‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 97 sur 238 · Que faut-il entendre par le nom de prochain · texte numérisé non relu

Que faut-il entendre par le nom de prochain

— Par le nom de prochain il faut entendre tous les hommes, et même nos ennemis.

Le prochain ne comprend pas simplement ceux qui vivent près de nous, mais tous les hommes, de quelque genre et de quelque nationalité qu'ils soient, même nos ennemis. Les hommes qui vivaient au temps de Notre-Seigneur et dans son pays, se disputaient souvent sur le sens du mot prochain. Un jour ils en demandèrent la signification à Notre-Seigneur qui leur répondit comme suit :

" Un homme s'en revenait un jour de Jérusalem et sur sa route, il rencontra des voleurs qui le battirent, le volèrent, et le laissèrent pour mort sur le bord du chemin. Un voyageur qui passait par là, aperçut cet homme blessé et continua sa route ; un second fit la même chose : enfin, un troisième vint qui était de religion et de nationalité différente, mais il ne tint aucun

compte de ces circonstances. Il pansa les plaies du blessé, le mit sur son cheval et le transporta chez un aubergiste qu'il paya pour avoir soin de lui. Lequel de ces trois hommes, demanda Notre-Seigneur, était le prochain du blessé ? Et ils répondirent avec raison : Celui qui l'a secouru. (1) Par cet exemple, Notre-Seigneur voulait leur enseigner, et nous enseigner en même temps, que tous ceux qui sont dans le malheur et qui ont besoin de secours sont notre prochain. Le prochain est donc tout être humain, sans égard au lieu où il vit, à sa couleur, à sa science, à ses manières, etc., car tous les hommes qui existent dans le monde sont des enfants de Dieu et ont été rachetés par Notre- Seigneur. Chaque enfant de Dieu est donc mon prochain, et plus que cela, il est mon frère ; car Dieu est son père comme il est le mien, et s'il est assez bon pour que Dieu l'aime, il doit en être de même pour moi.

Aimer comme nous-mêmes, ne veut pas dire aimer avec autant d'amour, mais du même genre d'amour ; c'est-à-dire que nous devons suivre la règle promulguée par Notre-Seigneur : Faites aux autres ce que vous voudriez que l'on vous fit. Ne faites jamais aux autres ce que vous ne voudriez pas que Von vous fit. Notre prochain est notre égal et il a reçu les mêmes dons que nous.

Lorsque nous venons au monde, nous sommes tous égaux ; nous avons tous un corps et une âme avec la faculté de les développer. L'argent,

(1) S. Luc, x, 30.

la science, la richesse, la réputation, et tout ce qui établit une différence entre les hommes est acquis dans le monde ; et lorsque les hommes meurent, ils s'en vont comme ils étaient venus, sans emporter aucune de ces choses.

La seule différence qui existera entre eux dans l'autre monde, dépendra du bien et du mal qu'ils auront fait sur la terre. Nous devons aussi aimer notre prochain pour une autre raison, parce qu'il doit un jour aller au ciel avec nous ; or, s'il doit vivre avec nous pendant toute l'éternité, pourquoi le haïr sur la terre ? D'un autre côté, si notre prochain doit aller en enfer pour sa mauvaise conduite, pourquoi le haïssonsnous ? Nous devrions plutôt le plaindre, car il aura assez à souffrir sans notre haine.

t 125. Qu'est-ce que la grâce actuelle ?

— La grâce actuelle est un secours passager, par lequel Dieu éclaire notre intelligence, et excite notre volonté à éviter le mal et à faire le bien.

La grâce sanctifiante, comme nous l'avons déjà dit, demeure toujours en nous, tant que nous ne tombons pas dans le péché mortel ; mais lorsque la grâce nous est donnée spécialement pour faire un acte bon ou pour en éviter un mauvais, nous l'appelons grâce actuelle. Par exemple je vois un homme dans l'indigence, et je suis en état de l'aider. Au moment où ma conscience me dit de le secourir, je reçois justement la grâce actuelle qui me porte et m'aide à accomplir cette bonne action ; mais aussitôt que j'ai secouru cet indi-

gent, la grâce actuelle cesse, parce que je n'en ai plus besoin. Elle m'a été donnée pour accomplir cette bonne action ; et lorsque celle-ci est accomplie, la grâce actuelle a produit son effet. Un autre exemple : un enfant s'en allant à la messe le dimanche, rencontre d'autres enfants qui le dissuadent d'y aller et qui veulent l'entraîner ailleurs. Le cri de sa conscience lui disant d'aller à la messe, est le moment où il reçoit la grâce actuelle pour éviter ce péché mortel, et cette grâce dure aussi longtemps que la tentation.

t 126.— La grâce est-elle nécessaire au salut ?

— Oui, la grâce est absolument nécessaire au salut, et sans elle, nous ne pouvons rien faire pour mériter le ciel.

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