‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 187 sur 238 · Quel est le troisième commandement de Dieu · texte numérisé non relu

Quel est le troisième commandement de Dieu

— Le troisième commandement dit : Les dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement.

Le mot garder, employé ici, signifie observe) ou sanctifier.

t 403. —Que nous ordonne le troisième commandement ?

—Le troisième commandement nous ordonne de sanctifier le dimanche, qui est appelé le jour du Seigneur, parce que ce jour doit être employé spécialement à servir et à prier Dieu.

Non contents de remplir fidèlement les obligations que l'Eglise leur impose ce jour-là, ceux qui aiment véritablement Dieu s'efforcent de faire quelque chose de plus. Après avoir entendu la messe et le sermon, assisté au catéchisme et aux vêpres, qui sont comme le sacrifice du soir, ils consacrent, en partie, le reste de la journée à faire un petit bout de méditation, le chemin de la croix, la visite au saint Sacrement, de3 lectures pieuses et diverses autres œuvres de charité.

telles que la visite et l'assistance des pauvres, des maiades et de ceux qui sont dans l'affliction. Ceci ne veut pas dire qu'il faut passer ainsi toute [ajournée du dimanche et que tout délassement soit interdit ; mais que nous ne devons pas conîacrer ce jour presque entièrement, comme il arrive souvent, à des amusements frivoles, à ne rien •aire, et sans, pour ainsi dire, penser à Dieu. Le iirnanche est un jour de prière et de repos, peniant lequel il n'est pas défendu de se livrer à fcrtains amusements honnêtes et salutaires, pourvu qu'ils ne soient ni publics ni trop bruyants. Bien plus, nous faisons la volonté de Dieu et nous lui sommes agréables, en prenant .me récréation permise, en donnant un certain ;emps à des jeux et à des exercices qui reposent e corps et l'esprit et les rendent plus aptes au iravail que Dieu nous a assigné en ce monde.

Il y en a qui murmurent parce qu'ils sont ienus, le dimanche, de consacrer une demi-heure pour entendre la messe ; ceux-là, presque touours arrivés les derniers, se tiennent près de la porte pour sortir les premiers ; ou bien, ce qui est jncore pire, ils arrivent trop tard pour entendre a messe entière.

D'autres passent la journée à lire des revues, les journaux ou des livres insipides pour le noins, quand ils ne sont pas mauvais. Ce n'est pas un péché de lire, le dimanche, un journal politique ou un livre d'historiettes, mais donner ;out son temps à de semblables lectures et ne amais rien lire d'édifiant et d'instructif, c'est perdre volontairement son temps, et toute perte le temps est un péché. Chaque famille devrait, avivant ses moyens, recevoir un ou plusieurs

bons journaux catholiques, et qui ne le sont pas seulement de nom. Un journal vraiment catholique est celui qui prêche et défend la vérité catholique dans toute son intégrité, qui non? met en garde contre ses ennemis, contre leurs pièges, leurs sophismes, etc, ou encore, un journal qui nous guide sûrement en matière de religion et d'éducation. A part cela, chaque famille devrait avoir quelques bons livres, comme le Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus -Christ, la Vie des Saints, et un catéchisme complet de la doctrine chrétienne. D'un autre côté, il n'est pas nécessaire que tous les livres que nous avons à la maison soient des livres de religion ou de piété ; nous pouvons garder et lire tout livre qui n'est pas contre la foi ou les mœurs. Cependant, un livre peut n'être pas mauvais en soi, et être dangereux pour certaines classes de personnes. Dans ce cas, il ne faut pas le garder sans de bonnes raisons, et on doit avoir soin de ne pas le laisser à la disposition de tout Je monde.

Les mauvais livres pullulent tellement de nos jours, que nous ne saurions être trop circonspects dans le choix des livres de famille, en particulier.

Nous devons non seulement sanctifier le dimanche, mais nous efforcer aussi de le faire sanctifier par les autres. Il faut cependant prendre garde de tomber dans l'erreur de ceux qui veulent qu'on sanctifie le dimanche comme sanctifiaient le sabbat les Pharisiens de l'ancien temps ; qui défendent, ce jour-là, les promenades à pied, en voiture ou sur l'eau ; en un mot, tout exercice ou amusement quelconque.

Cette sévérité excessive des Pharisiens a été condamnée par Notre-Seigneur ; et Dieu nous ayant donné le dimanche pour notre bien, si nous étions tenus de l'observer comme certains maniaques le veulent, il ne serait plus un bienfait mais une véritable pénitence.

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