‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 71 sur 238 · Qu'est-ce que la paresse · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que la paresse

—La paresse est un amour déréglé du repos, qui fait qu'on néglige ses devoirs d'état et de religion plutôt que de se faire violence.

Il y a donc une paresse temporelle et une paresse spirituelle. La première nous fait négliger nos devoirs d'état ; la seconde nous porte à négliger nos devoirs de religion.

Nous nous rendons coupables de paresse, en ne faisant rien, en faisant des riens, en donnant trop de temps aux repas, à la récréation, au sommeil, en travaillant trop lentement, sans l'attention convenable, de mauvaise grâce, à contrecœur, murmurant, trouvant toujours l'ouvrage trop difficile, en négligeant ses devoirs de religion, les omettant, s'en acquittant avec indifférence et les remettant de jour en jour.

i* 69. -Quels préservatifs devons -nous employer contre les tentations ?

Les préservatifs à employer contre les tentations sont : 1° la prière et les sacrements : 2° la vigilance et la fuite des occasions, surtout des mauvaises compagnies.

On réussira à détruire le péché dans notre âme, en découvrant son défaut dominant et en le déracinant. Si un chêne est fortement enraciné dans le sol, quel sera le meilleur moyen de le faire mourir ? Sera-ce en coupant ses branches ? Non ; car chaque nouveau printemps en fera pousser de nouvelles. Quel moyen prendre alors? C'est d'en couper les racines, et nous verrons immédiatement mourir le chêne puissant avec toutes ses branches. De même, notre péché capital est la racine qui produira une foule d'autres péchés, aussi longtemps que nous ne l'aurons pas extirpé de notre âme. Tant que nous essayerons

de détruire nos péchés sans toucher à notre péché capital, nous ne ferons que couper des branches qui renaîtront, En effet, un grand nombre de personnes ne font jamais que couper des branches, et c'est la raison pour laquelle elles ne retirent pas de la prière, des messes qu'elles entendent, des sacrements et des sermons, autant d'avantages qu'elles devraient en retirer. Ne nous imaginons pas, cependant, parce que nous ne sommes pas devenus meilleurs après avoir prié, entendu la messe et fréquenté les sacrements, que nous ne faisons aucun progrès dans la vertu. Ce serait une erreur et faire le jeu du démon qui voudrait nous voir cesser ces pratiques de piété. A quoi vous servent, dit-il quelquefois, vos efforts pour devenir meilleurs? Vous êtes aussi méchants qu'il y a un an. Défions-nous de ces trompeuses suggestions, car sans la prière et la fréquentation des sacrements, nous serions pires que nous ne summes. Je suppose qu'un homme remonte à la rame le courant rapide d'une rivière. Il rame aussi fort qu'il le peut, mais sans refouler le courant d'un seul pouce ; s'ensuit-il qu'il perd son temps ? Non, il fait beaucoup ; il empêche le courant de l'entraîner plus bas. Il conserve la même position jusqu'à ce que la force de la marée ait diminué, et alors il peut remonter la rivière. Il en est ainsi de ceux qui s'efforcent d'être bons, et qui combattent contre les violentes tempêtes des tentations. S'ils cessent de combattre, ils seront entraînés dans le grand océan du péché et perdus pour toujours. Si, au contraire, ils luttent avec persévérance, un jour la violence de la tentation diminuera, et ils pourront alors s'avancer vers le ciel. Nous éprouvons surtout des ten-

tations lorsque nous essayons de leur résister et de nous bien conduire, parce que nous luttons contre nos mauvaises inclinations, qui sont la forte marée de nos passions. Lorsque nous nou3 laissons entraîner, elles n'ont pas besoin de monter à l'assaut.

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