‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 54 sur 238 · Comment notre âme ressemble-t-ell à Dieu · texte numérisé non relu

Comment notre âme ressemble-t-ell à Dieu

—Notre âme ressemble à Dieu en c qu'elle est un esprit qui ne mourra jamais et qu'elle est douée d'une intelligence el d'une volonté libre.

Notre âme ressemble donc à Dieu de quatr< manières : .

1° Elle est un esprit, c'est-à-dire un être vivant, qui existe réellement sans que nous puissions 1< voir avec les yeux du corps ; car un esprit n'a par

(a) Le signe f indique les questions que l'on pourra s< contenter de faire apprendre aux petits enfants et au: personnes qui sont dépourvues de mémoire.

le corps et est invisible, bien que toute chose livisible ne soit pas un esprit. Ainsi nous ne jouvons pas voir le vent. Nous voyons bien les fffets qu'il produit : l'agitation des flots, le baincement des arbres, les tourbillons de poussière lu'il soulève, etc., mais nous ne voyons jamais vent lui-même. Cependant personne ne nie existence du vent sous le prétexte qu'il est illisible. Il ne serait donc pas plus raisonnable e nier l'existence des esprits, de Dieu, des ânes et des âmes, parcequ'on ne les voit pas, puisue nous avons des preuves de leur existence lus fortes que celles qui nous sont fournies par 3 témoignage des yeux.

2° Elle ne mourra jamais, c'est-à-dire ne cessera imais d'exister, Elle est immortelle, et durera ussi longtemps que Dieu lui-même.

3° Elle est douée d ' intelligence, c'est-à-dire, de ïison. La raison est ce qui rend l'homme capale de réfléchir, de prévoir les conséquences de 3S actes, et de comprendre pourquoi il doit faire u ne pas faire certaines choses. C'est le don de ïison qui place l'homme au premier rang des très créés et fait de lui un animal raisonnable.

Les brutes sont dépourvues de raison et n'ont ue Pinstinct pour se guider. Elles obéissent aux npulsions que Dieu leur a imprimées en les réant ; car le Créateur a établi, pour chaque spèce d'animaux, des lois qu'ils suivent sans les nisonner. Quand nous les voyons suivre invaiablement ces lois, nous disons que c'est leur ature. Bien que les animaux agissent parfois 3mme s'ils comprenaient parfaitement ce qu'ils >nt, il n'en est rien cependant. C'est nous qui iisonnons leurs actions et qui voyons pourquoi

ils les font. Quant à eux, ils ne raisonnent pas. ils suivent seulement leur instinct, comme nous allons le démontrer.

Si les animaux pouvaient raisonner, nous les verrions, à l'exemple de Thomme, améliore] leurs conditions d'existence, inventer une fouk de choses et perfectionner de jour en jour a qu'ils font. Or, nous ne constatons jamais le moindre changement dans leur manière d'agir: ainsi, l'hirondelle de génération en génération bâtit son nid absolument de la même manière sans changement et sans améliorations. Le castoi construit encore sa chaussée comme il la construisait il y a deux cents ans. C'est un fait d'expérience que la manière de vivre et d'agir d< chaque classe d'animaux est restée identique ment la même. L'homme peut dresser un animal mais ce dernier ne peut enseigner à ses petits qu'on lui a appris. Il est donc évident que h animaux ne peuvent raisonner.

Mais bien que le don de la raison permette i l'homme d'acquérir une foule de connaissances il ne peut cependant tout apprendre par sa seuh raison, et il y a beaucoup de choses que Die\ lui-même doit lui enseigner. Par exemple, coi ment l'homme, par sa seule raison, aurait-il connaître quelque chose touchant la Trinité, puis qu'il ne peut comprendre cette vérité, même d< puis que Dieu lui en a révélé l'existence ? On peu faire la même remarque à propos de tous le autres mystères. La manifestation que Dieu nou a faite de certaines vérités s'apelle Révélation.

4° Elle est douée d'une volonté libre. En verti de ce don, nous pouvons faire ou ne pas fair une chose, suivant notre bon plaisir. Nous pou

'ons pécher et user de notre liberté pour notre >ien ou notre mal. Ni Dieu — pendant qu'il nous aisse notre libre volonté — ni le démon, ne peuentnousforcerdefairecequenousne voulons pas. Si nous n'étions pas libres, nos actions ne imiteraient ni récompense ni châtiment ; car personne ne doit être puni pour avoir fait ce qu'il le peut éviter. Dieu ne pourrait nous punir pour [voir fait le péché, si nous n'étions pas libres de h commettre ou de l'éviter.

\ Cette liberté tourne à notre profit quand nous «lisons ce que Dieu désire ; et si nous obéissons implement parce que telle est la volonté de »ieu, notre récompense n'en sera que plus grande. Les animaux n'ont pas de volonté libre. Si, par. jxemple, ils souffrent de la faim, ils mangeront u moment que vous mettrez du fourrage à leur ortée. Mais l'homme peut rester à jeun, si c'est i volonté, en présence d'une table bien garnie, our la même raison, il peut endurer plus de tigue que tout autre animal de la même force rporelle. Ainsi, l'animal arrête quand il est misé, mais l'homme peut être presque à bout ? forces, et cependant continuer de se mouvoir, liquement par un effort de sa volonté.

Le fait que Daniel est sorti sain et sauf de la sse aux lions, qui ne lui ont pas touché, malé la faim qui les dévorait, ne prouve rien conce que nous venons de dire. L'intervention Dieu seule les empêcha de se laisser aller à urs instincts naturels, et c'est pourquoi la déliance de Daniel est un miracle. Du moment que tte intervention cessa, les mêmes lions mirent médiatement en pièces ses accusateurs que n avait mis à sa place.

t 3.— Pourquoi Dieu vous a-t-il créé ?

—Dieu m'a créé pour le connaître, l'aimer et le servir en ce monde, et pour être heureux avec lui dans le ciel pendani l'éternité.

1° Pour le connaître. Nous ne pouvons pas aimer une chose avant de la connaître. Ainsi, nous ne pouvons aimer un amusement dont on n'a jamais entendu parler, ou un mets auquel on n'a jamais goûté. Nous ne pouvons aimer une per sonne qu'après avoir fait sa connaissance. Si el nous plaît, nous l'aimons ; et si nous l'aima nous tâchons de lui être agréable. Non seuleme nous faisons tout ce qu'elle nous demande, ma nous cherchons à prévenir le moindre de s désirs.

Il en est de même de Dieu. Nous devons d'; bord travailler à connaître sa nature, ses attribu et ses divines ordonnances, aussi parfaiteme que possible, en apprenant notre catéchisme e en écoutant l'enseignement de ses ministres. Nou ne pouvons l'aimer si nous le connaissons pas et le degré d'amour que nous avons pour lu dépend, jusqu'à un certain point, du degré d connaissance que nous avons de ses perfection} Si nous le connaissions parfaitement, nous l'a:' nierions parfaitement, comme l'aiment les angf et les saints, qui le connaissent infiniment mieu que nous. Il ne faut donc pas se contenter d(f connaissances que nous en donne le catéchism | mais mettre soigneusement à profit toutes h occasions que nous avons de le connaître davai tage.

2° Pour V aimer. Nous devons aimer Dieu parte qu'il le veut. Vous aimerez, dit-il, le Seigneur wtre Dieu. (1). Ce commandement est à la tête le tous les autres ; et pour mieux en assurer l'ac- ■oinplissement, Dieu lui a donné pour sanction, l'une part, les promesses les plus flatteuses, de 'autre, les menaces les plus terribles.

Nous devons encore aimer Dieu, parceque sa '>eauté, ses bienfaits, et Pamour qu'il a pour 'homme nous en font une obligation. Pourquoi 'l'aime-t-on jamais parfaitement certaines peronnes qui ne manquent pourtant pas de charmes It de qualités? Parcequ'il y a toujours en elles quelque chose qui laisse à désirer. Mais supposons qu'une seule et même personne réunisse (joutes les qualités de ceux qui ont de justes titres )i, notre admiration et à nos sympathies, et que tout en elle soit agréable et presque parfait, il st certain que nous aimerions beaucoup cette personne. Supposons, de plus, que nous sachions !<n être grandement aimés, et qu'elle se plaise à kous combler de ses bienfaits, il ne saurait y SI voir de plus grande jouissance que d'être sans ijesse en sa compagnie. Eh bien ! tout ce qui peut l'harmer dans les êtres créés, vient de Dieu ; de \ »lus, leurs perfections, ainsi que celles des Ange3, 1; es Saints, et même de la sainte Vierge, réunies tvans une seule et même personne, ne sont rien | jomparées à la beauté, à la bonté et à l'amabilité 1 ' e Dieu, qui nous aime beaucoup plus que nou3 He sommes capables de l'aimer nous-mêmes. Par lonséquent, combien devons-nous l'aimer et ijraindre de lui déplaire !

(1) Deut, VI, 5.

3° Pour le servir en ce monde. Comme Dieu nous a créés pour lui, nous sommes tenus de le servir : en évitant avec soin tout ce qui est contraire à la loi divine, en observant exactement ses commandements et ceux de son Eglise, en lui rapportant toutes nos pensées, nos paroles, nos actions, même les plus simples et les plus communes, telles que le boire et le manger, selon le précepte de saint Paul. En un mot, tout doit être fait pour Dieu et en vue de lui plaire.

4° Pour être heureux avec lui dans le ciel pendant V éternité. Si nous nous appliquons à connaître, à aimer et à servir Dieu en ce monde, nous goûterons, dès cette vie, le bonheur que procure la paix du cœur, en attendant que le ciel soit notre récompense éternelle. A moins de faire la volonté de Dieu en ce monde, nous ne pouvons être avec lui pendant l'éternité. Notre condition dans l'autre monde dépend donc entièrement de notre conduite sur la terre. Telle est la fin dernière pour laquelle l'homme a été créé: être heureux avec Dieu dans le ciel pendant l'éternité.

5.— Devons-nous prendre plus soin de notre âme que de notre corps ?

— Oui, nous devons prendre plus soin de notre âme que de notre corps, parcequ'elle est d'une nature bien supérieure à notre corps, et qu'en la perdant nous perdons Dieu et le bonheur éternel.

Toute personne de bon sens prendra toujours plus soin de ce qui a le plus de valeur. C'est pourquoi on regarderait, avec raison, comme il sensé, celui qui ayant cent piastres dans un port

monnaie de dix centins, n'hésiterait pas à les jeter dans la rue, dans la crainte de détériorer son porte-monnaie. Cependant, celui qui sacrifie son âme en ne voulant rien refuser à son corps est infiniment plus insensé. En effet, le corps et l'âme, séparés momentanément par la mort, seront réunis un jour ; par conséquent, nous devrions essayer d'oublier un peu le corps, et travailler davantage à lui assurer sa place dans le ciel avec l'âme.

On n'aurait pas une haute idée de l'intelligence d'un enfant qui, ne s'occupant que de la qncue de son cerf-volant, laisserait ce dernier se mettre en pièces. S'il eût pris soin de tenir le cerf-volant à une hauteur suffisante et hors de tout danger, la queue, solidement attachée, l'aurait certainement suivi ; et même dans le cas où elle se fut entortillée, elle courait une grande chance de se dérouler pendant que le cerf-volant s'élevait dans les airs. Une fois le cerf-volant en pièces — la seule chose qui eût quelque valeur — que servira à cet enfant d'avoir préservé de tout accident le chiffon qui en faisait la queue ? De même, à quoi nous servira notre corps si nous perdons notre âme? Si nous avions deux âmes, nous pourrions en risquer une; mais nous n'en avons qu'une seule. Par conséquent, sauvons-la, —et le corps sera également sauvé — c'est-à-dire (homme tout entier sera sauvé, car nous ne pouvons sauver l'âme et perdre le corps. Tous deux 3eront sauvés ou tous deux seront perdus.

t 6— Que devons-nous faire pour nous sauver ?

— Pour nous sauver, nous devons adorer

Dieu par la foi, l'espérance et la charité, c'est-à-dire, nous devons croire en lui, espérer en lui et l'aimer de tout notre cœur.

Nous devons adorer Dieu; c'est-à-dire le recon naître pour le Créateur et le souverain Maître de toutes choses, et lui rendre le culte suprême qui n'est dû qu'à lui seul. Comme nous honorons le personnes à raison de leur dignité et de leur excellence, Dieu étant l'Être le plus excellent, i est évi lent que nous lui devons un culte qui n'appartient qu'à lui seul ; et il est juste qu'il en soit ainsi, car l'animal le plus vil est mille fois plus notre égal que l'ange ou Phomme le plus parfait n'est l'égal de Die a.

On distingue généralement trois espèces de culte : le culte de latrie, ce culte suprême dû à Dieu seul, et qu'on ne pourrait rendre à une chose créée sans tomber dans l'idolâtrie ; le culte de dulie, que nous rendons aux Anges et aux Saints, qui sont les amis particuliers de Dieu ; le culte d'hyper dulie, supérieur au culte de dulie, mais infiniment inférieur au culte de latrie, et que nous rendons à la sainte Vierge, que Dieu a élevée au-dessus de toutes les autres créatures.

Nous adorons Dieu par la/oi, en croyant fermement tout ce qu'il lui a plu de nous révéler; par Vespêrance, en attendant avec certitude l'accomplissement des promesses qu'il nous a faites ; et enfin par la charité, en l'aimant plus que tout ce qui existe dans le monde.

Mais on dira peut-être: je pense aimer mes parents plus que Dieu. Pour voir ce qui en est, supposons que no3 parents nous commandent de commettre un péché et nous placent dans l'alter

native de leur déplaire ou d'offenser Dieu. Bien que nous les aimions beaucoup, si, en pareil cas, nous préférons leur déplaire plutôt que d'offenser Dieu, nous prouvons à l'évidence que nous aimons Dieu plus que nos parents. De même, ceux qui quittent des parents bien-aimés pour se consacrer spécialement au service de Dieu, prouvent également qu'ils ont plus d'amour pour Dieu que pour leurs parents.

JNotre amour pour Dieu doit être plutôt intellectuel que sentimental ; et nous savons que nous l'aimons par dessus toutes choses, lorsque nous sommes bien déterminés à ne jamais l'offenser, et disposés à lui obéir et à le servir avant tout.

t 7. — Comment connaîtrons-nous les choses que nous devons croire et pratiquer?

—Nous connaîtrons les choses que nous devons croire et pratiquer en recevant les enseignements de l'Eglise catholique par laquelle Dieu nous parle.

L'Eglise catholique, dans la réponse que nous venons de donner, comprend le Pape, les conciles, les évêques et les prêtres qui enseignent dans l'Eglise.

t 8.— Où trouverons-nous les principales vérités que l'Eglise nous enseigne ?

— C'est dans le Symbole des Apôtres que nous trouverons les principales vérités que l'Eglise nous enseigne.

Nous disons les principales vérités, parce que le Symbole des Apôtres ne comprend pas d'une manière explicite toutes les vérités que nous devons croire. Ainsi, il ne parle pas de la Sainte- Eucharistie, de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, de l'infaillibilité du Pape, et cependant nous devons croire ces vérités de foi, ainsi que plusieurs autres dont le Symbole des Apôtres ne dit pas un mot.

Le Symbole des Apôtres est le sommaire ou l'abrégé des principales vérités que l'Eglise nous enseigne, et que nous devons connaître et croire.

Il est l'œuvre des Apôtres ; c'est pourquoi il porte leur nom.

Ils le composèrent par l'inspiration du Saint- Esprit, au moment de se séparer pour aller prêcher l'Evangile dans les diverses parties du monde, selon l'ordre qu'ils en avaient reçu de Jésus-Christ.

Leur but, en le composant, fut d'assurer l'unité de sentiments et de langage entre tous les fidèles, et de prévenir les schismes et les divisions.

Le mot Symbole a deux significations : il signifie collection, réunion ; et en même temps, signe ou marque. Les apôtres ont donc choisi le nom de Symbole, donné à la foi chrétienne, parcequ'il est la collection ou réunion des principaux articles de foi, et un signe à l'aide duquel les vrais fidèles se reconnaissent et se distinguent des faux frères et des déserteurs de la foi.

Le livre qui contient, par demandes et par réponses, l'abrégé des vérités que nous devons croire et pratiquer, s'appelle le Catéchisme.

Un catéchisme est tout livre rédigé par questions et par réponses, quelque soit la matière

dont il traite. Il y a clés catéchismes agricoles, des catéchismes d'histoire, de géographie, etc. Le catéchisme dont il est question ici, et que les enfants sont tenus d'apprendre avant d'être admis à la première communion, est un véritable petit traité de théologie. Mais comme il ne fait qu'effleurer des sujets sur lesquels on pourrait écrire des volumes, on conçoit facilement qu'une foule de questions ne peuvent être bien comprises sans explications, et qu'il ne suffit pas d'en savoir la lettre. Cette double connaissance du catéchisme, une fois acquise, rend tous les jours des services inappréciables à celui qui la possède.

t 9.— Récitez le Symbole des Apôtres ?

—Je crois en Dieu (1)

Le symbole se compose de trois parties:

La première regarde la personne du Père et l'œuvre de la création, qui lui est spécialement attribuée, parce qu'il est la première personne de la Sainte Trinité et le principe des deux autres.

La seconde concerne la personne du Fils et le mystère de la Rédemption Elle commence à l'Incarnation du Verbe et se termine à son Ascension.

La troisième se rapporte à la personne du Saint-Esprit et à la sanctification des hommes, qu'il opère par le ministère de l'Eglise. La vie de l'Eglise y est tracée en quelques mots. Elle se termine par le dogme de la Résurrection de la chair et par la vie éternelle, qui est la fin pour laquelle nous avons été créés.

(1) Voir page 8.

Tel est le Symbole. Quoi magnifique faisceau de vérités ! Se peut-il un tableau à la fois plus grandiose et plus resserré !

Outre cette grande division en trois parties, le Symbole est partagé en douze points particuliers, nommés articles.

Dans le corps de l'homme et des animaux, les membres sont séparés et unis en même temps par des jointures qu'on appelle articulations. C'est ainsi que par analogie, on appelle articles les différentes vérités du Symbole, qu'il faut croire séparément et distinctement.

Nous n'aurions qu'une faible idée des grandes choses qu'il renferme, si nous nous en tenions à cette vue superficielle. Chacune des paroles, pour ainsi dire, est pleine de mystères. C'est pourquoi nous allons les peser une à une.

Je crois. Ce mot ne signifie pas: je pense, je suis d'avis, je suppose ; mais, je tiens pour certain et indubitable, sans la moindre crainte de me tromper.

En Dieu. Cette expression n'affirme pas seulement V existence, mais encore V unité de Dieu. Le Symbole condamne ainsi d'un seul mot l'athéisme, qui nie l'existence de Dieu, et le paganisme, qui admet la pluralité des dieux.

Le Père. Dieu est ainsi appelé parce qu'il est le Créateur et le Modérateur de toutes choses; pareequ'il nous a adoptés pour ses enfants au saint baptême, et surtout, pareequ'il est la première des trois personnes qu'il y a en Dieu et qui ne font cependant qu'un seul et même Dieu.

Tout-Puissant. Dieu est tout-puissant, c'està-dire qu'il n'y a rien et qu'on ne peut rien imaginer qui lui soit impossible. Il pourrait créer, s'il le voulait, une infinité de mondes plus vastes et plus beaux que celui qui existe, et faire rentrer dans le néant tout ce qu'il a créé. Qui dit tout-puissant, dit en même temps, celui qui sait tout, à qui tout est soumis, qui possède tout bien et par conséquent, qui est infiniment parfait.

La toute-puissance de Dieu est l'explication de tous les mystères, et rend facile l'acquiescement aux vérités, même les plus incompréhensibles qu'il lui a plu de nous révéler.

Créateur. Créer, signifie faire quelque chose de rien. Voilà pourquoi Dieu est appelé créateur,

Du Ciel et de la Terre. On désigne par là non seulement la sphère immense du Ciel, qui nous environne comme d'une voûte, et le globe que nous habitons, mais encore tout ce qu'ils lenferment de créatures visibles et invisibles.

Et en Jésus-Christ. Ces paroles signifient en général, qu'outre la personne du Père, nous reconnaissons en Dieu une deuxième personne qui est le Fils unique de Dieu le Père, et qu'on appelle Jésus-Christ, depuis qu'elle s'est incarnée. Jésus-Chri3t ou le Fils de Dieu, c'est donc la même personne, après comme avant Plncarnation. Jésus signifie Sauveur, et Christ signifie oint ou sacré.

Son Fils unique. Ces paroles nous révèlent deux mystères : le premier, c'est que Jésus-Christ est Fils de Dieu par nature ; c'est-à-dire, que de

toute éternité, il procède de Dieu le Père par voie de génération, et est Dieu comme son Père. Le second, c'est qu'il est son Fils unique, c'est-à-dire, qu'en tant que Dieu, Jésus-Christ est le seul qui ait été engendré de Dieu le Père qui n'a point d'autre Fils.

Notre - Seigneur. Jésus- Christ est justement appelé Notre- Seigneur, parce que nous lui appartenons, que nous sommes sa propriété et qu'il nous a rachetés.

Qui a été conçu du Saint-Esprit. Ces mots signifient que j ésus-Christ s'est fait homme ; qu'il n'a pas été conçu comme les autres hommes, mais d'une manière surhumaine, surnaturelle, miraculeuse, par la vertu de l'Esprit-Saint ; et qu'en se faisant homme, il n'a pas cessé de demeurer Dieu, comme il l'était de toute éternité.

Est né de la Vierge Marie. Ces paroles sont le complément du troisième article, et nous apprennent qu'après avoir été conçu du Saint- Esprit, le Fils de Dieu a été enfanté et mis au monde par la vierge Marie.

A souffert sous Ponce-Pilate, c'est-à-dire que Jésus-Christ a été livré à toutes sortes d'ignominies et de tourments, à l'époque où Ponce-Pilate gouvernait la province de Judée, au nom de César Tibère.

A été crucifié. Ce mot signifie qu'il a été cloué à une croix.

Est mort et a été enseveli. Ces paroles nous apprennent que Notre-Seigneur Jésus-

Christ est réellement mort, que son âme s'est âéparée de son corps qui, ayant été détaché de la croix, fut mis dans un tombeau.

Est descendu aux enfers. Après s'être séparée du corps, l'âme de Notre-Seigneur se rendit dans un lieu appelé par l'Ecriture, les enfers, et y séjourna tout le temps que son corps resta dans le tombeau. La personne divine de Jésus-Christ se trouva alors tout à la fois, aux enfers avec l'âme et dans le tombeau avec le corps.

En disant que Notre-Seigneur est descendu aux enfers, le Symbole veut nous indiquer par là les Limbes, qui furent pendant quatre mille ans, la demeure provisoire des saints. Exemptes de douleur, soutenues par l'espérance de la Rédemption promise, leurs âmes y jouissaient de la paix et du repos, en attendant que Jésus-Christ rouvrit les portes du ciel fermées depuis le péché d'Adam. Notre-Seigneur s'y rendit, afin de visiter, de consoler et de délivrer les âmes saintes qui y étaient retenues et qui soupiraient depuis si longtemps après son avènement.

Le troisième jour est ressuscité des morts. Bien que Jésus-Christ soit ressuscité le troisième jour, il n'est cependant pas demeuré trois jours entiers dans le tombeau. Il n'y a passé réellement que la journée du samedi, plus une partie du vendredi et une partie du dimanche. Cela suffit pour dire qu'il est ressuscité le troisième jour ou le surlendemain de sa mort. De plus, Jésus-Christ s'est ressuscité luimême, par sa propre puissance ; et il est le premier de tous qui s'est ressuscité pour ne plua mourir.

Pour se ressusciter, il n'a pas eu besoin d'un secours étranger, comme les autres hommes qui sont sortis du tombeau avant ou depuis sa venue. Sa divinité n'ayant pas cessé, après sa mort, de rester unie au corps dans le tombeau et à son âme dans les limbes, il y eut donc constamment dans les deux parties de sa sainte humanité, une force qui leur permettait de se joindre réciproquement.

Aucun mortel n'a jamais eu le pouvoir de se ressusciter lui-même. Dieu a bien donné quelquefois à certains hommes le pouvoir de ressusciter les morts ; il a même fait part à plusieurs du pouvoir qui lui appartient exclusivement de pénétrer les secrets des cœurs ; mais pour le pouvoir de se ressusciter soi-même, c'est la prérogative incommunicable du Dieu fait homme.

Est monté aux cieux. Le Fils de Dieu, qui, du sein de son Père, était venu en ce mondo pour nous racheter, est monté au ciel en corps et en âme, par sa propre puissance, quarante jours après sa résurrection.

Est assis à la droite de Dieu le Père toutpuissant. Cette manière de parler est figurée et ne peut être prise à la lettre, puisque Dieu est un pur esprit, et qu'il n'a ni corps, ni mains, ni aucun de nos membres. C'est pour s'accommoder à notre façon de concevoir que l'Ecrituro prête souvent à Dieu un corps et des sentiments humains.

L'expression est assis, ne désigne pas la situation où Jésus-Christ se tient, ou une certaine position du corps, mais elle indique l'autorité souveraine dont il a été investi comme homme

par son Père, et le repos immuable dont il jouit iu ciel. Cette gloire n1a été accordée qu'à la sainte humanité de Notre-Seigneur ; elle lui appartient exclusivement, aucune simple créature n'en est capable.

Il en est de même de cette parole du Symbole: à la droite de Dieu. Elle ne signifie pas que Dieu ait une droite et une gauche; mais comme dans la société humaine il est convenu que la droite est la place d'honneur, par analogie, pour signifier que Jésus-Christ s'est acquis comme homme une gloire supérieure à toute créature, et qu'il occupe dans le ciel le trône le plus brillant, nous disons qu'il est assis à la droite de son Père.

D'où il viendra juger les vivants et les morts. Ces paroles signifient, qu'à la fin des temps, Jésu3-Christ descendra du ciel où il est assis à la droite de son Père, pour juger les ■tirants et les morts, c'est-à-dire pour récompenser ou punir tous les hommes qui seront sur la terre lorsque la fin du monde arrivera, ou qui seront morts avant ce jour formidable

Je crois au Saint-Esprit. Sous ce nom le Symbole désigne la troisième personne de la Sainte-Trinité, vrai Dieu comme le Père et le Fils dont elle procède, et à laquelle nous devons croire de la même manière.

La Sainte Eglise Catholique. Par cette appellation, on entend l'Eglise fondée par Jé- , sus-Christ, et à laquelle il a donné pour chefs visibles saint Pierre et ses successeurs. Nous disons simplement : Je crois la sainte Eglise catholique et non pas en la sainte Eglise catho-

lique, pour marquer la différence qu'il y a entre le Créateur et les choses créées. Nous croyons au Père, au Fils et au Saint-Esprit, c'est-à-dire que non seulement nous confessons leur existence, mais que nous tendons vers eux comme vers notre premier principe et notre dernière fin. Pour l'Eglise, nous confessons aussi son existence, mais nous savons qu'elle est seulement l'organe de Dieu. C'est à ce titre, que nous avons foi dans ses enseignements et sa doctrine, et c'est à Dieu lui-même par conséquent, que se rapporte la soumission que nous professons pour elle.

La communion des Saints. La communion des saints signifie l'union des fidèles entre eux avec communauté des biens spirituels. Ces biens sont : les sacrements, les bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise, les grâces, les mérites de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des saints, et aussi jusqu'à un certain point les biens temporels.

La communication de ces biens se fait entre les membres des trois Eglises : de l'Eglise de la terre, de celle du ciel et de celle du purgatoire. Comme ils ne font tous qu'an seul corps, ils participent tous aussi aux mêmes biens, autant que chacun d'eux en est capable, selon l'état où il se trouve.

La rémission des péchés. Quand nous disons cette parole du Symbole: Je crois la rémission des péchés, nous devons entendre et croire que Jésus-Christ a donné à l'Eglise le pouvoir de remettre et de retenir les péchés. Par suite de ce pouvoir, chaque fois qu'un prêtre de

la Loi Nouvelle absout légitimement et selon les règles établies par Notre-Seigneur, les péchés sont véritablement remis et pardonnes.

La résurrection de la chair. Nous devons tous mourir. Il n'en est point sur la terre qui, tôt ou tard, ne doive succomber à cette nécessité inévitable, comme l'enseigne l'Ecriture Sainte : "Souviens-toi donc, ô homme 1 que tu es poussière et que tu retourneras en poussière."

Mais quand tous les hommes auront payé ce tribut à leur Créateur, ia mort aura son tour ; elle sera vaincue par la vie, et forcée de lui restituer toutes ses victimes. Le Symbole nous le déclare par ces mots : Je crois la résurrection de la chair. Par cette résurrection, il entend signifier que tous les hommes ressusciteront, sans aucune exception.

L'expression : résurrection de la chair a été choisie à dessein. Le corps seul a besoin de résurrection ; l'âme est immortelle, comme les divines Ecritures l'affirment en plusieurs endroits ; et c'est un dogme de foi. Le mot chair, est ici exactement synonime de corps. C'est comme si l'on disait : des deux parties dont se compose l'homme, savoir le corps et l'âme, le corps seul doit retourner dans la poussière d'où il a été tiré, quant à l'âme, elle demeure incorruptible.

Séparé de l'âme par la mort, le corps humain se réduit peu à peu en poussière. Comment cette poussière pourra- t-elle se ranimer? Elle se ranimera au soufne de la toute-puissance de Dieu. Celui qui a créé le corps d'Adam d'un peu de terre, saura bien en reconstituer les débris. Notre

I corps, en effet, quoique réduit en poudre, n'est pas anéanti par la mort; les parties qui le corn-

laissent pas de subsister toujours ; aucune n'es totalement détruite.

Eh bien I c'est avec ces restes que Dieu, par s puissance, réformera notre corps. Ce ne sera don pas avec un corps différent que chacun de nou ressuscitera, mais avec le même corps qui lui appartenu en cette vie, pour être heureux dan le ciel ou malheureux dans l'enfer, selon qu nous l'aurons mérité.

La vie éternelle. Les Apôtres ont terminé le symbole en nous proposant la vie éternelle. pour nous apprendre à fixer toutes nos pensé sur cette souveraine félicité que Dieu réserve ses amis dans l'autre vie.

Ces mots : vie éternelle, ne signifient pas seulement une vie sans fin, car les méchants vivront aussi perpétuellement; mais ils veulent dire: éternité de bonheur, bonheur sans fin. Pour que les saints soient parfaitement heureux, il faut que leur félicité soit interminable et inamissible.

La véritable béatitude est donc éternelle et comprend à la fois la délivrance de tous les maux et la jouissance de tous les biens. Deux choses la constituent : 1° voir Dieu en lui-même, tel qu'il est ; devenir tous semblables à lui; 2° devenir, pour ainsi dire, d'autres dieux.

A la pensée des beautés du ciel, le Roi-prophète, transporté d'admiration, s'écriait: ''Qu'ils sont délicieux vos tabernacles, ô Dieu des armées ! Mon âme languit dans l'impatience d'habitei les parvis du Seigneur ; mon cœur et ma chair tressaillent vers le Dieu vivant."

Que tels soient aussi nos sentiments et notre langage à tous.

Ainsi-soit-il. Qu'il en soit ainsi.

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