CHAPITRE TRENTE-DEUXIEME
Du second et du troisième commandement
de Dieu.
t 389.— Quel est le second commandenent de Dieu ?
—Le second commandement de Dieu st : Dieu en vain tu ne jureras, ni autre hose pareillement ?
t 390.— Que nous ordonne le second ommandement ?
— Le second commandement nous 01 donne de ne parler qu'avec respect d Dieu, des Saints et des choses saintes, e d'observer fidèlement nos serments et no vœux légitimes.
t 391 .—Qu'est-ce que faire serment ?
—Faire serment c'est prendre Dieu témoin de la vérité de ce que l'on dit.
D'après saint Jean Chrysostôme, le sermer n'était pas connu au commencement du monde ce n'est que plus tard qu'il fut introduit, Ion qu'avec le temps, la malice des hommes faisan toujours de nouveaux progrès, finit par envahi toute la terre. Comme dans cette dépravatio générale, les hommes ne pouvaient guère plus s fier les uns aux autres, ils se virent dans la né cessité d'appeler Dieu en témoignage de ce qu'il disaient. Le serment a donc été institué comm remède, et doit son origine à un grand mal. 1 est l'un des actes les plus solennels que le hommes puissent accomplir ; toutes les nation le regardent comme une chose sacrée, et celu qui ose se parjurer ou prendre Dieu à témoi d'un mensonge, est noté avec raison comme 1 plus vil des êtres.
Jurer ou faire serment n'est autre chose que d prendre Dieu à témoin de la vérité de ce qu l'on dit, quelles que soient d'ailleurs les parole ou les formules dont on se sert. Ainsi, c'efi également jurer de dire : Dieu m'est témoin 0' par Dieu C'est encore jurer que d'invoquer ei témoignage quelque créature, comme les saint Evangiles, la croix, les reliques ou le nom de
Saints, et autres choses semblables ; car c'est Dieu lui-même que nous invoquons, Dieu dont la souveraine majesté reluit dans ses créatures. Une autre manière encore de faire serment, c'est quand on y joint quelque imprécation. C'esi ainsi que l'apôtre saint Paul a dit : J'atteste D'iev et je consens qu'il me fasse mourir.
On distingue deux sortes de serments : 1° le serment d'affirmation, par lequel on assure la vérité d'une chose passée ou présente. Saint Paul fait un serment de cette espèce quand il écrit aux Galates : Dieu m'est témoin que je ne mens pas ; 2° le serment de promesse, par lequel on s'engagea l'égard du prochain pour l'avenir. Tel fut le serment que David fit à Bethsabée, son épouse, en lui promettant que Salomon, son fils, serait l'héritier de son royaume et monterait après lui sur son trône.
Le serment n'est donc pas mauvais de sa nature. Au contraire, il est très permis, pourvu qu'il soit fait pour des raisons légitimes, car Dieu n'a pas dit : Vous ne jurerez point • mais : oous ne jurerez pas en vain.