‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 181 sur 238 · Que faut-il entendre par les reliques des Saints · texte numérisé non relu

Que faut-il entendre par les reliques des Saints

—On Pîi!t:nd par reliques des Saints tout ce qui rèstn de leurs corps et les objets qui ont été à leur usage.

Les reliques se divisent : 1° en reliques approuvées et non approuvées; 2° en reliques insignes et non insignes.

Les reliques approuvées sont celles que l'autorité compétente a reconnues et authentiquées. L'autorité compétente, c'est tout évêque. Pour les exposera la vénération des fidèles dans une église, le S. Coneile de Trente a décidé qu'il fallait avoir, en outre, l'autorisation de Pévêque du lieu ; et la Sacrée Congrégation des Rites % ajouté que la signature devait être de la propre main de Pévêque et non faite avec une griffe. Bien plus, lorsque des reliques viennent de Rome, approuvées par ie Souverain- Pontife, l'Ordinaire doit les reconnaître avant de les exposer à la vénération de ses diocésains, pour s'assurer que le Souverain Pontife les a bien approuvées, qu'il n'y a aucune raison de douter de leur identité, de leur intégrité, et pour éloigner tout soup çon de fraude, même pieuse.

Les reliques non approuvées ne peuven jamais être exposées dans les églises, ni êtr< placées entre des candélabres, ni encensées pendant la messe.

Les reliques insignes se divisent en reliques insignes de^ saints et en reliques insignes de la vraie croix, de la couronne d'épines et des autres instruments de la Passion. Chaque espèce de reliques insignes a des privilèges qui lui sont propres, et qui ne peuvent pas se communiquer de l'une à l'autre.

Les reliques insignes des saints sont le corps entier ou une partie notable du corps, et ne doivent être conservées que dans les églises. D'après un décret de la S. R. G. du 11 août 1891, pour qu'une relique soit insigne, elle doit provenir d'un saint canonisé, inscrit au martyrologe romain, et son identité être bien prouvée.

Le culte public que l'on rend aux reliques approuvées consiste principalement en trois choses : 1° elles sont exposées dans les églises publiquement, à une place d'honneur, de façon à ce que les fidèles puissent les vénérer et les embrasser ; 2° elles sont exposées ou placées sur les autels et y sont enfermées ; 3° on les porte en procession.

384.— Le premier commandement défend-il d'honorer les reliques des Saints ?

—Non, le premier commandement ne défend pas d'honorer les reliques des Saints, parce que cet honneur se rapporte finalement à Dieu, dont les Saints sont les amis

La vénération des reliques a toujours été en usage dans l'Ancien et le Nouveau Testament et, rien ne la justifie mieux, que les miracles sans nombre dont il a plu à Dieu de la récompenser. L'Ecclésiastenous apprend que le corps d'Elisée prophétisa et fit des miracles après sa mort. Saint Augustin nous assure, comme témoin oculaire, que saint Ambroise n'eut pas plutôt découvert les corps des saints martyrs Gervais et Protais que la ville de Milan fut remplie de miracles opérés par leurs reliques. Les miracles

opérés par les reliques des Saints se continuent encore aujourd'hui comme autrefois.

f 385. — Le premier commandement défend-il de faire des images ?

— Le premier commandement défend de faire des images dans le but de les faire adorer comme des dieux ; mais il ne défend pas de faire des images pour nous rappeler Jésus-Christ, sa sainte mère et les saints.

La science des images sacrées s'appelle l'iconographie. Elle embrasse tous les sujets religieux traités par la sculpture, la peinture, les arts plastiques et le dessin. L'iconographie religieuse est placée sous la surveillance de l'Ordinaire, qui doit faire observer les règles canoniques. L'évêque a le droit et le devoir de s'opposer aux écarts en cette matière ; il doit veiller à ce que les artistes s'attachent exclusivement aux types religieux, qui n'ont rien de commun avec des modèles d'atelier ; à ce que leur pensée soit pure, chaste, élevée ; à ce qu'ils gardent les formes consacrées par la tradition et ne se permettent aucune innovation.

Les hérétiques, en général, accusent les catholiques de violer le premier commandement en plaçant des images dans leurs églises, parce qu'il dit: u Vous ne vous ferez point d'image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est dans le ciel, et en bas sur la terre," etc. Eh bien 1 si c'est là le vrai sens de ce commandement, ils le violent eux-mêmes, puisque leurs musées foisonnent de statues et de peintures

•appelant la mémoire de leurs grands hommes, ît que les tables et les murs de leurs salons sont chargés des photographies et des portraits de eurs parents et de leurs amis. Ils veulent par à, disent-ils, et nous les croyons volontiers, nontrer leur respect et leur vénération pour les personnes que ce3 peintures repréjentent, et nullement adorer ces statues et ces aor traits. Les catholiques ne font rien de plus. fis placent dan3 leurs églises les images des Saints, simplement pour montrer leur respect ît leur vénération pour ceux qu'elles représentent et nullement pour adorer les images îlles-mêines. Par conséquent, si les catholique?, dolent le premier commandement en agissant ûnsi, les hérétiques tombent absolument dans la neme faute et encourent le reproche qu'ils font iux autres.

On se fait un devoir, en certaines circons- ;ances, de déposer des fleurs au pied des statues îrigées en l'honneur de ceux qui ont bien mérité le la patrie. Ii n'est personne assez naïf pour sroire qu'on veuille pour cela honorer le bloc ie pierre, de marbre ou de bois dans lequel ont sté taillées ces statues, ou que ces blocs de pierre et de marbre se regardent comme honorés, rout le monde comprend que ces hommages l'adressent aux personnages que ces statues représentent. C'est pour la même raison que les iatholiques déposent des fleurs et font brûler les cierges au pied des statues et des images des aints. Un enfant même sait très bien que le >ois d'une statue aurait pu également être em- >loyé à n'importe quel autre usage, que la tatue ne peut ni le voir ni l'entendre, et que ses

prières ne s'adressent pas à cette statue, mais au Saint qu'elle représente. Il n'y a guère de plus grave insulte que de brûler quelqu'un en effigie ou de fouler aux pieds le drapeau d'une nation. Pourquoi encore? Parce que ces insultes s'adressent, non à l'effigie elle-même ou au drapeau, mais à la personne ou à la nation qu'ils représentent. De même, ceux qui manquent de respect aux images de Jésus-Christ et de ses Saints, insultent Jésus-Christ lui-même et ses Saints.

L'Eglise tient d'autant plus au culte des images, qu'elles sont un excellent moyen pour faire connaître les mystères de la religion et porter les fidèles à l'imitation des vertus des Saints. Saint Grégoire les appelle le livre des ignorants, parce qu'elles leur mettent sous les yeux ce qu'Us ne sauraient lire dans les livres. Ainsi, un pauvre ignorant entre dans une église catholique et aperçoit un tableau de saint Vincent de Paul. Il peut, s'il le veut, connaître la vie de ce Saint presque aussi bien que s'il savait lire. La vue de la soutane qu'il porte, lui fait comprendre que saint Vincent était prêtre. Les petits enfanta qui l'entourent et qu'il tient clans ses bras, lui apprennent que ce Saint a été un véritable père pour les enfants pauvres et les orphelins, et qu'il a fondé des asiles pour les recueillir. Le crâne et les instruments de pénitence qu'il voit sur la table de ce saint, lui disent aussi que saint Vincent méditait souvent sur la mort, sur l'éternité, et qu'il pratiquait la mortification. De plus, les images produisent les plus heureuses impressions dans l'âme de celui qui les contempla Peut-on, en effet, considérer un crucifix ou image de la sainte Vierge, sans se sentir pénètre

DES COMMANDEMENTS DE k>TEU. 575

l'amour pour ce Dieu si bon, pour cette mère si cndre ? La vue d'une Madeleine porte au repenir ; la vue d'un martyr inspire le courage de la rertu, et ainsi des autres.

Le premier commandement ne défend donc )oint de faire des images, mais d'en faire pour es adorer, comme faisaient les gentils. Après tvoir donné les commandements à Moïse, Dieu ui commanda plus tard de placer les images des ■hérubins sur l'arche d'alliance, d'élever le seront d'airain comme une image, une figure allégorique de Jésus-Christ sur la croix, afin que :eux qui le regarderaient avec respect fussent guéris de la morsure des serpents. Il remplit ui-même de son esprit et de sa science Béséléel it Ooliab, pour inventer et tailler diverses images pour l'ornement du tabernacle. Or, Dieu ne )eut changer ni se contredire comme les homnes. Ses actes sont immuables. Par conséquent, 'il a purement et simplement commandé à Moïse, )ar le premier commandement, de ne point aire d'images, il ne peut, un peu plus tard, lui tvoir ordonné d'en faire. Ce que Dieu défend, fest de faire des images pour les adorer, et c'est e point sur lequel il insiste : "Vous ne ferez )oint d'images, dit-il, pour les servir et les adoer." Ceci est facile à comprendre quand on :onnaît quelque peu l'histoire des Israélites .uxquels Dieu donna ce commandement. Ils taient la seule nation qui connût et adorât le rai Dieu, et étaient extrêmement portés au culte .es idoles et au crime de l'idolâtrie, et par leur propre penchant, et par l'exemple des peuples dolâtres qui les environnaient. La preuve, c'est 'ue fatigués d'attendre Moïse qui était sur la

montagne avec Dieu, et pensant qu'il ne reviendrait plus, ils n'hésitèrent pas à fabriquer un veau d'or et à l'adorer comme un dieu. (1)

Les rapporte des Israélites avec les peuples qui ne connaissaient pas le vrai Dieu et qui adoraient les idoles, ont été la cause principale de leur apostasie et de leur infidélité. Leur? chutes doivent nous apprendre à ne jamais courir le risque d'affaiblir ou de perdre notre foi, en entretenant des relations intimes et assidues avec des personnes qui ne professent pas la vraie religion ou qui n'en ont pa3 du tout. Nous devons, san3 doute, les regarder comme les enfants de Dieu, les traiter avec charité, et surtout priei pour leur conversion à la vraie foi, mais en même temps, éviter les rapports qui ne sont pas absolument nécessaires.

386.— Est-il bon de montrer du respect pour les images de Jésus-Christ et des Saints ?

— Oui, il est bonde montrer du respect pour les images de Jésus-Christ et des Saints, parce qu'elles nous représentent Jésus-Christ et les Saints.

387.— Est-il permis dradresser des prières au crucifix, aux images et aux reliques des Saints ?

—Non, il n'est pas permis d'adresseï des prières au crucifix, aux images et aux

(1) Exode, XXIII.

eliques des Saints, parce que ces objets l'ont pas de vie, ne peuvent nous aider, it ne sont pas capables de nous entendre.

1 388.— Pourquoi prions-nous devant e crucifix, devant les images et les reiques des Saints ?

—Nous prions devant le crucifix, devant es images et les reliques des Saints, )arce que la vue de ces objets excite îotre dévotion en nous rappelant Jésuschrist et les Saints, et en nous les pro- Dosant pour modèles à imiter.

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