant contenant du sang, il est évident que nous recevons, à la fois, le corps et le sang de Jésus-Christ, en communiant même sous la seule espèce du pain. Les fidèles qui communient seulement sous l'espèce du pain, reçoivent donc Jésus- Christ tout aussi bien que les prêtres, qui communient sous les deux espèces du pain et du vin, parce qu'il est tout entier sous chacune des espèces. Aux premiers jours du Christianisme, les fidèles ne communiaient que sous une seule espèce. Un peu plus tard, la réception des deux espèce se généralisa pour les fidèles comme pour les prêtres. Mais comme il en résultait de graves inconvénients, l'usage de communier sous l'espèce du vin s'abolit peu à peu ; et, au douzième siècle, la coutume de communier sous l'espèce du pain seulement était presque universelle. Enfin, en 1414, au Concile de Constance, l'Eglise défendit expressément de donner le calice du sang de Jésus-Christ aux laïques et aux prêtres ne célébrant pas * 1° à raison du danger de répandre par terre le précieux sang ; ce qui, malgré toutes les précautions, était à peu près inévitable, 2° à raison du dégoût de certaines personnes pour le vin ; 3° à raison de la difficulté de se procurer une assez grande quantité de vin, dans beaucoup de pays où il est rare ou qui n'en produisent pas , 4° pour réprimer l'erreur de ceux qui prétendaient que le sang de Jésus-Christ n'est pas dans son corps, sous l'espèce du pain. Cependant, comme pour conserver un vestige de l'ancien usage, l'Eglise permet encore aujourd'hui de communier sous les deux espèces, en certaines circonstances extraordinaires.

258,- Jésus Christ est-il tout entier sous l'espèce du pain et tout entier sous l'espèce du vin ?

— Oui, Jésus-Christ est tout entier sous l'espèce du pain et tout entier sous l'espèce du vin ; il est même tout entier sous chaque partie de l'une ou de l'autre espèce.

Lorsque Notre-Seigneur en instituant la sainte Eucharistie, a dit: Ceci est mon corps, il entendait parler de son corps tel qu'il l'avait. Or, dans le moment qu'il parlait il était vivant. C'était son corps, son sang, son âme et sa divinité. Ainsi le corps est dans le calice, le sang dans l'hostie, et l'âme et la divinité, qui leur sont inséparablement unies, se trouvent sous chaque espèce.

Il est même tout entier sous chaque partie de l'une ou de l'autre espèce, à peu près comme l'âme est dans notre corps et dans chaque partie de notre corps. Alors même qu'on diviserait et subdiviserait les saintes espèces en très petites parcelles, Jésus-Christ s'y trouverait toujours présent tout entier. On peut expliquer, jusqu'à un certain point, cette indivisibilité du corps de Jésus-Christ, par la comparaison d'un miroir. Si on taille la glace d'un miroir en une infinité de morceaux, on ne découpe pas pour cela le visage de celui qui s'y trouve représenté, et que l'on voit pareillement tout entier dans chaque pièce du miroir après qu'il a été morcelé.

259.— Que reste-t-il du pain et du vin, après que leur substance a été çjjangèe

en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ ?

— Après que la substance du pain et du vin a été changée en la substance du corps et du sang de Jésus -Christ, il ne reste plus que les apparences du pain et du vin.

t 260.— Qu'entendez-vous par les apparences du pain et du vin ?

— Par les apparences du pain et du vin, j'entends tout ce qui tombe sous nos sens, comme la forme, la couleur, le goût.

Les sens sont les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains et les pieds. Nous avons donc le sens de la vue, le sens de l'ouïe, le sens de l'odorat, le sens du goûter et le sens du toucher.

La Sainte Eucharistie est le corps de Notre- Seigreur aussi longtemps que les apparences du pain et du vin subsistent. Lorsque les apparences disparaissent ou que les espèces se décomposent, alors le corps de Jésus-Christ diparait comme un rayon de lumière qui remonte à son principe. Supposons, par exemple, une église engloutie, avec tout ce qu'elle renferme, à la suite d'un grand tremblement de terre, et dans laquelle on réussit à pénétrer au bout d'un certain nombre d'années, grâce à des fouilles habilement pratiquées. On s'empresse d'ouvrir le tabernacle; mais le ciboire, c'est-à-dire le vase sacré dans lequel le Saint Sacrement est conservé, ne contient plus qu'un peu de poussière. Il

est évident que Notre-Seigneur n'est plus là, bien qu'il y fût lorsque la catastrophe est arrivée. Il n'y est plus, parce que les espèces ou apparences du pain sont disparues, ont été changées en cendres par le travail du temps, et que Notre-Seigneur est disparu lorsque le changement a eu lieu. Si au contraire, les espèces ou apparences du pain s'étaient conservées intactes, il serait encore présent dans ce tabernacle, même après un temps considérable.

Lorsque nous recevons la sainte communion, l'apparence du pain se conserve environ quinze ou vingt minutes après que nous avons communié, et alors elle change ou disparaît. Par conséquent, durant ces quinze ou vingt minutes, Notre-Seigneur lui-même est réellement avec nous, et nous devrions toujours, pour cette raison, consacrer ce temps à le remercier, à lui parler et & écouter ce qu'il nous dit. Combien il evt regrettable et scandaleux de voir quelquefois des chrétiens qui, après avoir communié, commencent par regarder à droite et à gauche avant de se recueillir, ou s'empressent de sortir de l'église aussitôt que la messe est finie ! Lorsque nous avons repris notre siège, après avoir communié, ne nous pressons point de lire dans notre livre de prières, mais laissons parler notre cœur, au moins quelques instants, pendant que Notre-Seigneur est réellement présent dans notre poitrine. Du moment que les apparences du pain s'évanouissent, la présence corporelle de Notre-Seigneur cesse en même temps, il est vrai, mais il demeure en nous par sa grâce aussi longtemps que nous avons le bonheur de ne pas tomber en uéché mortel.

261.— Comment s'appelle ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ ?

— Ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ s'appelle transsubstantiation.

Le mot transsubstantiation veut dire changement d'une substance en une autre substance ; comme, par exemple, le changement d'un bloc de bois en un bloc de pierre ou de marbre.

262.— Comment la substance du pain et du vin fut-elle changée en la substance du cofps et du sang de Jésus-Christ ?

—La substance du pain et du vin fut changée en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ par sa toute-puissance.

Jésus-Christ étant Dieu, et ayant créé le monde de rien, peut encore plus facilement changer une substance en une autre.

263.— Ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ continue-t-il à se faire dans l'Eglise ?

— Oui, ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus- Christ continue à se faire dans l'Eglise, sur nos autels, par Jésus-Christ qui se sert du ministère de ses prêtres.

Le ministre principal de la sainte messe, c'est Jésus-Christ lui-même ; mais n'étant plus visiblement sur la terre, il ne peut offrir lui-même un sacrifice visible, comme il le fit sur la croix. C'est pourquoi il a recours à un ministre secondaire ou à un aide visible, par les mains duquel il s'offre à son Père Ce ministre, c'est le prêtre qui opère ce changement au nom de Jésus- Christ.

t 264. — Quand Jésus-Christ donna-t-il à ses prêtres le pouvoir de changer le pain et le vin en son corps et en son sang ?

— Jésus-Christ donna à ses prêtres le pouvoir de changer le pain et le vin en son corps et en son sang, quand il a dit à ses Apôtres : Faites ceci en mémoire de moi.

Faites ceci ; c'est-à-dire la même chose que je fais en ce moment : le changement du pain et du vin en mon corps et mon sang.

En mémoire de moi ; c'est-à-dire en mémoire de tout ce qu'il a dit, fait et enduré pour notre salut, depuis le moment de son incarnation jusqu'à celui de son dernier soupir sur la croix.

Ces paroles, qui sont celles de Notre-Seigneur â la Cène, nous apprennent que les apôtres ont reçu de leur divin Maître, pour eux et pour leurs successeurs légitimes, non seulement le pouvoir mais encore le commandement de faire jusqu'à la fin du monde, ce qu'il venait de faire lui-même en leur présence ; de consacrer le pain et le vin, d'offrir le sacrifice, de prendre la sainte Eucharistie et de la distribuer aux fidèles. 26

Nous disons : jusqu'à la fin du monde, car lorsque Notre-Seigneur disait aux Juifs :

" Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous," il voulait que la Sainte Eucharistie devint la nourriture indispensable des âmes de tous ceux qui croiraient en lui jusqu'à la fin des siècles. En conséquence, il devait nécessairement procurer à son Eglise, pour tout le temps de sa durée, des ministres ayant le pouvoir de donner cette nourriture spirituelle aux fidèles. C'est ce qu'il a fait en donnant aux Apôtres le pouvoir et le commandement de consacrer le pain et le vin. Ainsi, lorsqu'il leur a dit: Faites ceci en mémoire de moi, notre divin Sauveur considérait, non les Apôtres seuls qui, comme le reste des hommes, étaient sujets à la mort, mais la suite des pasteurs qui doivent leur succéder et perpétuer son sacrifice jusqu'au dernier jour. C'est pourquoi saint Paul dit : " Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur ; c'est à-dire vous en renouvellerez la mémoire jusqu'à ce qu'il vienne juger les vivants et les morts." (1)

t 265— Quand les prêtres exercent-ils ce pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ ?

—Les prêtres exercent ce pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ, lorsque, durant la

(1) I Cor. xi, 26.

sainte messe, ils prononcent les paroles de la consécration, qui sont les paroles mêmes de Jésus- Christ : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang.

Les paroles de la consécration, qui opèrent la transsubstantiation : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang, sont prononcées immédiatement avant cette partie de la messe, appelée l'Elévation ; c'est-à-dire juste avant le moment solennel où le prêtre élève successivement l'hostie et le calice du précieux sarg, pour les montrer aux assistants et les proposer à leur adoration.

266.— Faut-il adorer le corps et le sang de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie ?

—Oui, il faut adorer le corps et le sang de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, parce que ce corps et ce sang sont inséparablement unis à sa divinité.

En quelque état qu'il plaise à Notre-Seigneur de se réduire, il est toujours le Roi du ciel et de la terre, et nous devons l'adorer. Il fut adoré en croix par le bon larron, dans la crèche par les Mnges, dans les rues de Jérusalem par la foule qui criait : Hosanna ! Maintenant qu'il est dépouillé de tout air de grandeur et de majesté, et voilé sous les espèces eucharistiques, il a également droit à nos adorations.

267.— Jésus- Christ quitte-t-il le ciel pour venir dans l'Eucharistie ?

—Non, Jésus-Christ ne quitte pas le ciel pour venir dans l'Eucharistie ; il est tout à la fois dans le ciel et dans l'Eucharistie.

Jésus-Christ ne vient pas dans l'Eucharistie par la création, par la génération, ou par un changement de lieu ; mais il commence à exister par le changement du pain et du vin en Bon corps et en son sang. Il est donc facile de comprendre qu'il ne quitte pas le ciel pour venir sous les saintes espèces, et qu'il est ainsi dans le ciel et dans l'Eucharistie en même temps.

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