‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 146 sur 238 · PRIÈRE AVANT LA COMMUNION · texte numérisé non relu

PRIÈRE AVANT LA COMMUNION

" Divin Jésus ! quoique je ne vous voie pas des yeux du corps, je crois que c'est vous-même qui allez vous donner à moi dans la sainte communion-."

" Hélas ! je suis indigne d'une telle faveur, après vous avoir tant de fois offensé."

"0 bonté infinie! j'ai un extrême regret de tous mes péchés, et je me propose de ne plus jamais vous offenser."

,l Je vous aime de tout mon cœur, et je veux vous aimer toute ma vie."

" Venez donc, mon Sauveur et mon Dieu, venez dans mon cœur, que je vous donne : prenezen possession : purifiez mon âme : remplissez-la de vos grâces et établissez-y votre règne pour toujours."

t 274.— En quoi consiste le jeûne requis pour la sainte communion ?

—Le jeûne requis pour la sainte communion consiste à n'avoir ni bu ni mangé depuis minuit.

Il faut être à jeun depuis minuit; c'est-à-dire depuis douze heures de la nuit. En cela il n'y a point de légèreté de matière, ni dans ia quantité prise ni dans l'espace de temps écoulé depuis minuit. Le premier coup de l'horloge indique minuit, et si on avalait quelque chose après qu'elle a commencé à sonner, même une simple goutte d'eau, par forme de nourriture, de boisson ou de médecine, on ne pourrait communier. Ce qui passe de la bouche dans l'estomac, par manière de simple respiration, ne rompt point le jeûne naturel. Ainsi, on peut communier après avoir avalé du sang découlant des gencives ou du cerveau; mais on ne le pourrait pas, si ce sang provenait du dehors de la bouche. Il ne faut pas s'inquiéter du reste de l'eau qu'on prend pour se laver la bouche, ni des parcelles de nourriture qui s'attachent aux dents, et qu'on avale, sans y penser, avec la salive. Le fait d'avoir goûté un liquide quelconque, mordu un fruit ou quelque autre chose semblable, ne rompt pas le jeûne, pourvu qu'on ait soin de rejeter ces matières et de ne rien avaler. De même, on ne doit pas se préoccuper de ce qui se prend par mode de respiration, comme la poussière, la pluie, la neige, la fumée du tabac ou des viandes qu'on prépare. Si, par distraction ou par nécessité, on a avalé quelque chose depuis minuit, il faut absolument remettre sa communion au lendemain ou à un autre jour, et prendre garde de céder à un faux sentiment de crainte ou de honte. Rompre, par

nécessité ou par inadvertance, le jeûne naturel, n'est pas une faute ; mais communier sans être à jeun est un péché mortel.

275. — Est-il permis quelquefois de communier sans être à jeun ?

— Oui, une personne en danger de mort peut communier sans être à jeun.

Lorsqu'une personne meurt, elle fait, comme l'on dit, le grand voyage du temps à l'éternité. Si les voyageurs ordinaires ne manquent jamais d'apporter avec eux les provisions nécessaires pour alimenter leurs forces pendant la route, à plus forte raison, ceux qui sont sur le point de franchir le redoutable passage du monde à l'éternité, doivent recevoir le pain des forts, le corps et le sang de Jésus-Christ. Voilà pourquoi cette communion est appelée Viatique, mot qui signifie nourriture pour le voyage ; et l'Eglise, pour accommoder les malades, a permis de la faire sans être à jeun. Non seulement il est permis aux personnes en danger de mort de communier sans être à jeun, mais elle y sont obligée-, sons peine de péché mortel, et le prêtre est également tenu de porter le viatique aux mourants, à toute heure du jour et de la nuit.

Lorsque nous parlons du grand voyage du temps à l'éternité, nous ne voulons pas dire qu'il y a une grande distance du ciel à la terre, ou qu'il faut beaucoup de temps pour se rendre aux frontières de l'autre monde. Cette distance, que nous ne connaissons pas, il faut peu de temps pour la franchir; car, à l'instant même où nous

mourons, quoiqu'il puisse arriver, notre âme entre dans ce monde nouveau, et se trouve en présence de Dieu qui la juge.

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