‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 195 sur 238 · Qu'est-ce que médire · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que médire

—Médire c'est faire connaître sans nécessité les fautes ou les défauts réels du prochain.

Tout le monde déteste et craint l'homme médisant ; en effet, de même qu'il nous raconte le mal qu'il connaît des autres, de même il racontera à d'autres le mal qu'il connaît de nous. C'est certainement un honneur de pouvoir dire de quelqu'un: "Il ne*parle jamais mal de personne " ; mais c'est être méprisable que de ne jamais parler des autres autrement que pour les censurer ou les mépriser. N'écoutons jamais le médisant, le détracteur et le calomniateur — c'est un péché. Une autre manière de nuire à notre prochain, c'est de révéler les secrets qu'il nous a confiés. Nous les racontons à un ami en lui recommandant de n'en pas parler à d'autres, mais si nous n'avons pu garder le secret nous-mêmes, comment pouvons-nous espérer qu'un autre le gardera ? Nous pouvons encore outrager notre prochain, en lisant ses lettres sans son consentement, sans qu'il nous ait autorisés à le faire. Cet acte est un délit, aux yeux mêmes de la loi civile, et quiconque ouvre et lit une lettre appartenant à un autre, est passible d'emprisonnement. C'est une espèce de vol, car nous dérobons

par là des secrets et des informations que nous n'avons pas le droit de connaître. C'est une infamie de lire la lettre d'un autre sans son consentement, même lorsque nous la trouvons ouverte. Nous nous rendons coupables de péché en rapportant à quelqu'un le mai qu'un autre a dit de lui, contribuant par là à susciter des querelles entre eux.

Si nous entendons dire du mal d'une personne, ne le lui rapportons jamais ; si nous le faisons, nous serons la cause clu mai qui en découlera, c'est-à-dire de la colère, de la haine, de la vengeance et peut-être du meurtre même, comme cela arrive quelquefois.

446.— Comment peut-on réparer le tort fait au prochain par la médisance ?

—On peut réparer le tort fait au prochain par la médisance, en excusant ses fautes et en faisant valoir ses bonnes qualités.

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