‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 102 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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désirs et le modèle que nous devons nous proposer, ëi nous voulons que les désirs de notre cœur attirent les regards et les complaisances du Très-Haut.

L'Écriture parle de quatre désirs qui ont comme embrasé lè cœur de Jésus. Il a désiré avec toute la véhémence de sort amour de s'unir à nos âmes par la sainte communion; desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum. (Luc.*xxii. 25.) Sauveur àimant et plein de délicatesse dans son amour, il brûlait du désir de nous donner sa propre substance , de nous enrichir lui-même de ses dons, de placer son cœur sur notre coeur* de nous faire vivre de sa vie divine, et de déposer enfin dans tortt notre être, par la vertu de sa présence, le germe de la bienheureuse immortalité; desiderio desideravi !...

Le cœur de Jésus a désiré de souffrir par amour pour nous. Jè dois être baptisé, dit-il, d'un baptême mystérieux, et jé suis dans l'angoisse du désir jusqu'à ce qu'il s'accomplisse , baptismo autem habeo baptizari , et quomodo coarctor usque dum perficiatur ? (Luc. xn.50.) Sa tendresse pour nous semble avoir donné à ces souffrances, par lesquelles il veut nous racheter, deé attraits si puissants, si irrésistibles, que son cœur ne peut maîtriser sa miséricordieuse impatience, et qu'il soupire après lé moment où il pourra se voir enfin comme inondé par les flots de la tristesse et de la douleur; baptismo autem habeo baptizari, et quomodo coarctor usque dum perficiatur ?

Aü milieu des tourments qu'il endure sur le Calvaire, Jésuë éprouve une soif violente; sitio. Cette soif, avec ses divines ardeurs, n'était autre chose que le désir de sauver les hoim mes; désir brûlant qui consume son cœur, désir universel qui s'étend à toutes les âmes, désir perpétuel qui anima toute sa vie , inspira tous ses sacrifices et dicta toutes ses paroles; sitio .

Le quatrième désir du cœur de Jésus est celui de la gloire de son Père céleste. J'ai apporté sur la terre, dit-il, le feu de l'amour divin, et mon vœu le plus ardent est que ce feu s'allume, et qu’il embrase tous les cœurs; ignem vent mit tere in terram : etquid volo nisi ut accendatur? (Luc. xii. 4-9.) Je désire que mon Père céleste étende son empire sur toutes les volontés; je désire qu'il règne sur tous les cœurs, que tous les cœurs le glorifient, que tous les cœurs lui rendent amour pour amour; je désire enfin que ce feu dévorant que j'apporte enveloppe tou6 les cœurs dans un immense incendie, et fasse remonter vers mon Père la flamme de toutes leurs affections ; ignem veni mittere in terram : et quid volo nisi ut accendatur ?

Tels sont les désirs du cœur de Jésus; et ils doivent être les nôtres. Ne laissons pas nos âmes s'évanouir dans la vanité des désirs profanes ou criminels qui périssent avec ceux qui les conçoivent ; desiderium peccatorum peribit (Ps. cxi. 10); mais donnons à nos désirs un objet digne de nos étemelles destinées. Que nos désirs ne soient pas dé ceux qui tuent, en berçant les illusions de l'indolence; deside ria occidunt pigrum ( Prov . xxi. 25); mais qu'ils soient actifs, et que, dépassant même les bornes de notre pouvoir, ils nous fassent toujours aspirer à une perfection plus sublime. Considérons les désirs du cœur adorable de Jésus-Christ, afin d'y conformer les désirs de notre propre cœur. Jésus a un désir ardent de s'unir à nous par la communion ; il nous enseigne par là que nous devons soupirer sans cesse après le pain des anges, et appeler de toutes les aspirations de notre âme cette étemelle consommation de nos cœurs en Dieu, dont l'union eucharistique est la figure et le gage. Jésus a désiré les souffrances; or, que nous apprend cette anticipation du Calvaire par le désir, sinon

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