‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 101 sur 306 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Des bons désirs , et comment l’aimable cœur de Jésus est le principe et le modèle des bons désirs.

Desideriam suam j astis dabitar.

(Prou. x. 24.)

Les justes verront l’accomplissement do leur désir.

Tous les biens que possède l'homme ici-bas, même dans Tordre surnaturel, étant des biens limités, ne peuvent remplir l'immensité de son cœur. De là cet aiguillon du désir qui sollicite sans cesse son activité vers la possession de nouveaux biens, et qui ne lui permet d'apporter à la jouissance du présent qu'une affection distraite. Mais tandis que dans la sphère

Lfi COEUR DÉ IÉSÜS.

naturelle les désirs du cœur de l'homme sont vains, otl n'enfantent que tristesse, déception, jalousie et déchirement, Ceux que nous formons dans l'ordre de la grâce deviennent poür nous des sources de vertus et de gloire. Bienheureux, disait Notre-Seigneur, ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés ; beati qui esuriunt et sitiunt justv tiam , quoniam ipsi saturabuntur . (Màtth. v. 6.) Le désir du cœur est une prière éloquente qui triomphe de Dieu et attire ses faveurs; desiderium cordis ejus tribuisti ei. (Ps. xx. 3.) Ce qui faisait dire à saint Augustin que le désir augmentait en quelque sorte la puissance de l'àme , et la rendait capable d'obtenir l'objet de ses vœux. Le désir du bien est si agréable au Seigneur, que, suivant la doctrine de l'Ange de l'école, la sincérité de ce désir équivaut devant ses yeux à la réalité de l'exécution , et qu'enrichissant ainsi l'àme d'un mérite égal, elle lui donne droit à la même gloire. Cette consolante doctrine de saint Thomas ne doit pas nous surprendre, si nous remarquons, avec TertuÜien, qu'en Dieu la bonté n'est pas inférieure à la jiistice; or, puisque la justice divine punit les mauvais désirs formés dans le secret dii cœur, alors même qu'on ne pourrait les réaliser, il est convenable , il est nécessaire que sa bonté récompense les bons désirs , alors même qu’ils demeurent impuissants.

Le cœur de Jésus est le principe et le modèle des bons désirs. En effet, Jésus-Christ en sa qualité de médiateur, est la voie par laquelle nous allons à Dieu ; c'est par lui et en lui que nous agissons dans l'ordre surnaturel. Mais n'est-ce pas du cœur qtie germent tous les désirs? n'est-ce pas le cœur qui les enfante? n'est-ce pas le cœur qui les fait épanouir? n'est-ce pas le cœur qui les nourrit et qui les entretient? C'est donc par son cœur sacré que Jésus sera pour nous le principe de tous nos bous

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