Est-il bon de faire des vœux
—Oui, il est bon de faire des vœux, puisque c'est un excellent moyen d'honorer Dieu ; cependant il est prudent de n'en pas faire sans y avoir mûrement réfléchi, ni sans avoir pris l'avis de son confesseur.
Le vœu, revêtu des conditions requises, est certainement un acte méritoire et agréable au Seigneur. Aussi, le voyons-nous usité dans l'Eglise, dès les temps les plus reculés et même sous la loi mosaïque. Néanmoins, il ne faut jamais en faire à la légère, sans avoir bien pesé les raisons qui nous y portent, et examiné s'il noua sera facile de l'accomplir. C'est ordinairement à
6011 confesseur qu'il faut s'en rapporter, parce qu'étant au courant de notre conduite, il sait mieux que personne ce qui est plus expédient.
t 399.— Que défend le second commandement ?
—Le second commandement défend tout serment faux, téméraire, injuste ou inutile, ainsi que les blasphèmes et les malédictions.
Le serment est faux, lorsqu'il est contre la vérité, ou lorsqu'on n'a pas l'intention d'accomplir ce que l'on promet.
Le serment est téméraire, lorsqu'il est fait sans être certain de ce que l'on affirme, sans réflexion, I à la légère, à l'étourderie, et plutôt par passion jque dans le but de confirmer la vérité.
Le serment est injuste, lorsque l'on promet une chose qui n'est ni honnête ni permise.
Le serment est inutile, lorsqu'il est fait sans nécessité, sans raison grave, et pour des choses peu importantes.
Les Blasphèmes, comme nous le verrons plus loin, sont des paroles injurieuses contre Dieu ou es Saints.
Enfin, les malédictions sont des paroles inju-
•ieuses, des souhaits abominables, qu'on profère
■contre soi-même, contre le prochain, ou contre
hles créatures privées de raison, par exemple, les
bêtes, le vent, la pluie, etc,. Ainsi, on se rend
oupable du péché de malédiction, quand on
lit : Que le diable t'emporte ou m'emporte, que
e tonnerre t'écrase, que la terre l'engloutisse,etc !
Pour comprendre la gravité de ce péché, il suffit de savoir que celui qui profère des malédictions, combat l'esprit de Jésus-Christ, se laisse conduire par l'esprit du démon, toujours plein de rage, et fait l'office des damnés.
t 400.— Qu'est ce que blasphémer ?
— Blasphémer, c'est dire des paroles injurieuses contre Dieu et les Saints, et surtout profaner le saint nom de Dieu.
Les injures, les imprécations adressées aux créatures, sans aucun rapport à Dieu, ne sont pas des blasphèmes. Ce n'est pas non plus un blasphème de proférer simplement le nom de Dieu ou de quelque objet saint, sans le respect convenable
Le blasphème est quelque chose de plus grave, car il tend à ravir à Dieu l'honneur qui lui est dû : soit en lui refusant quelque perfection ou en lui imputant quelque défaut, soit en profanant son saint nom, en le nommant lui-même ou quelque chose sainte en sa place, avec mépris ou avec imprécation. Ainsi, c'est un blasphème de dire que Dieu n'est pas juste, qu'il gouverne mal le monde, qu'il est l'auteur du péché, et d'accoler à son nom et à celui des Saints ou d'une chose sainte, de graves injures.
Le blasphème est non seulement toute parole, mais aussi toute pensée et tout geste injurieux à Dieu ; car la pensée est la parole intérieure et le geste est un langage en action.
Les démons blasphèment en pensée seulement. Julien l'apostat, blessé à mort dans un combat, recueille dans sa main le sang qui jaillissait de
fb, blessure et le lançant vers le ciel, il s'écrie : tu as vaincu, Galiléen, désignant par ce nom, Xotre-Seigneur. Ce furieux blasphéma ainsi des trois manières à la fois : par la parole, par la pensée et par le geste.
t 401.— Le blasphème est-il un péché grave ?
—Le blasphème est un péché très grave, que Dieu souvent punît même en ce monde.
Tout blasphème, dès qu'il est commis avec une volonté suffisante, est un péché mortel. Injurier le souverain Maître, maudire la bonté suprême, ne saurait être en soi une faute légère. Le blasphème l'emporte même sur tous les autres péchés, sans exception, quand il est inspiré par la haine de Dieu.
Dans l'Ancienne Loi, Dieu avait ordonné que tout blasphémateur fût chassé de la ville ou du camp, et lapidé par le peuple. Les Saints nous assurent que le blasphème cause souvent la ruine des familles, des villes et des nations les plus puissantes ; et des faits nombreux et incontestables prouvent que Dieu très souvent punit ce crime même en ce monde-
Saint Grégoire-le- Grand fait mention dans ses dialogues, d'un enfant de cinq ans appartenant aune famille noble de Rome, qui avait pris l'habitude de blasphémer à l'imitation des domestiques de la maison. Son père ne prit pas la peine de le corriger, et la justice divine les punit exemplairement tous les deux. Un soir, après avoir blasphémé plus que de coutume pendant lejour,
l'enfant vint rejoindre son père. Tout à coup, saisi d'effroi, il se met à crier qu'il voyait des hommes noirs qui voulaient l'entraîner avec eux. A ces mots, il se jette dans les bras de son père, en répétant ses blasphèmes accoutumés ; mais au même instant il rendit l'âme.