DES BIENS DE MAIN MORTEM
La philosophie «lu Wlir siècle a dit qu'un clergé qui possède était la raine d'un pa\s. Or, c'est le contraire qui est vrai.
1rs raisons des économistes da siècle dernier consistent adiré qu'entra les mains de l'Eglise la terre produit inoins qu'entre i<— main- des particulier.-; que les économes des cathédrales, dès couvents, desdtooètes, du paroisses, n'ont pas un intérêt assez direcl à la bonne gestion des blette qu'ils administrent, pour leur faire rendre tout ce qu'ils remlraient dans les mains d un père de famille, que le désir d'aoCTOttre sa fortune et celle de ses enfants pousse .1 tirer de ses propriétés la plus grande quantité passible de revenus. . . .
Personne n'ignore cependant que le clergé, que les ordres religieux surtout, ont exécuté des travaux de défrichement considérables a une époque ou l'Europe e ta il encore couverte d'immenses forêts, et qu'ils ont ainsi rendu productifs des terrains sur lesquels ne croissait qu'une matière première, alors presque sans valeur. Mai- je ne prétends pas tirer avantagé de ces faits, car, de ce que telle contrée sauvage et inculte a été rendue féconde parties moines, il ne résulte pas, Je te reconnais tout le premier, qu'il y ait avantage pour la société à ce que ce sol demeure entre les mains th'> successeurs de ceux qui l'ont défriché. Non, je prends la question dans les termes où elle est posée.
On dit que la terre produisait moins entre les mains de l'Église qu'elle n'eut produit entre les mains des particuliers. La preuve en reste à faire ; car, si elle produit davantage aujourd'hui, les terres qui avaient autrefois des laïques pour propriétaires, produisent aussi davantage.
Les unes et les autres étaient peu productives autrefois, à cause de la médiocrité des capitaux appliqués à l'amélioration et à l'exploitation du sol ; mais les grandes propriétés laïques n'étaient pas sous ce rapport mieux partagées que les propriétés ecclésiastiques.
Que si pour celles-ci il y avait une différence en moins, il était en tous cas. facile de rétablir l'égalité en les louant à long bail à de riches fermiers, Capables d'en tirer tout le parti possible, et ayant par conséquent intérêt à le faire. Pourquoi et comment la qualité du propriétaire serait-elle un
il de Metz-Noblat, Loi* économique», ch. 5" (8e édit.), p. 547 et suiv.,
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obslacle s'il n'exploite pas lui-même? En cas de location et de location à long terme surtout, c'est la condition du fermier qui importe, et qui importe à peu près seule.
Pourquoi d'ailleurs les propriétaires ecclésiastiques auraient-ils été indifférents à un accroissement de revenus? Qu'il y ait eu des négligences et des incuries de gestion, cela est probable; mais qu'elles soient nécessaires et qu'elles tiennent à la force des choses, on ne le voit pas. Ni en fait ni en principe la mauvaise administration dont on argue n'est fatale. La disposition morale de laquelle on l'induit par hypothèse, ne s'appliquerait en tout état de cause qu'aux religieux exploitant directement le sol, et point à ceux qui le louent et en tirent des revenus sans le travailler eux-mêmes.
La possession du sol cultivé n'est d'ailleurs pas le seul mode de posséder, et on ne voit pas ce qu'un pays pourrait perdre, au point de vue de la quantité des produits, à ce que des forêts ou des capitaux fussent possédés par des clercs ou des laïques. Les forêts poussent-elles moins vile pour des moines que pour des pères de famille ? L'intérêt sera-t-il plus haut ou plus bas, selon que le capital prêté appartient à un prêtre ou à un laïque ? La forêt ne sera-t-elle pas même mieux conservée, mieux amémgée par une corporation soucieuse de l'avenir, parce qu'elle ne meurt point, que par l'avidité de jouir d'un particulier?
Non seulement la propriété ecclésiastique n'est pas économiquement nui sible à la société : elle lui est avantageuse.
En tout état de cause, éh effet, les hommes ont besoin d'une religion, partant d'un culte et d'un sacerdoce. L'Eglise ne possède pas, il faut que chaque famille prélève sur son revenu une quote-part destinée aux frais du culte et à l'entretien du clergé, et le verse, soit dans le tronc de la paroisse, soit dans la caisse du percepteur
Mais ce n'est pas tout.
Les revenus de l'Église ne sont pas appliqués dans leur totalité à l'entretien du culte et aux besoins personnels des membres du clergé. Une