‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 185 sur 238 · Le parjure ou faux serment est-il un grand péché · texte numérisé non relu

Le parjure ou faux serment est-il un grand péché

—Oui, le parjure ou faux serment est un péché mortel de sa nature, parce qu'il fait à Dieu une grave injure, en paraissant vouloir le rendre complice du mensonge.

Le parjure est un péché affreux, qui entraîne

après lui les plus grands maux. Le parjure renie

la science infinie de Dieu, méprise sa véracité,

insulte à sa justice et à sa sainteté, et se rend

coupable du plus horrible blasphème. Il abuse

ie la religion pour parvenir aux fins que lui

oropose son égoïsme, il attaque, en même temps,

es fondements de l'ordre social, et s'attire de la

)art de Dieu les plus sévères châtiments. Je hais

es serments menteurs, dit le Seigneur. (1) De plus,

e parjure est un cas réservé dans la Province

ivile de Québec, c'est-à-dire, un péché dont

absolution est réservée à l'Ordinaire. (2)

395.— Celui qui a juré de faire une chose éfendue est-il obligé d'accomplir son rment ?

(1) Zach.vin, 17.

(2) Décret xvi, du second Concile de Québec 37

—Non, celui qui a juré de faire une chose défendue n'est pas obligé d'accom plir son serment, car il a fait une faute en faisant ce serment, et il en ferait une nouvelle en l'accomplissant

t 396.— Qu'est-ce qu'un vœu?

— Le vœu est une promesse délibérée que l'on fait à Dieu avec l'intention de s'obliger rigoureusement à accomplir une chose qui lui est agréable.

1° Le vœu est une promesse, c'est-à-dire un engagement que l'on contracte envers Dieu, et auquel on ne peut manquer sans péché. Il est donc essentiellement distinct de ces simples résolutions que l'on prend souvent, de faire telle bonne œuvre, de pratiquer tel acte de vertu, etc., sans avoir l'intention de s'obliger.

2° Le vœu est une promesse délibérée, c'est-àdire faite avec réflexion, volontairement, et en pleine connaissance de cause. Il n'est pas nécessaire que cette promesse ait été manifestée par la parole ou d'autres signes extérieurs ; il suffit qu'on ait l'intention de s'obliger devant Dieu, qui connaît le secret des cœurs.

3° Cette promesse doit être faite à Dieu, parce que le vœu est un acte du culte suprême qui n'appartient qu'à Dieu seul. Lorsqu'on dit que l'on se voue à la sainte Vierge ou à tel saint, cel? signifie seulement qu'on veut se mettre sous la protection spéciale de la sainte Vierge ou de ce saint, afin d'obtenir de Dieu, par leur entremise, les grâces dont on a besoin.

4° Avec l'intention de s'obliger. Lorsque cette intention fait défaut, la promesse faite n'est pas an vœu, mais une simple résolution.

5° La chose promise doit être agréable à Dieu îomme, par exemple, une œuvre de piété ou de charité, un pèlerinage, des prières, des aumônes, etc,. Ce Ferait faire injure à Dieu que de lui promettre de faire une chose défendue, un acte criminel. Quand aux choses inutiles, vaines, indifférentes, elles ne peuvent être la matière d'un vœu que si, à raison de circonstances particulières, elles tournent à l'honneur de la religion et à la sanctification de notre âme.

On peut distinguer quatre espèces de vœux :

1° Le vœu absolu, comme : je promets à Dieu déjeuner tel jour.

2° Le vœu conditionnel, lorsqu'un malade dit: je fais vœu d'aller en pèlerinage à sainte Anne de Beaupré, si je recouvre la santé. On n'est tenu d'accomplir ce vœu que lorsque la condition est remplie.

3° Le vœu simple, que chacun peut faire, soit en public, soit en particulier, soit de bouche, soit de cœur/sans aucune intervention de l'Eglise.

49 Le vœu solennel, qui est reconnu, accepté et en quelque sorte sanctionné par l'Eglise. Tels sont les vœux d'obéissance, de pauvreté, de chasteté qu'on fait dans les Ordres religieux.

1 397.— Est-ce un péché de ne pas accomplir ses vœux ?

—Oui, c'est un péché de ne pas accomplir ses vœnx, et ce péché est mortel ou iréniel, suivant la nature du vœu et l'intention qu'on avait en le faisant.

Si c'est faire injure aux hommes que de violer les promesses qu'on leur a faites; si c'est être parjure que de manquer à sa parole, sanctionnée par la force du serment ; à plus forte raison se rend-on coupable aux yeux de Dieu, lorsqu'un viole un engagement aussi sacré. Ce péché est mortel lorsque le vœu est en matière grave ; si, par exemple, l'on a promis des messes, un jeûne, une aumône considérable, avec l'intention de s'engager sous peine de péché mortel. Ce péché, au contraire, est simplement véniel, lorsque le vœu est en matière légère, ou bien en matière grave, mais sans l'intention de s'obliger sous peine de péché mortel.

Si, par un concours de circonstances dont on n'est pas le maître, on se trouve dans l'impossibilité ou dans une grande difficulté d'accomplir son vœu, il faut en demander la dispense ou la commutation à qui de droit.

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