Pourquoi beaucoup de mariages sont-ils malheureux
—Beaucoup de mariages sont malheureux parce qu'ils ont été contractés sans réflexion, ou avec des motifs peu dignes d'un chrétien.
Beaucoup de mariages sont malheureux parce qu'ils sont contractés sans réflexion. Ainsi les jeunes gens, le plus souvent, ne cherchent dan» les personnes qui doivent partager leur sort, que les qualités extérieures, la beauté, l'élégance, les manières enjouées ; tandis qu'ils devraient se demander, en premier lieu, si elles aiment le travail, la prière et la fréquentation des sacrements, si elles ont un caractère doux et souple, et eont capables de bien tenir une maison. De même, la plupart des jeunes filles se laissent
fasciner par la tournure agréable ou la position de celui qui demande leur main, et ne s'inquiètent nullement de savoir s'il est sobre, industrieux, d'une humeur tranquille et pacifique, de bonnes mœurs, et s'il a des principes religieux. Si, par accident, et pour ainsi dire, malgré elles, elles connaissent ses mauvais antécédents, et le savent sans religion ou quelque peu libertin, elles n'hésitent cependant pas à se livrer à lui, parce qu'il a promis de se corriger quand il sera marié. Ceux qui se marient changent d'état, il est vrai, mais rarement de sentiments e't de mœurs. Ces conversions que tant de jeunes filles se flattent d'opérer et qu'elles escomptent d'avance, se réalisent quelquefois, mais le plus souvent eli^s durent à peine le temps de la lune de miel.
Quelquefois le mariage n'est qu'un marché où on ne regarde pas le mérite de la personne, mais sa dot seule et la riche succession en perspective. On ne tient pas compte du mérite de la personne, des convenances de position, d'âge, de fortune et d'éducation, mais delà dot seulement, et d'une riche succession en perspective. Ces mariages de pauvre à riche, de jeune à vieux, etc., sont souvent une source de désagréments qui empoisonnent l'existence. Si, avec tout cela, il n'y a pas accord de principes, de caractère et d'éducation, si les époux ne se sont jamais aimés véritablement, il n'est pas étonnant que les mariages contractés dans de pareilles conditions soient malheureux. Quand on doit passer toute la vie ensemble, il faut s'aimer et ne rien négliger de ce qui peut établir une parfaite union.
Beaucoup de mariages sont encore malheureux
parce qu'ils ont été contractés avec des motifs peu dignes d'un chrétien. Les motifs sont dignes, quand on se marie pour s'aider mutuellement à porter les peines et les travaux de cette vie et pour remplir la fin pour laquelle Dieu a institué le mariage. Les motifs sont peu dignes d'un chrétien si, par exemple, il se marie seulement
, par intérêt ou pour quelque avantage purement temporel, et dans des vues plus païennes que chrétiennes.
Le motif de toute personne qui se marie ou
| qui entre dans un nouvel état de vie devrait être de mieux servir Dieu qu'elle ne l'a fait jusque là
309.— Comment les chrétiens doiventils se préparer à un saint et heureux Mariage ?
—Les chrétiens doivent se préparer à un saint et heureux Mariage, en recevant les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, en priant Dieu de leur accorder une intention pure et de les diriger dans leur choix, en demandant l'avis de leur père et de leur mère et la bénédiction de leur pasteur.
Ceux qui songent à entrer dans l'état du mariage doivent s'y préparer par la réception des s&ciemenic de Pénitence et d'Eucharistie ; I par la prière, qui leur obtiendra une intention jpure et les guidera dans leur choix ; car c'est Je [Seigneur, dit l'Esprit -Saint, qui donne à I l'homme une femme sage (1) ; et l'on peut dire
(1) Prov. xix, 14.
également que c'est le Seigneur qui donne à h femme un mari vertueux. Enfin, ils doivent con sulter leur père et leur mère. La nature et !i religion font un devoir de ne rien entreprendr dans une affaire si importante, sans leur avis Les mariages contractés en dépit ou à l'insu de parents, et malgré leurs remontrances raison nables, sont rarement bénis de Dieu. Sans doute Je mariage est libre ; mais c'est manquer à li déférence que l'on doit à ses parents, que d s'engager sans leur aveu. D'un autre côté, le parents ne doivent jamais s'opposer au maria» de leurs enfants que pour de bons motifs ; e ils assument une terrible responsabilité, si, pa intérêt, ambition et par caprice, ils contrarient reculent, ou font manquer une alliance honnêt< et bien assortie.
Le mieux pour les parents et les enfants ei pareil cas, et nous pouvons dire, dans tous le cas sans exception, est de consulter son confes seur et de suivre ses conseils, car le Seigneu; s'explique par la bouche de ceux qu'il a prépo ses à notre conduite. N'ayant à cœur que la intérêts spirituels de ses enfants, il saura jugei impartialement, et obtenir le consentement des parents, s'il constate que leur manière de voir e" de penser est déraisonnable.
310.— En présence de qui le Mariage doit -il être contracté ?
—Le Mariage doit être contracté er présence du curé, d'au moins l'un des contractants ou d'un prêtre autorisé pai lui, et d'au moins deux témoins.
Tout mariage contracté autrement qu'en présence du curé, ou d'un autre prêtre autorisé par le curé ou l'Ordinaire, et de la présence de deux témoins, est nul et invalide.
Quant aux catholiques indignes de ce nom, osant quelquefois se présenter devant un ministre hérétique, en sa qualité de ministre de religion, pour contracter mariage, ils se rendent coupables d'une faute mortelle, d'un énorme scandale et d'une espèce d'apostasie, en communiquant ainsi dans les choses divines avec les hérétiques, contre les lois de l'Eglise. De plus, lorsque deux catholiques d'une paroisse où le Concile de Trente est en vigueur, vont se présenter devant un ministre pour contracter mariage, ce mariage est nul, et alors, au scandale et à l'apostasie dont ils se rendent coupables, se joint le danger de passer leur vie dans un état de concubinage et, par conséquent, de damnation.
311.— Que signifie l'empêchement de mariage entre parents jusqu'au quatrième degré inclusivement ?
—L'empêchement de mariage entre parents jusqu'au quatrième degré inclusivement, signifie que l'on ne peut pas se marier validement avec une personne qui nous est parente jusqu'à ce degré, sans une dispense que le supérieur ecclésiastique n'accorde que pour des raisons jugées suffisantes.
Pour connaître si l'empêchement de parenté ou de consanguinité existe, il y a trois choses à considérer : 1° la tige ou souche, c'est-
à-dire la personne de laquelle les autres tirent leur origine ; 2Q le degré, c'est-à-dire la distance qu'il y a entre les parents et la souche commune; 3° la ligne, c'est-à-dire la suite des personnes qui descendent d'une même souche.
On distingue deux lignes de parenté : la ligne directe qui comprend le père, l'aïeul le bisaïeul, etc., le fils, le petit-fils, etc. ;— la ligne collatérale qui comprend les frères, les sœurs les cousins, les oncles, les neveux, etc.
Cela posé, la parenté dans la ligne directe e3t un empêchement dirimant, à quelque degré que ce soit.
Dans la ligne collatérale il y a autant de degrés de parenté que de générations dans chaque ligne. Ainsi, par exemple, les frères sont parents au premier degré, parce qu'il n'y a entre eux et le père, souche commune, qu'une seule génération ; les cousins germains sont parents au deuxième degré, et les issus des cousins germains sont au troisième, etc. Si l'éloignement delà souche commune n'est pas le même, on fixe le degré de parenté d'après le plus éloigné.
Dans la ligne collatérale, l'Eglise a établi que la parenté au 1er, 2me, 3me, 4me degré est un empêchement dirimant. Par conséquent, tous ceux qui sont parents, à l'un quelconque de ces degrés, ne peuvent pas se marier sans une dispense de l'Eglise. Une dispense accordée par l'Eglise est une permission de faire quelque chose que ses lois défendent. Puisqu'elle a fait la loi, il est évident qu'elle peut dispenser de son observance. Mais l'Eglise ne peut pas donner la permission de faire une chose que la loi de Dieu
défend. Elle ne pourrait, par exemple, donner à un frère et à une sœur la permission de se marier ensemble, parce que cela est défendu non seulement par une loi de l'Eglise, mais aussi par la loi de Dieu. La loi de l'Eglise défend les mariages entre cousins germains, deuxièmes et troisièmes cousins, mai3 comme la loi de Dieu ne les défend pas, l'Eglise peut donc en :ertains cas, et pour des raisons jugées suffisantes, dispenser de cette loi qu'elle a faite 3lle-même. La loi de Dieu est désignée aussi ?ous le nom de Loi naturelle. Il faut prendre oien garde de confondre les lois de l'Eglise concernant le mariage avec les lois sur le nariage que font les législateurs dans certains oays. Quand l'Etat ou le gouvernement d'un jays font des lois contraires aux lois de Dieu )u de l'Eglise, nous ne pouvons obéir à ces lois sans commettre une faute grave. Par exercise, la loi fédérale du Canada permet le divorce dans certains cas ; c'est-à-dire permet iux époux de se séparer et de se remarier avec l'autres personnes. Les catholiques ne peuvent )as se prévaloir de cette loi, pas plus que de oute autre loi qui ne reconnaîtrait pas les empêîhements de mariage établis par l'Eglise. Mais i, comme nous l'avons dit, l'Etat fait des lois lui regardent seulement les effets civils du nariage, concernant les biens des époux, eur partage entre les enfants, etc., des lois, ;n un mot, qui ne sont nullement en contravention avec les lois de Dieu ou de l'Eglise, ilors nous pouvons et nous devons les oberver ; car ceux qui détiennent le pouvoir civil sont nos supérieurs légitimes, et
nous devons leur obéir en tout ce qui n'es pas péché. Ce que nous disons des lois con cernant le mariage s'applique à tout le reste Ainsi, les tribunaux civils peuvent bien, àraisor de quelque technicaUté, nous libérer légalemen du paiement d'une dette ; mais cela n'empêchi pas que nous sommes tenus en conscience d< paye- ce que nous devons. De même, la Coui civile peut décider en notre faveur une réclamation injuste ; mais ce jugement ne nous donne pas le droit en conscience de garder c( que nous avons obtenu frauduleusement ou injustement.
312.— Que signifie la défense de solenniser le mariage dans les temps prohibés?
—La défense de solenniser le mariage dans les temps prohibés veut dire que pendant le Carême et l'Avent le mariage ne peut être célébré avec pompe, ni avec la messe nuptiale.
Cependant, dans les diocèses où cette défense n'existe pas, tout mariage peut être célébré avec pompe et avec la messe nuptiale, pendant le Carême et l'Avent comme en tout autre temps de l'année.