PROLOGUE
Loquar ad eor ejus, et ab ipso quod Yoluero impetrabo.
( Bo.navesturà , Stimulus amoris. )
, La dévotion au cœur de Jésus est une dévotion affective et pratique; nous en présenterons dans ce livre troisième un exercice varié. Comme l'abeille, nous avons cueilli sur toutes les fleurs les sucs, spirituels destinés à composer le miel de la plus suave et de la plus tendre dévotion envers l'aimable cœur de Jésus. Nous avons souvent pénétré dans le cœur des saints, comme dans un sanctuaire d'amour, pour emprunter à leur ferveur les affections les plus délicates, et les accents les' plus pieux. Nous pourrons ainsi faire battre nos cœurs des sentiments qui occupèrent si délicieusement le cœur des bienaimés de Jésus, et placer avec confiance sur nos lèvres des élans d'amour ou des prières enflammées qui connaissent déjà le chemin du ciel.
Les quatre derniers chapitres renferment, sous le nom de Légendes, le récit des merveilleuses communications faites par le cœur de Jésus à quelques âmes privilégiées. Dieu qui, dans les desseins de sa providence, se plaît à confondre l'orgueil des sages, choisit d'ordinaire pour les intimes révélations de sa tendresse des âmes simples, dont la vie est toute
de foi, d'amour et de dévouement. Dans les légendes, il est vrai, comme dans plusieurs autres choses concernant la religion, le Seigneur n'exige pas pour le salut la soumission de la foi, selon la remarque de saint Augustin. ( Enchirid . xxi.) Mais celui qui , peu jaloux de l'indépendance de sa raison, cède au pieux entrainement de 6on cœur, et recueille avec ime foi vive et spontanée ces manifestations surnaturelles de l'amour divin, méritera de participer avec abondance aux bienfaits et aux délicatesses de cet amour.
Nous avons le bonheur de croire aux saintes légendes, et nous avouerons que :
Notre amour se passionne où l'orgueil se révolte.
Notre foi, du reste, ne nous parait avoir rien d'héroïque. En effet, au point de vue de la possibilité, qui niera ces divines opérations? Pouvons-nous mesurer la puissance de Dieu, quand c'est l'amour le plus tendre qui lui dicte des lois ? Pouvonsnous calculer les industries d'amour de Celui qui fait ses plus chères délices de converser parmi les enfants des hommes?...
' Au point de vue de la véracité, nul esprit raisonnable ne rejètera les suaves récits enchâssés dans l'or des pieuses légendes. Le témoignage des amis de Dieu nous révélant, avec la naïve probité de la vertu, les communications privilégiées qu'ils reçurent du Ciel, n'a-t-il pas autant de droits à notre confiance que le témoignage d'historiens profanes ou d'auteurs de mémoires ?
Un pieux légendaire , après avoir raoonté la vie sublime et inconnue d'un humble serviteur de Dieu, dont il avait recueilli avec respect les saintes confidences, terminait son récit par les vers suivants qui résument notre pensée :