‹ Le code de l'humanité; ou, L'humanité ramenée à la connaissance du vrai Dieu et au vériatbleChapitre 24 sur 26 · DES ARTS · texte numérisé non relu

DES ARTS

^ I . Les arts jusqu^ci^ n'ont pas eu pour l'humanité l'utilité qu'ils devaient avoir.

il/ a. Les arts libéraux n'ont été cultivés que par quelques hommes privilégiés au profit du privilège et aux dépens du reste de l'humanité.

jî^ 3. Le prêtre et le savant, le philosophe et le moraliste de Judée, d'Egypte, de Lacédémone, d'Athènes et de Rome la païenne comme de Rome la catholique, ne semblent avoir scruté les cieux et la terre que pour mieux tromper l'humanité.

^ 4* Quant aux arts purement mécaniques, appelés beaux-arts, on en a usé comme des arts libéraux ; je veux dire qu'on leur a donné une direction si fausse et si anti-sociale, qu'ils n'ont servi qu'à appauvrir l'humanité, au lieu de lui donner plus d'aisance et de bonheur.

^ 5. Quelle n'a pas été la folie des enfants des hommes touchant l'architecture ? ne l'ont-ils pas fait servir constamment au malheur de la société.

jf 6. J'ai vu mes enfants , dit le Seigneur; ils sont devenus si fous, si extravagants, qu'ils ne savent même plus ni se couvrir ni s'abriter.

^ 7. Je les ai vus ces hommes mille fois fous, je les ai vus élevant à leurs faux dieux des temples^ de marbre et d'or, et pouvant à peine se loger euxmêmes et se vêtir.

5^ 8. Je les ai vus déposant leurs m*orts dans de somptueux sarcophages, et ayant à peine un lieu couvert pour se soustraire aux rigueurs du froid et de la chaleur.

jf 9. Je les ai vus bâtissant leurs villes et leurs bourgs comme des prisons , et s'y refusant l'air qui assainit la vie.

^ 10. Je les ai vus donnant à leurs prêtres leurs sueurs à humer, et après s'être laissé stupidement prendre jusqu'au dernier souffle de vie par ces prétendus hommes de Dieu, bénir encore, en expirant de misère, leurs infâmes spoliateurs!

il^ 1 1 . Oui, continue le Seigneur, mes enfants n'ont que le génie du mal pour eux-mêmes et pour leurs semblables.

^12. Ils ne savent rien faire de bon, de durable, d'utUe.

J^ i3. Voyez-les maintenant même qu'ils ont plus de science, qu'ils sont plus civilisés : où en sont-ils ces pauvres civilisés?

5^ 14. N'ont-ils pas encore des pauvres qui sont pauvres de par la loi , et des riches qui sont légalement riches?

^ i5. Les arts utiles , nécessaires, indispensables ne sont-ils pas ceux qui appauvrissent ceux qui les cultivent?

i^ i6. N'en soflt-ils pas encore ces grands ignorants en économie sociale à n'honorer et à n'enrichir que les habiles sauteurs de corde, faiseurs d'entrechats ou de pantomimes?

i!^ 17. Voyez-les sacrifier en fêtes folles, inutiles > en honneurs, en encens prodigués à de misérables mortels, ce qu'ils ont prélevé sur le nécessaire de l'indigent, du prolétaire.

jl^ 18. Insensés qu'ils sont! insensés que vous êtes vous-mêmes qui vous laissez ainsi arracher l'existence, ne voyez-vous pas que vous n'êtes que des enfants prodigues, et que votre dernier état devra être pire que le premier ?

^19. Était-ce donc pour les plaisirs et les goûts de luxe , de débauche de quelques-uns que je vous avais donné le ciseau, la truelle, le pinceau?

f ao. Que dis-je? était-ce pour arracher au malheureux sa subsistance que je vous avais donné des Apelle et des Phidias , des Michel- Ange et des David?

f m. Fallait-il donc que le génie de ces hommes puissants vînt appauvrir la vie générale pour ne féconder et ne rendre belle que la vie des tyrans , des oppresseurs de l'humanité ?

5^ îia. Faîlait-ii que , même dans les arts utiles , vous donnassiez tout au luxe, au superflu; rien ou presc^ue rîeo à l'utile, au nécessairç?

t 23. Mais que comprenez- vous à la véritable économie sociale ?. N'avez-vous pas toujours eu des baladins pour corrompre 9 pour énerver les populations et les ruiner, bien plus encore que pour les éclairer et les moraliser ?

j^ 24- Et ces corrupteurs patentés , que de tout temps vous avez jetés au milieu des peuples , n'estce pas à eux que vous avez donné à dévorer la fortune publique ?

^ a5. Vos rois, vos maîtres n'ont-ils pas eu des fous , des charlatans , des bateleurs titrés et richement soudoyés , tandis que vous jetiez aux gémonies les justes qui venaient vous enseigner ma loi?

^ a6. Eh ! mes enfants , je ne proscris point ce qui peut contribuer à égayer votre vie : réjouissez-vous ; la joie est nécessaire; le délassement et le plaisir doivent suivre le travail.

^27. Mais est-ce bien là ce que vous faites? ne donnez-vous pas la préférence au plaisir , à l'amusement, aux bagatelles? ne sacrifiez-vous pas l'utile à l'agréable ?

f 28. N'êtes-vous pas ignorants ati point de croire que c'est bien qu'il y en ait qui soient les dispensateurs de tout, les possesseurs de tout, afin que tout soit à leur merci ?

jî^ 29. Vous savez cependant ce qu'il faut d'air et de feu à chacun pour qu'il vive , et il semble que vous ignoriez ce qu'il lui faut de terre ?

jf 3o. Vous dites : C'est bien que je ne possède rien ^

moi y et que d'autres possèdent tout, car ceux qui ont tout me donneront quelque chose.

5^ 3i. Ceux qui possèdent tout me feront travailler. Qui ferait bâtir des palais, si tous avaient également de quoi assouvir leur faim?

il^ 32. Mais l'homme se passe de palais, et l'homme ne peut vivre sans manger. Ayez donc d'abord tous une maison pour vous abriter, des vêtements pour vous couvrir, du pain pour vous mettre sous la dent ; puis, quand vous aurez tout cela, faites élever de superbes monuments.

^ 33. Vous voyez bien que vous n'avez pas le sens commun ; car vous ne savez pas encore cela , et vous faites de l'économie sociale !

j^ 34* Mais vous ressemblez à un débauché qui prêche les bonnes mœurs et la rigidité , à un joueur qui enseigne la bonne conduite, à un prodigue qui ne préconise que l'ordre et l'économie.

^ 35. Donnez aux arts une autre direction , et les arts produiront au milieu de^vous ce qu'ils doivent produire.

5^ 36. Ne pouvant être alimentés que par l'op»lence, jusqu'ici ils n'ont guère servi que l'opulence; faites que tous, tant que vous êtes , vous puissiez contribuer à leur développement et à leur splendeur, et les arts serviront à tous.

^ 37. Et on ne verra pas, pour votre honte , dans vos villes comme dans vos bourgs, des temples , des palais insultant à Dieu et à l'humanité par une somptuosité impie, et de misérables baraques couvrant à peine ceux qui les habitent.

les faux moralistes sont là aussi^ qui s'entendent avec les prêtres pour duper Thumanité en lui faisant peur d'une destruction prochaine.

5^ 14. Quelquefois, il est vrai, prêtres et philosophes se font la guerre; mais quelle guerre, je vous prie! la guerre que se font deux hommes qui se disputent un champ que tous deux veulent posséder.

5^ j 5. Là où les prêtres sont trop puissants, là où ils dominent sans partage, la philosophie mondaine s'arme de la science pour détrôner le prêtre.

S^ 16. Mais que le sacerdoce se montre accommodant, le philosophe mondain lui sacrifie volontiers la science et les destinées humaines.

"5^ 17. Partageons, semblent se dire ces impies, et possédons en paix les dépouilles de la pauvre humanité.

^18. Gardez vos secrets, vos mystères, vos dogmes étranges et incroyables; laissez-moi mesenseignements bariolés de paganisme et de catholicisme, et que tout soit fini entre nous.

^19. Ainsi leur science, ou la science pour eux, se compose des lambeaux des vieilles erreurs païennes et catholiques.

5^ ao. Le monde a été bercé avec toutes ces rêveries, vous disent-ils parfois dans quelque accès de franchise, et il faut le bercer encore avec tout cela.

^ ^i. Cependant, quoi que fasse leur profonde et vile hypocrisie, leur immoralité perce de toutes parts, et les peuples qu'ils éclairent, malgré toutes ces réti-

cences, frémissent déjà parrout et menacent de briser violemment les lisières de l'enfance.

jî^ 22. La philosophie mondaine et le sacerdoce, lorsqu'ils répandent la science, ne sacrifient qu'à leur amour-propre et à leurs intérêts particuliers.

T^ 23. S'ils affranchissent l'humanité, quand ils l'ont éclairée, c'est parce que l'humanité se lève, menace et leur fait peur.

^ 24. Ils rendent justice lorsqu'ils ne peuvent plus étouffer la justice; ils montrent la partie de la lumière qu'ils avaient cachée, lorsqu'avec la partie qu'ils avaient laissé voir on a aperçu celle qu'ils tenaient captive.

5^ 25. Hommes de partis, de castes, ils ne communiquent qu'à des fractions de l'humanité ce que la providence qui ne connaît ni castes , ni partis , leur avait donné pour être communiqué à tous les hommes indistinctement.

f 26. Et la science, entre leurs mains, empoisonne au lieu de guérir, tue au lieu de donner la vie, désunit au lieu d'unir.

5^ 27. Puis, n'ont-ils pas imaginé la prison, les tortures et la mort pour cacher la science ou en faire leur domaine exclusif?

j^ 28. N'ont-ils pas fait un pacte entre eux, n'ontils pas des signes qu'eux seuls connaissent, et au moyen desquels ils escamotent le pauvre vulgaire ?

^ 29. Physiciens, naturalistes, ils savent bien que toutes les parties du grand tout dans la nature se fractionnent sans se diviser, se partagent sans se se-

parer; que tout marche par ]a même cause universelle qui donne l'impulsion à tout.

5^ 3o. Astronomes, physiologistes, ils connaissent les différentes fonctions des organes de l'homme, savent avec quelle harmonie marchent les globes gravitant sur leurs têtes; et cet admirable ensemble qu'ils voient dans toute la nature, au dedans d'euxmêmes et en dehors d'eux, ils le repoussent, le proscrivent quand il s'agit d'établir sur cet ordre divin leurs lois et leurs gouvernements.

5^ 3i. Et qu'importe donc qu'ils aient appris à mesurer les cieux, qu'ils sachent le jeu des organes de mon corps, les causes et les effets de la nature, les propriétés de la matière, si cette science n'est point celle de leurs gouvernements et de leurs lois?

^ 3a. Mes lois, dit le Seigneur, doivent être vos lois; mon gouvernement, votre gouvernement, et quand vous avez la folie, mes enfants, de faire autrement que moi, vous n'êtes plus dans votre état normal.

5^ 33. Car je n'ai rien fait que vous ne deviez faire, rien prescrit que vous ne deviez suivre.

^ 34. N'écoutez pas vos maîtres de la terre quand leurs lois ne sont pas basées sur les miennes.

5' 35. Dès que vous les voyez en opposition les uns avec les autres par leurs lois et leurs enseignements, dites : Nos maîtres n'ont pas la véritable science.

f 36. Car la science véritable qui vient de Dieu ne doit point ainsi mettre en opposition les enfants de Dieu.

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}l^ 37. Il doit être vrai à Constantinople comme à Albion que l'homme n'est point l'esclave de l'homme, que rhomme n'a point le domaine de là vie de l'homme, parce que moi seul qui suis le Dieu de la nature puis disposer en maître, selon les éternelles lois de l'éternelle harmonie que je connais d'une manière parfaite, de l'homme et de tout ce qui est.

f 38. Il doit être vrai partout que le pouvoir et le droit de l'exercer ne peuvent jamais devenir la propriété de personne ; car moi seul possède la véritable puissance, le véritable droit; et ce droit et cette puissance, j'en concède l'exercice par la voie du peuple ; je n'en donne jamais la propriété.

5^ 39. Mais vous qui ne connaissez rien en fait d'organisme social, vous donnez ce que vous n'avez pas le droit de donner, et prenez ce que vous n'avez pas le droit de prendre.

3^ 4o« Or, le droit étant toujours le droit est toujours là qui vous accuse par la voix du peuple; quoi que vous fassiez, vous ne pouvez que pallier votre usurpation, et après avoir dominé quelque temps ceux que vous avez volés, il faut que vous soyez volés vous-mêmes ou que vous périssiez, comme vous aviez volé ou fait périr ceux qui vous avaient précédés.

^ 4i- Votre machine sociale n'est qu'une bascule à laquelle tous les pouvoirs de votre société s'attachent et contre laquelle ils se brisent.

ii^ 4^- Si vous voulez que vos pouvoirs tiennent, établissez-les comme le mien : vous n'avez pas le droit

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d'ailleurs de les établir autrement ; la loi universelle (les mondes vous le défend.

i 43. Or voyez ce qui se passe aux cieux et sur la terre dans toutes les choses dont vous n'avez pas le gouvernement : partout il y a unité de volonté, unité d'action.

5^ 44' C'est la même loi qui produit tout , qui fait tout marcher, qui conserve tout; et cette loi ne fait point de distinction de pays, de peuple, de temps: elle agit également pour tous.

^ 45. Vous ne voyez point les astres se tirailler dans les cieux comme vous le faites sur la terre; ^ vous ne voyez point le soleil brûler la lune, ni la lune heurter le soleil.

5^ J\6. Pourquoi donc vous brûlez-vous, vous heurtez-vous sans cesse dans les mondes que vous habitez? évidemment, c'est que vous n'avez pas la véritable science gouvernementale, qui est l'unité, sans laquelle l'harmonie est impossible.

^ 47- Ayez un pouvoir universel qui soit partout le même; ayant un seul et unique pouvoir, ayez une seule et même langue , et vous comprenant tous par le langage , vous n'aurez plus besoin de vous battre, de vous tuer pour vous mettre d'accord ; car l'équilibre social ne pourra plus se perdre.

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