‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 153 sur 238 · CHAPITRE VINGT -CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT -CINQUIEME

De l'Extrême- Onction et de l'Ordre.

Notre divin Sauveur ne pouvait porter plus Loin sa sollicitude pour notre salut éternel. A uotre entrée dans la vie, il nous sanctifie par l'eau régénératrice du Baptême : ensuite il fortifie notre adolescence contre les dangers du inonde par la Confirmation; plus tard, il nous lave de nos souilluies dans le bain salutaire de la Pénitence et nous nourrit du pain des anges par l'Eucharîslie ; et quand vient le moment ie quitter ce monde, alors que l'isolement se fait xutour de nous, il vient nous consoler sur notre

lit de douleur. C'est pour cela qu'il a institué le sacrement des mourants, que nous appelons V Extrême- Onction. Voilà comment la religion nous conduit, pour ainsi dire par la main, et nous guide dans les sentiers de la vie, jusqu'à ce que nous arrivions à la bienheureuse immortalité

Que signifient les deux mots Extrême-Onction ? Ces mots - extrême- onction signifient simplement : dernière onction On a ainsi désigné ce sacrement, parce que parmi les onctions saintes que Notre Divin Sauveur a prescrites à son Eglise, c'est celle-ci qui vient en dernier lieu.

La première nous est donnée dans le Baptême ; la seconde dans la Confirmation , la troisième a lieu dans l'ordination des prêtres et la consécration des évêques ; l'Extrême- Onction est réservée aux malades en danger de mort.

De là vient que cette onction a aussi été appelée par les Saints Pères^ onction des infirmes, et sacrement des mourants.

Mais si le malade ne meurt pas après avoir reçu cette onction, peut-elle, dans ce cas, être encore appelée FËxtrême-Onction ? Certainement ; parce que au moment où il Ta reçue, on pensait qu'elle serait la dernière II arrive assez souvent que certaines personnes îeçoivent l'Extrême-Onction plusieurs fois dans le cours de leur vie, parce qu'il est permis de recevoir ce sacrement chaque fois que l'on est en danger de mort, par maladie, blessure ou accident.

Supposons qu'une personne meurt immédiatement après avoir reçu le Baptême ou la Confirmation, l'onction reçue dans le Baptême ou la Confirmation devient- elle alors l'Extrême- Ono-

t.ion ? Nullement ; parceque 1 Extrême-Onction est un sacrement distinct et séparé, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour conférer la g! ace, et possédant une matière et une forme spéciales.

La matière, c'est l'huile d'olive appliquée aux malades, et consacrée par l'Evêque, le jeudi-saint. ïa forme, ce sont les paroles qui. accompagnent cette onction. Dans l'Exiréme-Onction, comme dans la Confirmation, l'huile est employée comme un signe de force ; et du moment, que le prêtre fait les onctions en prononçant les paroles prescrites, la grâce du sacrement produit immédiatement ses effets sur l'âme

t 289.— Qu'est-ce que l' Extrême-Onction ?

—L'Extrême-Onction est un sacrement qui, par Ponction sainte et les prières du prêtre, donne la vigueur et la force à i'àme, et quelquefois même au corps, lorsque par maladie on est en danger de mort.

Ce sacrement a donc été institué pour le corps et pour l'âme, comme l'indique d'ailleurs, la série de prières que le prêtre récite en l'administrant Par conséquent, il a deux sortes d'effets. Le premier et le principal est spirituel ; c'est de conférer la grâce. Le second est corporel ; c'est de rendre la santé au malade Le piemier de ce3 effets, l'Extiême-Onction le produit toujours, si on la reçoit avec les dispositions requises; mais pour le second, elle ne le produit pas nécessairement, ni toujours. Tout malade qui la reçoit

n'est pas certain de recouvrer la santé par son moyen. Cette faveur dépend delà bonté de Dieu, qui ne l'accorde qu'à la prière, et seulement dans les cas où elle peut être utile au salut. Si Dieu qui connaît l'avenir, prévoit qu'après notre maladie nous ferons pénitence de nos péchés et mènerons une meilleure vie, il peut lui plaire alors de nous rendre la santé, et de nous fournir l'occasion de réparer le passé. Mais s'il prévoit que nous reprendrons leraême train dévie, et que nous retomberons peut-être dans des fautes encore plus graves, alors il nous fait souvent la grâce de nous appeler à lui pendant que nous sommes bien préparés, et ne permet pas que nous revenions à la santé. Comme il connaît mieux que nous ce qui convient à ses enfants, nous devons en tout temps être résignés à sa sainte volonté, et accepter de bon cœur ce qu'il juge à propos de faire D'ailleurs, il est évident que l'Extrême Onction ne peut pas toujours et infailliblement rendre la santé du corps, car alors nous deviendrions immortels, et nous échapperions à la loi de Dieu, statuant que tout homme doit mourir une fois.

Nos sens sont comme les avenues par lesquelles le péché s'introduit dans notre âme; c'est ce qui a fait dire à un prophète : que la mort est entrée par les fenêtres. C'est pourquoi dans ce sacrement, le prêtre fait les saintes onctions sur les principales parties du corps du malade ; c'est-à-dire sut les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains et les pieds, et prie Dieu, en même temps, de lui pardonner les péchés qu'il a commis par chacun de ces sens.

3 e l'extrême-onction et de l'ordre. 448

1° Sur les yeux, qui se sont arrêtés sur tant de curiosités criminelles ; 2° sur les oreilles, qui se sont prêtées avec complaisance à tant de mauvais propos ; 3° sur l'odorat, qui est souvent le siège de la sensualité ; 4° sur la bouche, qui a été l'instrument de crimes sans nombre ; 5° sur les mains, qui souvent, se sont plongées sans retenue dans la fange du crime ; 6° sur les pieds , qui ont couru avec agilité, comme dit le Prophète, dans les sentiers du vice. Nous commettons presque toujours le péché pour notre corps, et les sens sont ses principaux instruments.

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