‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 197 sur 238 · CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME

Commandements de l'Eglise.

t 456.— Quels sont les principaux commandements de l'Eglise ?

—Les fêtes tu sanctifieras, qui te iont de commandement ; Les dimanches, messe entendras, et les fêtes pareillement ; Tous tes péchés confesseras, à tout le moins une fois l'an ; Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement ; Quatre- Temps, vigiles jeûneras, et le Carême entièrement; Vendredi, chair ne mangeras, ni le samedi mêmement ; Droits et dîmes tu paieras à l'Eglise fidèlement.

On peut résumer les principaux commande ments de l'Eglise comme suit :

1° Entendre la messe les dimanches et fête3 d'obligation, et s'abstenir des œuvres serviles;

2P Se confesser au moins une fois par année ;

3Q Communier au moins une fois par année, dans le temps pascal ;

49 Jeûner et faire maigre certains jours déterminés ;

5° Payer ce que l'on doit pour les frais du culte et l'entretien des pasteurs.

t 457.— Sommes-nous obligés d'observer les commandements de l'Eglise ?

—Oui, nous sommes strictement obligés d'observer les commandements de l'Eglise, parce que c'est Jésus-Christ luimême qui lui a donné le pouvoir de faire des lois, auxquelles il veut que nous obéissions.

Nous trouvons dans l'Evangile la preuve que Jésus -Christ a donné à son Eglise le pouvoir de faire des lois : Si quelqv?un, y lisons-nous, n'écoute 'pas V Eglise, qu'il soit à votre égard, comme un païen et un publicain. (1)

Premier Commandement de l'Eglise.

f 458.— Que nous ordonne le premier commandement : Les fêtes tu sanctifieras qui te sont de commandement ?

—Le premier commandement nous ordonne de sanctifier les fêtes d'obligation déterminées par l'Eglise.

Par fêtes d'obligation, on entend certains jours où les fidèles sont tenus, sous peine de péché mortel, d'entendre la messe et de s'abstenir des œuvres serviles, comme les dimanches.

(1) S. Mathieu, xvm, 17.

459— Pourquoi les jours de fêtes ont-ils été institués par l'Eglise ?

—Les jours de fêtes ont été institués par l'Eglise pour nous rappeler les grands mystères de la religion, et les vertus et la gloire des saints.

L'Eglise a ses fêtes religieuses pour la même raison que la plupart des peuples ont leurs fêtes légales, destinées à rappeler certains faits historiques qui, sans cela, seraient vite oubliés, tels cme, par exemple, la déclaration de leur indépendance, une bataille célèbre, la naissance d'un citoyen regardé comme le sauveur de la patrie, etc. Ainsi, la fête de Noël nous rappelle lajnaissance du Sauveur ; Pâques est le glorieux anniversaire de notre délivrance du joug du démon; l'Ascension nous fait soupirer après le ciel où Jésus-Christ est allé nous préparer une place ; la Pentecôte nous rappelle la venue du Saint-Esprit ; les fêtes de la sainte Vierge et des Saints nous rappellent la gloire suréminente à laquelle ils sont élevés, nous invitent à implorer leur secours et nous excitent à les imiter. Chaque jour de l'année l'Eglise honore quelque mystère de notre sainte religion ou quelque saint, en célébrant la messe en l'honneur de la fête, et en imposant à ses prêtres et à ses évêques l'obligation de réciter l'office divin à la même intention. La fête d'un saint est généralement le jour de sa mort, parce que ce jour est considéré comme celui de son entrée dans le ciel, le jour qu'il est né à une vie nouvelle qui est la seule véritable vie.

L'office divin est un recueil de prières, d'hymnes, de leçons et de psaumes que tout prêtre et évêque doit réciter chaque jour de sa ■vie. Comme on Fa déjà dit. chaque jour est consacré à la mémoire d'un mystère particulier ou d'un saint, en sorte que la plus grande partie de l'office divin varie tons les jours. Les prières sont adressées à Dieu, pour lui demander ordinairement de nous accorder les grâces qu'il lui a plu d'accorder au saint dont nous faisons la fête. Les hymnes sont en l'honneur du mystère célébré ou du Saint ; les leçons sont des fragments de la Sainte Ecriture ou un résumé de la vie du saint ; et les psaumes sont ces incomparable poèmes que le roi David composa et chanta en l'honneur de son Dieu. L'office divin est la prière de l'Eglise universelle pour ses enfants, et si un prêtre, sans raison grave, néglige de le réciter chaque jour, il commet une faute grave. Il faut environ une heure pour le réciter en entier, mais il n'est pas destiné à être dit en une seule fois. Il est divisé en trois parties dont la récitation, autant que possible, doit correspondre à des heures différentes. Ainsi Matines et Laudes doivent se réciter de bonne heure 1 matin et avant la messe, à moins qu'on n'ait le privilège de les dire la veille ; les Petites Heures doivent se dire un peu plus tard, dans le cour de la matinée; Vêpres et Compiles, dansl'après midi. Pendant le Carême, il est recommandé d réciter les vêpres avant le dîner. On voit don par là la sollicitude de l'Eglise pour ses enfants, puisqu'elle oblige ses évêques, ses prêtres et ses religieux à prier tous les jours pour les fidèles, et à faire monter la même prière vers le trône de Dieu

Ces fêtes instituées par l'Eglise pour nous rappeler les grands mystères de la religion, les vertus et la gloire des saints sont, pour les provinces ecclésiastiques de Québec et de Montréal: la Circoncision, l'Epiphanie, l'Annonciation, quand elle n'est pas transférée, l'Ascension, la Fête-Dieu, la Saint- Pierre, la Toussaint, l'Immaculée Conception et Noël ; et pour la province ecclésiastique d'Ottawa, les mêmes fêtes, à l'exception de l'Annonciation, de la Fête Dieu et de la saint- Pierre. Cependant, par un induit du 28 janvier 1892, les fidèles des provinces ecclésiastiques de Québec et de Montréal sont dispensés de l'obligation de s'abstenir des œuvres serviles aux fêtes de l'Annonciation, de la Fête-Dieu et de la Saint -Pierre, mais restent tenus d'entendre la messe ces jours-là.

460.— Comment devons-nous sanctifier les fêtes d'obligation ?

—Nous devons sanctifier les fêtes d'obligation de la même manière que les iimanches, en assistant à la messe, et en nous abstenant des œuvres serviles.

Deuxième commandement de l'Eglise.

t 461.— A quoi nous oblige le deuxième -ommandement de l'Eglise : Les diaanches, messe entendras et les fêtes pareillement ?

—Le deuxième commandement de l'Eglise nous oblige à assister les dimanches et fêtes d'obligation à la sainte messe.

t 462.— Comment faut-il assister à la messe pour satisfaire au précepte de l'Eglise ?

—Pour satisfaire au précepte de l'Eglise, il faut entendre la messe toute entière, avec dévotion, respect et attention.

Il faut : 1° entendre la messe toute entière, et ne pas faire comme tant de personnes qui. presque invariablement, n'arrivent que lorsque la messe est commencée. Il est à craindre, qu'à l'exemple des vierges folles, bon nombre de ces personnes ne se trouvent un jour en retard pour entrer au ciel. Il y a dans cette mauvaise habitude un manque de respect pourNotre-Seigneur, et un sujet de distraction pour les autres. Ces personnes, afin de ne pas déranger l'assistance devraient avoir la décence de se contenter det> dernières places et rester dans le bas de l'église. Celui qui arrive trop tard pour entendre la messe toute entière, devrait, s'il est possible, attendre l'heure d'une autre me3se, et entendre, au moins, la partie qu'il a perdue par sa faute. Tout temps extra que l'on consacre au service de Dieu n'est jamais un temps perdu. La meilleure règle à suivre quand on veut entendre la messe. est d'entrer quelques minutes avant que le prêtre soit rendu au pied de l'autel, et de rappeler è son esprit les grâces dont on a besoin et qu'il ne faut pas manquer de demander.

2Q II faut entendre la messe avec dévotion, c'est-à-dire avec des sentiments d'adoration, puisque le sacrifice de la messe est l'acte d'adoration par excellence ; avec des sentiments de reconnaissance, puisque la sainte messe nous est donnée comme moyen de remercier Dieu ; et avec des sentiments de repentir, puisque Jésus- Christ s'immole sur l'autel pour nos péchés.

3° Il faut entendre la messe avec respect. Il faudrait plu lot dire, avec un profond anéantissement de tout notre être devant un Dieu dont le ciel et la terre ne peuvent soutenir les regards, et qui est si proche de nous. Notre attitude doit donc, pour le moins, être pleine de modestie et de recueillement.

4° Il faut entendre la messe avec attention, c'est-à-dire l'esprit uniquement occupé de ce qui se passe à l'autel et débarrassé de toute pensée étrangère. Autrement, le corps seul est présent, et il n'y a plus qu'une présence machinale, qui est plutôt une irrévérence qu'un hommage.

463. — Est-ce un péché mortel de ne pas entendre ou d'empêcher quelqu'un d'entendre la messe, les dimanches et fêtes d'obligation ?

—Oui, c'est un péché mortel, 1° de ne pas entendre la messe un dimanche ou une fête d'obligation, à moins d'une raison grave ; 2° d'empêcher sans raison suffisante quelqu'un d'assister à la messe.

On entend par raison grave, une très bonne raison, telle que la maladie, le soin des malades et des enfants, la convalescence, le risque d'une

rechute en s'exposant au grand air, la difficulté des chemins, comme il arrive quelquefois surtou pendant la saison de l'hiver, en un mot, l 'impuis sance réelle et l'impuissance morale. Une léger* indisposition, un mauvais temps ordinaire, lefai d'être légèrement fatigué ou d'avoir perdu ui peu de sommeil, ne sont pas des raisons suffi samment graves. Notre-Seigneur était bien fati gué lorsqu'il se rendait au Calvaire chargé de sî croix, puisqu'il tomba plusieurs fois. Cette ex cuse ne saura donc justifier personne au jour di jugement.

Ceux qui vont passer la belle saison à la cam pagne se pensent quelquefois justifiables de n< pas assister à la messe, parce qu'ils sont un pei plus éloignés de l'église, ou que l'heure de h messe ne leur convient pas aussi bien qu'à h ville. Ces personnes s'abusent certainement; elles sont liées par les mêmes obligations que ceux qui passent toute l'année dans la paroisse, ei sont tenues d'assister à la messe comme ces derniers.

Ceux qui vont ainsi passer quelque temps à 1? campagne et qui ont la liberté du choix, ne devraient pas, sans une grande nécessité, aller demeurer dans un endroit où il n'y a pas d'église où ils en sont trop éloignés, exposés à perdre h messe et à ne pouvoir s'approcher des sacrement' pendant un temps considérable.

C'est, de plus, un péché grave d'empêcher sans raison suffisante quelqu'un d'assister à la messt le dimanche, ou de ne pas veiller à ce que ceux qui dépendent de nous soient fidèles à Taccorn plissement de ce devoir. Ainsi les parents soin tenus d'envoyer leurs enfants à la messe le di-

manche ; les maîtres et maîtresses sont tenus à la même obligation à l'égard de leurs serviteurs. S'ils négligent de le faire, s'ils ne leur en donnent pas le temps, comme il arrive trop souvent, ils se rendent coupables du même péché que ceux qui perdent la messe sans raison suffisante. De même, les catholiques, les compagnies et les corporations qui ont à leur service un grand nombre d'employés, obligés quelquefois de travailler le dimanche, doivent, autant que possible, arranger les choses pour que tous ces employés puissent entendre la messe les dimanches et fêtes d'obligation.

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